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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>Entretien au Nouvel Observateur : La lib&#233;ralisation n'entra&#238;nera pas de baisse de tarifs </title>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le changement de statut d'EDF-GDF sonne-t-il la fin du service public comme le clament les syndicats ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument pas. Les textes europ&#233;ens sont clairs l&#224;-dessus : les missions de service public sont parfaitement compatibles avec la concurrence. L'Etat a le pouvoir d'imposer la p&#233;r&#233;quation g&#233;ographique -le tarif est le m&#234;me quel que soit le lieu- et l'acc&#232;s &#233;gal &#224; l'&#233;nergie avec la mise en place des tarifs sociaux. De plus, il continuera de d&#233;finir les grandes orientations et notamment le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2004-.html" rel="directory"&gt;2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Champions-nationaux-+.html" rel="tag"&gt;Champions nationaux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le changement de statut d'EDF-GDF sonne-t-il la fin du service public comme le clament les syndicats ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument pas. Les textes europ&#233;ens sont clairs l&#224;-dessus : les missions de service public sont parfaitement compatibles avec la concurrence. L'Etat a le pouvoir d'imposer la p&#233;r&#233;quation g&#233;ographique -le tarif est le m&#234;me quel que soit le lieu- et l'acc&#232;s &#233;gal &#224; l'&#233;nergie avec la mise en place des tarifs sociaux. De plus, il continuera de d&#233;finir les grandes orientations et notamment le choix des &#233;quipements et des infrastructures &#233;nerg&#233;tiques. La CGT entretient de fa&#231;on d&#233;lib&#233;r&#233;e la confusion entre missions, statut et formes d'organisation du service public. EdF est devenu un op&#233;rateur international qui pour cro&#238;tre et se d&#233;velopper ne peut conserver son statut d'entreprise publique contr&#244;l&#233; &#224; 100%. La faiblesse de ses fonds propres par rapport &#224; ses dettes actuelles et futures (engagements hors bilan) rendent n&#233;cessaire une recapitalisation et l'Etat n'a pas l'argent pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Va-t-on assister &#224; une privatisation rampante avec un d&#233;sengagement de l'Etat ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois pas l'int&#233;r&#234;t que des investisseurs priv&#233;s pourrait avoir &#224; prendre le contr&#244;le majoritaire d'EdF tant qu'on n'aura pas lev&#233; les incertitudes, notamment sur la fili&#232;re nucl&#233;aire : dimensionnement du par futur nucl&#233;aire, co&#251;ts de d&#233;mant&#232;lement , avenir du retraitement ... Est ce aux pouvoirs publics &#224; prendre en charge ces probl&#232;mes ? mais comment alors justifier la privatisation ? En tous cas Edf peut et doit chercher des financements sur les march&#233;s et avoir donc des actionnaires minoritaires adoss&#233;s &#224; l'Etat, actionnaire principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pour le consommateur, l'ouverture du capital et la mise en concurrence va-t-elle entra&#238;ner des baisses de tarifs comme on l'entend parfois ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas r&#234;ver, il n'y aura pas de baisses pour plusieurs raisons. Actuellement, le kilowatt d'origine nucl&#233;aire est un des moins chers parce que les investissements de d&#233;part ont &#233;t&#233; amortis et que &#231;a ne co&#251;te presque rien de produire dans ces conditions. Mais c'est provisoire puisqu'il faudra bien renouveler ce parc. D'autre part, il va falloir investir dans la s&#233;curit&#233; et c'est tr&#232;s co&#251;teux. Quant au d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables (&#233;oliennes, solaire), il n&#233;cessitera aussi un investissement important. Il y a tout de m&#234;me un aspect positif : EDF est une entreprise qui jusqu'ici ne regardait pas &#224; la d&#233;pense. Elle a surdimensionn&#233; le nucl&#233;aire, elle a impos&#233; le chauffage &#233;lectrique dans les nouvelles constructions et tout &#231;a a eu un co&#251;t. Demain elle devra g&#233;rer plus rigoureusement, les actionnaires priv&#233;s devraient l'y aider m&#234;me si je dois reconna&#238;tre que le pr&#233;c&#233;dent France Telecom n'a pas &#233;t&#233; concluant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (Propos recueillis par Dominique Foing)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://permanent.nouvelobs.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une Agence Nationale pour la Science et son mode d'emploi</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Une-Agence-Nationale-pour-la-Science-et-son-mode-d-emploi.html</link>
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		<dc:date>2004-04-01T13:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Philippe Aghion et Elie Cohen &lt;br class='autobr' /&gt; Le recul du gouvernement sur le recrutement statutaire de 550 jeunes chercheurs ouvre la voie &#224; un d&#233;bat lucide sur l'avenir de la recherche fran&#231;aise. Rien ne serait pire, une fois lev&#233; cet abc&#232;s de fixation, que de retomber dans les orni&#232;res du d&#233;bat entre d&#233;fenseurs du statu quo et r&#233;formateurs d&#233;sargent&#233;s. Puisque J.Chirac, apr&#232;s les gouvernements japonais, allemand et britannique, a compris les enjeux de l'&#233;conomie de la connaissance et a annonc&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Colbertisme-high-tech-+.html" rel="tag"&gt;Colbertisme high-tech&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Education-+.html" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Reformes-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Recherche-43-+.html" rel="tag"&gt;Recherche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Philippe Aghion et Elie Cohen&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le recul du gouvernement sur le recrutement statutaire de 550 jeunes chercheurs ouvre la voie &#224; un d&#233;bat lucide sur l'avenir de la recherche fran&#231;aise. Rien ne serait pire, une fois lev&#233; cet abc&#232;s de fixation, que de retomber dans les orni&#232;res du d&#233;bat entre d&#233;fenseurs du statu quo et r&#233;formateurs d&#233;sargent&#233;s. Puisque J.Chirac, apr&#232;s les gouvernements japonais, allemand et britannique, a compris les enjeux de l'&#233;conomie de la connaissance et a annonc&#233; &#224; son tour une Loi de programmation permettant la relance massive des efforts de R&amp;D et d'enseignement sup&#233;rieur, il faut saisir l'occasion. La crise du syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur et de recherche fran&#231;ais est &#224; la fois d&#233;mographique, &#233;conomique et institutionnelle. Avec le d&#233;part &#224; la retraite des g&#233;n&#233;rations du baby boom, l'appareil de recherche fran&#231;ais va devoir &#234;tre renouvel&#233;, or jusqu'ici les gouvernements successifs ont de fait choisi une strat&#233;gie d'attrition, comme si des moyens chichement octroy&#233;s pouvaient favoriser l'adaptation &#224; un ordre scientifique international de plus en plus concurrentiel. Par ailleurs les divers indicateurs de productivit&#233; de notre appareil de recherche en r&#233;v&#232;lent l'&#233;puisement progressif. B&#226;ti pour l'essentiel apr&#232;s guerre dans une perspective de rattrapage, il se r&#233;v&#232;le moins apte &#224; hisser la France &#224; la fronti&#232;re technologique. Certes beaucoup a &#233;t&#233; fait pour rapprocher les organismes de recherche de l'universit&#233; et cette derni&#232;re des grandes &#233;coles mais force est de constater que nous ne sommes pas parvenus &#224; b&#226;tir un v&#233;ritable &#233;cosyst&#232;me d'innovation. Ce constat maintes fois dress&#233; conduit &#224; deux attitudes oppos&#233;es &#233;galement st&#233;riles, celle qui fait de la refondation du syst&#232;me d'enseignement et de recherche un pr&#233;alable &#224; tout effort financier significatif (abandon de la Loi Savary, fusion du CNRS et des universit&#233;s, convergence des grandes &#233;coles et des universit&#233;s), celle qui fait de la relance budg&#233;taire de la recherche publique une condition suffisante d'adaptation. Dans un rapport du CAE paru en Janvier 2004 nous plaidons pour une approche &#171; incr&#233;mentale &#187; de la r&#233;forme du syst&#232;me. Notre conviction est qu'il faut aujourd'hui redonner une ambition &#224; la recherche et donc accro&#238;tre les moyens et r&#233;former simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre approche parie sur les incitations, sur l'apprentissage par l'experience, sur les vertus de l'exemple, sur les dynamiques de changement mises en oeuvre par les chercheurs eux-memes plutot que les reformes radicales qui leur seraient imposees d'en haut. De facon plus concrete, nous proposons que des moyens supplementaires tres significatifs soient alloues des maintenant a la recherche, qu'ils le soient dans une perspective pluri-annuelle, et d'une facon qui evite le saupoudrage et la simple perpetuation des structures actuelles. D'ou notre idee de creer de nouvelles agences de moyens, en premier lieu une Agence Nationale pour la Science. (ANS)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ANS n'est pas un &#233;tablissement scientifique comme l'INRA, ce n'est pas non plus une agence de structures comme le CNRS actuel. Son objet n'est ni de d&#233;finir la politique scientifique, ni de faire fonctionner des laboratoires, elle ne met donc en cause ni le CNRS, ni l'universite sauf dans les fonctions incitatives annexes qu'ils exercent mal aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de l'ANS est de financer des projets specifiques pour des periodes limit&#233;es (par exemple trois a cinq ans) et sujettes a refinancement sur la base d'evaluations des resultats. Ces projets peuvent etre individuels ou collectifs, et leur financement doit permettre d'explorer de nouveaux axes de recherch&#233;, de favoriser des coop&#233;rations, de financer des d&#233;charges de cours, des complements de salaires, des bourses post-doctorales, des &#233;quipements sp&#233;cifiques. A l'image de la NSF am&#233;ricaine, notre ANS irriguera de ses contributions les structures d'accueil qu'elles soient h&#233;b&#233;rg&#233;es par des universities, des grandes &#233;coles ou des organismes de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois principes fondateurs gouvernent l'ANS. Premierement, les projets &#233;manent des chercheurs eux-memes, ils ne sont pas impos&#233;s d'en haut. Chaque projet soumis par les chercheurs individuellement ou collectivement, est examin&#233; par plusieurs experts anonymes choisis par la commission comp&#233;tente, puis discute par la commission reunie en seance pleniere. La commission classe les differents projets. Elle doit egalement decider du refinancement de projets existants sur la base des donnees de resultats (publications, impact, lettres d'evaluation &#233;manant d'autorit&#233;s scientifiques europ&#233;ennes et etrang&#232;res)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxiemement, le crit&#232;re de selection des projets doit &#234;tre unique et transparent, a savoir l'excellence scientifique attest&#233;e par le r&#233;sultat. La performance est mesurable tant sur la base des instruments disponibles propres a chaque domaine (nombre et impact des publications, classements internationaux des centres et des chercheurs) que du jugement des experts (lettres d'evaluations emanant d'autorites internationales dans le domaine concerne...). Il peut paraitre trivial de dire que l'on selectionne sur la base du critere d'excellence. Mais il faut savoir que tel n'est pas toujours le cas en France ou en Europe. En particulier des considerations d'amenagement territorial, ou des preoccupations d'ordre politique (saupoudrage, clientelisme, gestion du personnel,..) prennent parfois le pas sur l'excellence comme objectif prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisiemement, l'evaluation doit etre effectuee par les pairs, eux-memes selectionnes sur criteres internationaux. Nous proposons la constitution de commissions coopt&#233;es, composees pour une large part d'evaluateurs etrangers reputes et pour le reste de francais internationalement reconnus. Pourquoi organiser l'ANS autour de commissions de selection cooptees et non pas elues par l'ensemble des enseignants-chercheurs francais ? Il y a d'abord l'experience positive d'agences de moyens similaires dans d'autres pays industriels, en particulier les Research Councils britanniques ou la NSF americaine. Par ailleurs, des commissions elues ne comprendraient que des chercheurs francais, or la participation d'autorites scientifiques internationales est la garantie d'une procedure de selection impartiale et entierement tournee vers l'excellence. Comme le disent tres bien les initiateurs du mouvement &#8220;DuNerf&#8221;, &#8220;le systeme electif n'offre aucune garantie dans la poursuite de l'excellence....leur intervention dans le jugement par les pairs est, au niveau international, l'exception plutot que la regle&#8221;. &#8220;En choisissant la voie de la recherche, les chercheurs sont tous conscients d'entrer dans un systeme don't les regles sont particulieres. Notamment, la grande liberte laissee aux chercheurs a pour contrepartie inalienable une evaluation rigoureuse.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que le simple fait de remplacer des commissions elues par des commissions nommees suffit a garantir le respect des criteres d'excellence ? La reponse est non : en l'absence de regles de transparence et d'une participation active de scientifiques internationalement reconnus et responsables, selectionnes de facon publique et transparente, et n'appartenant pas tous au meme microcosme, les evaluateurs nomm&#233;s peuvent sans contrainte donner cours a des choix arbitraires . C'est precisement parce qu'ils n'obeissent pas a ces criteres de base que les &#8220;networks of excellence&#8221; mis en place par la commission europeenne ont recemment fait l'objet de vives critiques de la part de la communaut&#233; scientifique internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on controler le travail des commissions, initier le processus et evaluer les evaluateurs ? Nous proposons la mise en place dans chaque domaine de conseils des sages composes pour une large part d'autorites etrangeres. Ces conseils de sages auront acces a toutes les donnees de resultats disponibles sur l'ensemble des projets finances, et ils pourront ainsi emettre leurs remarques et critiques sur le travail et la composition des commissions. Les commissions seront renouvelees tous les deux ans par quart, sur la base d'une procedure publique et verifiable de cooptation. C'est de cette totale transparence dans la selection et l'evaluation ex post que les commissions tireront leur legitimite scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d'un tel dispositif de selection des projets scientifiques abond&#233; par des moyens nouveaux, ne touchera pas directement les organisations de recherche existantes (elle necessitera cependant une adaptation a la marge des reglements en place, notamment pour permettre a l'ANS de verser des complements de salaires ou aux nouveaux centres finances par elle de jouir d'une certaine liberte de manoeuvre, par exemple pour se doter d'equipements supplementaires ou d'embaucher des assistants sur contrats a duree limitee). Neanmoins, elle va rapidement produire des effets indirects sur l'ensemble du syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur et de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, un ensemble d'equipes de recherche, de laboratoires ou de groupements de laboratoires, d'&#233;quipes universitaires ou issues de grandes ecoles emergeront de cette experience comme poles d'excellence et dotes de moyens significatifs. Ces nouveaux poles d'excellence constitueront autant d'attracteurs et de references pour l'ensemble du tissu universitaire francais. En second lieu, les clivages entre CNU et CNRS en matiere de recrutement et d'evaluation des carrieres de chercheurs, apparaitront de plus en plus pour ce qu'ils sont, a savoir des archaismes artificiels et injustifies. On pourra alors envisager, plus tard et si le consensus au sein de la communaute scientifique francaise le permet, un rapprochement entre ces institutions de selection dans le cadre d'un nouveau statut de l'enseignant-chercheur. En troisieme lieu, les unites de sites ou campus qui se constitueront pour partie en reponse aux incitations offertes par l'ANS beneficieront de fait d'une delegation de moyens leur permettant de surmonter les interties organisationnelles actuelles. La dualite que nous proposons entre notre agence pour la science et le systeme universitaire-CNRS dans sa forme actuelle, pourrait ainsi se transformer en une dualite entre Agence de structure et agence de moyens, toutes deux bases sur la pratique de l'evaluation comparative. La marque durable du succes de l'agence pour la science est en effet de rendre ultimement necessaire la restructuration du systeme d'enseignement et de recherche dans son ensemble. Des organismes hybrides entre grandes ecoles et universites, se constitueront et se developperont. De grandes universites francaises integreront pleinement la dimension recherche a la lumiere de ce qui se fait dans les grandes universites etrangeres. Et l'on peut imaginer un CNRS transform&#233; a terme en une federation de grands laboratoires de recherche .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode qui a longtemps privil&#233;gi&#233; les grands organismes de recherch&#233;, les grandes &#233;coles et des universities r&#233;duites &#224; la portion congrue n'est plus adapt&#233;e meme si elle a permis le rattrapage d'apres-guerre. Dans l'&#233;conomie de la connaissance et de l'innovation, c'est la circulation entre les poles de production, la diffusion et le transfert de la connaissance qui devient d&#233;cisive. L'imp&#233;ratif aujourd'hui est de doter la France et son systeme d'enseignement superieur et de recherche de moyens et d'institutions adapt&#233;es a ces nouvelles exigences du progres et de la croissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Le gouvernement ne doit pas renoncer &#224; la r&#233;forme&#034; entretien</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Le-gouvernement-ne-doit-pas-renoncer-a-la-reforme-entretien.html</link>
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		<dc:date>2004-03-01T17:13:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;convenue &#233;lectorale du gouvernement au premier tour des &#233;lections r&#233;gionale est-elle selon-vous d&#251;e au bilan mitig&#233; de sa politique &#233;conomique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sirant restaurer une comp&#233;titivit&#233; fran&#231;aise &#233;rod&#233;e, Jacques Chirac a mis en place un dispositif essentiellement bas&#233; sur la baisse d'imp&#244;ts et la r&#233;formes structurelle, il a de ce fait clairement n&#233;glig&#233; la politique macro-&#233;conomique et &#233;mis des signaux tr&#232;s n&#233;gatifs. La rigueur budg&#233;taire n'est pas compatible avec la politique des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2004-.html" rel="directory"&gt;2004&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;La d&#233;convenue &#233;lectorale du gouvernement au premier tour des &#233;lections r&#233;gionale est-elle selon-vous d&#251;e au bilan mitig&#233; de sa politique &#233;conomique ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sirant restaurer une comp&#233;titivit&#233; fran&#231;aise &#233;rod&#233;e, Jacques Chirac a mis en place un dispositif essentiellement bas&#233; sur la baisse d'imp&#244;ts et la r&#233;formes structurelle, il a de ce fait clairement n&#233;glig&#233; la politique macro-&#233;conomique et &#233;mis des signaux tr&#232;s n&#233;gatifs. La rigueur budg&#233;taire n'est pas compatible avec la politique des client&#232;les . Par ailleurs, cette politique a pati d'une rapide d&#233;gradation de la conjoncture. Le gouvernement a ainsi &#233;t&#233; confront&#233; &#224; un ralentissement de l'&#233;conomie, des investissements et de la consommation, domaines dans lesquels il n'a pas su mener d'action sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Il a pourtant amorc&#233; la r&#233;forme structurelle en s'attaquant au chantier des retraites ... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes mais en en diff&#233;rant d'autres bien plus urgentes, comme celle de l'Assurance maladie, occasionnant ainsi des d&#233;ficits consid&#233;rables et finalement inma&#238;trisables. S'agissant du march&#233; du travail, la r&#233;forme la plus embl&#233;matique - articul&#233;e autour les trente cinq heures - s'est en fait traduite par une nette augmentation du Smic. Quel paradoxe ! Par ailleurs, le timing de ces politiques s'est av&#233;r&#233; calamiteux. La profonde d&#233;gradation de la conjoncture n&#233;cessitait des mesures de stimulation &#233;conomique impossibles &#224; prendre, compte tenu de la responsabilit&#233; de la banque centrale europ&#233;enne et des difficult&#233;s li&#233;es au pacte de stabilit&#233;. Il a donc subi, impuissant, un resserrement de ses marges de manoeuvre, et du coup, sa politique de baisses d'imp&#244;ts a produit des effets totalement d&#233;risoires, et surtout, men&#233;e &#224; contretetemps compte tenu des urgences conjoncturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que voulez-vous dire ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des cat&#233;gories de population en France ont &#233;t&#233; agac&#233;es par le traitement sectoriel de ces pr&#233;f&#233;rences fiscales. Les Fran&#231;ais se sont irrit&#233; des privil&#232;ges accord&#233;s &#224; certains segments corporatistes, comme les buralistes ou les cafetiers, alors qu'en m&#234;me temps, le gouvernement manifestait son instransigeance &#224; l'&#233;gard des ch&#244;meurs en fin de droit ou des chercheurs qui, loin d'&#234;tre les nantis de la R&#233;publique, sont majoritairement per&#231;us comme autant des savants travaillant au bien commun. Les &#233;lecteurs ont au total sanctionn&#233; une politique peu lisible et manquant de perspectives : une politique macro&#233;conomique inad&#233;quate, une politique structurelle incompl&#232;te et aux effets diff&#233;r&#233;s, des politiques sectorielles contradictoires et une baisse d'imp&#244;ts factice voil&#224; la somme des politiques men&#233;es. Qui peut y voire un grand dessein ou une dynamique de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Un d&#233;ficit qui aurait, selon-vous, &#233;t&#233; d&#233;terminant dans le retour en gr&#226;ce des socialistes pourtant d&#233;pourvus de force propositionnelle &#233;vidente ... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de forces propositionnelles &#224; gauche, dont le discours actuel se r&#233;sume &#224; l'absorption des diff&#233;rents m&#233;contentements. J'ai d'ailleurs &#233;t&#233; tr&#232;s surpris d'entendre les t&#233;nors du PS expliquer, le soir du premier tour, que les Fran&#231;ais avaient sanctionn&#233; par avance la r&#233;forme de l'assurance maladie dont l'urgence est pourtant incontestable. Les socialistes sp&#233;culent sur l'impopularit&#233; d'un gouvernement, &#224; leur d&#233;charge il a donn&#233; des verges pour se faire battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le r&#233;formiste convaincu que vous &#234;tes ne pointe donc pas tant le dispositif de r&#233;formes engag&#233; par le gouvernement que son mode d'action ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais d&#233;sirent de grandes r&#233;formes nationales et sont alergiques aux mesures cat&#233;gorielles qui profitent au voisin. Qui peut expliquer qu'on puisse donner un milliard et demi d'euros aux cafetiers lorsqu'on refuse vingt millions d'euros aux chercheurs ? L'&#233;lecteur en d&#233;duit que le gouvernement se soucie moins de construire l'avenir par une nouvelle strat&#233;gie &#233;conomique, par un meilleur investissement dans l'&#233;conomie de la connaissance et de la recherche, que de garder sa place en distribuant des avantages client&#233;listes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le retour des socialistes, ayant &#233;pous&#233; certaines th&#232;ses de son aile extremiste, traduit-il un d&#233;sir d'une gauche plus &#224; gauche ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument pas. La divine surprise de ces &#233;lections, c'est que l'ultra-gauche de la gauche n'a pas perc&#233; du tout. On s'est beaucoup demand&#233;, au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, si la constitution d'un p&#244;le d'extr&#234;me gauche allait faire &#233;voluer le sch&#233;ma politique fran&#231;ais vers un m&#233;canisme quadrangulaire, nanti d'une extr&#234;me-gauche jouant &#224; l'&#233;gard de la gauche de gouvernement le r&#244;le de l'extr&#234;me droite vis-&#224;-vis de la droite gouvernementale. Il n'y a pas eu de cristalisation trotskiste, mais, au contraire, une remont&#233;e de la gauche de gouvernement. On peut d&#232;s lors penser qu'&#224; l'horizon des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, la gauche s'&#233;loignera des oukases de cette frange extr&#233;miste pour se rapprocher encore davantage d'une logique de gouvernement. En fait, la bonne nouvelle de ce scrutin, c'est que la pression sur la gauche exerc&#233;e par l'extr&#234;me-gauche va s'affaiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le maintien du FN &#224; 20% des voix traduit-il, selon-vous, un d&#233;sir de radicalisation des r&#233;formes ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FN glisse de plus en plus vers un discours populiste, nationaliste et protectionniste, tirant plut&#244;t la droite, non pas vers la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233;, mais vers une crispation pass&#233;iste. Ce parti a d&#233;finitivement rompu avec la tentation du lib&#233;ralisme pour reprendre les anciens th&#232;mes du Parti communiste corrig&#233;s et color&#233;s par la x&#233;nophonie, &#233;l&#233;ment identitaire de ce parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelle politique &#233;conomique pourrait donc repopulariser, selon-vous, le gouvernement ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux chantiers s'ouvrent pour le gouvernement, l'Europe, et la r&#233;forme domestique. Avec la victoire des socialistes lors des derni&#232;res &#233;lections espagnoles, le train europ&#233;en se remet enfin sur les rails. Il faut saisir l'occasion pour remettre en chantier le gouvernement &#233;conomique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Une grande partie de la politique macro-&#233;conomique ne se fait plus au niveau national mais europ&#233;en ... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on a d&#233;couvert qu'il manquait un pilote dans le train europ&#233;en. Pour relancer la m&#233;canique europ&#233;enne, il va donc falloir ren&#233;gocier les termes d'un pacte de stabilit&#233; et de croissance aujourd'hui claitrement inadapt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La &#171; r&#233;forme domestique &#187; dont vous parlez rel&#232;ve, quant &#224; elle, de la seule responsabilit&#233; du gouvernement. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ne doit pas faiblir. Il faut d'urgence r&#233;former l'assurance maladie, tout en continuant &#224; avancer sur la r&#233;forme de l'Etat et les r&#233;gulations sociales. Ces &#233;lections montrent que lorsque par tactique &#233;lectorale, on s'arr&#234;te de r&#233;former - ce dont a &#233;t&#233; tent&#233; le gouvernement apr&#232;s son premier succ&#232;s sur le dossier des retraites - on perd &#224; la fois sur le tableau des r&#233;formes et des &#233;lections.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lefigaro.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Etat r&#233;gulateur</title>
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&lt;p&gt;Dans un article r&#233;cent du Wirtschaftswoche, Annette Ruess et Lothar Schnitzler s'interrogent : comment fait la France &#224; l'&#232;re de la mondialisation et de l'int&#233;gration europ&#233;enne pour r&#233;ussir &#224; aligner tant d'entreprises dans le Top 500 de Fortune, pour surmonter les difficult&#233;s qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fatales &#224; d'autres, et pour prendre l'ascendant sur ses partenaires. Pour eux, la r&#233;ponse est double : d'une part, l'Etat Fran&#231;ais soutient par tous les moyens disponibles ses champions nationaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article r&#233;cent du Wirtschaftswoche, Annette Ruess et Lothar Schnitzler s'interrogent : comment fait la France &#224; l'&#232;re de la mondialisation et de l'int&#233;gration europ&#233;enne pour r&#233;ussir &#224; aligner tant d'entreprises dans le Top 500 de Fortune, pour surmonter les difficult&#233;s qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fatales &#224; d'autres, et pour prendre l'ascendant sur ses partenaires. Pour eux, la r&#233;ponse est double : d'une part, l'Etat Fran&#231;ais soutient par tous les moyens disponibles ses champions nationaux et d'autre part les leaders industriels issus de l'appareil d'Etat ont &#233;t&#233; &#171; dress&#233;s &#224; &#234;tre les premiers &#187;. Ce constat ne manque pas de surprendre au moment o&#249; la repr&#233;sentation dominante en France est plut&#244;t celle d'un Etat impuissant, au moment o&#249; l'on d&#233;bat du d&#233;clin d'une France cens&#233;e impossible &#224; r&#233;former et o&#249; le Pr&#233;sident Chirac en appelle &#224; l'Europe pour arr&#234;ter le mouvement de d&#233;sindustrialisation. Peut-on r&#233;concilier ces deux images ? Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, l'Etat a clairement influenc&#233; l'&#233;conomie fran&#231;aise en lui donnant comme objectif l'insertion dans une &#233;conomie europ&#233;enne et mondiale lib&#233;ralis&#233;e. Un mod&#232;le qui, s'il a pu un temps faire des champions nationaux des entreprises mondiales de premier plan touche maintenant les limites d'une construction europ&#233;enne en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du capitalisme d'Etat &#224; un capitalisme de march&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir l'&#233;volution radicale du capitalisme fran&#231;ais au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es et du r&#244;le qu'y a jou&#233; l'Etat, il importe d'en rappeler les dispositifs essentiels. Apr&#232;s 1945 la France n'adopte pas seulement la panoplie des politiques keyn&#233;siennes, elle se dote d'un Etat d&#233;veloppeur et d'institutions assurant &#224; l'Etat la direction de l'&#233;conomie. Ces politiques et ces institutions ont contribu&#233; &#224; la forte croissance des &#171; trente &#187; glorieuses et plus encore &#224; une sp&#233;cialisation industrielle dans quelques secteurs. Soixante ans apr&#232;s la France compte encore parmi ses points forts le nucl&#233;aire, l'a&#233;ronautique, l'espace, les t&#233;l&#233;com, et l'&#233;nergie. Les champions nationaux issus de cette strat&#233;gie de rattrapage et d'&#233;quipement national ont pour l'essentiel r&#233;ussi leur mue en entreprises d'une &#233;conomie globalis&#233;e. Un pouvoir oligarchique, une id&#233;ologie de service public, les nationalisations puis les privatisations, n'ont apparemment pas alt&#233;r&#233; la comp&#233;titivit&#233; de ces entreprises. L'&#233;conomie de financements administr&#233;s, le compromis social-inflationniste (cf. infra) et la politique des grands projets constituent les trois masses de granit de ce mod&#232;le fran&#231;ais de reconstruction puis d'expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au grand tournant de 1983, l'Etat fran&#231;ais contr&#244;lait les prix, le cr&#233;dit, le change, l'essentiel du syst&#232;me bancaire et financier, les autorit&#233;s de r&#233;gulation et m&#234;me la Banque de France. A travers la politique du cr&#233;dit, les guichets sp&#233;cialis&#233;s du Tr&#233;sor, les institutions financi&#232;res sp&#233;cialis&#233;es, les proc&#233;dures de bonification&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;bonification : proc&#233;dure par laquelle l'Etat prend en charge une partie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'Etat s'&#233;tait pour l'essentiel substitu&#233; aux march&#233;s financiers pour le financement de l'&#233;conomie. Dans ce type de capitalisme, il existe un march&#233; des biens et services (m&#234;me s'il est contr&#244;l&#233;) mais pas de march&#233; des facteurs de production. L'allocation des ressources est trop importante pour &#234;tre abandonn&#233;e au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands projets d'origine politico-militaire qui ont donn&#233; naissance aux champions nationaux (CGE, Thomson, Elf-Erap, Aerospatiale), &#224; d'ambitieux programmes d'&#233;quipement du territoire (rail, electricit&#233;, telecom etc...) et &#224; de puissants acteurs publics (France T&#233;l&#233;com, EdF, Cogema ...) constituent le c&#339;ur des politiques industrielles. Ces grands projets sont &#224; la base de ce que nous avons nomm&#233; le &#171; Colbertisme high tech &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compromis social inflationniste constitue le troisi&#232;me bloc du mod&#232;le. Lorsqu'un capitalisme affaibli et &#233;miett&#233; ne peut b&#226;tir, sur le terrain, des compromis avec un syndicalisme de lutte des classes, c'est &#224; l'Etat qu'il appartient de le faire. Un syst&#232;me social protecteur et cog&#233;r&#233;, une indexation des salaires sur les prix voire une garantie d'augmentation du pouvoir d'achat dans un contexte de prix administr&#233;s ne laisse gu&#232;re de marges de man&#339;uvre aux entreprises. C'est donc par l'inflation (qui d&#233;valorise les dettes) et la d&#233;valuation (qui redonne de la comp&#233;titivit&#233;) que le syst&#232;me est r&#233;gul&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat d&#233;veloppeur a donc pu disposer de la pleine ma&#238;trise du syst&#232;me financier (la galaxie du Tr&#233;sor), de l'essentiel des relais industriels et des consid&#233;rables ressources de l'Etat r&#233;galien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition vers un capitalisme de march&#233;s financiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sinflation comp&#233;titive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;d&#233;sinflation comp&#233;titive : politique qui consiste, dans un r&#233;gime de taux de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le march&#233; unique europ&#233;en et l'instauration d'un capitalisme de march&#233;s financiers constituent les trois axes majeurs du nouveau mod&#232;le fran&#231;ais &#224; partir de 1983. En faisant de la d&#233;sinflation l'objectif majeur de sa politique et de l'int&#233;gration europ&#233;enne l&#8216;horizon ind&#233;passable, les gouvernements fran&#231;ais successifs vont s'engager dans une r&#233;forme &#233;conomique majeure. En effet, &#224; partir du moment o&#249; la lutte contre l'inflation devient l'objectif dominant, les politiques mon&#233;taires discr&#233;tionnaires de l'Etat fran&#231;ais deviennent suspectes car elle mettent en cause le couplage franco-allemand (d&#233;valuer le franc par rapport au mark revenait &#224; exporter les probl&#232;mes chez nos voisins). A partir du moment o&#249; la r&#233;alisation du march&#233; unique devient centrale, les politiques de grands projets, de protectionnisme offensif, l'usage dynamique de la commande publique deviennent hors la loi. Enfin, &#224; partir du moment o&#249; la libre circulation des capitaux est adopt&#233;e dans un contexte marqu&#233; de surcro&#238;t par l'acc&#233;l&#233;ration des privatisations, un vaste march&#233; du contr&#244;le priv&#233; des entreprises &#233;merge. D&#232;s lors on comprend la substitution progressive de politiques automatiques aux politiques discr&#233;tionnaires (respect d'une norme de progression de la masse mon&#233;taire au lieu de contr&#244;le du cr&#233;dit), d'autorit&#233;s ind&#233;pendantes aux administrations nationales (Autorit&#233; de r&#233;gulation des t&#233;l&#233;communications &#224; la place du Ministre des PTT) et de r&#232;gles de march&#233; aux choix politiques en mati&#232;re industrielle (r&#244;le croissant de la Direction g&#233;n&#233;rale de la concurrence du commissaire europ&#233;en Mario Monti)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, a partir de 1984, soit deux ans &#224; peine apr&#232;s une nationalisation quasi-int&#233;grale du syst&#232;me financier, le capitalisme fran&#231;ais va &#234;tre soumis au double choc de la d&#233;r&#233;glementation import&#233;e et de la politique d'innovation financi&#232;re voulue par Pierre B&#233;r&#233;govoy. En quelques ann&#233;es, le syst&#232;me financier fran&#231;ais va profond&#233;ment &#233;voluer dans le sens de la d&#233;sp&#233;cialisation des banques, de la d&#233;sinterm&#233;diation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;d&#233;sinterm&#233;diation : passage d'un syst&#232;me de financement de l'&#233;conomie o&#249; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de la d&#233;bonification du cr&#233;dit, de la banalisation des circuits. La distance entre banques et entreprises s'accro&#238;t &#224; nouveau. Parall&#232;lement l'&#201;tat supprime les dispositifs administratifs d'intervention industrielle (fermeture des diff&#233;rents guichets d'aides, renonciation aux plans sectoriels, ouverture &#224; l'investissement &#233;tranger).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;r&#233;glementant les march&#233;s financiers et mieux encore en d&#233;fiscalisant l'&#233;pargne, l'&#201;tat va favoriser l'expansion des march&#233;s et faciliter le financement des entreprises. La recapitalisation des entreprises fran&#231;aises a pu alors se faire gr&#226;ce au recours &#224; des march&#233;s financiers en plein essor. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois en proc&#233;dant &#224; des privatisations avec noyaux durs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;noyaux durs : participations crois&#233;es entre le capital de plusieurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et en ne mettant pas en place des fonds de pension, le gouvernement Balladur va cr&#233;er une structure capitaliste fragile qui avec le d&#233;nouement des noyaux durs fera de la place de Paris la plus ouverte en Europe et du capital fran&#231;ais celui qui est le plus largement d&#233;tenu par des investisseurs &#233;trangers. Aujourd'hui les chiffres sont particuli&#232;rement &#233;loquents. 50 % du capital des soci&#233;t&#233;s du CAC40 et 37,8 % du capital des soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises cot&#233;es selon les derniers chiffres de la Banque de France seraient d&#233;tenus par des investisseurs &#233;trangers. Des champions nationaux de nagu&#232;re comme TotalFinaElf ou CapGemini ou Vivendi ou Alstom sont d&#233;tenus a plus de 60 % par des investisseurs &#233;trangers. A titre de comparaison, le taux de d&#233;tention par les non r&#233;sidents n'atteint pas 10 % dans les pays d&#233;velopp&#233;s (Etats Unis 5 %, Allemagne et Japon 9 %). En ne voulant pas des fonds de pension fran&#231;ais mais en privatisant &#224; outrance la France a de fait invit&#233; les fonds de pension &#233;trangers &#224; devenir les ma&#238;tres du jeu sur le march&#233; fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des entreprises publiques en ruine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat peut d&#233;l&#233;guer &#224; l'Europe la d&#233;finition d'une ou plusieurs politiques sectorielles, il peut c&#233;der des entreprises du secteur public, il peut lib&#233;raliser un secteur d'activit&#233;, il peut m&#234;me transf&#233;rer une comp&#233;tence r&#233;galienne &#224; une autorit&#233; administrative ind&#233;pendante mais il reste en charge des entreprises publiques. La quasi-faillite de France Telecom et les difficult&#233;s r&#233;currentes d'EdF ou de la Poste ont conduit le Parlement &#224; dresser un &#233;tat des lieux du secteur public et il est accablant. Au del&#224; des responsabilit&#233;s individuelles et des effets de contexte c'est un appareil d'Etat en ruines que d&#233;crivent les rapporteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ne dispose pas d'une capacit&#233; d'expertise propre. Le propos peut surprendre ceux qui ont vu &#224; l'&#339;uvre la Direction du Tr&#233;sor ou d'anciennes directions de l'Industrie dans des temps qui ne sont pas si lointains. Mais force est de constater la modicit&#233; des moyens et la difficile mobilisation des &#233;quipes des minist&#232;res techniques. Le repr&#233;sentant du Tr&#233;sor cumulait ainsi la charge du suivi de France T&#233;l&#233;com avec celle d'Edf et d'Areva, surveillant &#224; lui tout seul le travail de quelques milliers de cadres et d'ing&#233;nieurs ! Pour pallier ses d&#233;ficiences, l'Etat recourt alors &#224; des expertises ext&#233;rieures, notamment les grandes banques anglo-saxonnes. Une mobilisation intense de banquiers d'affaires europ&#233;ens et am&#233;ricains parfaitement interchangeables tient ainsi lieu de contre-expertise, sur la strat&#233;gie de l'op&#233;rateur public. Comme un accord donn&#233; par un Ministre &#224; un PDG d'entreprise publique l&#232;ve les objections de services dont on a vu par ailleurs la faible expertise propre, on peut presque dire qu'une discussion de caf&#233; du commerce avec des ministres vaut validation de la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux enseignements majeurs peuvent &#234;tre tir&#233;s de l'exp&#233;rience de gestion des entreprises publiques au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. La premi&#232;re est que le retrait de l'Etat de la sc&#232;ne industrielle depuis le grand tournant de 1984, a si bien r&#233;ussi que les entreprises du secteur public sont devenues orphelines, sans orientation, tutelle ni contr&#244;le. Certes des r&#232;gles formelles sont observ&#233;es, mais aucun contre-pouvoir ne s'exerce sur leurs directions, hors les cas de crise manifestes. La deuxi&#232;me est que l'ouverture partielle du capital dont on pouvait esp&#233;rer qu'il r&#233;unirait le meilleur des deux mondes, celui du public, avec la prise en charge du long terme et une insensibilit&#233; aux diktats des march&#233;s financiers, celui du priv&#233; avec la rigueur de gestion et l'interdiction des pr&#233;dations financi&#232;res par un Etat appauvri, a en fait combin&#233; le pire des deux mondes. La pr&#233;sence du capital priv&#233; a musel&#233; l'Etat et ses tutelles. La pr&#233;sence du capital public majoritaire a d&#233;sarm&#233; le contr&#244;le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de l'Europe et pour conjurer les risques du d&#233;couplage, Fran&#231;ois Mitterrand avait fait le choix du grand virage lib&#233;ral en 1983 mais dans le cadre d'un Etat social maintenu et renforc&#233; : le march&#233; unique, la d&#233;sinflation comp&#233;titive et l'abandon des politiques industrielles volontaristes en ont &#233;t&#233; les r&#233;sultats marquants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours au nom de l'Europe et pour ins&#233;rer la France dans une &#233;conomie mondialis&#233;e, la gauche puis la droite au pouvoir font en 1992/1993 le choix de la monnaie unique et acceptent d'en payer le prix imm&#233;diat en termes de croissance et d'emploi. L'acc&#233;l&#233;ration des privatisations, la lib&#233;ralisation des services publics, la transition vers un capitalisme de march&#233;s financiers et la mondialisation des grandes firmes fran&#231;aises en seront les principales manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en prenant des libert&#233;s avec le Pacte de stabilit&#233;, en d&#233;non&#231;ant la responsabilit&#233; de Bruxelles dans la d&#233;sindustrialisation, en faisant du sauvetage d'Alstom une cause nationale, le gouvernement fran&#231;ais soutenu par l'Allemagne ont pris la responsabilit&#233; en 2003 d'une crise europ&#233;enne majeure. Face &#224; cette panne de l'Europe, qui a motiv&#233; l'orientation des politiques fran&#231;aises au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, nul n'est capable d'articuler des propositions de relance europ&#233;enne tr&#232;s convaincantes. Plus qu'&#224; une incapacit&#233; de r&#233;former notre &#233;conomie ou &#224; une volont&#233; de retour d'un contr&#244;le fort de l'Etat sur l'&#233;conomie, nous assistons davantage &#224; l'&#233;puisement d'une politique et d'une dynamique de r&#233;forme initi&#233;es par la volont&#233; de faire l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;bonification : proc&#233;dure par laquelle l'Etat prend en charge une partie du co&#251;t d'un emprunt afin qu'il revienne moins cher pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;d&#233;sinflation comp&#233;titive : politique qui consiste, dans un r&#233;gime de taux de change fixe comme l'&#233;tait le syst&#232;me mon&#233;taire europ&#233;en, &#224; rechercher une inflation plus faible que ses voisins afin de gagner en comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;d&#233;sinterm&#233;diation : passage d'un syst&#232;me de financement de l'&#233;conomie o&#249; l'Etat et les entreprises se financent de moins en moins par les pr&#234;ts bancaires et de plus en plus par le recours aux march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;noyaux durs : participations crois&#233;es entre le capital de plusieurs entreprises qui emp&#234;chent &#224; d'autres actionnaires de s'emparer de leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dans le Fortune 500 , sur les 50 secteurs la France aligne 10 num&#233;ros &#8216;1' sectoriels alors que les allemands n'en alignent que 4, Wirtschaftswoche du 19 F&#233;vrier 2004&lt;br /&gt; Mondialisation et recomposition du capital des entreprises, Rapport du groupe de travail pr&#233;sid&#233; par Michel Dietsch, Commissariat G&#233;n&#233;ral du Plan, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Michel Deprost</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Quelle est la position de la France dans la comp&#233;tition scientifique et technologique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, ce sont les Etats Unis qui d&#233;finissent ce qu'on appelle la fronti&#232;re technologique, ils sont le pays dont la productivit&#233; est la plus grande, dans presque tous les domaines. Jusque dans les ann&#233;es quatre vingt dix, les pays europ&#233;ens s'&#233;taient rapproch&#233;s de cette fronti&#232;re, mais depuis, le foss&#233; s'est &#224; nouveau creus&#233;. Les nouvelles technologies de l'information, qui irriguent tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2004-.html" rel="directory"&gt;2004&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelle est la position de la France dans la comp&#233;tition scientifique et technologique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce sont les Etats Unis qui d&#233;finissent ce qu'on appelle la fronti&#232;re technologique, ils sont le pays dont la productivit&#233; est la plus grande, dans presque tous les domaines. Jusque dans les ann&#233;es quatre vingt dix, les pays europ&#233;ens s'&#233;taient rapproch&#233;s de cette fronti&#232;re, mais depuis, le foss&#233; s'est &#224; nouveau creus&#233;. Les nouvelles technologies de l'information, qui irriguent tous les domaines de la recherche et du d&#233;veloppement et la mondialisation, ont replac&#233; les Etats-Unis dans cette position avanc&#233;e, m&#234;me si la France reste bien plac&#233;e dans quelques secteurs comme l'a&#233;ronautique ou le nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pourquoi les positions fran&#231;aises se sont-elles &#233;rod&#233;es ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord et avant tout parce que la recherche n'est pas consid&#233;r&#233;e comme un investissement, comme le levier de la sp&#233;cialisation &#233;conomique du pays. Ensuite la France qui avait bati apres guerre des institutions de recherche qui ont fait merveille dans une logique de rattrapage et d'imitation peine aujourd'hui &#224; les r&#233;former. En effet la cr&#233;ation de grands &#233;tablissements, comme le CNET, le CEA CNRS, l'INSERM, l'INRA, avait permis &#224; la fois de combler les insuffisances de l'universit&#233;, d'int&#233;grer les connaissances et les technologies mises au point ailleurs et d'amorcer des recherches originales. Au total le niveau de comp&#233;tences acquis ont favori&#233; la croissance fran&#231;aise et la r&#233;ussite de quelques grands projets dans le spatial, le nucl&#233;aire, les telecom et l'a&#233;ronautique. Aujourd'hui l'enjeu s'est d&#233;plac&#233; et la faiblesse de la France dans les sciences du vivant, les technologies de l'information et les nouveaux dramatiques est grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelles sont les faiblesses du syst&#232;me fran&#231;ais de formation et de recherche ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps les &#233;conomistes se sont int&#233;ress&#233;s de mani&#232;re &#233;troite au r&#244;le de l'&#233;ducation dans la croissance. Ils ont d'un c&#244;t&#233; privil&#233;gi&#233; des analyses globales comme la contribution de l'enseignement &#224; la formation du capital humain ou du progres technique ou de mani&#232;re tres micro, mesur&#233; le rendement &#233;conomique d'une ann&#233;e suppl&#233;mentaire d'&#233;tude. L'un des r&#233;sultats majeurs de notre &#233;tude a &#233;t&#233; d'&#233;tablir qu'un investissement massif dans le primaire econdaire contribue foertement &#224; la croissance n phase de ratrappage. Mais par contre plus une &#233;conomie se rapproche de la fronti&#232;re technologique plus l'investissement dans le sup&#233;rieur devient d&#233;cisif pour la croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'&#233;ducation, le syst&#232;me primaire et secondaire permet d'imiter, d'acqu&#233;rir des connaissances d&#233;j&#224; disponibles. L'enseignement sup&#233;rieur, et m&#234;me le sup&#233;rieur du sup&#233;rieur, permettent de s'approcher de la fronti&#232;re technologique. La France a un syst&#232;me adapt&#233; pour une croissance de rattrapage avec un enseignement secondaire pour lequel elle d&#233;pense plus par t&#234;te que pour le sup&#233;rieur, mais elle n'a mis les moyens n&#233;cessaires pour se rapprocher de la fronti&#232;re technologique. L'Universit&#233; fran&#231;aise n'a pas d&#233;m&#233;rit&#233;, surtout lorsqu'on voit les conditions d'admission, ses budgets. Elle est parvenue a professionnaliser partielelment ses formations. Elle ne r&#233;alise pas assez de recherche. Elle ne parvient surtout pas &#224; la diff&#233;rence des grandes universit&#233;s am&#233;ricaines &#224; organiser en un m&#234;me lieu production de connaissances (recherche) diffusion de connaissances (enseignement) et transfert de connaissances (innovation industrielle). Nos grandes &#233;coles ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es pour une &#233;conomie de commandement, pas pour une &#233;conomie ouverte, et elles se contentent de la distillation fractionn&#233;e d'une &#233;lite alors que le MIT accueille dix mille &#233;tudiants de haut niveau contre 100 par promotion pour l'&#233;cole des mines de Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Les solutions que vous pr&#233;conisez ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas proposer de r&#233;volution, car c'est le meilleur moyen de renforcer les conservatismes. Il faut proc&#233;der comme l'ont fait les Chinois pour r&#233;former leur politique de prix : ils ont mis en place un nouveau syst&#232;me p&#233;riph&#233;rique, marginal qui parcequ'il s'est r&#233;v&#233;l&#233; plus efficace a fini par supplanter l'ancien...&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous proposons la cr&#233;ation d'une agence de moyens qui lancerait des appels &#224; projets auxquels toutes les structures pourraient r&#233;pondre. Le syst&#232;me s&#233;lectionnerait sur la base d'&#233;valuations internationales, accorderait des moyens suppl&#233;mentaires pour parvenir &#224; constituer petit &#224; petit &#224; des p&#244;les d'excellence. Le CNRS, qui dispose essentiellement de moyens humains, participerait &#224; ces programmes, comme d'autres, en se rapprochant des universit&#233;s. Il faudrait revoir les carri&#232;res, envisager des rapprochements entre &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Ces propositions seront-elles &#233;cout&#233;es ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je me r&#233;jouis de voir surgir cette id&#233;e d'agence de moyens, de voir des engagements financiers de moyens terme pris pour la recherche par le Gouvernement. J'espere que la Commission Baulieu accouchera de propositions novatrices et qu'on fera reculer les risques de radicalisation du mouvement des chercheurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.leprogres.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Progr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faut-il ma&#238;triser les d&#233;penses de sant&#233; ?</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Faut-il-maitriser-les-depenses-de-sante.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Grands &#233;quilibres</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; est lanc&#233;. Trois id&#233;es paraissent faire consensus parmi les d&#233;cideurs : il faut ma&#238;triser les d&#233;penses de sant&#233;, en partager la charge entre assurances, mutuelles et s&#233;curit&#233; sociale et responsabiliser financi&#232;rement le patient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi faudrait-il limiter les d&#233;penses de sant&#233; ? Chacun de nous aspire l&#233;gitimement &#224; vivre en bonne sant&#233; et nul ne voit de raison a priori de stimuler la consommation de loisirs et de limiter la consommation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2004-.html" rel="directory"&gt;2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Sante-+.html" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Finance-+.html" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Varietes-nationales-+.html" rel="tag"&gt;Vari&#233;t&#233;s nationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Grands-equilibres-+.html" rel="tag"&gt;Grands &#233;quilibres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Reformes-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; est lanc&#233;. Trois id&#233;es paraissent faire consensus parmi les d&#233;cideurs : il faut ma&#238;triser les d&#233;penses de sant&#233;, en partager la charge entre assurances, mutuelles et s&#233;curit&#233; sociale et responsabiliser financi&#232;rement le patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi faudrait-il limiter les d&#233;penses de sant&#233; ? Chacun de nous aspire l&#233;gitimement &#224; vivre en bonne sant&#233; et nul ne voit de raison a priori de stimuler la consommation de loisirs et de limiter la consommation de services de sant&#233;. L'aspiration individuelle &#224; la bonne forme, l'allongement de la dur&#233;e de la vie et la sophistication technologique des soins, ouvrent de surcro&#238;t de fortes perspectives de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les angoisses du ch&#244;mage et des d&#233;localisations refont surface, les services de sant&#233; ont cet avantage de mobiliser surtout du travail domestique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les services de sant&#233; sont de plus des pourvoyeurs en emplois tr&#232;s qualifi&#233;s et moins qualifi&#233;s. Le personnel hospitalier, m&#233;dical, pharmaceutique requi&#232;rt une formation longue d&#233;bouchant sur des carri&#232;res bien r&#233;mun&#233;r&#233;es. Les services &#224; la personne connaissent une tr&#232;s forte croissance avec le vieillissement et la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le secteur de la sant&#233; est un des moteurs de la croissance des activit&#233;s high-tech. Les sciences du vivant, les biotechnologies, les nouveaux mat&#233;riaux contribuent &#224; cette &#233;conomie de la sant&#233; en forte expansion. La d&#233;pense de sant&#233; qui croit plus vite que le PIB peut donc continuer &#224; cro&#238;tre et il n'y a pas de raison &#233;conomique de lui pr&#233;f&#233;rer la consommation vestimentaire, de loisirs ou de transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir un nouveau partage du remboursement des soins entre S&#233;cu, mutuelles et assurances priv&#233;es est une autre curiosit&#233;. C'est une solution au probl&#232;me du d&#233;ficit, nous dit-on, mais en quoi ? Si, formellement, la prise en charge de la d&#233;pense de sant&#233; est partag&#233;e entre s&#233;cu obligatoire et mutuelle volontaire, en pratique il s'agit dans les deux cas de pr&#233;l&#232;vements obligatoires. 85% des assur&#233;s sociaux ont une assurance compl&#233;mentaire. L'actuel Gouvernement entend m&#234;me par des dispositifs fiscaux incitatifs faire en sorte que tous les assur&#233;s sociaux aient une compl&#233;mentaire maladie. En 2003, une partie du d&#233;ficit de la S&#233;cu a &#233;t&#233; prise en charge par les assurances compl&#233;mentaires. Le transfert de charges de 1,2 milliard d'euros a provoqu&#233; une hausse des cotisations aux mutuelles de 10%. O&#249; est la diff&#233;rence pour l'usager qui n'y peut mais entre une augmentation de la CSG et une augmentation subie des cotisations &#224; l'assurance &#171; volontaire &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ajoute que les co&#251;ts de gestion de la s&#233;cu sont faibles et que les assurances priv&#233;es devront d&#233;gager des marges pour rentabiliser le capital employ&#233;, on se perd en conjectures sur l'int&#233;r&#234;t de ce syst&#232;me &#224; trois &#233;tages ? L'argument qui consiste &#224; dire que demain on ne laissera &#224; l'assurance priv&#233;e que les bras cass&#233;s au ski et les appareillages dentaire, visuel ou auditif est doublement simplificateur : ces appareillages sont parfois vitaux et les bras cass&#233;s t&#233;moignent au moins d'un engagement sportif qu'il ne faudrait pas p&#233;naliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilisation financi&#232;re du patient doit permettre de mettre un terme au nomadisme, nous dit-on. Mais pourquoi ce qu'on n'a pu obtenir avec le ticket mod&#233;rateur ou le forfait hospitalier serait plus facilement acquis avec le d&#233;veloppement de l'assurance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la v&#233;rit&#233;, derri&#232;re cette th&#233;matique de la ma&#238;trise, du partage et de la responsabilisation se posent de redoutables probl&#232;mes que personne n'entend ni expliciter, ni, a fortiori, r&#233;soudre 1- D&#232;s lors qu'on sort d'un syst&#232;me universel de prise en charge du soin , quelle est la part de la d&#233;pense qu'on socialise et quelle est la part qu'on laisse vraiment &#224; l'usager final ? 2- D&#232;s lors qu'on entend maintenir une stricte &#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s aux soins les plus lourds, qui d&#233;finit le grand risque et le petit risque et comment s'assurer qu'un d&#233;faut de pr&#233;vention ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas en pathologie lourde ? 3- D&#232;s lors que l'on maintient le monolithisme du syst&#232;me de soins avec les caisses de s&#233;curit&#233; sociale comme payeurs passifs et les mutuelles comme payeurs subordonn&#233;s, comment esp&#233;rer qu'une gestion moins gaspilleuse s'instaure ? Comment ce qui n'a pas &#233;t&#233; possible hier, le d&#233;remboursement des cures, de l'hom&#233;opathie ou des veinotoniques, la g&#233;n&#233;ralisation du livret de sant&#233;, du m&#233;decin r&#233;f&#233;rent ... deviendrait soudain possible demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait dans le d&#233;bat qui s'esquisse tout se passe comme si les partisans d'une &#233;conomie administr&#233;e de soins se r&#233;signaient &#224; terme au nom de l'&#233;galit&#233; au rationnement et comme si les partisans d'une &#233;conomie concurrentielle, au nom de la comp&#233;titivit&#233;, se r&#233;signaient &#224; l'in&#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s aux soins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car qu'on ne s'y trompe pas le rationnement des soins a commenc&#233; . La fermeture de lits, de services, les listes d'attente pour les &#233;tablissements de long s&#233;jour, pour les soins palliatifs, la gestion sanitaire de la canicule et au-del&#224; la p&#233;nurie des personnels soignants hospitaliers en t&#233;moignent. Si la distinction entre le gros risque socialis&#233;, le petit risque mutualis&#233; et la m&#233;decine de confort laiss&#233;e &#224; l'assurance priv&#233;e para&#238;t coh&#233;rente sur le papier, qui ne voit les risques pour la sant&#233; publique du classement plus ou moins arbitraire de telle ou telle pathologie dans tel ou tel panier de soins. &lt;br class='autobr' /&gt;
cEn l'&#233;tat actuel du d&#233;bat, Le choix est donc entre deux mauvaises solutions : entre une ma&#238;trise par l'&#233;conomie administr&#233;e qui ne marche pas et un syst&#232;me formellement diversifi&#233; mais qui aggravera l'in&#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s aux soins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.liberation.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Lib&#233;ration&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sant&#233; : Alternatives &#224; l'&#233;conomie administr&#233;e</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Sante-Alternatives-a-l-economie-administree.html</link>
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		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Grands &#233;quilibres</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pourquoi faudrait-il limiter les d&#233;penses de sant&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne s'agit-il pas d'activit&#233;s domestiques intenses en travail tr&#232;s qualifi&#233; et moins qualifi&#233;, contribuant au bien &#234;tre des individus et &#224; la croissance des secteurs hightech ? En quoi le partage de la prise en charge des remboursements de soins entre assurances et s&#233;cu constitue t il une solution ? Chacun sait que les co&#251;ts de gestion de la s&#233;cu sont faibles et que les assurances devront d&#233;gager des marges et rentabiliser le capital (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2004-.html" rel="directory"&gt;2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Sante-+.html" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Grands-equilibres-+.html" rel="tag"&gt;Grands &#233;quilibres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi faudrait-il limiter les d&#233;penses de sant&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne s'agit-il pas d'activit&#233;s domestiques intenses en travail tr&#232;s qualifi&#233; et moins qualifi&#233;, contribuant au bien &#234;tre des individus et &#224; la croissance des secteurs hightech ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En quoi le partage de la prise en charge des remboursements de soins entre assurances et s&#233;cu constitue t il une solution ? Chacun sait que les co&#251;ts de gestion de la s&#233;cu sont faibles et que les assurances devront d&#233;gager des marges et rentabiliser le capital employ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la responsabilisation du patient qu'on n'a pu obtenir avec le ticket mod&#233;rateur serait acquise avec le d&#233;veloppement de l'assurance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me ne souffre pas d'irresponsabilit&#233; comme on a tendance &#224; le dire sur un ton moralisateur, en fait,le comportement des acteurs dans un syst&#232;me qui combine &#233;conomie administr&#233;e des soins au sommet et libert&#233; &#224; la base est rationnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les patients qui cotisent leur vie durant en fonction de leurs revenus n'ont aucune incitation &#224; mod&#233;rer leurs d&#233;penses et revendiquent m&#234;me un soin sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ticket mod&#233;rateur con&#231;u pour limiter l'al&#233;a moral est contourn&#233; par les assurances compl&#233;mentaires. Les m&#233;decins lib&#233;raux n'ont aucune raison de limiter leurs prescriptions. Pay&#233;s &#224; l'acte et jouissant de prix administr&#233;s. ils maximisent leurs revenus en jouant de la variable qu'ils ma&#238;trisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;responsabilis&#233;es par les gouvernants et captur&#233;es par les syndicats, les Caisses sont des machines aveugles de paiement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les laboratoires pharmaceutiques priv&#233;s de l'arme des prix poussent &#224; la prescription et &#224; la surconsommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hospitalo-universitaires sont &#233;cartel&#233;s entre recherche de pointe, et traitement des exclus le tout dans un cadre budg&#233;taire et administratif infantilisant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin les &#233;lus locaux minent par leurs comportements locaux leurs votes solennels de ma&#238;trise des d&#233;penses &#224; Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'absence de m&#233;canismes de rappel, l'impunit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e font que la strat&#233;gie optimale est celle du passager clandestin, de la d&#233;fection plus que de la responsabilit&#233;, pourquoi collaborer &#224; ce qui asservit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux pays de d&#233;veloppement comparable, la France au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es n'a cess&#233; de renforcer la centralisation et la bureaucratisation du syst&#232;me de sant&#233; au nom de la ma&#238;trise des d&#233;penses et de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord en mati&#232;re d'offre de soins par le numerus clausus m&#233;dical, les autorisations d'&#233;quipements, les budgets globaux et la tutelle par les Dass.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite en mati&#232;re de demande de soins, par les tickets mod&#233;rateurs les d&#233;remboursements de sp&#233;cialit&#233;s. Et plus g&#233;n&#233;ralement par les conventions m&#233;dicales, la tutelle des caisses, la politique du m&#233;dicament, le tout sans succ&#232;s probant. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;chec de la r&#233;forme Jupp&#233; (enveloppes ferm&#233;es et d&#233;di&#233;es, livret de sant&#233;, ARH, cr&#233;ation de l'Agence d'&#233;valuation ) aurait pu conduire &#224; une remise en cause de cette logique. Tel ne fut pas le cas car l'accord entre la gauche et la droite est profond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors deux pistes sont possibles : supprimer les derniers espaces de libert&#233;, source de dysfonctionnements par rapport &#224; la planification de la d&#233;pense ou faire le pari de la r&#233;gulation et des incitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier sc&#233;nario, le g&#233;n&#233;raliste devient le m&#233;decin r&#233;f&#233;rent obligatoire interdisant ainsi le nomadisme. Le carnet de sant&#233; obligatoire doit permettre le contr&#244;le quotidien. La cotation pr&#233;cise des actes permet la planification physique de la production de soins. La connexion obligatoire a un syst&#232;me d'information m&#233;dical capillaire et nourri par les m&#233;decins compl&#232;te le dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me r&#233;form&#233; dans ses structures peut alors s'attaquer aux gaspillages en d&#233;remboursant les m&#233;dicaments placebos, en fermant les &#233;tablissements hospitaliers sans patients et en favorisant la reconversion des m&#233;decins surnum&#233;raires. Ce programme a le m&#233;rite de la coh&#233;rence : il met fin &#224; la libert&#233; de choix du patient et de prescription du m&#233;decin, il &#244;te tout pouvoir aux &#233;lus locaux et il red&#233;ploie les m&#233;decins et les moyens. Ce despotisme &#233;clair&#233; se veut en m&#234;me temps social, c'est une option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi vouloir concilier efficacit&#233; et solidarit&#233; sans tomber dans le syst&#232;me &#233;tatiste administratif. Pour cela il faut s&#233;parer activit&#233; de r&#233;gulation et de production, missions de service public et modes d'organisation des organismes dispensateurs de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caisses sont de fait des acheteurs en gros de soins. Ils devraient pratiquer l'achat au meilleur prix ce qui passe par la s&#233;lection et la mise en concurrence des praticiens et des &#233;tablissements. Leur caract&#232;re monopoliste ne les y incite pas, il faut donc les en affranchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat, la collectivit&#233; nationale tiennent &#224; un mod&#232;le d'&#233;galit&#233; des soins et de solidarit&#233;, pour cela nul besoin de l'&#233;tatisation du syst&#232;me, il suffit que l'Etat cotise &#224; la place des plus d&#233;favoris&#233;s, ce qu'il fait d&#233;j&#224; avec la contribution universelle maladie. Ne risque t on pas alors de voir les assureurs priv&#233;s s&#233;lectionner le risque ? L'Etat r&#233;gulateur public prohibe par d&#233;finition la s&#233;lection du risque, institue l'obligation d'assurance et distribue aux gestionnaires de r&#233;seaux de soins des allocations sur des bases objectives d'&#226;ge, de sexe etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat, outre ses missions traditionnelles d'agent tut&#233;laire et de r&#233;gulateur du syst&#232;me pourrait par ailleurs assumer une fonction d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral d'&#233;valuation des pratiques m&#233;dicales, des performances compar&#233;es des compagnies d'assurances, bref il pourrait contribuer &#224; &#233;clairer le public&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#244;pitaux enfin pourraient &#234;tre organis&#233;s en &#171; public trusts &#187; ou plus g&#233;n&#233;ralement en &#233;tablissements autonomes &#224; but non lucratif afin l&#224; aussi de sortir les h&#244;pitaux d'une gestion publique infantilisante. Le choix pour l'avenir est simple, il est entre la qu&#234;te impossible de la r&#233;gulation par le plan et l'&#233;conomie administr&#233;e et un syst&#232;me solidaire mobilisant les incitations pour orienter les comportements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.liberation.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Lib&#233;ration&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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