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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>Euro : La trappe politique </title>
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&lt;p&gt;Dans le tourbillon protestataire que nous avons connu depuis la rentr&#233;e et dont le prix du carburant &#233;tait l'enjeu apparent, un fait a &#233;t&#233; peu analys&#233; : confront&#233;s &#224; leur premi&#232;re crise s&#233;rieuse, les gouvernements europ&#233;ens n'ont pu peser ni sur le cours du p&#233;trole, ni sur le cours de l'euro, ils ont m&#234;me rel&#226;ch&#233; leur discipline budg&#233;taire et c'est l'intervention am&#233;ricaine qui a permis de d&#233;samorcer les deux crises. Jamais dans la br&#232;ve histoire de l'Euro, l'&#233;difice institutionnel n'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le tourbillon protestataire que nous avons connu depuis la rentr&#233;e et dont le prix du carburant &#233;tait l'enjeu apparent, un fait a &#233;t&#233; peu analys&#233; : confront&#233;s &#224; leur premi&#232;re crise s&#233;rieuse, les gouvernements europ&#233;ens n'ont pu peser ni sur le cours du p&#233;trole, ni sur le cours de l'euro, ils ont m&#234;me rel&#226;ch&#233; leur discipline budg&#233;taire et c'est l'intervention am&#233;ricaine qui a permis de d&#233;samorcer les deux crises. Jamais dans la br&#232;ve histoire de l'Euro, l'&#233;difice institutionnel n'a paru aussi fragile. La BCE a fait la preuve de sa faible cr&#233;dibilit&#233;. Le tandem Chirac - Jospin a incarn&#233; de mani&#232;re saisissante le vide politique europ&#233;en. On peut consid&#233;rer cet &#233;pisode n&#233;gligeable d&#232;s lors qu'une certaine stabilit&#233; a &#233;t&#233; atteinte pour l'euro ou le baril de p&#233;trole et estimer que c'est un faisceau convergent d'interventions qui est venu &#224; bout de la crise. Malheureusement tel ne fut pas le cas et il a bien fallu que le Pr&#233;sident Clinton mette sur le march&#233; 30 millions de barils tir&#233;s des r&#233;serves strat&#233;giques pour que le prix du p&#233;trole se stabilise. Il a fallu que le Pr&#233;sident de la Fed accepte d'intervenir sur l'Euro pour que le plongeon cesse et que la tendance s'inverse. La pusillanimit&#233; des Europ&#233;ens quant &#224; la mise sur le march&#233; de leurs r&#233;serves p&#233;troli&#232;res, la cacophonie des d&#233;clarations sur la valeur de l'Euro, le non danois ont contribu&#233; &#224; dramatiser la crise sans que rien ne vienne en inverser le cours. La recul des Gouvernements face &#224; ce qui s'apparente &#224; une jacquerie fiscale et leur incapacit&#233; &#224; mettre en &#339;uvre une strat&#233;gie ont remis &#224; l'ordre du jour la question de l'int&#233;gration europ&#233;enne, de ses rythmes, de ses modalit&#233;s, de ses conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vacance europ&#233;enne face &#224; l'&#233;preuve pour autant qu'on s'accorde sur le diagnostic soul&#232;ve de nombreuses questions. L'Europe peut elle durablement cro&#238;tre et se d&#233;velopper avec deux pouvoirs &#233;conomiques concurrents, celui de la BCE, ma&#238;tre de la politique mon&#233;taire et celui des 15 gouvernements nationaux responsables de leurs politiques budg&#233;taires et plus encore de leurs politiques structurelles. Le d&#233;s&#233;quilibre actuel entre f&#233;d&#233;ralisme mon&#233;taire et souverainet&#233;s politiques nationales est-il soutenable en termes de cr&#233;dibilit&#233; &#233;conomique et de responsabilit&#233; d&#233;mocratique ? L'Europe peut elle constituer une mosa&#239;que de politiques publiques nationales, r&#233;pondant de mani&#232;re contradictoire aux pressions des groupes d'int&#233;r&#234;t domestiques, bref peut-on faire l'Europe si l'horizon ind&#233;passable de nos &#233;lites politiques est en r&#233;alit&#233; le pr&#233; carr&#233; national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord le diagnostic. L'histoire de l'Euro depuis son introduction est celle de sa chute continue et du d&#233;bat r&#233;current sur sa faiblesse pr&#233;sente et sa force &#224; venir. Longtemps cette chute n'a gu&#232;re inqui&#233;t&#233; : si structurellement l'Euro devait &#234;tre fort &#224; cause de son statut d'alternative au dollar et du potentiel de croissance europ&#233;en de long terme et si, conjoncturellement, un Euro faible stimulait les exportations europ&#233;ennes et contribuait au redressement allemand pourquoi s'inqui&#233;ter ? Quand les rendements sont sup&#233;rieurs outre-Atlantique, que la diversification des placements commande l'achat de titres am&#233;ricains et que le chemin de la Nouvelle Economie passe pour les entreprises europ&#233;ennes par des acquisitions aux Etats Unis, faut il s'&#233;tonner du flux continu d'exportations de capitaux europ&#233;ens. De m&#234;me lorsque la d&#233;synchronisation des cycles euro-am&#233;ricains est manifeste, est il si difficile de comprendre que les taux mon&#233;taires am&#233;ricains soient plus attractifs que les europ&#233;ens et qu'au total le dollar s'appr&#233;cie. Si au total les Etats Unis croissent plus vite, si leurs taux mon&#233;taires sont plus &#233;lev&#233;s et si le rendement de leurs actifs est plus fort, si leurs politiques macro&#233;conomiques sont plus souples et plus adapt&#233;es et si de surcro&#238;t les march&#233;s amplifient la tendance , pourquoi diable un investisseur continuerait-il &#224; d&#233;tenir des Euros ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec le mini-choc p&#233;trolier que les donn&#233;es ont commenc&#233; &#224; changer. Non seulement, &#224; cette occasion, les gouvernements europ&#233;ens ont red&#233;couvert leur d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique mais &#224; travers la double taxation que repr&#233;sentait la hausse du baril et la baisse de l'Euro ils ont commenc&#233; &#224; comprendre qu'il n'y avait pas que des b&#233;n&#233;fices &#224; l'&#233;rosion continue de l'Euro. Les d&#233;clarations du chancelier allemand favorables &#224; un Euro faible, les critiques transparentes de la BCE contre le rel&#226;chement de l'effort de ma&#238;trise des finances publiques et l'absence, au c&#339;ur de la tourmente, de Mr Duisenberg retenu par un obscur colloque canadien ont contribu&#233; &#224; l'&#233;clatement de la crise et &#224; son traitement par les Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autres crises ne manqueront pas de survenir et on ne peut pas ne pas se poser la question de la capacit&#233; europ&#233;enne &#224; g&#233;rer sur un mode coop&#233;ratif les prochains chocs &#233;conomiques et mon&#233;taires. Si l'on consid&#232;re que le probl&#232;me pos&#233; est de savoir comment articuler int&#233;gration &#233;conomique r&#233;gionale grandissante et syst&#232;me d'Etats nations, trois scenarios contrast&#233;s d'&#233;volution sont envisageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier, celui de la r&#233;gression &#233;conomique, partant du constat de l'incompatibilit&#233; entre exigences d&#233;mocratiques des Etats nations et imp&#233;ratifs de cr&#233;dibilit&#233; d'une politique macro&#233;conomique r&#233;gionale int&#233;gr&#233;e ou coordonn&#233;e conduit &#224; l'implosion de l'Euro. Si les nations europ&#233;ennes deviennent de plus en plus des d&#233;mocraties corporatistes r&#233;gul&#233;es par la rue et si les gouvernements nationaux sont les destinataires naturels des revendications de leurs citoyens quelle que soit l'enceinte d&#233;cisionnelle r&#233;elle (OMC , FMI , Union Europ&#233;enne ou Gouvernement national) alors il faudrait admettre qu'en cas de conflit entre objectifs, l'Euro finisse par &#234;tre sacrifi&#233; &#224; l'exigence d&#233;mocratique. Le propos peut sembler excessif, mais si les Etats ne se sentent pas tenus par les engagements souscrits en mati&#232;re de discipline budg&#233;taire, si l'Euro-11, Ecofin et la Commission Europ&#233;enne ne parviennent ni &#224; coordonner l'action macro&#233;conomique, ni &#224; se mobiliser en cas de crise, comment croire &#224; la p&#233;rennit&#233; de l'Euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me, celui du couronnement politique, partant du hiatus entre f&#233;d&#233;ralisme mon&#233;taire et syst&#232;me politique national aboutit &#224; une acc&#233;l&#233;ration de l'Union politique. La f&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne avec ses organes d&#233;mocratiques repr&#233;sentatifs devient l'institution politique qui r&#233;gule l'espace &#233;conomique europ&#233;en int&#233;gr&#233;. Qu'on ne se trompe pas le syst&#232;me actuel n'incite pas &#224; la coordination des politiques macro&#233;conomiques d&#232;s lors que la Banque centrale a pour seule mission de lutter contre l'inflation et que le pacte de stabilit&#233; pr&#233;vient les seuls d&#233;bordements budg&#233;taires inflationnistes. De surcro&#238;t ce syst&#232;me n'est pas v&#233;cu comme d&#233;mocratique, on peut s'en attrister, on peut opposer une l&#233;gitimit&#233; par les r&#233;sultats &#224; une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, mais force est de reconna&#238;tre qu'il n'y a pas d'espace public europ&#233;en, pas de citoyen europ&#233;en et pas de r&#233;elle d&#233;mocratie europ&#233;enne. Accorder l'espace &#233;conomique et l'espace politique, c'est d'une mani&#232;re ou d'une autre reprendre la question de la F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne et d'institutions d&#233;mocratiques europ&#233;ennes, or ce projet n'est port&#233; par personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me, celui du concert des nations et des autorit&#233;s ind&#233;pendantes, partant du constat de la double impossibilit&#233; du f&#233;d&#233;ralisme politique et du retour au nationalisme &#233;conomique conduit &#224; une s&#233;l&#233;ctivit&#233; dans le portefeuille de comp&#233;tences de l'Etat nation &#224; une red&#233;finition de la souverainet&#233; et de la politique d&#233;mocratique. La monnaie, la r&#233;gulation des march&#233;s, l'environnement, les migrations sont confi&#233;es &#224; des agences ind&#233;pendantes, non &#233;lues. La d&#233;mocratie repr&#233;sentative, telle que nous la connaissons, n'a plus prise alors en ces mati&#232;res. Elle reste par contre &#224; l'&#339;uvre sur tous les sujets domestiques concernant la redistribution des revenus. Un tel sc&#233;nario a un double m&#233;rite, il est proche du fonctionnement r&#233;ellement observ&#233;, il correspond &#224; l'&#233;tat des opinions et des &#233;lites publiques europ&#233;ennes, mais il a quelques cons&#233;quences. Il conduit &#224; renoncer explicitement &#224; l'id&#233;e d'une Europe puissance aspirant &#224; se hisser au niveau des Etats Unis mon&#233;tairement et diplomatiquement. Il tranche la question du d&#233;ficit d&#233;mocratique en abandonnant la supervision des autorit&#233;s ind&#233;pendantes au concert intergouvernemental. Il renvoie la question de la r&#233;gulation mon&#233;taire &#224; un &#233;ventuel accord entre BCE-Fed et BoJ ou &#224; d&#233;faut &#224; la seule Fed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de ces trois sc&#233;narios ne doit &#234;tre &#233;cart&#233; rapidement car il serait illusoire de croire que l'int&#233;gration &#233;conomique est acquise, que l'Euro est irr&#233;versible ou m&#234;me que l'engagement europ&#233;en des opinions publiques nationales continuera &#224; primer sur les pulsions localistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien crois&#233; avec Patrick Artus</title>
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&lt;p&gt;Avec la prosp&#233;rit&#233; reviennent les revendications salariales. Qui touche aujourd'hui les fruits de la prosp&#233;rit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt; Elie Cohen : 500 000 emplois probablement cr&#233;&#233;s en France en l'an 2000 apr&#232;s 450 000 en 1999 c'est le r&#233;sultat de la croissance et de la r&#233;partition des fruits de la croissance. Les politiques de baisse de charges et plus r&#233;cemment les 35 heures ont &#233;t&#233; pens&#233;es pour enrichir le contenu de la croissance en emplois. Seulement voil&#224; d&#232;s que la menace du ch&#244;mage s'&#233;loigne, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Avec la prosp&#233;rit&#233; reviennent les revendications salariales. Qui touche aujourd'hui les fruits de la prosp&#233;rit&#233; ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : 500 000 emplois probablement cr&#233;&#233;s en France en l'an 2000 apr&#232;s 450 000 en 1999 c'est le r&#233;sultat de la croissance et de la r&#233;partition des fruits de la croissance. Les politiques de baisse de charges et plus r&#233;cemment les 35 heures ont &#233;t&#233; pens&#233;es pour enrichir le contenu de la croissance en emplois. Seulement voil&#224; d&#232;s que la menace du ch&#244;mage s'&#233;loigne, la revendication salariale pointe, ce qui est l&#233;gitime. Apr&#232;s tout les entreprises confront&#233;es &#224; des p&#233;nuries de tra-vailleurs qualifi&#233;s et non qualifi&#233;s auront &#224; r&#233;gler par la n&#233;gociation ces revendications. Mais, lorsqu'on parle de partage des fruits de la croissance , c'est aux fonctionnaires et aux retrait&#233;s qu'on pense La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si on doit continuer &#224; mettre l'accent sur la lutte contre le ch&#244;mage ou si on doit augmenter les cheminots donnant ainsi le signal d'une hausse g&#233;n&#233;rale des revenus administr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Dans le partage qui s'op&#232;re entre profits, emploi et salaires, nous vivons aujourd'hui une situation extraordinai-rement in&#233;dite. Alors que la masse salariale r&#233;elle en France a augment&#233; de 3 %, cet accroissement a profit&#233; pour 2,5 % &#224; la cr&#233;ation d'emplois et pour 0,5 % seulement &#224; la hausse du pouvoir d'achat des salari&#233;s en place. La croissance cr&#233;e de plus en plus d'emplois. C'est totalement nouveau. Globalement, jusqu'ici lorsque cela allait mal on licenciait, et quand cela allait bien c'est ceux qui &#233;taient rest&#233;s dans les entreprises qui r&#233;cup&#233;raient le surplus du retour &#224; la croissance. Donc, nous vivions dans un monde d'in&#233;galit&#233;s majeures entre ceux qui &#233;taient dedans et ceux qui &#233;taient dehors mais ce monde est apparemment en train de dispara&#238;tre. Ainsi, aux Etats-Unis, o&#249; pourtant les 35 heures n'existent pas et o&#249; le march&#233; du travail est tendu, les salari&#233;s ont beaucoup de mal &#224; obtenir des augmentations. Depuis 1994, en moyenne, tous les ans les salaires y augmentent moins vite que la productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Il n'y a donc pas d'oubli&#233;s de la croissance ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;P. A&lt;/b&gt;. : Il y en a de moins en moins. Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis, que l'on dit si in&#233;galitaires. Le taux de ch&#244;mage pour le tiers le moins qualifi&#233; de la population est tomb&#233; &#224; 9 %. C'est encore beaucoup, certes, mais c'&#233;tait 20 % il y a 10 ans. On est en-dessous de 8 % pour le taux de ch&#244;mage des noirs, ce qu'on n'avait jamais vu. En France, le taux de ch&#244;mage des plus qualifi&#233;s est de 5,5 % et &#224; l'autre bout de l'&#233;chelle, il est de 17 % pour les moins qualifi&#233;s : c'est tr&#232;s &#233;lev&#233; mais tout de m&#234;me en baisse de 8 % par rapport aux 25 % d'il y a trois ou quatre ans. Comme aux Etats-Unis donc, le ch&#244;mage baisse pour tous les niveaux de qualification. C'est d'ailleurs logique. Apr&#232;s tout, si vous embauchez un ing&#233;nieur dans une soci&#233;t&#233; de service informatiques, il va aller au restaurant, sortir, d&#233;penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Donc la balance se r&#233;tablit entre les salari&#233;s qui &#233;taient &#8220; dehors &#8221; et ceux qui sont &#8220; dedans &#8221;. Qu'en est-il des profits ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;P.A.&lt;/b&gt; : Ce qui a chang&#233; par rapport au dernier cycle &#233;conomique, c'est le pouvoir de l'actionnaire. Autrement dit aujourd'hui on ne peut plus trop toucher &#224; la profitabilit&#233;, ni es-p&#233;rer que les salari&#233;s am&#233;liorent globalement leur part du g&#226;teau. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;b&gt;L'actionnariat salari&#233; peut-il venir compenser ce frein mis sur les salaires ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;E. C&lt;/b&gt;. : Dans la mesure o&#249; la sph&#232;re du salaire est contrainte, il faut trouver ailleurs des moyens de fid&#233;liser les salari&#233;s, notam-ment dans le secteur des nouvelles technolo-gies o&#249; le march&#233; du travail est tr&#232;s tendu. La nouveaut&#233; c'est qu'un nombre grandissant mais, limit&#233; malgr&#233; tout de salari&#233;s, &#233;marge &#224; la fois dans la sph&#232;re salariale et dans la sph&#232;re du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A cet &#233;gard, les montants impres-sionnants des stock-options d&#233;tenus par certains cadres dirigeants ne peuvent-ils pas agir comme un chiffon rouge sur les salari&#233;s qui n'en ont pas ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;P. A.&lt;/b&gt; : Il y a deux types de &#8220; jackpot &#8221;. D'abord, il y a la chance, le coup de pot. Monsieur et Madame &#233;taient &#224; l'ORTF. Monsieur part &#224; TF1 et Madame &#224; France 2 et maintenant ils ont un rapport de patrimoine de 1 &#224; 100. ... Et puis il y a les enrichissements indus de cadres dirigeants de la vieille &#233;conomie. Le probl&#232;me est soulev&#233; aujourd'hui aux Etats-Unis. Certains fonds de pension sont en train de mener une lutte farouche contre les stock-options que se sont distribu&#233;s les dirigeants des grandes entreprises traditionnelles. Qui n'ont pas cr&#233;&#233; l'entreprise et quelquefois m&#234;me l'ont d&#233;grad&#233;e. Serons-nous capables dans une soci&#233;t&#233;, disons social-d&#233;mocrate, de distinguer entre l'enrichissement normal, m&#233;rit&#233; et celui qui est indu ? Mais c'est une question tr&#232;s compliqu&#233;e. Comment distinguer fiscalement l'enrichissement indu de l'enrichissement normal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;E. C.&lt;/b&gt; : L'image du jakpot est s&#233;duisante mais trompeuse, ce n'est quand m&#234;me pas la m&#234;me chose de travailler &#224; France telecom Mobiles ou &#224; la Poste de Mende. Plus s&#233;rieu-sement, la dynamique du capitalisme n'est pas de produire spontan&#233;ment un ordre &#233;galitaire. Or la France est anim&#233;e par une passion &#233;galitaire dans une &#233;conomie mondiale, o&#249; la propri&#233;t&#233; a repris ses droits, il faut composer avec les nouvelles r&#232;gles du jeu ! Il va bien falloir r&#233;gler la contradiction entre exigences des droits de propri&#233;t&#233; et aspiration &#233;galitaire. Cela passe pour partie par l'&#233;largissement de l'actionnariat des salari&#233;s et pour partie par la fiscalit&#233;. Avec une limite qui tient &#224; la concurrence fiscale entre pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;P. A.&lt;/b&gt; : Je n'ai pas vraiment dit &#231;a ! Car au fond nous sommes d'accord sur l'analyse de base. L'Europe semble &#234;tre en train de se diri-ger vers le mod&#232;le am&#233;ricain o&#249; les in&#233;galit&#233;s de salaires ont plut&#244;t diminu&#233;, mais o&#249; celles du patrimoine (actions comme immobilier) sont devenues colossales. Bien s&#251;r 60 % des Am&#233;ricains ont des actions mais la plupart d'entre eux n'en ont pas beaucoup ! Les Am&#233;ricains qui ont autour de 50 000 dollars par an de revenus ont autour de 50 000 dollars d'actions. Et ceux qui ont plus de 100 000 dollars par an de revenu ont plus de 4 millions de dollars d'actions. L&#224; o&#249; la diff&#233;rence va de 1 &#224; 2 pour les revenus elle va de 1 &#224; 400 ou m&#234;me &#224; 800 pour le patrimoine boursier. Les Fran&#231;ais peuvent-ils accepter une telle in&#233;galit&#233; patrimoniale ? Je ne le crois pas. Il va falloir r&#233;fl&#233;chir tr&#232;s rapidement aux fa&#231;ons d'&#233;viter le mod&#232;le am&#233;ricain. La seule solution, ce sont les plans d'&#233;pargne d'entreprise &#224; long terme. Il n'y a pas &#224; tergiverser. Que l'on appelle &#231;a comme l'on veut, cela n'a aucune importance ! Mais pour le PS c'est une r&#233;volution incroyable. Dire que r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, consiste &#224; distribuer des actions &#224; tout le monde, n'est pas une proposition vraiment &#233;mmanuellienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;E. C.&lt;/b&gt; : Pourtant cela permettrait de renouer avec la vraie tradition sociale-d&#233;mocrate. Souvenons-nous que, au d&#233;part, l'id&#233;e des fonds de pension salariaux d'entreprises vient de la social-d&#233;mocratie su&#233;doise. Pour distribuer du patrimoine mais aussi mobiliser les salari&#233;s pour qu'ils p&#232;sent dans leurs propres conseils d'administration. En France, le d&#233;bat est compl&#232;tement d&#233;cal&#233;. Comment ce qui fut consid&#233;r&#233; pendant des ann&#233;es en Su&#232;de comme la pointe la plus avanc&#233;e du combat social-d&#233;mocrate est devenu en France la marque de l'ultra-lib&#233;ralisme, c'est un myst&#232;re ! Au risque de se r&#233;p&#233;ter l'actionnariat salari&#233; en Su&#232;de a &#233;t&#233; combattu par le patronant car il y voyait un risque majeur de socialisation de l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;P. A. &lt;/b&gt; : C'est certain. Le capitalisme populaire peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment de contr&#244;le et de r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Parlons aussi de l'escroquerie intellectuelle qui consiste &#224; pr&#233;senter le capitalisme populaire sous le jour unique du petit boursicoteur qui se fait plumer &#224; tous les coups. Lorsque l'on parle de fonds salariaux, c'est &#224; autre chose que l'on fait r&#233;f&#233;rence. Et je crains que cette pr&#233;sentation erron&#233;e ne conduise &#224; torpiller l'effort timide de Fabius avec les plans d'&#233;pargne d'entreprise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; P. A.&lt;/b&gt; : Nous avons v&#233;cu une transition du mod&#232;le de capitalisme. Il faut en tirer les cons&#233;quences. Le mod&#232;le du capitalisme allemand o&#249; les syndicats &#233;taient au conseil, alors qu'ils n'avaient pas d'actions, a compl&#232;tement disparu. A l'inverse aujourd'hui les repr&#233;sentants des salari&#233;s ne sont pratiquement plus dans les conseils d'administration, m&#234;me dans les soci&#233;t&#233;s o&#249; ils sont gros actionnaires de l'entreprise. Il me semble que la voie m&#233;diane o&#249; l'on aurait une repr&#233;sentation actionnariale des salari&#233;s au conseil serait efficace et je ne vois pas pourquoi on rejette cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C.&lt;/b&gt; : Sans doute &#224; cause de l'id&#233;e que le pouvoir syndical s'affaiblit si la part du salaire diminue dans la r&#233;mun&#233;ration. C'est totalement faux. Mais je comprends qu'il soit difficile pour des syndicats traditionnels de repenser leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que peut faire le gouvernement ? La fameuse &#8220; dictature des fonds de pension &#8221; lui laisse-t-elle une marge de man&#339;uvre dans la r&#233;partition de la valeur ajout&#233;e ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C.&lt;/b&gt; : Parlons en de la dictature des fonds de pension ! Et voyons d'abord d'o&#249; l'on vient. Le capitalisme fran&#231;ais a &#233;t&#233; pen-dant des d&#233;cennies un capitalisme sans capitaux encastr&#233; dans l'Etat, dans lequel, en gros, les grandes entreprises fran&#231;aises recourraient peu &#224; la bourse, pour se financer &#224; long terme, mais usaient de diff&#233;rents types de cr&#233;dits bonifi&#233;s par l'Etat. Au total le garant ultime du capital c'&#233;tait l'Etat fran&#231;ais. Lorsqu'il a d&#233;cid&#233; de privatiser il a cru pouvoir cr&#233;er de toutes pi&#232;ces un actionnariat de substitution avec les fameux noyaux durs. H&#233;las, ils se sont r&#233;v&#233;l&#233;s friables d&#232;s le krach financier de 1987. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'il aurait fallu mettre en place des plans d'&#233;pargne d'entreprise, des fonds de pensions salariaux, des fonds de pension tout court, quelque nom qu'on leur donne, bref, fa-briquer un actionnariat vigoureux. On ne l'a pas fait, et tout naturellement les investisseurs &#233;trangers sont venus acheter du papier en France. Autrement dit, s'il y a dictature des fonds de pension nous l'avons voulue. Il faut enfin r&#233;fl&#233;chir sur la nature v&#233;ritable de cette &#8220; dictature &#8221;. Que recherchent les fonds de pension ? La transparence ? La clarification des strat&#233;gies ? Est-ce si nuisible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;P. A&lt;/b&gt; : Depuis que nous parlons, je note que nous n'avons pas &#233;voqu&#233; le mot retraite. Cela prouve bien qu'il faut compl&#232;tement dis-socier les deux objectifs &#224; assigner &#224; une r&#233;forme de l'&#233;pargne en France : d'une part la stabilisation des retraites et d'autre part la g&#233;n&#233;ralisation de l'actionnariat, pour &#233;viter l'ouverture des in&#233;galit&#233;s patrimoniales. Pour les retraites, je n'ai pas grand espoir dans le passage aux fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;E.C.&lt;/b&gt; : Parce qu'on a rat&#233; le coche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;P. A.&lt;/b&gt; : Oui je le crains. Il y a peu de chance que les rendements financiers soient tr&#232;s &#233;lev&#233;s dans la p&#233;riode &#224; venir. Les cours boursiers sont, en effet, d&#233;j&#224; tr&#232;s hauts et la d&#233;mographie implique qu'il y aura beaucoup de vendeurs. Donc le dossier des retraites devra probablement se traiter par d'autres mesures qui, notamment, consolident les syst&#232;mes pu-blics des pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pour la bonne marche de l'&#233;conomie vaut-il mieux favoriser les profits, l'emploi ou les salaires ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; P. A.&lt;/b&gt; : Question d&#233;licate ! Tout repose aujourd'hui sur le rythme impos&#233; par la nou-velle &#233;conomie. Contrairement &#224; ce qu'on a pu dire, la nouvelle &#233;conomie co&#251;te cher. Comme cela s'&#233;tait produit pour l'&#233;lectricit&#233;, lorsqu'on introduit une nouvelle technologie, il faut changer tout l'appareil de production, casser l'usine, tout reconstruire. Bref, on a besoin d'une &#233;norme accumulation de capital : cela fait dix ans que cela dure aux Etats-Unis, et nous n'avons pratiquement pas commenc&#233;. Donc pour b&#233;n&#233;ficier de l'apport de la nouvelle &#233;conomie, il faut d&#233;placer un peu le partage de la valeur ajout&#233;e, vers les profits, &#224; condition bien s&#251;r qu'ils soient r&#233;investis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux Etats-Unis, aujourd'hui, le capital dont chaque salari&#233; dispose pour produire est 60 % plus &#233;lev&#233; qu'en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C.&lt;/b&gt; : Je remarque que non seulement on ne parle plus de d&#233;formation du partage de la valeur ajout&#233;e au profit des entreprises et du profit mais qu'on &#233;voque m&#234;me la n&#233;cessit&#233; pour les europ&#233;ens d'un effort suppl&#233;mentaire d'investissement. C'est vrai, on ne boxe plus dans la m&#234;me cat&#233;gorie . Nous investissons deux fois moins en recherche et d&#233;veloppement, et, dans nos rares domaines d'excellence nous avons pris un retard consid&#233;rable. Par exemple, dans les biotechnologies les Am&#233;ricains non seulement nous ont rattrap&#233; mais ils investissent 5 fois plus que nous. L'investissement en nouvelles technologie augmente en gros de 25 % par an aux Etats-Unis, en Europe c'est 8% ! Le trou est en train de se creuser, et on peut se demander si ce n'est pas irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;P. A.&lt;/b&gt; : Autant dire qu'il ne faudrait pas modifier le partage dans un sens qui rendrait le rattrapage encore plus difficile. A cet &#233;gard, toutes les dispositions du Budget 2001 qui sont en faveur des salaires, au d&#233;triment du profit, ne sont peut-&#234;tre pas g&#233;niales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que devrait donc faire l'Etat ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; E.C.&lt;/b&gt; : D'abord abandonner l'id&#233;e deve-nue commune aujourd'hui selon laquelle nous allons &#234;tre port&#233;s par une vague de croissance et qu'il suffit de se laisser aspirer pour aborder l'avenir. Toutes les mesures qui ont &#233;t&#233; prises aux Etats-Unis, depuis 20 ans ont eu pour objectif de stimuler l'offre. Je pense aux r&#233;formes fiscales, &#224; la d&#233;r&#233;glementation, aux d&#233;penses de sant&#233;. Par exemple, le d&#233;mant&#232;lement d'ATT et l'obligation faite aux baby bells, d'offrir l'usage quasi-gratuit des r&#233;seaux pour le trafic internet, ont beaucoup jou&#233; dans le fantastique d&#233;veloppement d'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;P. A.&lt;/b&gt; : Y a-t-il seulement un probl&#232;me de mauvaise politique publique ? Je n'en suis pas s&#251;r. Il existe aussi une r&#233;sistance sociologique &#224; cette &#233;volution de l'&#233;conomique qui suppose la prise de risques. Regardez, toutes les incitations, que l'on a cr&#233;&#233;es pour pousser les chercheurs du public &#224; cr&#233;er leur bo&#238;te, &#224; essaimer, eh bien, cela n'a jamais fonctionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Sabine Delanglade&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpress.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'Europe est plus stricte que les &#201;tats-Unis</title>
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&lt;p&gt;Le Nouvel Observateur - Le montant des fusions est pass&#233; de 500 milliards d'euros en 1990 &#224; 3 260 milliards l'an dernier. Pourquoi cette acc&#233;l&#233;ration ? &lt;br class='autobr' /&gt; Elie Cohen - La premi&#232;re raison &#233;vidente : c'est la mondialisation et pour nous Europ&#233;ens, l'int&#233;gration r&#233;gionale encore stimul&#233;e par l'euro, qui oblige les entreprises &#224; grandir. Lorsque son march&#233; pertinent &#233;tait la France, la BNP &#233;tait une grande banque. A l'&#233;chelle de l'Europe, elle ne l'est plus. Deuxi&#232;me ph&#233;nom&#232;ne : la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; - Le montant des fusions est pass&#233; de 500 milliards d'euros en 1990 &#224; 3 260 milliards l'an dernier. Pourquoi cette acc&#233;l&#233;ration ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Elie Cohen&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; - La premi&#232;re raison &#233;vidente : c'est la mondialisation et pour nous Europ&#233;ens, l'int&#233;gration r&#233;gionale encore stimul&#233;e par l'euro, qui oblige les entreprises &#224; grandir. Lorsque son march&#233; pertinent &#233;tait la France, la BNP &#233;tait une grande banque. A l'&#233;chelle de l'Europe, elle ne l'est plus. Deuxi&#232;me ph&#233;nom&#232;ne : la d&#233;r&#233;glementation. Autrefois, il y avait des monopoles nationaux (t&#233;l&#233;phone, &#233;lectricit&#233; etc.). D&#233;sormais, ils ont des concurrents. Et ceux qui n'ont pas le niveau &#233;conomique optimal doivent s'allier. Troisi&#232;mement, dans le secteur des technologies de l'information, plus les entreprises sont grandes, plus elles sont rentables. Ainsi pour Microsoft, le march&#233; pertinent est mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - La finance joue aussi un r&#244;le croissant.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - Oui. Il y a d&#233;sormais un march&#233; boursier europ&#233;en. Pour int&#233;resser les gestionnaires, il faut faire partie des grands indices, donc avoir une taille suffisante. Enfin, les entreprises subissent une pression croissante &#224; la rentabilit&#233;, &#224; l'am&#233;lioration de leurs r&#233;sultats et de leur valeur boursi&#232;re. Ce qui les pousse &#224; des activit&#233;s de fusion fr&#233;n&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Ces mariages ne sont pourtant pas toujours des succ&#232;s.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - Le bilan n'est pas &#233;blouissant. Si l'on compare les objectifs de synergie et de b&#233;n&#233;fices avec les r&#233;sultats r&#233;ellement obtenus, le taux d'&#233;chec des fusions varie de 50% &#224; 65%, selon les &#233;tudes. Mais quand on ne participe pas &#224; cette course &#224; l'acquisition, on se fragilise. Au creux de l'automne dernier, Vivendi &#233;tait pass&#233; du jour au lendemain de l'&#233;tat de pr&#233;dateur &#224; l'&#233;tat de proie possible. Dans sa fusion avec Seagram, il y a pour beaucoup la volont&#233; de grossir pour d&#233;courager un assaillant &#233;ventuel. Il n'y a jamais de taille qu'on puisse consid&#233;rer comme ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - L'&#233;l&#233;ment nouveau, c'est la volont&#233; des gouvernements de mettre le hola. Ils ont bloqu&#233; la fusion Volvo-Scania dans les camions ou la semaine derni&#232;re, le mariage am&#233;ricain dans les t&#233;l&#233;coms de World Com et Sprint.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - L'antitrust est inscrit dans le code g&#233;n&#233;tique du capitalisme am&#233;ricain. Du d&#233;mant&#232;lement de l'empire p&#233;trolier de Rockfeller &#224; celui dont Microsoft est aujourd'hui menac&#233;, les grands proc&#232;s ont rythm&#233; le d&#233;veloppement &#233;conomique des Etats-Unis. Dans les &#233;conomies mixtes europ&#233;ennes, c'est plus nouveau. Jusqu'ici, notre &#233;quivalent de l'antitrust, c'&#233;tait les nationalisations : on a longtemps consid&#233;r&#233; que s'il y avait monopole, il devait revenir &#224; l'Etat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Pourquoi les autorit&#233;s sont-elles plus s&#233;v&#232;res ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - Le pouvoir acquis par les grandes entreprises n'a rien &#224; voir avec le pass&#233;. Si on avait laiss&#233; faire la fusion World Com-Sprint, le nouveau groupe aurait contr&#244;l&#233; &#224; peu pr&#232;s la moiti&#233; du trafic internet. De m&#234;me, l'union europ&#233;enne n'a pas autoris&#233; la fusion du fran&#231;ais Pechiney avec le canadien Alcan et le suisse Algroup, car ils auraient pes&#233; plus du quart du march&#233; mondial de l'aluminium... et m&#234;me 80% du march&#233; allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Pourtant, ces trois soci&#233;t&#233;s, m&#234;me apr&#232;s fusion, demeuraient plus petites que le num&#233;ro deux mondial.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - La commission europ&#233;enne a en effet une conception variable de l'abus de position dominante. Elle estime qu'il faut intervenir lorsqu'une entreprise domine un march&#233; national, m&#234;me si ce n'est pas le cas au niveau europ&#233;en. De ce point de vue, elle est devenue beaucoup plus stricte que l'antitrust am&#233;ricain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Cela g&#234;ne les gouvernements qui veulent favoriser la naissance de champions nationaux.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - Oui. Et, le plus bel exemple c'est le mariage interdit entre les deux su&#233;dois Volvo et Scania. Ils n'auraient pas eu plus de 25% du march&#233; europ&#233;en, ce qui n'est pas terrible. Mais 75% du march&#233; des pays nordiques, et plus de 90% en Su&#232;de. Ce qui aurait &#233;t&#233; dangereux pour le &lt;br class='autobr' /&gt;
consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Pour l'Europe, c'est donc une vraie r&#233;volution...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - Nous sortons d'un capitalisme d'&#233;conomie mixte pour aller vers un capitalisme r&#233;gul&#233;. D&#233;sormais, on consid&#232;re que le march&#233; est une institution, une instance &#233;conomique dont le fonctionnement est encadr&#233; par des r&#232;gles, des lois et des normes. Il y a une autorit&#233; : un arbitre, qui surveille les joueurs sur le terrain, pour qu'ils respectent les r&#232;gles du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - En France, on a ainsi multipli&#233; les instances ind&#233;pendantes.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - On a d&#233;cid&#233; que les services publics, comme le t&#233;l&#233;phone, ne seraient plus organis&#233;s en monopole avec un champion national contr&#244;l&#233; par l'&#233;tat. On a favoris&#233; la concurrence. Et donc boulevers&#233; les modes de r&#233;gulation de l'&#233;conomie. L'&#233;tat ne peut plus &#234;tre &#224; la fois le propri&#233;taire d'un des acteurs et le r&#233;gulateur parce, s'il y a un conflit d'int&#233;r&#234;ts. Il faut qu'il y ait une instance qui &#233;chappe &#224; la pression politique. L'&#233;tat admet qu'il n'est plus le seul garant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Aujourd'hui, c'est l'ordre judiciaire qui tranche les litiges, et dit o&#249; est l'int&#233;r&#234;t commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Autre &#233;v&#233;nement marquant : l'Europe a d&#233;sormais le pouvoir de bloquer des fusions entre soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E. Cohen&lt;/strong&gt; - C'est une cons&#233;quence de la mondialisation. Lorsque les march&#233;s sont de plus en plus int&#233;gr&#233;s, les barri&#232;res douani&#232;res disparaissent. Pour prot&#233;ger les acteurs nationaux, les pays peuvent mettre en place d'autres obstacles, et notamment des droits de la concurrence diff&#233;rents. Il faut d&#233;sormais r&#233;server le m&#234;me traitement aux investissements, qu'ils soient nationaux ou &#233;trangers et faire appliquer les m&#234;mes r&#232;gles concurrentielles. Cela passe par une coordination des instances de r&#233;gulations, notamment entre les Etats-Unis et l'Europe. Chacun a droit de regard sur le syst&#232;me de r&#233;gulation du voisin. Et, pour l'Europe, cela signifie que la commission, qui repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts de ses membres, prendra le pouvoir sur les Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Thierry Philippon&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://permanent.nouvelobs.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Nouvel Observateur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vivendi : un pari &#224; 100 milliards de $</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Avec Vivendi-Universal, J.M.Messier annonce la naissance du premier groupe capable d'int&#233;grer contenus globaux et locaux et de les distribuer sur les nouveaux canaux num&#233;riques. Sa strat&#233;gie est de b&#226;tir un groupe multiacc&#232;s, multicontenus, multinational et totalement int&#233;gr&#233;. Pourtant la magie ne semble plus op&#233;rer, la r&#233;action imm&#233;diate des march&#233;s est empreinte de scepticisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une mani&#232;re d'&#233;valuer cette fusion consiste &#224; essayer de comprendre pourquoi la transaction s'est faite, avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec Vivendi-Universal, J.M.Messier annonce la naissance du premier groupe capable d'int&#233;grer contenus globaux et locaux et de les distribuer sur les nouveaux canaux num&#233;riques. Sa strat&#233;gie est de b&#226;tir un groupe multiacc&#232;s, multicontenus, multinational et totalement int&#233;gr&#233;. Pourtant la magie ne semble plus op&#233;rer, la r&#233;action imm&#233;diate des march&#233;s est empreinte de scepticisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mani&#232;re d'&#233;valuer cette fusion consiste &#224; essayer de comprendre pourquoi la transaction s'est faite, avant de se demander ce que la combinaison apporte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous la direction d'Edgar Bronfman Jr le groupe Seagram n'est pas parvenu &#224; b&#226;tir un groupe de communication . Trois difficult&#233;s majeures ont achev&#233; de convaincre la famille qu'il fallait se vendre au mieux. Depuis la cession &#224; Barry Diller du contr&#244;le des activit&#233;s cable (USA Networks), Seagram avait un probl&#232;me de canal de distribution. Apres la fusion AOL-TW, et CBS-Viacom, ce handicap est devenu plus manifeste encore, en effet Seagram n'a aucun d&#233;bouch&#233; sur l'internet et les media num&#233;riques. Seagram aurait pu jouer une pure strat&#233;gie de contenus mais d'une part Universal Studios a connu les difficult&#233;s et les pertes que l'on sait. Quant &#224; Universal Music, l'horizon est bouch&#233; par les probl&#232;mes de piratage (Napster) et par l'introuvable mod&#232;le &#233;conomique du MP3. Enfin depuis que le groupe de spiritueux, fortement investi dans la chimie, a mu&#233; en groupe de communication, les r&#233;sultats n'ont pas &#233;t&#233; au rendez vous : en termes de valorisation boursi&#232;re Seagram fait pi&#232;tre figure .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la direction de JMMessier le groupe G&#233;n&#233;rale des Eaux a op&#233;r&#233; une mue extraordinaire mais &#224; la veille de la fusion, Vivendi &#233;tait dans un dilemme strat&#233;gique. JMMessier a fait trois paris majeurs. Le premier, dans la t&#233;l&#233;phonie mobile, est en train de buter sur l'obstacle financier. Cette activit&#233; re&#231;ue en h&#233;ritage de l'ancienne CGE n'a pu &#234;tre d&#233;velopp&#233;e au niveau europ&#233;en, elle est aujourd'hui grignot&#233;e au niveau national par Bouygues, demain elle sera sans doute c&#233;d&#233;e. Le deuxi&#232;me, dans la t&#233;l&#233;phonie fixe, est un demi-&#233;chec, Cegetel n'est parvenue ni &#224; inqui&#233;ter France Telecom, ni &#224; s'imposer comme un op&#233;rateur novateur sur une quelconque niche de march&#233;. Sans la r&#233;ussite de Telecom D&#233;veloppement, la filiale commune avec la SNCF, l'aventure aurait tourn&#233; &#224; la d&#233;b&#226;cle. Le troisi&#232;me, dans l'internet avec AOL, est un &#233;chec. Non seulement Vivendi n'a pas r&#233;ussi &#224; offrir les contenus de qualit&#233; issus de l'univers Havas qu'il avait annonc&#233;s mais m&#234;me dans l'activit&#233; ISP il n'est pas parvenu &#224; s'imposer face &#224; FT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'apporte donc la combinaison Seagram-Vivendi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Canal+, la fusion signe certes sa disparition comme entit&#233; autonome mais elle lui apporte une ressource majeure : l'acc&#232;s aux catalogues d'Universal. On sait que pour les chaines payantes premium, la maitrise de l'approvisioonnement en films est vital, or Canal+ assistait avec panique &#224; la hausse continue des prix. L'int&#233;gration fait clairement sens ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Vizzavi le portail commun &#224; Vodafone et Vivendi, la fusion apporte, sur le papier, l'acc&#232;s illimit&#233; aux mines de contenus d'Universal. Mais il faut avoir la foi chevill&#233;e au corps pour penser que 80 millions de clients sont l&#224; impatients de telecharger le dernier tube produit par Universal. Vizzavi est un immense pari sur l'internet mobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Universal Studios qui conna&#238;t un troisi&#232;me changement de contr&#244;le en 5 ans (japonais puis canadien puis fran&#231;ais) qui peut dire ce que donnera la gestion Lescure. L'&#233;chec n'est certes pas garanti m&#234;me si peu d'&#233;trangers ont r&#233;ussi &#224; Hollywood. Mais un fait reste acquis : avec cette acquisition Vivendi qui &#233;tait un groupe de services publics locaux puis qui s'est imagin&#233; groupe mixte mariant Environnement et Communication est aujourd'hui une Major hollywoodienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de Vivendi laisse perplexe : JMMessier n'a cess&#233; de faire des paris audacieux, il les a jusqu'ici industriellement perdus mais financi&#232;rement gagn&#233;s , faut-il voir dans ce zapping un style strat&#233;gique adapt&#233; &#224; la nouvelle &#233;conomie ou une virtuosit&#233; de banquier d'affaires servie par un march&#233; haussier ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;La Croix&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>UMTS : la rente ou le march&#233;</title>
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&lt;p&gt;Lorsqu'un bien public rare est l'objet d'une forte demande pour un usage priv&#233;, lorsque les demandeurs sont des acteurs responsables et solvables, la seule proc&#233;dure qui concilie efficacit&#233; allocative, &#233;fficacit&#233; productive, &#233;quit&#233; et moralit&#233; publique est celle des ench&#232;res ouvertes et transparentes. Que valent alors les arguments jusqu'ici avanc&#233;s par Bouygues, l'ART, les industriels, justifient-ils malgr&#233; tout l'adoption de la soumission comparative ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier argument rel&#232;ve de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'un bien public rare est l'objet d'une forte demande pour un usage priv&#233;, lorsque les demandeurs sont des acteurs responsables et solvables, la seule proc&#233;dure qui concilie efficacit&#233; allocative, &#233;fficacit&#233; productive, &#233;quit&#233; et moralit&#233; publique est celle des ench&#232;res ouvertes et transparentes. Que valent alors les arguments jusqu'ici avanc&#233;s par Bouygues, l'ART, les industriels, justifient-ils malgr&#233; tout l'adoption de la soumission comparative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier argument rel&#232;ve de la logique classique de la politique industrielle, il s'agit de demander &#224; l'Etat de prot&#233;ger les acteurs nationaux, r&#233;put&#233;s plus faibles, par rapport &#224; des &#171; pr&#233;dateurs &#187; exterieurs. Ainsi Bouygues, sans l'aide de l'Etat ne pourrait faire face aux ench&#232;res et serait de fait pouss&#233; dans les bras de Deutsche Telekom. La r&#233;ponse est simple : DT ou KPN ou Telefonica sont des acteurs du march&#233; domestique europ&#233;en comme Bouygues, l'int&#233;r&#234;t national n'est en rien menac&#233; par un changement de contr&#244;le. Si par contre il s'av&#233;rait que les ench&#232;res europ&#233;ennes conduisaient &#224; une excessive concentration, ce serait la tache de la DG4 d'y mettre bon ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me argument para&#238;t plus s&#233;rieux : l'absence de visibilit&#233; sur le march&#233; du mobile internet rend la rentabilisation de l'investissement al&#233;atoire, il serait prudent de ne pas charger la barque des op&#233;rateurs pour ne pas limiter le d&#233;ploiement et ne pas alourdir la facture du consommateur final. Admettons, mais comment alors trancher entre candidats ? Le moteur du capitalisme r&#233;side dans le risque que prend l'entrepreneur, le profit en est d'ailleurs la sanction . L'Etat n'a pas une science du march&#233; sup&#233;rieure, l'efficacit&#233; productive est du ressort de l'entrepreneur, la proc&#233;dure d'ench&#232;res est donc la plus adapt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments du service public et de l'am&#233;nagement du territoire font sourire : alors que les villages ruraux se d&#233;peuplent m&#234;me de leurs boulangers, que les banlieues difficiles ne parviennent pas &#224; disposer de services publics de base, l'Etat devrait renoncer &#224; 200 milliards de francs pour que tous les fran&#231;ais soient &#233;gaux devant l'UMTS ! Plus s&#233;rieusement, il s'agit ici d'un probl&#232;me classique d'&#233;fficacit&#233; allocative : l'Etat peut faire un meilleur usage de l'argent des licences que de le laisser aux op&#233;rateurs pour favoriser le d&#233;veloppement de l'internet mobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants de la soumission comparative avancent un dernier argument en faveur de l'intervention publique : la pr&#233;vention d'un risque syst&#232;mique. L'inflation des valorisations boursi&#232;res des firmes telecom justifieraient leurs surench&#232;res irrationnelles pour l'obtention de licences au risque de la faillite, seul l'Etat pourrait arr&#234;ter la m&#233;canique. Ce probl&#232;me illustre de mani&#232;re &#233;clatante le d&#233;faut de r&#233;gulation du secteur et l'urgence de la constitution d'aune autorit&#233; europ&#233;enne. Si le Gouvernement fran&#231;ais venait &#224; int&#233;rioriser cette contrainte pendant que les autres Etats proc&#232;deraient &#224; des ench&#232;res alors il s'amputerait du produit des licences sans r&#233;gler le probl&#232;me syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais trop de biens nuit, l'abondance d'arguments en faveur de la soumission comparative &#233;tonne. Alors quoi ! l'Etat ne serait dans son r&#244;le que quand il distribuerait des biens publics rares g&#233;n&#233;rateurs de rentes &#224; des acteurs priv&#233;s. A t on oubli&#233; que le cours de bourse de Bouygues a &#233;t&#233; multipli&#233; par 5 depuis qu'il re&#231;u quasi-gratuitement une licence GSM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin lorsque l'ART se cabre et tonne en faveur de la soumission comparative, on se prend &#224; douter, d'o&#249; lui viennent ces certitudes , du consensus des assujettis ? on appelle &#231;&#224; une capture du r&#233;gulateur, des succ&#232;s pass&#233;s ? a t on oubli&#233; l'attribution d'un pr&#233;fixe &#171; E &#187; &#224; Omnicom qui devait favoriser l'&#233;mergence d'un acteur industriel national et qui a fabriqu&#233; en une nuit des milliardaires en francs apres cession &#224; un groupe am&#233;ricain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, il y a dans le d&#233;ploiement de l'UMTS des risques de march&#233; incontestables, mais mis en balance avec l'interet public, et les risques li&#233;s &#224; l'exercice discr&#233;tionnaire de la distribution de rentes il n'y a pas &#224; h&#233;siter : la proc&#233;dure d'ench&#232;res est la plus efficace , la plus &#233;quitable et aussi la plus morale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;gulation concurrentielle : les paroles et les actes</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Regulation-concurrentielle-les-paroles-et-les-actes.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Par une de ses ruses dont l'actualit&#233; politique est coutumi&#232;re c'est au moment o&#249; le gouvernement de la gauche plurielle adopte solennellement un texte peu contraignant sur les nouvelles r&#233;gulations que la tr&#232;s lib&#233;rale DG4 fait &#233;chouer deux fusions majeures l'une dans les v&#233;hicules industriels -Scania/Volvo- l'autre dans l'aluminium -Alcan/Pechiney/ Algroup-. Comment expliquer cette audace nouvelle de la Commission europ&#233;enne, faut-il y lire l'amorce d'un nouveau cours justifi&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par une de ses ruses dont l'actualit&#233; politique est coutumi&#232;re c'est au moment o&#249; le gouvernement de la gauche plurielle adopte solennellement un texte peu contraignant sur les nouvelles r&#233;gulations que la tr&#232;s lib&#233;rale DG4 fait &#233;chouer deux fusions majeures l'une dans les v&#233;hicules industriels -Scania/Volvo- l'autre dans l'aluminium -Alcan/Pechiney/ Algroup-. Comment expliquer cette audace nouvelle de la Commission europ&#233;enne, faut-il y lire l'amorce d'un nouveau cours justifi&#233; par l'acc&#233;l&#233;ration r&#233;cente des mouvements d'acquisitions fusions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne a refus&#233; le mariage Volvo-Scania au motif que le nouvel ensemble allait repr&#233;senter 90% du march&#233; su&#233;dois et 75% du march&#233; nordique. Interrog&#233; sur les crit&#232;res qui ont pr&#233;sid&#233; &#224; sa d&#233;cision, Mario Monti a fait valoir d'une part que sa motivation essentielle &#233;tait la d&#233;fense du consommateur et que d'autre part &#171; le march&#233; pertinent &#187; ne pouvait &#234;tre le march&#233; europ&#233;en du fait de la faible &#233;lasticit&#233; prix pour ce type de bien. Ainsi donc m&#234;me si l'ensemble form&#233; ne repr&#233;sente que 30% du march&#233; europ&#233;en, les comportements d'achat des consommateurs nordiques justifient qu'on interdise une fusion pouvant g&#233;n&#233;rer des comportements de monopole sur le march&#233; des pays nordiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position soul&#232;ve trois questions : Si la notion de march&#233; pertinent n'est pas strictement d&#233;finie, comment savoir ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, comment &#233;chapper &#224; l'arbitraire de l'instance de r&#233;gulation ? En somme qui r&#233;gule le r&#233;gulateur ? Si on retient le principe Monti d'une d&#233;finition du march&#233; pertinent en fonction des &#233;lasticit&#233;s prix simul&#233;es, alors plus une r&#233;gion est enclav&#233;e, plus les effets-fronti&#232;res sont importants et plus le march&#233; pertinent est petit . Que signifie dans ce cas l'id&#233;e m&#234;me de march&#233; unique ? Enfin si on raisonne en dynamique et dans une perspective de globalisation quel sens y a t il &#224; interdire au nom de comportements pr&#233;sents une fusion qui de fait va priver les pays nordiques d'un acteur industriel dont la strat&#233;gie &#233;tait davantage tourn&#233;e vers les Etats Unis et le Japon que vers la r&#233;gion de G&#246;teborg ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#234;mes critiques peuvent &#234;tre adress&#233;es &#224; la Commission pour la d&#233;cision r&#233;cemment prise dans le domaine de l'aluminium aggrav&#233;es par l'effet de la fusion Alcoa-Reynolds. Alors quels enseignements tirer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais la Commission s'estime gardienne des int&#233;r&#234;ts du consommateur, nulle consid&#233;ration de politique industrielle ne vient &#171; polluer &#187; son raisonnement. Si l'Europe perd un champion dans le v&#233;hicule industriel au profit des Etats Unis qu'importe .&lt;br class='autobr' /&gt;
De ce point de vue la Commission manifeste une insensibilit&#233; sym&#233;trique aux demandes des Etats qu'aux pressions des march&#233;s financiers. On sait en effet que la Bourse aime les entreprises sp&#233;cialis&#233;es &#224; taille mondiale, les &#171; pure plays &#187;, elle pousse donc aux concentrations horizontales, la Commission entend r&#233;sister au nom des int&#233;r&#234;ts du consommateur europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la Commission envoie un signal puissant aux entreprises elles-m&#234;mes, elles peuvent certes chercher les &#233;conomies d'&#233;chelle par la concentration &#224; condition de prendre au s&#233;rieux les demandes de la Commission et de s'y soumettre de bonne gr&#226;ce sans stratag&#232;mes, ni strat&#233;gies de retardement, le contre exemple &#233;tant fourni par l'attitude dilatoire d'Alcan refusant de d&#233;nouer une alliance constitutive d'une position dominante en Allemagne .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total qu'il s'agisse d'une action classique en phase avec la doctrine de la DG4, d'un geste d'&#233;clat du commissaire Monti qui aurait ainsi marqu&#233; son territoire, ou d'un nouveau cours moins favorable aux concentrations, la Commission a fait incontestablement preuve d'autorit&#233;. Pourtant l'an 2000 devrait fournir l'occasion de grandes r&#233;visions, pour peu que s'en exprime le d&#233;sir. Les institutions europ&#233;ennes dans le cadre de la r&#233;vision du dispositif de 1989 sur les concentrations pourraient par exemple privil&#233;gier la dynamique de l'&#233;quilibre de forces concurrentiel au niveau europ&#233;en plut&#244;t que de scruter les parts de march&#233; d'acteurs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le&#231;ons d'une bataille estivale </title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Lecons-d-une-bataille-estivale.html</link>
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		<dc:date>2000-03-01T18:29:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La guerre des banques restera comme l'un de ces moments cl&#233;s o&#249; l'histoire parait h&#233;siter. En t&#233;moignent les analyses contradictoires et apparemment aussi fond&#233;es les unes que les autres sur le r&#244;le de l'Etat et des march&#233;s. Jusqu'au dernier moment on a pu soutenir la th&#232;se de la conversion du capitalisme gallican &#224; la logique des march&#233;s financiers comme celle du maintien de l'exception interventionniste fran&#231;aise. On a pu celebrer le chant du cygne des tr&#233;soriens ou la manifestation de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre des banques restera comme l'un de ces moments cl&#233;s o&#249; l'histoire parait h&#233;siter. En t&#233;moignent les analyses contradictoires et apparemment aussi fond&#233;es les unes que les autres sur le r&#244;le de l'Etat et des march&#233;s. Jusqu'au dernier moment on a pu soutenir la th&#232;se de la conversion du capitalisme gallican &#224; la logique des march&#233;s financiers comme celle du maintien de l'exception interventionniste fran&#231;aise. On a pu celebrer le chant du cygne des tr&#233;soriens ou la manifestation de la puissance intacte d'une caste. On a pu voir dans l'action des r&#233;gulateurs, l'Etat de droit &#224; l'oeuvre ou son d&#233;voiement. Bref la France &#233;tait tant&#244;t ultralib&#233;rale tantot hyperinterventionniste. Avec le recul, on peut pourtant esquisser une premi&#232;re analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille s'est d'abord jou&#233;e sur les march&#233;s. Le projet d'alliance SG-Paribas lorsqu'il fut pr&#233;sent&#233; aux analystes, aux gesionnaires de fonds, aux investisseurs par Messieurs Bouton et L&#233;vy Lang n'a pas convaincu. L'int&#233;gration banque d'affaire-banque de d&#233;tail &#233;tait m&#233;diocrement appr&#233;ci&#233;e pour trois raisons : l'accroissement de la volatilit&#233; des r&#233;sultats, l'&#233;chec des mariages du m&#234;me type (ING-Barings, Deutsche-Morgan, Dresdner-Kleinwort-Benson), le doute radical sur la capacit&#233; d'une banque europ&#233;enne &#224; troubler la domination am&#233;ricaine dans la banque d'affaires. A l'inverse Michel P&#233;bereau a r&#233;ussi &#224; vendre le sc&#233;nario de consolidation dans la banque de d&#233;tail parcequ'il s'agissait d'une solution simple et ais&#233;ment compr&#233;hensible, parcequ'il s'appuyait sur des pr&#233;c&#233;dents vertueux (Lloyds-TSB, BSCH), et qu'il savait sugg&#233;rer aux march&#233;s que la v&#233;rit&#233; &#233;tait affaire relative en mati&#232;re d'engagements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier soutien, d&#233;cisif, permit de mobiliser la ressource &#233;tatique. Miche Pebereau eut d'autant moins de mal &#224; le faire qu'il savait d'une part que le Tr&#233;sor &#233;tait en position de dette &#224; son &#233;gard depuis les affaires CIC et Cr&#233;dit Lyonnais, qu'il pouvait compter sur la fid&#233;lit&#233; du directeur de cabinet de DSK et qu'il avait compris que le Ministre &#233;tait plus enclin &#224; une gestion au jour le jour &#171; sans vagues &#187; qu'&#224; la substance, plus sensible aux symboles de l'identit&#233; nationale, qu'&#224; la r&#233;alit&#233; de la puissance .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans un Etat de droit, on ne peut pr&#233;juger de la d&#233;cision des r&#233;gulateurs, or ceux-ci jouent un r&#244;le d&#233;cisif dans le d&#233;roulement des batailles. Apr&#232;s avoir circonscrit les march&#233;s par un discours ultra-simpliste, enrol&#233; le Ministre par un discours hors d'&#226;ge sur le caract&#232;re strat&#233;gique de la banque de d&#233;tail, Michel P&#233;bereau va mobiliser les ressources de sa caste, jouer en virtuose des amiti&#233;s et des inimiti&#233;s de la place, activer ses oblig&#233;s pour pousser les r&#233;gulateurs &#224; transformer l'or du pacte Axa-Paribas en vil m&#233;tal, la lettre fixant la r&#232;gle du jeu en objet de glose et le pouvoir arbitral en pouvoir arbitraire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle strat&#233;gie n'est rien sans les qualit&#233;s du strat&#233;ge. Il faut ici saluer l'artiste. Michel P&#233;bereau aura r&#233;ussi &#224; vendre &#224; l'Etat le soutien des march&#233;s mais au service d'une &#171; ambition nationale &#187; et &#224; vendre aux march&#233;s le soutien de l'Etat mais au service de la &#171; cr&#233;ation de valeur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois conclusions &#233;mergent au terme de cette premi&#232;re analyse. La premi&#232;re est que les march&#233;s imposent leurs probl&#233;matiques, leurs modes et qu'ils peuvent en changer facilement : ils ont impos&#233; la consolidation de la banque de d&#233;tail comme th&#232;me dominant, SG-Paribas en est mort, et la BNP h&#233;rite par hasard d'un joyau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me est que si la France a quitt&#233; les rivages de l'Etat colbertiste elle n'a pas pour autant accost&#233; aux rives du capitalisme r&#233;gul&#233;. Le retrait de l'Etat n'ouvre pas la voie &#224; l'Etat de droit en &#233;conomie mais &#224; l'Etat captur&#233; par les groupes d'int&#233;r&#234;t les plus puissants. Seul le Gouverneur a l'instant ultime sauvera l'honneur de la place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin la gauche aura tout fait, au non d'un improbable &#171; int&#233;r&#234;t national &#187; pour favoriser la naissance d'un quasi monopole du cr&#233;dit aux PME, d'un empire financier -Axa-BNP- sans pr&#233;c&#233;dent historique et ce contre la volont&#233; des syndicats, des salari&#233;s-actionnaires, et du management des soci&#233;t&#233;s cibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>AOL - Time Warner : Quand les valeurs internet atterrissent</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/AOL-Time-Warner-Quand-les-valeurs-internet-atterrissent.html</link>
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&lt;p&gt;Pass&#233; le moment d'enthousiasme communicatif de Steve Case et les commentaires hpyperboliques des m&#233;dia, la fusion AOL-Time Warner pose plus de probl&#232;mes qu'elle n'apporte de r&#233;ponses tant sur l'internet comme nouveau media, que sur la logique de l'int&#233;gration verticale entre fournisseur d'acc&#232;s et &#233;diteurs de contenus, ou sur l'&#233;valuation des valeurs internet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Souvenons-nous ; il n'y a pas si longtemps, la convergence num&#233;rique telecom-audiovisuel-cable &#233;tait la strat&#233;gie la mieux partag&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2000-.html" rel="directory"&gt;2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pass&#233; le moment d'enthousiasme communicatif de Steve Case et les commentaires hpyperboliques des m&#233;dia, la fusion AOL-Time Warner pose plus de probl&#232;mes qu'elle n'apporte de r&#233;ponses tant sur l'internet comme nouveau media, que sur la logique de l'int&#233;gration verticale entre fournisseur d'acc&#232;s et &#233;diteurs de contenus, ou sur l'&#233;valuation des valeurs internet.&lt;br /&gt;
Souvenons-nous ; il n'y a pas si longtemps, la convergence num&#233;rique telecom-audiovisuel-cable &#233;tait la strat&#233;gie la mieux partag&#233;e par les visionnaires. Sit&#244;t &#233;lu, le Pr&#233;sident Clinton, lan&#231;ait le chantier des autoroutes de l'information, l'industrie se livrait &#224; une d&#233;bauche d'OPA et tous les grands acteurs investissaient dans la Video On Demand. TCI avec John Malone ouvrit la voie en convolant en justes noces avec Bell Atlantic ; il fut salu&#233; comme &#171; l'infobahn warrior &#187; . Time Warner convia le monde &#224; Orlando dans une coquette maison o&#249; les portiers video jouaient les majordomes, o&#249; le &#171; home theater &#187; donnait acc&#232;s grace &#224; la VOD aux catalogues infinis du cinema mondial et o&#249; par simple telecommande sur la chaine de teleachat on pouvait se procurer des produits personnalis&#233;s. La croyance en ce monde du multimedia domestique et du large bande &#233;tait telle que trois grands regroupements de telcos et d'&#233;diteurs de contenus &#233;taient r&#233;alis&#233;s : Mediaone, Americast et TeleTV. &lt;br /&gt;
Certes on pourrait consid&#233;rer que ces fusions rat&#233;es, ces exp&#233;riences inabouties, ces technologies devenues obsol&#232;tes avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es, ont constitu&#233; le brouillon de l'&#232;re de l'Internet. Mais il ne suffit pas, comme viennent encore de le faire Vivendi et Vodafone, d'additionner des client&#232;les, des technologies et des m&#233;tiers pour cr&#233;er des entit&#233;s viables, des produits que les consommateurs ach&#232;tent, des technologies que le public adopte. Il ne faudrait pas que le WAP qui enflamme aujourd'hui les valeurs de la t&#233;l&#233;phonie mobile connaisse le triste sort de l'ISDN, ou du DECT. Que le t&#233;l&#233;phone mobile soit un vecteur au m&#234;me titre que le PC ou la TV de l'internet est acquis, que le Wap soit le standard de fait est discutable, que les 80 millions de clients de papier du futur portail puissent g&#233;n&#233;rer un chiffre d'affaires services &#233;quivalent &#224; celui de la voix constitue un pari t&#233;m&#233;raire, que la ma&#238;trise de contenus &#233;ditoriaux par Vivendi soit une assurance de fr&#233;quentation d'un portail est une assertion audacieuse.&lt;br /&gt;
De ce point de vue le mariage AOL Time Warner est &#233;clairant. Ce n'est pas tant l'union d'une ancienne entreprise de communication (TW) apportant ses films, ses s&#233;ries, ses magazines, ses chaines de TV, ses r&#233;seaux cabl&#233;s et d'une nouvelle (AOL) apportant son navigateur, son activit&#233; de fournisseur d'acc&#232;s et ses services, que celle d'une entreprise (TW) qui a &#233;chou&#233; dans sa tentative d'agr&#233;ger des contenus, de valoriser son infrastructure cable pour devenir un gros op&#233;rateur de services en ligne et d'une entreprise (AOL) qui a certes r&#233;ussi &#224; cr&#233;er un portail avec des services propri&#233;taires et &#224; fid&#233;liser 20 millions de clients mais qui n'a pas su n&#233;gocier le passage au large bande. L'enjeu d&#232;s lors de cette fusion est de savoir si AOL r&#233;ussira mieux que TW &#224; valoriser les catalogues et la base de client&#232;le de TW et si cette strat&#233;gie de l'int&#233;gration verticale de contenus propri&#233;taires sera gagante face &#224; celle d'un Yahoo qui joue l'int&#233;grateur universel de contenus non-propri&#233;taires.&lt;br /&gt;
La fusion AOL-TW apporte une r&#233;ponse &#224; la question de l'&#233;valuation des valeurs Internet. AOL avec un chiffre d'affaires 5 fois inf&#233;rieur &#224; celui de TW, des r&#233;sultats 2 fois inf&#233;rieurs et une capitalisation boursi&#232;re deux fois sup&#233;rieure se marie quasiment &#224; parit&#233; (55-45) avec TW ce qui signifie qu'AOL paie une prime de pr&#232;s de 70%. Comme par ailleurs depuis l'annonce de la fusion les cours baissent, le nouveau groupe est valoris&#233; &#224; 28 fois l'Ebitda de 2001 alors que Viacom est &#224; 20 et que l'ancien AOL &#233;tait &#224; 55. AOL r&#233;alise ainsi sa fusion au moment o&#249; sa valorisation avait sans doute atteint un sommet, il le fait en payant avec du papier un groupe aux actifs tangibles mais &#224; la profitabilit&#233; m&#233;diocre. Le pari n'est donc pas seulement industriel, il est aussi financier. AOL ex-star d'Internet doit faire ses preuves dans le monde r&#233;el.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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