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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>Apr&#232;s Seattle, comment gouverner la plan&#232;te ?</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Apres-Seattle-comment-gouverner-la-planete.html</link>
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&lt;p&gt;Seattle, capitale du haute technologie et de la nouvelle &#233;conomie, en &#233;tat de si&#232;ge, des manifestants venus du monde entier pour d&#233;fendre des causes aussi diff&#233;rentes que la protection des baleines, la sid&#233;rurgie de Pittsburgh ou le fromage de brebis, des gouvernants d&#233;sempar&#233;s : le cycle du Mill&#233;naire sens&#233; relancer le processus de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie mondiale en a r&#233;v&#233;l&#233; les limites, il a favoris&#233; l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile mondiale, il a en fait ouvert la question du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-1999-.html" rel="directory"&gt;1999&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Seattle, capitale du haute technologie et de la nouvelle &#233;conomie, en &#233;tat de si&#232;ge, des manifestants venus du monde entier pour d&#233;fendre des causes aussi diff&#233;rentes que la protection des baleines, la sid&#233;rurgie de Pittsburgh ou le fromage de brebis, des gouvernants d&#233;sempar&#233;s : le cycle du Mill&#233;naire sens&#233; relancer le processus de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie mondiale en a r&#233;v&#233;l&#233; les limites, il a favoris&#233; l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile mondiale, il a en fait ouvert la question du gouvernement &#233;conomique plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart est en effet saisissant entre le cycle l'Uruguay qui battait son plein au d&#233;but de la d&#233;cennie et ce cycle du mill&#233;naire qui la cl&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, avec le Cycle de l'Uruguay, on assista &#224; une n&#233;gociation aux enjeux &#233;conomiques et institutionnels consid&#233;rables, puisqu'il s'agissait tout &#224; la fois de baisser les tarifs douaniers et d'&#233;liminer les pics tarifaires s'appliquant aux biens industriels, de lib&#233;raliser partiellement le march&#233; des produits agricoles, de lancer un processus d'ouverture sur le march&#233; des services, de mieux prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; intellectuelle et de doter le monde d'une organisation internationale, l'OMC, et d'un organe de r&#232;glement des diff&#233;rents (L'ORD). De l'autre, &#224; Seattle, on h&#233;sita entre une n&#233;gociation &#224; g&#233;om&#233;trie variable avec un agenda minimum qui ne portait que sur l'actualisation des Accords de Marrakech dans le domaine de l'agriculture et des services, et un agenda maximum ouvert sur toutes questions susceptibles de susciter un accord unanime, qu'il s'agisse de la concurrence, de l'investissement, des clauses sociales, environnementales, ou sanitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, il y a 10 ans, les n&#233;gociations de l'Uruguay Round n'ont gu&#232;re mobilis&#233; le grand public. Nul Woodstock anti-mondialisation, nulle coalition des Eglises contre l'exacerbation des in&#233;galit&#233;s, nulle alliance dans les rues entre &#233;cologistes, cols bleus am&#233;ricains, mouvements consum&#233;ristes et paysans du Larzac. Il y a 10 ans, des hommes gris, technocrates de toutes origines se r&#233;unissaient, n&#233;gociaient, transigeaient sous le regard des lobbies les plus puissants : ceux de l'agriculture intensive et de la culture subventionn&#233;e, pour ne citer que le cas de la France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que s'est il donc pass&#233; au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es pour qu'une n&#233;gociation de moindre importance &#233;conomique, de moindre port&#233;e institutionnelle et intervenant dans un cadre &#233;conomique plus apais&#233; ait suscit&#233; une opposition aussi violente de par le monde et produit &#224; Seattle une bataille rang&#233;e digne du mouvement protestataire contre le guerre du Vietnam ? Un mot symbolise tous les maux pour les mouvements protestataires : mondialisation. Une institution internationale est en train de cristalliser tous les rejets : l'OMC. Un mouvement plan&#233;taire est en train d'organiser la r&#233;sistance &#224; la mondialisation, il s'agit de l'internationale des ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De multiples travaux ont &#233;t&#233; men&#233;s sur la mondialisation depuis 10 ans ; leurs conclusions peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;es ainsi : 1/Les impacts de la mondialisation sur la croissance, l'emploi, les in&#233;galit&#233;s sont difficiles &#224; isoler par rapport &#224; ceux de la nouvelle r&#233;volution industrielle et de la d&#233;r&#233;glementation ; 2/Ce n'est pas tant la croissance des &#233;changes qui fait la mondialisation que le d&#233;veloppement des investissements directs, la concentration des grandes entreprises et la globalisation financi&#232;re ; 3/Si le libre &#233;change de la th&#233;orie n'est pratiqu&#233; nulle part, une politique protectionniste, m&#234;me justifi&#233;e par des consid&#233;rations strat&#233;giques est sous-optimale. Mais ce ne sont pas ces consid&#233;rations qui ont allum&#233; le feu de la contestation .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation a pris un visage pour les consommateurs lorsque les Etats Unis ont r&#233;ussi &#224; faire condamner l'Europe pour refus de consommer du boeuf aux hormones.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a pris un visage pour les &#233;cologistes quand le Gouvernement canadien s'est fait condamner par l'Alena parce qu'il avait &#233;dict&#233; une disposition d&#233;favorable &#224; une multinationale mais au nom d'un motif l&#233;gitime : la protection de l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a pris un visage pour les tiers-mondistes quand la politique d'aide aux pays les moins avanc&#233;s producteurs de bananes de la zone ACP a &#233;t&#233; censur&#233;e &#224; la demande des Etats Unis pourtant non producteurs de bananes mais au profit des multinationales am&#233;ricaines produisant en Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a pris un visage pour les d&#233;fenseurs de l'exception culturelle lorsqu'avec l'AMI, l'OCDE a failli remettre en cause l'acquis ch&#232;rement n&#233;goci&#233; de l'Uruguay Round.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref alors que 70% du commerce mondial reste un commerce de biens ob&#233;issant pour l'essentiel aux anciens accords tarifaires du GATT, que ne contestent ponctuellement, dans le secret des cabinets, que des lobbies sp&#233;cialis&#233;s, des mesures marginales par leur effet &#233;conomique mais &#224; forte charge symbolique sont en train de bouleverser la r&#232;gle du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui unit les contestataires peut &#234;tre ainsi r&#233;sum&#233; 1/ la mondialisation ne profite pas &#224; tout le monde (le PNUD l'atteste), les in&#233;galit&#233;s croissent entre nations et au sein des nations 2/ Des autorit&#233;s &#224; la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique contestable peuvent discuter du contenu de nos assiettes, de l'air qu'on respire et du sort des oeuvres de l'esprit 3/Nul rempart politique n'est dress&#233; contre ce mouvement, d'o&#249; un sentiment de perte de ma&#238;trise et une d&#233;l&#233;gitimation d'&#233;lites de droite et de gauche &#233;galement acquises &#224; la mondialisation, c'est &#224; dire ayant &#233;galement rendu les armes face aux multinationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me n'est donc pas tant celui de la s&#233;curit&#233; sanitaire (nos v&#233;t&#233;rinaires valent bien ceux de la FDA) ni celui de la protection de l'environnement (notre l&#233;gislation pro-Diesel est aussi nuisible que les additifs d'Ethyl Corp) ni m&#234;me celui de l'exception culturelle (aucun dispositif protectionniste ne peut remplir les salles) c'est un probl&#232;me de l&#233;gitimit&#233; et de responsabilit&#233; d&#233;mocratique c'est &#224; dire un probl&#232;me de Gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on admet que dans un monde ouvert fortement interd&#233;pendant et o&#249; les peuples aspirent &#224; la prosp&#233;rit&#233;, la croissance des &#233;changes va se poursuivre, si l'on admet par ailleurs que dans le cadre de la nouvelle division internationale du travail les pays d&#233;velopp&#233;s seront de plus en plus exportateurs ou investisseurs dans des services et si l'on int&#232;gre l'aspiration des peuples &#224; la diversit&#233; culturelle et au d&#233;veloppement durable comment organiser une r&#233;gulation plan&#233;taire &#233;quitable et efficace et quelle place tient alors l'OMC ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mod&#232;les embryonnaires de gouvernance plan&#233;taire sont envisageables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier d&#233;j&#224; &#224; l'oeuvre consiste en une prolongation des tendances observ&#233;es jusqu'ici. La gouvernance plan&#233;taire n'est pas organis&#233;e et les politiques men&#233;es se lisent ex post, elles sont le r&#233;sultat des strat&#233;gies non coordonn&#233;es des organisations internationales, lesquelles forgent leur doctrines &#224; partir des arr&#234;ts qu'elles rendent et des d&#233;cisions qu'elles prennent. Ainsi l'OMC dont la constitution est r&#233;dig&#233;e en termes g&#233;n&#233;raux mais qui dispose d'un organe de r&#232;glements des diff&#233;rends puissant &#233;labore progressivement &#224; travers sa jurisprudence le v&#233;ritable code de conduite des Etats et des firmes en mati&#232;re commerciale. Ce mod&#232;le de mondialisation lib&#233;rale remet entre les mains de l'OMC le r&#232;glement de tous les diff&#233;rends sur les &#233;changes alors que l'OMC n'est comp&#233;tent qu'en mati&#232;re marchande. L'OMC surcharg&#233;, risque d'&#234;tre soumis &#224; la pression continue de l'opinion internationale laquelle limitera de plus en plus les marges de manoeuvre des gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me propos&#233; par Jacques Attali consiste en une transposition au niveau plan&#233;taire du mod&#232;le communautaire europ&#233;en avec l'OMC comme &#233;quivalent de la Commission, un FMI r&#233;nov&#233; &#233;metteur d'une monnaie mondiale comme &#233;quivalent de la BCE, une Banque Mondiale charg&#233;e d'&#233;galiser les conditions de d&#233;veloppement &#224; travers l'&#233;quivalent des fonds de coh&#233;sion europ&#233;ens, un Parlement mondial expression du demos plan&#233;taire et un Gouvernement mondial fonctionnant sur le mod&#232;le du Conseil et dans l'attente J.Attali propose de stopper les n&#233;gociations commerciales, de refuser toute lib&#233;ralisation suppl&#233;mentaire et de geler l'OMC. L'habilet&#233; du montage ne trompera personne : un petit 1/3 de vraisemblance, un bon 1/3 d'utopie et un gros 1/3 de conservatisme courtermiste n'ont jamais fait les bons cocktails. On ne peut d&#233;fendre le droit au d&#233;veloppement des pays les moins avanc&#233;s et accepter les restitutions &#224; l'exportation de la PAC, la fermeture des march&#233;s des pays d&#233;velopp&#233;s aux bien produits par les pays les moins avanc&#233;s et l'exception sociale r&#233;clam&#233;e par les nations nanties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me sc&#233;nario enfin part de l'existant et essaie d'en r&#233;orienter le cours. Sa logique est simple : elle consiste &#224; coordonner et &#224; donner force &#233;gale aux organisations internationales aujourd'hui non coordonn&#233;es et qui traitent du commerce, de la culture, du travail, de la s&#233;curit&#233; sanitaire ou de la finance. Lorsque les normes de l'OIT s'imposeront dans les n&#233;gociations commerciales, lorsque la Banque mondiale coordonnera son action avec celle du FMI, lorsque l'Unesco sera capable de donner un contenu &#224; la diversit&#233; culturelle, lorsqu'une organisation internationale portera les enjeux environementaux, alors l'OMC devra int&#233;grer ces acquis comme elle commence d&#233;j&#224; &#224; le faire avec l'accord SPS sur la s&#233;curit&#233; alimentaire, et l'ORD ne pourra plus arbitrer les conflits sur la seule base de l'universel marchand, il devra tenir compte de crit&#232;res sociaux, &#233;cologiques, culturels. On pourra alors d'autant plus faire confiance &#224; la soci&#233;t&#233; civile mondiale en formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de quoi la victoire des ONG &#224; Seattle marquera non pas la naissance d'une soci&#233;t&#233; civile mondiale pesant sur les choix des premi&#232;res instances de gouvernance mondiale mais une pouss&#233;e populiste qui aura contribu&#233; &#224; rendre l'&#233;change plus difficile, moins r&#233;gul&#233; et donc plus in&#233;gal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Le Monde des D&#233;bats&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Concurrence et &#171; new economy &#187;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;L'acte d'incrimination de Microsoft r&#233;dig&#233; par le Juge Jackson est appel&#233; &#224; figurer dans les manuels. Il pose avec clart&#233; quatre questions centrales sur la r&#233;gulation des &#233;conomies dans un monde ouvert en proie &#224; de rapides mutations technologiques. La premi&#232;re porte sur la justification m&#234;me de l'antitrust, faut-il encore des l&#233;gislations et des autorit&#233;s antitrust dans une &#233;conomie mondialis&#233;e ? La d&#233;r&#233;glementation ne s'impose-t-elle pas dans un monde ouvert o&#249; il ne peut subsister (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'acte d'incrimination de Microsoft r&#233;dig&#233; par le Juge Jackson est appel&#233; &#224; figurer dans les manuels. Il pose avec clart&#233; quatre questions centrales sur la r&#233;gulation des &#233;conomies dans un monde ouvert en proie &#224; de rapides mutations technologiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re porte sur la justification m&#234;me de l'antitrust, faut-il encore des l&#233;gislations et des autorit&#233;s antitrust dans une &#233;conomie mondialis&#233;e ? La d&#233;r&#233;glementation ne s'impose-t-elle pas dans un monde ouvert o&#249; il ne peut subsister durablement de positions de monopole. De fait le capitalisme am&#233;ricain depuis le d&#233;but du si&#232;cle n'a cess&#233; de raffiner ses appareils de r&#233;gulation notamment dans l'antitrust. En 1910 La Standard Oil a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;e, le trust Insull dans l'&#233;lectricit&#233; a subi le m&#234;me traitement dans les ann&#233;es 20, RCA dans l'&#233;lectronique grand public subira des investigations apr&#232;s-guerre, dans les ann&#233;es 70 IBM a subi un long proc&#232;s, en 1982 ATT a &#233;t&#233; cass&#233;, en 1999 Microsoft est &#224; son tour sur le gril. Dans chaque cas une entreprise s'est progressivement hiss&#233;e par acquisition et/ou croissance interne &#224; une position h&#233;g&#233;monique dans un secteur crucial (p&#233;trole, &#233;lectricit&#233;, radio-TV, informatique, telecom, logiciels ...). Elle a &#233;t&#233; accus&#233;e non seulement de pratiquer des prix abusifs, mais d'avoir st&#233;rilis&#233; le march&#233; et frein&#233; l'innovation. D&#233;mantel&#233;e ou recentr&#233;e la firme dominante n'est jamais sortie intacte de ces proc&#233;dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me porte sur l'utilit&#233; d'appliquer une &#233;ventuelle l&#233;gislation antitrust &#224; un secteur de haute technologie subissant des &#233;volutions tourbillonnantes ? Pour les tenants de la &#171; new economy &#187; la concurrence &#233;tant plus intense, l'antitrust serait dans ce cas non seulement inutile mais plus encore n&#233;faste car limitant les externalit&#233;s positives de l'innovation. En effet plus un syst&#232;me d'exploitation compte de clients et plus la base des logiciels applicatifs s'&#233;tend. Si un seul syst&#232;me d'exploitation s'impose ou est impos&#233; alors une source d'&#233;conomies consid&#233;rables est cr&#233;&#233;e pour les auteurs de logiciels applicatifs puisqu'ils n'ont pas &#224; r&#233;&#233;crire leur logiciel pour plusieurs syst&#232;mes d'exploitation. Pour les tenants de la &#171; new economy &#187; ce sont les effets autorenfor&#231;ants du standard de fait qui contribuent &#224; &#233;lever une barri&#232;re &#224; l'entr&#233;e sur le march&#233; des applicatifs. Le Juge Jackson nous livre une autre image de la &#171; new economy &#187; c'est par 1001 turpitudes que Bill Gates a impos&#233; l'usage de Windows, tu&#233; dans l'oeuf Netscape et rendu captifs et annuellement taxables les usagers de Windows.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me porte sur les effets de politique industrielle de l'antitrust. En mettant r&#233;guli&#232;rement en cause ses grands monopoles, l'antitrust contribue t il seulement &#224; rendre le march&#233; plus concurrentiel ou ne vise t il pas la relance du secteur. On sait &#224; pr&#233;sent que la mise en cause des positions acquises par IBM puis ATT ont contribu&#233; largement &#224; l'explosion des technologies de l'information, nul doute alors que loin d'affaiblir l'industrie du logiciel la proc&#233;dure Microsoft contribuera &#224; la stimuler.&lt;br class='autobr' /&gt;
La quatri&#232;me porte sur le traitement de la dominance une fois celle-ci constat&#233;e : faut il d&#233;manteler, plafonner les b&#233;n&#233;fices, r&#233;glementer les prix ? Deux voies s'ouvrent : le d&#233;mant&#232;lement et la multiplication des baby bills. Dans le premier cas il s'agit de s&#233;parer et de constituer en soci&#233;t&#233;s autonomes non int&#233;gr&#233;es une soci&#233;t&#233; Windows, une soci&#233;t&#233; applicatifs (Microsoft Office), une soci&#233;t&#233; Internet et autant de soci&#233;t&#233;s qu'il y a de diversifications. Dans ce mod&#232;le la soci&#233;t&#233; Windows est un monopole naturel r&#233;gul&#233; en mati&#232;re de prix et de profits et offrant les codes sources &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s rivales dans les applicatifs et l'internet. Dans le deuxi&#232;me cas, la soci&#233;t&#233; Windows est elle m&#234;me &#233;clat&#233;e en plusieurs soci&#233;t&#233;s &#233;galement d&#233;tentrices des codes sources qui entreraient en comp&#233;tition pour proposer des versions diff&#233;rentes de Windows.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle que soit l'issue de cette affaire, trois mythes ont vol&#233; en &#233;clats : celui du march&#233; sans Etat, du march&#233; rendu parfait par la gr&#226;ce des nouvelles technologies et celui d'une &#171; new economy &#187;affranchie de micro-&#233;conomie classique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La le&#231;on Bull</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Il y a peu encore le Gouvernement, les analystes financiers et les commentateurs c&#233;l&#233;braient les vertus de la privatisation fa&#231;on Bull. La m&#233;thode consistait &#224; r&#233;unir un ensemble de partenaires industriels, &#224; leur faire une place dans le capital, &#224; d&#233;sengager partiellement l'Etat et &#224; distribuer g&#233;n&#233;reusement des stocks options aux dirigeants. Le mod&#232;le Bull invent&#233; par Thierry Breton fut un tel &#171; succ&#232;s &#187; que la droite fit appel &#224; ce m&#234;me dirigeant pour pr&#233;sider Thomson Multim&#233;dia et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-1999-.html" rel="directory"&gt;1999&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a peu encore le Gouvernement, les analystes financiers et les commentateurs c&#233;l&#233;braient les vertus de la privatisation fa&#231;on Bull. La m&#233;thode consistait &#224; r&#233;unir un ensemble de partenaires industriels, &#224; leur faire une place dans le capital, &#224; d&#233;sengager partiellement l'Etat et &#224; distribuer g&#233;n&#233;reusement des stocks options aux dirigeants. Le mod&#232;le Bull invent&#233; par Thierry Breton fut un tel &#171; succ&#232;s &#187; que la droite fit appel &#224; ce m&#234;me dirigeant pour pr&#233;sider Thomson Multim&#233;dia et la gauche vient de d&#233;cider une privatisation &#224; la Bull de Thomson Multimedia. Il importe donc d'&#233;valuer le mod&#232;le avant que son auteur n'en g&#233;n&#233;ralise l'application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bull souffre maintenant depuis plus de 20 ans d'une strat&#233;gie inadapt&#233;e aux ressources de l'entreprise, d'un management qui a fait la preuve r&#233;p&#233;t&#233;e de ses insuffisances, d'un actionnariat partiellement contraint, de partenariats non impliquants, d'interf&#233;rences publiques permanentes. Le r&#233;sultat se compte en dizaines de milliards de concours publics perdus, en gaspillage de capital humain et en pr&#233;dations de toutes natures. Bull est &#224; nouveau en grande difficult&#233;, sa strat&#233;gie est un &#233;chec, ses alliances sont en p&#233;ril et l'Etat n'aspire qu'&#224; se retirer discr&#232;tement pour ne pas assurer le bilan d'une gestion calamiteuse. Revenons sur chacun de ses points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 20 ans la question strat&#233;gique pour Bull se pose rigoureusement dans les m&#234;mes termes. Peut-il rester un grand industriel de informatique quand les concurrents sont &#224; une extr&#233;mit&#233; dans les grands syst&#232;mes, IBM, Nec ou Fujitsu, et &#224; l'autre les fabricants de PC Wintel (Windows de Microsoft pour les logiciels, Intel pour les microprocesseurs). La r&#233;ponse qui est donn&#233;e depuis 20 ans est &#233;galement la m&#234;me : devenir un fournisseur de solutions, un int&#233;grateur de syst&#232;mes, un prestataire de services informatiques. Et malgr&#233; ce choix depuis 20 ans, Bull tarde &#224; op&#233;rer sa mue, s'&#233;gare dans la micro, maintient des productions locales et r&#233;ussit m&#234;me ce prodige de ne pas gagner d'argent en services informatiques alors que la p&#233;nurie d'ing&#233;nieurs est patente et que ses concurrents les Cap, Sema ou autres Atos font leurs meilleurs profits depuis les d&#233;buts de l'aventure informatique. Il faut dire que l'entreprise ayant &#233;t&#233; le plus souvent en pertes et vivant depuis des d&#233;cennies de la manne publique, elle a &#233;t&#233; accabl&#233;e de dirigeants, momentan&#233;ment d&#233;soeuvr&#233;s, issus de l'Inspection des Finances ou du Corps des Mines .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des partenariats industriels bien choisis auraient pu permettre &#224; Bull de d&#233;velopper ses comp&#233;tences l&#224; o&#249; elle a encore quelques capacit&#233;s et s'&#233;loigner progressivement des domaines d'ativit&#233; o&#249; elle ne pouvait esp&#233;rer redevenir comp&#233;titive. C'est ainsi que Bull aurait pu trouver des alli&#233;s dans le service informatique, dans les serveurs Unix, dans l'activit&#233; cartes &#224; m&#233;moire et se d&#233;sengager clairement de toute activit&#233; dans le hardware informatique. Tel ne fut pas le choix. Parmi les quatre partenaires strat&#233;giques s&#233;l&#233;ctionn&#233;s en 1995, il y en avait un contraint, France Telecom ; un second oblig&#233;, NEC puisqu'il est fabricant des serveurs GCOS Bull ; un troisi&#232;me, Motorola uniquement int&#233;r&#233;ss&#233; &#224; placer ses puces, le quatri&#232;me, un fabricant de PC asiatique, IPC, est vite venu, vite parti. IBM, invit&#233; au capital lors de la pr&#233;c&#233;dente restructuration du capital profitera de l'op&#233;ration de 1995 pour se laisser diluer. Bull proc&#233;dera certes &#224; des d&#233;sengagements dans les micros, les imprimantes, la maintenance aux Etats Unis, mais c'est chaque fois avec retard et comme &#224; reculons que l'adaptation se fait, si bien que m&#234;me si le Chiffre d'affaires a &#233;t&#233; divis&#233; par 2 en 10 ans, l'entreprise ne parvient toujours pas &#224; &#234;tre profitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation de 1995 fut donc une op&#233;ration en trompe l'oeil puisque le retrait partiel de l'Etat ne se faisait pas au profit d'un actionnaire de contr&#244;le int&#233;ress&#233; &#224; restructurer l'entreprise pour en assurer la viabilit&#233; mais au profit d'une coalition h&#233;t&#233;roclite qui laissait de fait le pouvoir au management et &#224; l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui tout est donc &#224; refaire. Instruit par l'exp&#233;rience l'Etat qui avec France Telecom reste de loin l'actionnaire le plus important aurait pu tenter de r&#233;gler le probl&#232;me une fois pour toutes en cherchant la meilleure valorisation pour chacune des activit&#233;s et en lib&#233;rant le capital humain mal utilis&#233; dans l'activit&#233; de services. La proc&#233;dure pouvait &#234;tre simple et transparente : l'Etat aid&#233; d'une Banque Conseil aurait pu faire appel &#224; des industriels int&#233;ress&#233;s puis aurait demand&#233; &#224; la Commission de participations et de transferts de faire le choix du mieux disant en fonction d'un cahier des charges. Ce n'est pourtant pas la voie qui est prise puisque le Minist&#232;re des Finances s'en est remis au P.D.G. de l'entreprise pour la srat&#233;gie, les partenariats et le choix des nouveaux actionnaires et apr&#232;s avoir tent&#233; de c&#233;der en catimini 20% du capital dans une proc&#233;dure opaque &#224; un investisseur qui pr&#233;tendait contre l'&#233;vidence maintenir l'int&#233;grit&#233; du groupe alors qu'il est surtout connu pour ses talents de liquidateur, l'Etat a fini par reculer tant la proc&#233;dure adopt&#233;e &#233;tait contestable. Le jeu est &#224; nouveau ouvert mais l'Etat veut toujours maintenir la fiction de l'unit&#233; du groupe, d'un actionnariat et d'un management responsables du destin de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le refus d'assumer les &#233;checs patents d'une strat&#233;gie, d'un processus de privatisation et d'une tutelle aussi inefficace que peu inspir&#233;e conduisent aujourd'hui le Minist&#232;re des finances &#224; vouloir non pas r&#233;gler le dossier au fond mais &#224; se d&#233;fausser sur d'autres du r&#232;glement provisoire du probl&#232;me jusqu'&#224; la prochaine crise. Que l'affaire Bull n'ait pas de solutions simples, l'histoire de l'entreprise l'enseigne. Que la puissance publique veuille se d&#233;faire d'une participation ruineuse peut se comprendre aussi, encore est-on en droit de demander un minimum de transparence. Mais que l'on veuille transposer &#224; Thomson Multimedia un mod&#232;le qui ne march&#233; pas et de surcroit avec le m&#234;me homme d&#233;passe l'entendement. Les m&#234;mes causes produisant les m&#234;mes effets on peut &#234;tre sur que pass&#233; le moment de la privatisation, des actionnaires multiples, peu motiv&#233;s et ne formant pas entre eux une entit&#233; attach&#233;e au d&#233;veloppement de l'entreprise, c'est &#224; nouveau l'Etat qui serait somm&#233; d'intervenir reproduisant ainsi jusqu'&#224; la caricature le mod&#233;le Bull.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;La Croix&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Affaire Daewoo</title>
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&lt;p&gt;L'empire Daewoo vacille sur ses bases. Une de ses poutres ma&#238;tresses, Daewoo Electronics, a d&#233;j&#224; c&#233;d&#233; et l'ensemble menace ruine ; il est aujourd'hui &#224; la merci des cr&#233;anciers internationaux et du Gouvernement cor&#233;en. Cette chute doit faire r&#233;fl&#233;chir sur l'avenir des chaebols, sur les limites des strat&#233;gies de rattrapage, sur le d&#233;voiement des solutions mercantilistes, et sur les impasses du capitalisme autoritaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ces d&#233;bats ne sont pas d'actualit&#233; en France, o&#249; il est plut&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-1999-.html" rel="directory"&gt;1999&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'empire Daewoo vacille sur ses bases. Une de ses poutres ma&#238;tresses, Daewoo Electronics, a d&#233;j&#224; c&#233;d&#233; et l'ensemble menace ruine ; il est aujourd'hui &#224; la merci des cr&#233;anciers internationaux et du Gouvernement cor&#233;en. Cette chute doit faire r&#233;fl&#233;chir sur l'avenir des chaebols, sur les limites des strat&#233;gies de rattrapage, sur le d&#233;voiement des solutions mercantilistes, et sur les impasses du capitalisme autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces d&#233;bats ne sont pas d'actualit&#233; en France, o&#249; il est plut&#244;t question de Longwy et de TMM. La solidit&#233; des emplois cr&#233;&#233;s dans les zones d&#233;prim&#233;es par les entreprises en qu&#234;te de primes est &#224; nouveau questionn&#233;e. Le bassin de Longwy o&#249; Daewoo a cr&#233;&#233; 1000 emplois craint pour son avenir, d'autant que cette d&#233;fection annonc&#233;e fait suite &#224; celles de Panasonic et de JVC. L'autre d&#233;bat qui resurgit est celui de Thomson Multimedia que le Gouvernement Jupp&#233; avait failli c&#233;der &#224; Daewoo Electronics pour le Franc symbolique dans le cadre d'un plan &#233;labor&#233; par le Groupe Lagardere, d&#233;fendu par le Tr&#233;sor, port&#233; aux nues par Mr Longuet et mis en sc&#232;ne par Publicis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le soulagement de ceux qui ont d&#233;fendu le projet ou qui ont laiss&#233; faire n'est d'aucune utilit&#233; : ce n'est pas parce que Daewoo fait faillite aujourd'hui qu'il ne fallait pas lui confier hier TMM, c'est parce qu'hier Daewoo &#233;tait incapable de reprendre TMM et que ceux qui &#233;taient en charge n'ont rien vu et rien compris que l'affaire Daewoo doit &#234;tre m&#233;dit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet nul ne pr&#233;voyait en 1996 la crise asiatique, nul ne peut &#233;crire l'histoire de Daewoo Electronics enrichie de TMM, et nul ne peut donc dire ce que serait l'attitude actuelle du Gouvernement sud-cor&#233;en si Daewoo Electronics &#233;tait devenue la premi&#232;re activit&#233; du Chaebol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre il &#233;tait clair d&#232;s 1996 que Daewoo n'apportait rien &#224; TMM ni en mati&#232;re technologique, ni en mati&#232;re industrielle, ni en termes de march&#233;s et ceux qui pr&#233;tendaient le contraire &#233;taient soit obnubil&#233;s par la question du ch&#244;mage, soit ignorants des r&#233;alit&#233;s de l'&#233;lectronique grand public.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait clair &#233;galement que le chaebol qui avait un ratio dettes &#224; long terme sur fonds propres sup&#233;rieur &#224; 5 &#233;tait d&#233;j&#224; d'une grande fragilit&#233; financi&#232;re et qu'il ne pouvait gu&#232;re consolider les structures financi&#232;res de TMM. Il fallait donc toute la frivolit&#233; des &#171; experts &#187; de Bercy pour pr&#233;tendre qu'un tel ratio &#233;tant la norme, en Cor&#233;e, cela ne posait pas de probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait clair enfin que TMM par ses propres moyens et d&#232;s lors que l'actionnaire payait la facture de ses incons&#233;quences pass&#233;es &#233;tait viable et retrouvait une situation m&#233;caniquement b&#233;n&#233;ficiaire en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci fut dit en son temps notamment par l'auteur de ces lignes mais l'interessant n'est pas l&#224;. La question qui se pose est de savoir ce que sont devenus les protagonistes fran&#231;ais de cetre bataille. N'&#233;voquons pas, par charit&#233;, les hommes politiques qui, dans des r&#233;gions assoiff&#233;es d'emplois, ont fait miroiter les 5000 salari&#233;s recrut&#233;s dans la solution Daewoo. Mentionnons pour m&#233;moire le groupe Lagard&#232;re qui, &#224; d&#233;faut d'acqu&#233;rir Thomson, ne va pas tarder &#224; recevoir d'un Gouvernement socialiste le contr&#244;le d'Aerospatiale. S'agissant de la Direction du Tr&#233;sor on sait depuis longtemps que l'erreur n'a jamais emp&#234;ch&#233; les grandes carri&#232;res, l'irrresponsabilit&#233; est une propri&#233;t&#233; de syst&#232;me. Reste A.Prestat, le Pr&#233;sident de TMM qui au p&#233;ril de sa carri&#232;re, d&#233;fendit l'int&#233;r&#234;t national, celui de l'entreprise et celui des salari&#233;s. Qu'advint il de lui ? Il fut licenci&#233; par la droite, et maintenu au purgatoire par une gauche revenue au pouvoir, qui ne disposait pourtant pas de grands dirigeants industriels en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la gauche ou la droite soient au pouvoir, on ne r&#233;siste pas &#224; un ordre f&#251;t-il ill&#233;gitime, la qualit&#233; premi&#232;re recquise de nos hauts fonctionnaires et des dirigeants d'entreprises publiques reste l'ob&#233;issance f&#251;t-ce au d&#233;triment du bien public : le premier qui dit la v&#233;rit&#233;, il doit &#234;tre ex&#233;cut&#233; ....&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Retraites, placements et capitalisme autochtone.</title>
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		<description>
&lt;p&gt;La guerre des banques au del&#224; de ses rebondissements et de ses effets directs est en passe de fournir une vivante le&#231;on de choses &#233;conomiques aux Fran&#231;ais. Ceux-ci d&#233;couvrent qu'ils ne sont plus ma&#238;tres chez eux, ils r&#233;alisent que les entreprises nationales sont de plus en plus largement contr&#244;l&#233;es par les fonds de pension et les fonds mutuels anglo-am&#233;ricains. Et comme chaque fois que les Fran&#231;ais peuvent apprendre de leur exp&#233;rience collective, leurs dirigeants font tout pour que cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-1999-.html" rel="directory"&gt;1999&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre des banques au del&#224; de ses rebondissements et de ses effets directs est en passe de fournir une vivante le&#231;on de choses &#233;conomiques aux Fran&#231;ais. Ceux-ci d&#233;couvrent qu'ils ne sont plus ma&#238;tres chez eux, ils r&#233;alisent que les entreprises nationales sont de plus en plus largement contr&#244;l&#233;es par les fonds de pension et les fonds mutuels anglo-am&#233;ricains. Et comme chaque fois que les Fran&#231;ais peuvent apprendre de leur exp&#233;rience collective, leurs dirigeants font tout pour que cette connaissance d&#233;rangeante rentre dans le lit des pol&#233;miques ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; J.Chirac d&#233;nonce la l&#233;g&#232;ret&#233; des socialistes qui en refusant les fonds de pension ont livr&#233; le capital fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger. Il feint ainsi d'ignorer les responsabilit&#233;s de son camp qui a consolid&#233; un syst&#232;me de retraite tout r&#233;partition, m&#234;me pour l'&#233;tage des retraites compl&#233;mentaires et qui a privatis&#233; sans penser &#224; reconstituer les bases d'un capitalisme autochtone De l'autre des socialistes qui n'ont su ni provisionner les r&#233;gimes de r&#233;partition, ni d&#233;velopper les fonds de pension salariaux, se livrent &#224; un combat d'arri&#232;re garde contre .... les envahisseurs europ&#233;ens &#224; l'&#232;re de l'Euro et du march&#233; unique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me mal pos&#233; le d&#233;bat vient &#224; son heure puisque le Gouvernement entend se saisir de la question des structures financi&#232;res du capitalisme fran&#231;ais et qu'on attend pour cet automne un projet de r&#233;forme du syst&#232;me de retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quel lien y a t il entre retraites et structure du capital des entreprises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie des retraites est simple : elle est fonction de donn&#233;es d&#233;mographiques, de donn&#233;es d'activit&#233; et de donn&#233;es migratoires puis d'hypoth&#232;ses faites sur la croissance et le partage de ses fruits. Quel que soit le r&#233;gime de gestion retenu, la retraite s'analyse toujours comme un transfert de richesses entre g&#233;n&#233;rations. Le choix de la capitalisation n'a donc rien &#224; voir avec la r&#233;solution du probl&#232;me du vieillissement de la population ou de l'am&#233;lioration de l'&#233;quilibre &#224; long terme du financement des retraites, il a par contre &#224; voire avec le financement des entreprises en capital patient, avec la diversification des logiques repr&#233;sent&#233;es au Conseil d'Administration des firmes et avec le pari fait sur le rendement des march&#233;s par rapport &#224; la croissance de l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la France est double. D'un c&#244;t&#233; le vieillissement de la population, d&#233;grade le taux de d&#233;pendance (rapport 60 ans et +/20-59) : celui-ci passerait de 38,5 &#224; 72,6% &#224; l'horizon 2040. Il d&#233;grade &#233;galement le taux de remplacement (rapport entre le dernier salaire et la premi&#232;re pension) celui-ci perdrait 7 &#224; 8 points pour la g&#233;n&#233;ration 1955 compar&#233;e &#224; celle de 1934. La part des pensions dans le PIB toutes choses &#233;tant &#233;gales par ailleurs, passerait de 11,6 &#224; 16,6%. Il faut donc inventer un nouveau compromis social pour des g&#233;n&#233;rations qui auront une dur&#233;e de vie &#224; la retraite deux fois sup&#233;rieure &#224; celle de leurs grands parents. Trois solutions sont formellement envisageables : 1/Augmenter les cotisations 2/D&#233;grader les pensions 3/Retarder l'&#226;ge du d&#233;part &#224; la retraite. Le d&#233;bat sur les fonds de pension &#233;merge &#224; partir du moment o&#249; l'on consid&#232;re que la voie de l'alourdissement des pr&#233;l&#232;vements obligatoires est &#224; bannir et que l'aversion fiscale grandissante peut &#234;tre neutralis&#233;e en d&#233;veloppant &#224; c&#244;t&#233; d'une retraite socialis&#233;e un compl&#233;ment de retraite individualis&#233; g&#233;r&#233; en capitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233; la sortie de l'&#233;conomie de financements administr&#233;s, la s&#233;quence nationalisations-privatisations, l'&#233;chec de la banque-industrie ont laiss&#233; la France d&#233;munie en actionnaires et en investisseurs de long terme d'autant que le r&#233;gime de r&#233;partition rendait de tels investisseurs moins n&#233;cessaires. Par ailleurs la volont&#233; de diversifier leurs actifs et mieux veiller &#224; leurs int&#233;r&#234;ts ont pouss&#233; les fonds de pension am&#233;ricains &#224; s'int&#233;resser aux march&#233;s europ&#233;ens et notamment fran&#231;ais et &#224; g&#233;n&#233;raliser leurs r&#232;gles de &#171; corporate governance &#187;. Le taux de d&#233;tention moyen de la capitalisation boursi&#232;re par les investisseurs &#233;trangers en 1997 a &#233;t&#233; de 35% en France, contre 6% pour les Etats Unis, 9% pour le Royaume Uni et 11% pour le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette double exception fran&#231;aise milite donc a priori pour une r&#233;forme des retraites qui en faisant place &#224; la capitalisation pour un r&#233;gime surcompl&#233;mentaire contribuerait aussi &#224; r&#233;sorber l'anomalie constat&#233;e dans la structure financi&#232;re du capitalisme fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche est pourtant r&#233;tive &#224; s'engager dans cette voie. Les fonds de pension ne risquent ils pas d'aggraver les in&#233;galit&#233;s de revenu ? Ne risque t on pas au milieu du si&#232;cle prochain de revoir des cohortes de pauvres vieux retrait&#233;s ? Les retraites repr&#233;sentent aujourd'hui 47% des revenus avant imp&#244;ts des m&#233;nages du dernier d&#233;cile contre 85% des revenus avant imp&#244;ts des m&#233;nages du premier d&#233;cile (le plus bas). Ne risque-t-il pas aussi de renforcer les in&#233;galit&#233;s informationnelles. Comment choisir son fonds dans le maquis des offres financi&#232;res ? Le syst&#232;me actuel n'a t il pas cette vertu sociale &#233;minente d'&#234;tre obligatoire, g&#233;r&#233; en r&#233;partition et d'&#234;tre partiellement redistributif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; l'inverse la gauche ne peut qu'&#234;tre sensible &#224; une nouvelle th&#233;matique celle de la pluralit&#233; des logiques &#224; introduire au sein du capital en retrouvant, avec les fonds de pension salariaux, l'inspiration social-d&#233;mocrate. Par ailleurs l'actionnariat salari&#233; pourrait introduire un peu de viscosit&#233; dans les rouages financiers et de territorialit&#233; dans les strat&#233;gies de globalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc si de tels principes venaient &#224; &#234;tre adopt&#233;s un grand pas serait fait dans le sens de l'av&#232;nement d'un capitalisme pluraliste o&#249; la logique de cr&#233;ation instantan&#233;e de valeur des fonds de pension anglo-am&#233;ricains serait contrari&#233;e par celle des actionnaires salari&#233;s, des fonds de pension salariaux et des fonds de pension nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux retrait&#233;s ils continueraient &#224; b&#233;n&#233;ficier pour l'essentiel de leurs r&#233;gimes par r&#233;partition et accessoirement du fruit de leur &#233;pargne-retraite. L'Etat veillant &#224; travers la politique du minimum vieillesse &#224; corriger les effets des carri&#232;res atypiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;La Croix&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Portrait d'un tycoon</title>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En refermant le livre de Pierre Angel Gay et Caroline Monnot, Fran&#231;ois Pinault, milliardaire, on a peine &#224; croire qu'un tel livre ait conduit un &#233;diteur en vue &#224; renoncer &#224; sa publication pour ne pas encourir les foudres du maitre de la Fnac. Qu'y a t il donc de sulfureux dans le portrait d'un homme &#171; parti de rien &#187; comme dit la l&#233;gende et parvenu au sommet de la gloire, de la fortune et de l'influence &#224; force de volont&#233;, de ruse, de manipulation, de brutalit&#233; mais aussi d'intelligence ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-1999-.html" rel="directory"&gt;1999&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En refermant le livre de Pierre Angel Gay et Caroline Monnot, Fran&#231;ois Pinault, milliardaire, on a peine &#224; croire qu'un tel livre ait conduit un &#233;diteur en vue &#224; renoncer &#224; sa publication pour ne pas encourir les foudres du maitre de la Fnac. Qu'y a t il donc de sulfureux dans le portrait d'un homme &#171; parti de rien &#187; comme dit la l&#233;gende et parvenu au sommet de la gloire, de la fortune et de l'influence &#224; force de volont&#233;, de ruse, de manipulation, de brutalit&#233; mais aussi d'intelligence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand m&#233;rite de nos auteurs est de nous aider &#224; voir et &#224; penser cette ascension et au-del&#224;, &#224; nous rendre sensibles aux m&#233;canismes du capitalisme contemporain et peut &#234;tre davantage encore &#224; sa vari&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre aurait pu s'appeler &#171; Portrait d'un tycoon &#187; tant les figures oblig&#233;es des &#171; robber barons &#187; d&#233;crits par les biographes am&#233;ricains d'Astor, Vanderbilt, Rockfeller se trouvent reproduites jusqu'&#224; la caricature dans la singuli&#232;re destin&#233;e de F.Pinault. Tout y est en effet : les d&#233;buts modestes dans une famille de paysans, le faible go&#251;t pour le cursus scolaire conventionnel, la r&#233;volte pr&#233;coce qui ici conduit notre jeune homme dans les djebels alg&#233;riens, le premier travail et le mariage avec la fille du patron. Puis vient la carri&#232;re qui voit le jeune Pinaut se b&#226;tir un mini-empire dans le bois apres avoir asphyxi&#233; ses concurrents, &#233;limin&#233; les interm&#233;diares et commenc&#233; &#224; int&#233;grer la fili&#232;re. Il sait d&#233;j&#224; veiller aux d&#233;tails, susciter des d&#233;vouements aveugles, ne faire confiance qu'au rapport de forces, ne jamais t&#233;moigner de la moindre faiblesse au risque de l'injustice. L'ascension continuant, notre jeune patron d&#233;barque &#224; Paris , il se fait tout petit et chemine dans l'ombre d'Ambroise Roux, la p&#233;riode est faste pour les audacieux, la France connait un d&#233;clin industriel acc&#233;l&#233;r&#233;, les faiillites se multiplient : Pinault se mue en super-Tapie et constitue un v&#233;ritable empire &#224; coups de rachats pour le Franc symbolique. Les subventions publiques pleuvent et l'entregent politique facilite bien des transactions. D&#232;s lors il ne reste plus qu'une &#233;tape &#224; franchir pour atteindre &#224; la fortune et &#224; la respectabilit&#233;, la rencontre avec un banquier prodigue acharn&#233; &#224; la r&#233;ussite de certains clients au prix de sa propre perte, le rachat de quelques enseignes prestigieuses, la d&#233;l&#233;gation de la gestion &#224; une escouade d'enarques, et surtout l'exploitation du nouveau reseau relationnel forg&#233; &#224; Paris feront le reste : exit Pinault Bois au profit de PPR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tycoon peut alors devenir m&#233;c&#232;ne, colectionneur d'art, ami des philosophes, d&#233;fenseur des droits de l'homme ; il cr&#233;e une dynastie, construit son Versailles , il peut surtout s'effacer, exercer son influence &#224; distance, instrumentaliser ceux qui l'ont hiss&#233; sur la plus haute marche, m&#233;priser les courtisans qui l'ont tant servi et ne reconnaitre comme ses &#233;gaux que les tycoons asiatiques ou canadiens et, noblesse oblige, le pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au del&#224; du portrait d'un tycoon, le livre de Caroline Monnot et Pierre-Angel Gay nous livre par petites touches, en creux, un tableau saisissant du capitalisme fran&#231;ais et de ses &#233;volutions r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ceux qui croient &#224; la r&#233;volution de la &#171; corporate governance &#187; passent leur chemin. Ici les droits des minoritaires doivent se plier &#224; la volont&#233; d'un tycoon imp&#233;cunieux et assoiff&#233; de conqu&#234;tes, le droit suit. Ici la pyramide de contr&#244;le est assur&#233;e par un Credit Lyonnais qui se d&#233;pouille de ses droits et par une holding mysterieuse, Forest Products International. Ici enfin les ratios dettes sur fonds propres ne peuvent avoir le m&#234;me sens qu'ailleurs, les leviers sont &#233;normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme fran&#231;ais tel que nous le conte au quotidien nos auteurs n'a pas non plus grand chose &#224; voir avec la saga de l'entrepreneur. Ce n'est pas sur le march&#233;, par des proc&#233;dures ouvertes et transparentes que les affaires se font mais par l'activation de r&#233;seaux mondains, politiques et financiers. Fran&#231;ois Pinault a su b&#226;tir &#224; chaque &#233;tape de sa carri&#232;re les reseaux adapt&#233;s &#224; sa strat&#233;gie de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a d'abord tir&#233; parti du d&#233;sarroi collectif des hommes politiques et de l'administration quand la crise a g&#233;n&#233;r&#233; les faillites par milliers et quand le tissu industriel local de PME familiales s'est mis &#224; craquer de toutes parts. Le droit des faillites ayant &#233;t&#233; con&#231;u pour sauver l'emploi, les repreneurs vont s'enrichir au d&#233;triment des cr&#233;anciers et des banquiers. l'Etat brancardier a &#233;t&#233; manoeuvr&#233;, instrumentalis&#233; sans profit r&#233;el ni pour les industries qu'on entendait prot&#233;ger ni pour les emplois qu'on croyait sauver. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la forme la plus pernicieuse de l'intervention publique n'est pas l&#224;, elle consiste en l'intervention discr&#233;tionnaire du pouvoir politique pour favoriser un int&#233;r&#234;t priv&#233;. La vente par le CDR de sa participation dans Art&#233;mis, holding de contr&#244;le du groupe Pinault, ob&#233;it &#224; ce sch&#233;ma. Au fond, l'Etat aide les industriels &#224; l'aider : la subvention pour sauvetage d'entreprise en difficult&#233; dans un fief electoral soulage l'homme politique d'une difficult&#233; mais lui cr&#233;e une dette &#224; l'&#233;gard de l'industriel, lequel pr&#233;sente la facture quand l'enjeu est autrement plus important en termes patrimoniaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au total, le portrait de Pinault en tycoon n'est gu&#232;re flatteur. Pour nos auteurs l'homme n'est ni un innovateur, ni un cr&#233;ateur, ni un restructurateur, ni m&#234;me un manager, c'est un pr&#233;dateur attach&#233; &#224; la seule maximisation de son patrimoine. C'est peut &#234;tre l&#224; que l'art du portrait trouve ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car apr&#232;s tout, on pourrait soutenir d'une part que les pr&#233;dateurs sont necessaires &#224; l'&#233;quilibre de l'&#233;cosyst&#232;me capitaliste, et d'autre part que si Pinault a profit&#233; comme d'aures de la manne publique du moins il a b&#226;ti un groupe performant dans la distribution, PPR. Par ailleurs, si l'aversion pour le fisc est patente chez notre h&#233;ros qui faut il incriminer le plus celui qui joue l'optimisation fiscale en exploitant les trous de la legislation ou ceux qui n'ont pas vu ces trous ? Enfin s'il a b&#233;n&#233;fici&#233; de privil&#232;ges scandaleux dans le d&#233;nouement de la participation publique dans Art&#233;mis, en mobilisant ses reseaux d'amis jusqu'au sommet de l'Etat, qui faut-il incriminer, les hommes politiques complaisants, les hauts fonctionnaires consentants, les banquiers incomp&#233;tents, les entremetteurs de luxe ou l'industriel habile ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les privatisations DSK</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux ans les restructurations industrielles et financi&#232;res impliquant l'Etat sont rondement men&#233;es. L&#224; o&#249; le Gouvernement Jupp&#233; tergiversait, reculait et parfois m&#234;me pr&#234;tait &#224; la critique pour sa faiblesse coupable &#224; l'&#233;gard de certains int&#233;r&#234;ts, DSK agit avec calme, professionnalisme et d&#233;noue affaire apr&#232;s affaire tous les dossiers impossibles de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente : CIC, Thomson, A&#233;rospatiale, Cr&#233;dit Lyonnais, GAN etc... On pourrait s'arr&#234;ter l&#224; et selon ses opinions vanter ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans les restructurations industrielles et financi&#232;res impliquant l'Etat sont rondement men&#233;es. L&#224; o&#249; le Gouvernement Jupp&#233; tergiversait, reculait et parfois m&#234;me pr&#234;tait &#224; la critique pour sa faiblesse coupable &#224; l'&#233;gard de certains int&#233;r&#234;ts, DSK agit avec calme, professionnalisme et d&#233;noue affaire apr&#232;s affaire tous les dossiers impossibles de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente : CIC, Thomson, A&#233;rospatiale, Cr&#233;dit Lyonnais, GAN etc... On pourrait s'arr&#234;ter l&#224; et selon ses opinions vanter ou railler les talents de privatiseurs des socialistes. Pourtant lorsqu'on &#233;tudie les choix faits on r&#233;prime difficilement le sentiment que l'excellence technique de DSK et du Tr&#233;sor masquent l'absence de strat&#233;gie et l'obsession du d&#233;minage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont donc les ressorts de cette r&#233;ussite paradoxale ? Au d&#233;but des ann&#233;es 90 le PS se convertit au principe de la privatisation des entreprises du secteur concurrentiel. Mais &#233;cart&#233;s du pouvoir et soumis aux pressions des salari&#233;s du secteur public qui craignent une &#233;volution semblable pour les entreprises de service public, les socialistes abordent les l&#233;gislatives de 1997 avec une reformulation du &#171; ni....ni.... &#187; La privatisation est d&#233;clar&#233;e de droite, le projet des socialistes est d&#232;s lors d'accompagner, par des ouvertures de capital, les alliances industrielles et les coop&#233;rations europ&#233;ennes. Ayant donc renonc&#233; &#224; d&#233;fendre les privatisations pour ce qu'elles sont : la marque d'un retrait de l'Etat de la sph&#232;re productive marchande et la reconnaissance de la sup&#233;riorit&#233; des r&#233;gulations de march&#233; dans ce domaine, les socialistes vont accepter que toute privatisation devienne enjeu de n&#233;gociation politique avec la gauche plurielle et syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'ouverture de capital de France Telecom n&#233;cessaire du fait de la lib&#233;ralisation et de la d&#233;r&#233;glementation, va &#234;tre justifi&#233;e par les n&#233;cessit&#233;s de l'alliance avec Deutsche Telekom alors que chacun savait que cette alliance &#233;tait moribonde, que de surcro&#238;t un &#233;change de participations de 2% n'&#233;tait pas engageant et qu'il &#233;tait absurde de demander &#224; l'entreprise FT de justifier apr&#232;s coup par des partenariats r&#233;els une construction politique. Il en sera de m&#234;me avec Thomson. Comme le gouvernement socialiste avait besoin de temps pour convaincre ses alli&#233;s de la n&#233;cessite de la privatisation, il laissera passer une opportunit&#233; strat&#233;gique majeure d'alliance paritaire sous management fran&#231;ais de l'ensemble GEC-Thomson et finira par gaspiller tous nos atouts dans l'industrie de d&#233;fense puisque Thomson est orphelin et qu'A&#233;rospatiale a &#233;t&#233; offert en catastrophe &#224; Matra. On pourrait multiplier les exemples dans la banque, le transport a&#233;rien chaque fois le m&#234;me m&#233;canisme est &#224; l'oeuvre : la question n'est jamais pos&#233;e en termes strat&#233;giques et industriels, la question est plut&#244;t : comment concilier r&#233;sidus d'id&#233;ologie et n&#233;cessit&#233;s de l'&#233;volution et une fois le compromis s&#233;mantique trouv&#233;, comment forger un compromis politique au sein de la gauche plurielle. Enfin, une fois le chemin balis&#233; et les contraintes de paix sociale fix&#233;es, le Tr&#233;sor agit avec son habilet&#233; coutumi&#232;re et habille sans &#233;tats d'&#226;me n'importe quel montage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme d&#233;mont&#233;, on peut se demander si l'important n'est pas qu'au bout du compte DSK privatise plus et mieux que ses pr&#233;d&#233;cesseurs et de surcro&#238;t avec le consentement des syndicats et du Parti Communiste. Avec &#224; son actif d'ici fin Juillet des op&#233;rations qui auront rapport&#233; au Tr&#233;sor public 200 Milliards de Francs et avec un transfert effectif du management &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, DSK n'aurait il pas r&#233;alis&#233; l'essentiel. Un tel point de vue est soutenable du point de vue de Sirius, il a simplement trois inconv&#233;nients : il m&#233;conna&#238;t les r&#233;sistances id&#233;ologiques qui nourrissent l'exception fran&#231;aise, il fait bon march&#233; des atouts strat&#233;giques g&#226;ch&#233;s et il t&#233;moigne d'une perte de confiance radicale dans la capacit&#233; du pouvoir politique &#224; peser si peu que ce soit sur l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;couverte de l'actionnaire</title>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec le d&#233;veloppement des OPE hostiles, les Fran&#231;ais, et apparemment leur ministre des finances avec eux, assistent m&#233;dus&#233;s au triomphe de l'actionnaire : actionnaire institutionnel &#224; travers les fonds de pension qui tranchent dans les OPA, actionnaires individuels organis&#233;s qui demandent des comptes, actionnaires-salari&#233;s enfin courtis&#233;s lors des batailles boursi&#232;res et qui refusent d'&#234;tre n&#233;glig&#233;s le reste du temps. Cette d&#233;couverte a au moins un m&#233;rite, celui de relativiser les discours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec le d&#233;veloppement des OPE hostiles, les Fran&#231;ais, et apparemment leur ministre des finances avec eux, assistent m&#233;dus&#233;s au triomphe de l'actionnaire : actionnaire institutionnel &#224; travers les fonds de pension qui tranchent dans les OPA, actionnaires individuels organis&#233;s qui demandent des comptes, actionnaires-salari&#233;s enfin courtis&#233;s lors des batailles boursi&#232;res et qui refusent d'&#234;tre n&#233;glig&#233;s le reste du temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;couverte a au moins un m&#233;rite, celui de relativiser les discours sur la corporate governance, la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire et la mobilisation de l'actionnaire-salari&#233;. Si le capitalisme des actionnaires existe en France, il s'agit assur&#233;ment d'un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent, mal assum&#233; et pour certains r&#233;versible.&lt;br /&gt;
Au lieu donc d'user des fleurs de la rh&#233;torique en affirmant l'autorit&#233; du pouvoir politique sur les march&#233;s quand par ailleurs on courtise ces m&#234;mes march&#233;s &#224; l'occasion des privatisations, au lieu de s'inventer des p&#233;rils imaginaires pour la place de Paris pour masquer ses insuffisances et interf&#233;rer avec les processus de march&#233;, ne vaut il pas mieux discuter sereinement des termes de l'alternative &#171; shareholder capitalism vs stakeholder capitalism &#187;.&lt;br /&gt;
La ligne de pente actuelle m&#232;ne &#224; un capitalisme des actionnaires. Tout y concourt, la th&#233;orie, les le&#231;ons de l'exp&#233;rience et les faits. En th&#233;orie, l'actionnaire exerce ses droits de propri&#233;t&#233; et d&#233;l&#232;gue la gestion &#224; des commis-dirigeants sur la base d'un contrat d'agence plus ou moins pr&#233;cis. En pratique il est difficile de soutenir que la logique administrative et les meccanos bureaucratiques soient intrins&#232;quement sup&#233;rieurs aux solutions de march&#233;. Enfin la dynamique de la globalisation financi&#232;re d'un c&#244;t&#233;, et l'inexistence de fonds de pension fran&#231;ais expliquent l'imposition de la norme anglo-am&#233;ricaine.&lt;br /&gt;
Si l'on veut donc promouvoir un capitalisme pluraliste int&#233;grant d'autres logiques, l'une des voies les plus f&#233;condes passe par la promotion d'un actionnariat salarial. On peut en effet lister au moins cinq effets vertueux. D'une part en termes individuels l'actionnariat salari&#233; permet de diversifier les sources de revenus en d&#233;veloppant la part variable, d'aider &#224; la constitution d'un patrimoine financier du salari&#233; et de contribuer &#224; la mobilisation sur le lieu de travail autour des objectifs strat&#233;giques de l'entreprise. D'autre part au niveau de l'entreprise, l'actionnariat salari&#233; introduit un facteur de stabilit&#233; qui permet les strat&#233;gies au long cours, c'est &#233;galement un moyen de d&#233;fense contre d'&#233;ventuelles OPA hostiles motiv&#233;es par des vis&#233;es pr&#233;datrices.&lt;br /&gt;
Avec l'actionnariat salari&#233;, le d&#233;veloppement de la d&#233;tention individuelle d'actions et la constitution de fonds de pension nationaux dont les horizons de placement et les r&#232;gles de gestion devraient privil&#233;gier le long terme , on dispose d'une panoplie &#224; m&#234;me de constituer une alternative au mod&#232;le dominant.&lt;br /&gt;
Il suffit d'&#233;voquer ces pistes pour constater qu'on ne va gu&#232;re dans ce sens. Nous ne disposons toujours pas de fonds de pension nationaux, la d&#233;tention individuelle d'actions n'est gu&#232;re favoris&#233;e, la fiscalit&#233; sur la d&#233;tention d'actions n'a cess&#233; d'&#234;tre alourdie, les &#171; stocks options &#187; sont r&#233;guli&#232;rement recal&#233;es au Parlement. Quant &#224; l'actionnariat salari&#233; qui aurait pu constituer un th&#232;me consensuel entre gaullistes, tenants de la participation, et sociaux d&#233;mocrates promoteurs des fonds de pension salariaux, force est de constater qu'il mobilise peu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La trappe politique europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/La-trappe-politique-europeenne.html</link>
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		<dc:date>1999-05-01T13:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir du Gouvernement Schroeder le d&#233;bat de politique &#233;conomique europ&#233;en a pris un singulier tournant : la nouvelle Allemagne exerce une pression continue sur la Banque Centrale europ&#233;enne pour qu'elle baisse ses taux et facilite la relance, elle entend promouvoir des start&#233;gies coop&#233;ratives en mati&#232;re budg&#233;taire, fiscale et sociale m&#234;me au prix d'une moindre rigueur, elle se fait enfin la championne d'un nouvel ordre mon&#233;taire international bas&#233; sur des taux de change (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-1999-.html" rel="directory"&gt;1999&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir du Gouvernement Schroeder le d&#233;bat de politique &#233;conomique europ&#233;en a pris un singulier tournant : la nouvelle Allemagne exerce une pression continue sur la Banque Centrale europ&#233;enne pour qu'elle baisse ses taux et facilite la relance, elle entend promouvoir des start&#233;gies coop&#233;ratives en mati&#232;re budg&#233;taire, fiscale et sociale m&#234;me au prix d'une moindre rigueur, elle se fait enfin la championne d'un nouvel ordre mon&#233;taire international bas&#233; sur des taux de change control&#233;s (m&#233;thode dite des &#171; target zones &#187;). La France qui jusque l&#224; tous gouvernements confondus tenait le discours du volontarisme politique contre l'int&#233;grisme mon&#233;tariste des banquiers centraux se trouve curieusement prise &#224; contre pied &#224; la fois s&#233;duite par le ralliement allemand &#224; ses th&#232;ses et effray&#233;e &#224; l'id&#233;e que ce discours puisse &#234;tre entendu par la Banque Centrale qui ne manquerait alors de r&#233;agir en diff&#233;rant des baisses de taux tant attendues au nom de sa sacro-sainte ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ce d&#233;bat est pour partie circonstantiel, l'alternance allemande est en effet r&#233;cente et tous les observateurs s'accordent &#224; noter l'impr&#233;paration du nouveau Gouvernement et l'amateurisme des nouvelles &#233;quipes, il n'en porte pas moins en germe les conflits de politique macro-&#233;conomique &#224; venir. La construction europ&#233;enne apr&#232;s l'introduction de l'Euro repose sur une tension voulue entre la Banque centrale f&#233;d&#233;rale maitresse de la politique mon&#233;taire et les 11 pays europ&#233;ens maitres de leurs politiques budg&#233;taires nationales. Les crises &#224; r&#233;p&#233;tition des 18 derniers mois en asie, au japon, en Russie, au Br&#233;sil ont fini par freiner la croissance europ&#233;enne, les autorit&#233;s nationales ont donc l&#233;gitimememnr r&#233;clam&#233; un assouplissement de la politique mon&#233;taire en phase avec ce qui s'&#233;tait fait aux Etats Unis. La Banque Centrale europ&#233;enne a alors fait valoir que les taux d'int&#233;ret &#233;tant bas, que le chomage europ&#233;en &#233;tant d'origine structurelle et que les Gouvernements nationaux relachaient leur effort en mati&#232;re de maitrise des d&#233;penses publiques, seules des r&#233;formers structurelles &#233;taient &#224; m&#234;me de relancer les &#233;conomies et de les placer sur un sentier durable de croissance. Ainsi commence &#224; se d&#233;velopper un &#233;quilibre non-coop&#233;ratif en mati&#232;re de policy mix (combinaison des armes budg&#233;taire et mon&#233;taire)qui illustre comme l'a rappel&#233; Christian de Boissieu le dilemme du prisonnier. Si tel &#233;tait le cas &#224; savoir s'il y avait 1/volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e d'organiser la tension entre deux ordres de politiques et deux types d'autorit&#233; 2/pratique obsessionnellement anti-inflationniste de la Banque Centrale et laxisme budg&#233;taire cong&#233;nital des gouvernements nationaux, 3/contexte d&#233;flationniste justifiant une baisse rapide des taux alors il faudrait conclusre que l'&#233;quilibre institutionnel actuel est instable et que faute d'une convergence politique autour d'un mod&#232;le f&#233;d&#233;ral les crises se multiplieront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons chacun de ses points successivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte de stabilit&#233; de Dublin confirm&#233; &#224; Amsterdam est un dispositif de police budg&#233;taire qui encadre les d&#233;ficits autoris&#233;s, instaure un syst&#232;me de p&#233;nalit&#233;s pour les contrevenants et d&#233;finit une proc&#233;dure de consultation pour appr&#233;cier le caract&#232;re &#171; exceptionnel &#187; d'un d&#233;ficit.Le pacte de stabilit&#233; n'est donc pas une politique budg&#233;taire coop&#233;rative et encore moins une politique budg&#233;taire commune, c'est plus simplement un dispositif anti-inflationniste quasi-automatique qui vient compl&#233;ter les armes dont dispose la banque centrale ind&#233;pendante. Il est clair qur les autorit&#233;s constituantes ont voulu &#224; la fois la banque centrale ind&#233;pendante et l'encadrement des d&#233;ficits budg&#233;taires. Cette tenaille politique avait une double vertu : rassurer les Allemands sur la rigueur de l'engagement anti-inflationniste des europ&#233;ens et notamment de ceux du Sud et cr&#233;er une pression ext&#233;rieure forte &#224; la maitrise de la d&#233;pense et de la dette publique. Ce syst&#232;me de contrainte exterieure fabriqu&#233;e par des autorit&#233;s nationales souveraines r&#233;unies en Conseil europ&#233;en prolonge la logique des crit&#232;res de Maastricht qui a permis la consolidation budg&#233;taire fran&#231;aise ou su&#233;doise, et la sortie de la &#171; deuxi&#232;me division &#187; de l'Italie et de l'Espagne . Du reste si l'on cherchait une confirmation puissante de la logique &#224; l'oeuvre, il suffirait de rappeler ici que dans la programmation &#224; moyen terme de la d&#233;pense publique &#224; laquelle viennent de se livrer les minist&#232;res des finances nationaux, tous annoncent des objectifs ambutieux de r&#233;duction du ration de d&#233;ficit des finances publiques. Seule la France socialiste qui limite pourtant la progression de la d&#233;pense publique de 0,3% par an ! fait figure avec l'Allemagne social-d&#233;mocrate de mauvais &#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y-a t-il risque de d&#233;flation ou &#224; tout le moins de ralentissement &#233;conomique dans l'ensemble europ&#233;en et la politique mon&#233;taire peut elle y rem&#233;dier ? A l'inverse le ch&#244;mage europ&#233;en ne rel&#232;ve t il que d'un traitement structurel ? Telles sont les questions qui peuvent permettre de trancher dans la pol&#233;mique qui oppose banquiers centraux et gouvernements nationaux. La r&#233;ponse est simple et ne souffre gu&#232;re d'ambiguit&#233;. Le ralentissement &#233;conomique concerne l'ensemble de l'Eurolande, les diff&#233;rences de taux de croissance tiennent &#224; la plus ou moins grande exposition &#224; la grande exportation et &#224; l'importance de l'effet de ratrapage de la consommation des m&#233;nages. Dans un tel contexte la politique mon&#233;taire est efficace. S'agissant du ch&#244;mage, la composante conjoncturelle est incontestable dans un pays comme la France. Mais la composante structurelle est plus importante encore dans des pays comme l'Allemagne ou la France, qui connaissent un co&#251;t du travail non qualifi&#233; trop &#233;lev&#233; et une moindre fl&#233;xibilit&#233; qu'aux Pays Bas ou au Royaume Uni. On comprend donc la demande des Etats d'un relachement de la politique mon&#233;taire et les rappels &#224; l'ordre de la Banque Centrale qui ne peut que constater la lenteur avec laquelle les r&#233;formes structurelles du march&#233; de l'emploi sont men&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment sortir alors de cette &#171; trappe politique &#187; de ce dialogue de sourds institutionnalis&#233; o&#249; nul n'a tout &#224; fait raison, ni tout &#224; fait tort mais o&#249; le r&#233;sultat d'ensemble en termes de policy mix est sous optimal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette question il faut distinguer les horizons, &#234;tre clair sur l'imputation des responsabilit&#233;s et ne pas n&#233;gliger les effets conjoncturels. Commen&#231;ons par le plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maladresses de Mr Lafontaine, les accords sociaux g&#233;n&#233;reux arrach&#233;s par l'IG Metal, le relatif relachement de la discipline budg&#233;taire de pays comme la France ou l'Allemagne expliquent que dans un contexte o&#249; le dollar est fort et o&#249; la consommation est vigoureuse la BCE ait d&#233;cid&#233; de diff&#233;rer des baisses de taux qui interviendront d'ici fin Juin. Au del&#224; de cet horizon court, la tension entre institutions est appel&#233;e &#224; durer, nulle &#233;volution vers le f&#233;d&#233;ralisme budg&#233;taire n'est envisageable &#224; moyen terme. Cette tension est de surcroit utile, elle est l'ingr&#233;dient essentiel des r&#233;formes structurelles. Il n'en r&#233;sulte pas pour autant que les institutions ob&#233;issent &#224; l'image caricaturale qu'elles donnent parfois d'elles m&#234;mes. La Banque Centrale en particulier n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; poursuivre une politique inadapt&#233;e de lutte contre l'inflation quand le niveau d'activit&#233; baisse, elle ne le fera donc pas. La r&#233;forme structurelle est sans doute plus facile en p&#233;riode de croissance , on comprend donc la r&#233;ticence des gouvernements &#224; faire des r&#233;formes sociales drastiques ou m&#234;me &#224; limiter s&#233;rieusement la d&#233;pense budg&#233;taire quand la croissance s'affaiblit. Mais &#224; l'inverse si au sein de l'espace europ&#233;en certains pays font preuve d'audace, il est illusoire de croire que les pays les plus d&#233;pensiers et les plus gaspilleurs pourront au nom de l'harmonisation fiscale europ&#233;enne demander une convergence vers de hauts niveaux d'imposition. Enfin plus l'Europe s'int&#232;gre, plus il sera difficile aux &#233;lites politiques nationales de se d&#233;fausser de leurs responsabilit&#233;s sur les technocrates bruxellois ou les ayotallahs de la banque centrale car alors c'est toute la construction europ&#233;enne qui est mise en p&#233;ril.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Le Monde des D&#233;bats&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que sont nos champions nationaux devenus ?</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Que-sont-nos-champions-nationaux-devenus.html</link>
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&lt;p&gt;Rh&#244;ne Poulenc apr&#232;s AGF sous contr&#244;le allemand, Alcatel en &#233;tat de choc, Bull et son agonie sans fin, P&#233;chiney en recentrage continu, Thomson orphelin, Framatome en qu&#234;te d'actionnaire ... mais que sont nos champions nationaux devenus ? &lt;br class='autobr' /&gt; La lecture du dernier FT 500 fournit une illustration chiffr&#233;e de ce constat d&#233;moralisant. Seul un ancien monopole de service public partiellement privatis&#233;, France Telecom figure parmi les 50 premi&#232;res firmes mondiales. Il faut descendre jusqu'&#224; la 317 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rh&#244;ne Poulenc apr&#232;s AGF sous contr&#244;le allemand, Alcatel en &#233;tat de choc, Bull et son agonie sans fin, P&#233;chiney en recentrage continu, Thomson orphelin, Framatome en qu&#234;te d'actionnaire ... mais que sont nos champions nationaux devenus ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lecture du dernier FT 500 fournit une illustration chiffr&#233;e de ce constat d&#233;moralisant. Seul un ancien monopole de service public partiellement privatis&#233;, France Telecom figure parmi les 50 premi&#232;res firmes mondiales. Il faut descendre jusqu'&#224; la 317 &#232;me place pour trouver St Gobain qui en compagnie de grandes entreprises industrielles comme Schneider, Usinor ou Michelin ont, litt&#233;ralement plong&#233; dans les profondeurs du classement. Non seulement les champions nationaux font au total pi&#232;tre figure mais il n'y a nul trace de renouvellement, nul Yahoo fran&#231;ais alors que nous avons &#233;t&#233; pionniers dans les services d'information en ligne, nul Sap fran&#231;ais alors que l'on croyait avoir une puissante industrie du logiciel, nul Astra fran&#231;ais qui illustrerait nos prouesses dans les sciences de la vie. Enfin &#224; poids &#233;conomique comparable en termes de chiffre d'affaires ou de fonds propres les capitalisations boursi&#232;res des entreprises fran&#231;aises sont tr&#232;s inf&#233;rieures &#224; celles de leurs concurrentes anglo-am&#233;ricaines ou neerlando-germaniques, ce qu'illustre l'affaire r&#233;cente BNP/SG-Paribas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut il s'en soucier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois arguments militent pour relativiser l'importance de ce constat. Les capitalisations boursi&#232;res fournissent certes un indice de la puissance financi&#232;re des firmes, de leur profitabilit&#233; actuelle et de leurs gains esp&#233;r&#233;s mais en m&#234;me temps on ne saurait nier le caract&#232;re artificiel de certaines valorisations li&#233;es &#224; une appr&#233;ciation excessive des flux actualis&#233;s de revenus futurs (actions internet) ou &#224; l'utilisation de l'effet de levier de l'endettement. Plus fondamentalement ces classements posent la question de la nationalit&#233; du capital et de ses effets sur l'&#233;conomie r&#233;elle. D'un c&#244;t&#233; il est paradoxal de classer les entreprises par nationalit&#233; alors que la globalisation financi&#232;re progresse et que les actionnaires dominants sont les investisseurs institutionnels et plus particuli&#232;rement les fonds de pension anglo-am&#233;ricains or on peut soutenir en premi&#232;re approximation que ces fonds sont int&#233;ress&#233;s par le ROE (return on equity) et pas par l'exercice du pouvoir industriel. D'un autre c&#244;t&#233; &#224; supposer m&#234;me qu'une entreprise fran&#231;aise passe sous contr&#244;le &#233;tranger il n'est pas &#233;tabli a priori qu'elle sera moins bonne citoyenne qu'une entreprise &#224; capitaux fran&#231;ais en termes d'emplois cr&#233;&#233;s de localisation d'activit&#233;s ou d'imp&#244;ts pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut on alors pratiquer la strat&#233;gie de l'indiff&#233;rence notamment lorsqu'il s'agit de fusions-absorptions dans la cadre europ&#233;en ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi trois arguments interdisent qu'on tienne pour quantit&#233; n&#233;gligeable les faibles capitalisations boursi&#232;res fran&#231;aises les risques de prise de contr&#244;le par des firmes &#233;trang&#232;res et les effets sur les entreprises fran&#231;aises de ce passage sous contr&#244;le &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part l'affaire BAe-Gec montre qu'une faible capitalisation boursi&#232;re est un obstacle &#224; la r&#233;alisation d'une bonne strat&#233;gie industrielle. Tous les observateurs ont not&#233; dans ce cas que les synergies &#233;taient plus &#233;videntes entre Thomson et Gec qu'entre Gec et Bae. Dans ce cas la pi&#232;tre performance financi&#232;re de Thomson et la faiblesse de son actionnariat ont clairement emp&#234;ch&#233; l'entreprise de r&#233;aliser la consolidation attendue dans l'&#233;lectronique de d&#233;fense europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part la perte par les belges de leurs centres de pouvoir industriels nationaux a clairement des effets sur les arbitrages rendus par les dirigeants industriels &#233;trangers sur les sites belges. Le cas de Vilvvorde est encore pr&#233;sent dans toutes les m&#233;moires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin m&#234;me si les investisseurs financiers n'aspirent pas &#224; la conqu&#234;te du pouvoir industriel, leurs guides de bonne gestion, les pressions qu'ils exercent sur les managements, les arbitrages qu'ils rendent ont de fait une influence grandissantes. Le mouvement de &#171; d&#233;-fusion &#187; auquel on assiste dans la chimie, la d&#233;cote des holdings, la pression exerc&#233;e pour que chaque activit&#233; d'une firme r&#233;mun&#232;re correctement le capital investi. Tout ceci a des effets grandissants sur la gestion des firmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne peut donc se d&#233;sint&#233;resser des mouvements &#224; l'oeuvre dans l'industrie et du relatif d&#233;clin de nos champions nationaux, comment en sommes nous arriv&#233;s l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme les autres europ&#233;ens nous avons rat&#233; la r&#233;volution des technologies de l'information. Le CNET a invent&#233; la commutation, temporelle, l'ATM et mis au point la norme GSM avec les allemands mais ce sont Cisco, et Nokia qui sont leaders dans l'Intrernet et les mobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres europ&#233;ens nous avons su d&#233;manteler nos protections nationales mais sans &#234;tre capables d'inventer une politique industrielle europ&#233;enne ou plus exactement nous avons favoris&#233; l'int&#233;gration continentale en tenant pour acquis que cela suffirait &#224; nous remettre dans la course face aux Etats Unis et &#224; l'Asie d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les Allemands nos champions nationaux ont tard&#233; a s'adapter : Alcatel et Siemens dans les Telecom, Bull et Nixdorf dans l'informatique, Thomson et Grundig dans l'&#233;lectronique grand public etc... mais &#224; la diff&#233;rence des entreprises fran&#231;aises les allemandes se rattrapent parfois par la croissance externe comme on l'observe actuellement dans la Banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Fran&#231;ais nous avons g&#226;ch&#233; l'acquis de nos services publics en tardant &#224; les r&#233;former, on a donn&#233; du &#171; temps au temps &#187; avec les nationalisations ce qui nous a interdit de b&#233;n&#233;ficier du ballon d'oxyg&#232;ne de la d&#233;r&#233;glementation, de la mise ne tension concurrentielle et de la pression des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin notre syst&#232;me de protection sociale nous a interdit de d&#233;velopper les fonds de pension et a fait peser sur l'industrie pharmaceutique une chape de plomb tarifaire. Aucun pouvoir politique n'a su prendre le risque de diversifier les modes de financement des retraites futures en faisant une place &#224; la capitalisation. Aucun gouvernement n'a pu remettre en cause le compromis pharmaceutique qui a toujours comport&#233; distribution des rentes par remboursement de placebos et insuffisante incitation tarifaire &#224; la vraie recherche et &#224; la mise au point de nouvelles mol&#233;cules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Addendum Parmi les rescap&#233;s Usinor, Renault, SGS-Thomson. Parmi les divines surprises Carefour et le secteur de la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;( Classement des 500 premi&#232;res entreprises mondiales par capitalisation boursi&#232;re)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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