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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>SNCM : Pr&#233;cis de d&#233;composition </title>
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		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Transports</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une cession en catimini &#224; un fonds de private equity d'une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relay&#233;e par un acte de mutinerie, un recul de l'Etat bient&#244;t suivi par un assaut h&#233;liport&#233; du Gign, des mutins lib&#233;r&#233;s c&#233;l&#233;brant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de n&#233;gocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s'il fallait une illustration de l'impossible r&#233;forme, de la d&#233;rive du service public, de l'actionnaire public sans qualit&#233;s, on n'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne cession en catimini &#224; un fonds de private equity d'une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relay&#233;e par un acte de mutinerie, un recul de l'Etat bient&#244;t suivi par un assaut h&#233;liport&#233; du Gign, des mutins lib&#233;r&#233;s c&#233;l&#233;brant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de n&#233;gocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s'il fallait une illustration de l'impossible r&#233;forme, de la d&#233;rive du service public, de l'actionnaire public sans qualit&#233;s, on n'en trouverait sans doute pas de meilleure .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant tout dans la tragicom&#233;die de la SNCM &#233;tait pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une entreprise du secteur public exer&#231;ant un monopole de service public et employant des personnels &#224; statut perd son monopole, elle doit affronter des probl&#232;mes de concurrence puis des probl&#232;mes sociaux et enfin des probl&#232;mes d'actionnariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte de la rente du monopole a imm&#233;diatement plusieurs effets : la concurrence abaisse m&#233;caniquement la part de march&#233; de l'ancien monopoleur, le consommateur cesse d'&#234;tre un usager, il devient un client, enfin une pression &#224; la baisse s'exerce sur les prix. Chacune de ces &#233;volutions est parfaitement ma&#238;trisable pour peu que l'entreprise soit dirig&#233;e. Elle peut d&#233;velopper de nouveaux march&#233;s, elle peut am&#233;liorer son service, fid&#233;liser la client&#232;le. Pourtant la fuite en avant technologique est souvent pr&#233;f&#233;r&#233;e d'autant qu'elle permet de diff&#233;rer la solution des probl&#232;mes de qualit&#233;, de service et d'adaptation &#224; un nouvel ordre concurrentiel. L'histoire de la SNCM illustre parfaitement l'&#233;chec de ces politiques de Gribouille : la courbe d'activit&#233; de l'entreprise s'effondre avec l'apparition de Corsica ferries, un concurrent priv&#233;, l'entreprise s'&#233;quipe de navires luxueux et inadapt&#233;s, les clients exc&#233;d&#233;s par la pi&#232;tre qualit&#233; du service fuient la SNCM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;crue de l'activit&#233; a des effets tout aussi pr&#233;visibles : soit l'entreprise parvient &#224; rationaliser son outil de production en d&#233;classant des navires inadapt&#233;s, &#224; baisser ses co&#251;ts, &#224; se s&#233;parer des personnels exc&#233;dentaires, soit elle s'installe dans les sureffectifs, les pertes d'exploitation et les discours incantatoires sur le service public et la continuit&#233; territoriale . L'histoire de la SNCM illustre la perte progressive de sens du r&#233;el, l'installation d'une commandite publique, et la d&#233;gradation continue du climat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une entreprise publique qui devient durablement d&#233;ficitaire (30 M&#8364; de pertes apr&#232;s 70 M&#8364; de subventions pour un CA de 195 M&#8364; en 2004, 100 M&#8364;) de pertes sur les 3 derni&#232;res ann&#233;es) dans un contexte concurrentiel finit par attirer l'attention des gardiens de la concurrence et des aides publiques de Bruxelles. L&#224; aussi deux possibilit&#233;s s'offrent &#224; l'actionnaire et aux dirigeants de l'entreprise en difficult&#233; , soit l'addiction &#224; l'aide publique et la gestion en marches d'escalier du d&#233;clin de l'entreprise, soit l'&#233;laboration d'un compromis de sortie de crise et sa validation par Bruxelles. Est-il besoin de rappeler ici que la politique du pire a toujours &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;e d'autant que l'actionnaire a v&#233;cu dans la terreur des d&#233;bordements nationalistes corses. Le dernier plan de recapitalisation (69 M&#8364;) remonte &#224; 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence r&#233;forme diff&#233;r&#233;e - d&#233;clin de l'activit&#233; - pourrissement - soul&#232;vement des salari&#233;s - confrontation violente - recul de l'Etat r&#233;sume bien la pathologie de la r&#233;forme &#224; la &#171; fran&#231;aise &#187; . Il suffit de rappeler ici les r&#233;formes entreprises ou abandonn&#233;es &#224; Air France, &#224; la SNCF ou &#224; l'AFP pour comprendre que m&#234;me sans l'ingr&#233;dient corse la r&#233;forme peut se muer en jacquerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas le seul enseignement de cette affaire, l'invocation &#171; ad nauseam &#187; du service public et de la continuit&#233; territoriale par la CGT r&#233;v&#232;le sa vraie nature : un anti-service du public et une authentique strat&#233;gie de protection de rentes. Qu'&#224; trois reprises en un an des gr&#232;ves majeures aient de fait rompu le principe de continuit&#233; du service public, que des passagers aient &#233;t&#233; chass&#233;s et violent&#233;s par des agents du service public &#224; l'occasion de la derni&#232;re gr&#232;ve, que des pertes financ&#233;es par l'imp&#244;t au-del&#224; des subventions soient consid&#233;r&#233;es comme un d&#251; en dit long sur la d&#233;liquescence du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il alors &#224; un gouvernement pusillanime pour mettre un terme &#224; une commandite publique sans strat&#233;gie ni management sinon une privatisation &#171; impos&#233;e par Bruxelles &#187; ? Nous en sommes l&#224; : l'Etat doit cesser d'apporter des concours non par souci de bonne gestion, mais parce qu'il est soumis &#224; la bienheureuse contrainte europ&#233;enne. Avec de tels arguments, on comprend que les Fran&#231;ais aient dit &#171; non &#187; &#224; l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;bat : Le capitalisme est-il menac&#233; ?</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Debat-Le-capitalisme-est-il-menace.html</link>
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		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme managerial</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme actionnarial</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'heure o&#249; plus personne ne conteste l'&#233;conomie de march&#233;, quatre grands sp&#233;cialistes r&#233;unis par L'Express confrontent leurs inqui&#233;tudes et leurs propositions.&lt;br /&gt;
D&#233;bat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gr&#233;au, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'heure o&#249; plus personne ne conteste l'&#233;conomie de march&#233;, quatre grands sp&#233;cialistes r&#233;unis par L'Express confrontent leurs inqui&#233;tudes et leurs propositions.&lt;br /&gt;
D&#233;bat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gr&#233;au, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/capitalisme/dossier.asp?ida=435354&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se souvient-on de cette &#233;poque lointaine o&#249; les ennemis du capitalisme pr&#233;disaient avec confiance sa disparition in&#233;luctable ? Apr&#232;s l'effondrement politique, &#233;conomique et moral du syst&#232;me socialiste, plus personne &#224; gauche ne s'engage d&#233;sormais &#224; sortir de l'&#233;conomie de march&#233;, Attac ne proposant que de la &#171; contr&#244;ler &#187;. Aujourd'hui, ce sont para-doxalement les d&#233;fenseurs du capitalisme et ses meilleurs connaisseurs qui se r&#233;v&#232;lent les plus critiques sur son &#233;volution au point de s'inqui&#233;ter tr&#232;s s&#233;rieusement pour son avenir. L'on se souvient du message de panique _ &#171; le capitalisme perd la t&#234;te &#187; _ lanc&#233; il y a quel-ques ann&#233;es par Joseph Stiglitz, ancien conseiller de Bill Clinton et de la Banque mondiale ainsi que de la d&#233;nonciation de la &#171; chienlit laisser-fairiste &#187; du prix Nobel d'&#233;conomie Maurice Allais. En quelques mois, quatre sp&#233;cialistes fran&#231;ais alimentent cette inqui&#233;tude dans des ouvrages aux titres tr&#232;s explicites : Jean-Luc Gr&#233;au, ancien expert du Medef (L'Avenir du capitalisme, Gallimard), Patrick Artus, directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et pro-fesseur &#224; Polytechnique (Le Capitalisme est en train de s'auto-d&#233;truire, La D&#233;couverte), Jean Peyrelevade, ancien patron du Cr&#233;dit Lyonnais (Le Capitalisme total, Seuil) et Elie Cohen (Le Nouvel age du capitalisme, Fayard). &lt;br /&gt; L'Express a r&#233;uni ces quatre grands experts pour constater leur accord sur le diagnostic _ le capitalisme file vraiment un mauvais coton _ et leurs divergences, gu&#232;re rassurantes, sur les solutions possibles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le capitalisme va donc si mal, au point de s'auto-d&#233;truire ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; Patrick Artus &lt;/b&gt; : Si l'on est d'accord pour dire que l'efficacit&#233; d'un syst&#232;me &#233;conomique c'est sa capacit&#233; d'allouer les res-sources rares aux bons endroits aux bons mo-ments, l'&#233;volution actuelle du capitalisme est, de ce point de vue, inqui&#233;tante. La conjonction d'une exigence de rentabilit&#233; &#233;lev&#233;e de l'&#233;pargne et de la gestion de celle-ci par des professionnels en concurrence am&#232;ne &#224; privi-l&#233;gier les projets de court terme au d&#233;triment des projets de d&#233;veloppement et de recherche. Si l'&#233;pargnant veut 20 % de rentabilit&#233; du ca-pital, on va finir par arr&#234;ter les projets n&#233;ces-saires &#224; la croissance de long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade &lt;/b&gt; : Je suis d'accord sur les sympt&#244;mes &#224; condition d'ajouter qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une &#233;volution majeure dans la structure du capitalisme mondial. D'abord, dans la lutte entre le capital et le salariat, le capital a gagn&#233; et impose ses normes &#224; des salari&#233;s faibles, mal d&#233;fendus par des syndicats sans r&#233;el pouvoir. S'ajoute &#224; cela une dissociation dans la sph&#232;re m&#234;me du capital. Longtemps, le capitaliste &#233;tait &#224; la fois entrepreneur et propri&#233;taire : c'est le d&#233;sir d'entreprendre qui &#233;tait &#224; l'origine de l'accumulation et de l'exploitation d&#233;crites par Marx. Aujourd'hui les propri&#233;taires-actionnaires sont anim&#233;s par un d&#233;sir d'enrichissement qui n'a plus rien &#224; voir avec le d&#233;sir d'entreprendre. Le capitaliste d'aujourd'hui est anonyme, ces messieurs Tout le monde, ce sont les 300 millions d'actionnaires qu'il y a sur la plan&#232;te. Depuis 1947, la part des dividendes dans le revenu national, aussi bien au Etats-Unis qu'en France a quadrupl&#233;. Cela fait donc cinquante ans que la r&#233;mun&#233;ration des actions augmente &#224; peu pr&#232;s deux fois plus vite que le taux de croissance des &#233;conomies. Enfin, l'instrument m&#234;me de l'investissement &#224; long terme _ l'action _ est devenu le support tr&#232;s liquide des sp&#233;culations &#224; tr&#232;s court terme de la sph&#232;re financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Un foss&#233; s'est creus&#233; entre les dirigeants d'entreprise et les actionnaires. Alors que les salari&#233;s voient encore dans l'entreprise leur &#171; outil de produc-tion &#187;, les actionnaires la consid&#232;rent comme leur &#171; outil de rendement &#187;. D'o&#249; le ph&#233;no-m&#232;ne nouveau des rachats d'actions, justifi&#233; &#224; la fois par la crainte des OPA et par le souci d'augmenter la valeur des actions. En 2004 ces rachats sur le march&#233; de New-York ont atteint 269 milliards de dollars, soit plus de 2 % du PIB am&#233;ricain. Il s'agit l&#224; d'un sub-ventionnement contre-nature des fonds de pla-cement par les entreprises. Ainsi, les compa-gnies p&#233;troli&#232;res ont r&#233;alis&#233; des rachats d'actions pour des montants &#233;quivalant &#224; l'ensemble de leurs d&#233;penses d'exploration. Une partie de l'actuelle p&#233;nurie d'hydrocarbures provient du fait que ces entreprises, press&#233;es par leurs actionnaires, n'ont pas fait l'usage le plus efficace de leurs moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Comment un syst&#232;me capitaliste qui fait une crise majeure tous les 18 mois non seulement rebondit &#224; chaque fois mais permet une croissance mondiale en acc&#233;l&#233;ration constante : telle est la question que j'ai voulu traiter. La r&#233;silience du syst&#232;me et la volatilit&#233; des march&#233;s me semblent &#234;tre les facteurs cl&#233;s dont il faut rendre compte. Trois &#233;l&#233;ments permettent d'expliquer le nouveau cours. La qualit&#233; des politiques macro&#233;conomiques qui &#233;vitent l'approfondissement des crises. Le d&#233;veloppement d'une industrie financi&#232;re puissante qui agit comme courroie de transmission des politiques et comme machine &#224; redistribuer les risques. Et enfin la financia-risation des strat&#233;gies industrielles qui pousse &#224; l'am&#233;lioration constante des performances. La finance de march&#233; agit donc &#224; la fois comme r&#233;ducteur du risque en rapprochant offreurs et preneurs de risque et comme am-plificateur &#224; travers la sp&#233;culation. Le r&#233;sultat toutefois c'est que depuis 10 ans les crises asiatiques, LTCM, de la nouvelle &#233;conomie d'Enron etc... ont &#233;t&#233; absorb&#233;es sans dommage pour l'&#233;conomie m&#234;me si les d&#233;s&#233;quilibres persistent et s'aggravent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Ce chef d'entreprise que vous pr&#233;sentez comme la grande victime de l'actionnaire anonyme avide de rentabilit&#233;, a fini par accepter sa d&#233;faite moyennant partage des di-videndes...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Ce n'est pas une d&#233;faite mais un changement de position. Avant, le manager &#233;tait un salari&#233; tr&#232;s bien pay&#233; (jusqu'&#224; 40 fois le salaire le plus bas) charg&#233; de la p&#233;rennit&#233; de l'entreprise et de la gestion de l'&#233;quilibre entre le capital et le travail. Aujourd'hui, avec un rapport d&#233;sormais de 1 &#224; 400 il n'est plus pay&#233; du tout comme un salari&#233;. A ainsi &#233;t&#233; fabriqu&#233;e une nouvelle cat&#233;gorie sociale, r&#233;mun&#233;r&#233;e, avec des stock-options, c'est-&#224;-dire encore mieux que les actionnaires puisqu'ils sont exon&#233;r&#233;s du risque de moins-value ! Ils ne sont plus que les servants z&#233;l&#233;s du vrai nouveau chef qu'est l'actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Mais c'est parce que trop d'entreprises am&#233;ricaines, dans les an-n&#233;es 70, devenaient sous-performantes qu'elles furent d&#233;pec&#233;es par les raiders ! Beaucoup de chefs d'entreprises se sont simplement dit qu'ils pouvaient faire eux-m&#234;mes le travail de restructuration, de recentrage, de focalisation sur les activit&#233;s les plus performantes. Telle est la source de l'alignement de l'int&#233;r&#234;t des dirigeants sur celui des actionnaires au travers des stocks-options. Le probl&#232;me est qu'ils se sont mis &#224; n'&#233;couter que leur propre int&#233;r&#234;t en cr&#233;ant un gonflement artificiel de la valeur de leurs actions. Aujourd'hui d'autres techniques d'alignement des int&#233;r&#234;ts sont recherch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Voil&#224; une vision ir&#233;nique des choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen &lt;/b&gt; : Non, c'est un constat historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Oui, parce que si vous faites remarquer aux interm&#233;diaires fi-nanciers am&#233;ricains qu'ils font des choses ab-solument stupides en ne consid&#233;rant que la valeur instantan&#233;e des actifs au d&#233;triment du long terme, ils ne comprennent m&#234;me pas ce que vous leur dites ! La finance am&#233;ricaine rejette totalement ce genre de message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Rappelons que c'est le d&#233;veloppement des outils de retraite rendu n&#233;cessaire par le vieillissement de la population des pays d&#233;velopp&#233;s qui a permis l'&#233;mergence de cette formidable industrie financi&#232;re. Telle est bien l&#224; l'origine des fameux fonds de pension et de la prolif&#233;ration des m&#233;tiers de la finance ! Et l'absence de tels fonds en France a abouti &#224; ce que les deux tiers des actions issues des privatisations massives de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es soient c&#233;d&#233;es &#224; des fonds de pension &#233;trangers ! Dr&#244;le de schizophr&#233;nie que celle de nos gouvernements de gauche et de droite qui ont d&#233;mantel&#233; les institutions d'un capitalisme autochtone pour favoriser un capitalisme de march&#233; financier aux mains d'investisseurs anglo-saxons ! Et ce sont les m&#234;mes qui parlent de patriotisme &#233;conomique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Le paradoxe in-croyable est que l'objectif initial de canaliser l'&#233;pargne vers des placements &#224; rentabilit&#233; maximale pour assurer les retraites futures aboutit souvent &#224; des investissements &#224; renta-bilit&#233; &#224; peu pr&#232;s nulle. L'argent des futurs re-trait&#233;s va de fait dans les actifs les moins effi-caces pour pr&#233;parer l'avenir, l'immobilier et les d&#233;ficits publics et de moins en moins dans le financement des entreprises. M&#234;me les fonds d'investissement (privaty equity), dont 90 % de l'argent allaient vers la cr&#233;ation d'entreprise avec des dur&#233;es de d&#233;tention pouvant aller jusqu'&#224; des dizaines d'ann&#233;es ont tourn&#233; casaque : l'ann&#233;e derni&#232;re, 85 % de leurs fonds sont all&#233;s vers des LBO, autrement dit des rachats avec des dur&#233;es de d&#233;tention extr&#234;mement courtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Oui, c'est la contradiction m&#234;me du march&#233; financier ac-tuel : on finance des retraites avec des action-naires qui d&#233;tiennent leurs actions pendant une dur&#233;e moyenne de sept mois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le grand public a &#233;t&#233; frapp&#233; par les scandales r&#233;cents tels que les affaires Enron ou WorldCom mettant en sc&#232;ne des patrons fraudeurs et truqueurs de bilan. N'est-ce pas un d&#233;menti de l'utilitarisme lib&#233;ral qui pose que l'int&#233;r&#234;t cynique des acteurs &#233;conomiques fait le bien de tous ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Comme tout syst&#232;me le capitalisme a ses escrocs. La r&#233;gulation est l&#224; pour assurer que le lien entre le capital qui commande et le chef d'entreprise qui ob&#233;it soit un lien pur, dans lequel il ne puisse pas y avoir de tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Je pr&#233;f&#232;re parler de tentation plut&#244;t que d'escroquerie. Lorsque vous &#234;tes dirigeant et que vous poss&#233;dez de gros paquets d'actions de votre entreprise, vous ne pouvez qu'&#234;tre tent&#233; d'embellir ses comptes. Nous retrouvons l&#224; la pression financi&#232;re qui peut encourager la dissimulation. Le souci du l&#233;gislateur est justement de rendre transparente la relation du capital et de l'entreprise parce que l'entreprise a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;e de l'autorit&#233; morale au profit du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Dans les affaires Enron, Worldcom ... y a eu un savant glissement de l'innovation financi&#232;re &#224; la d&#233;linquance financi&#232;re en passant par la cr&#233;ativit&#233; comptable. Il y a m&#234;me eu d&#233;faillance du r&#233;gulateur des march&#233;s mais prodige des contre pouvoirs, au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es tout Wall Street a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; chez un petit attorney de New York et a du rendre des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Parce qu'ils &#233;taient malhonn&#234;tes, qu'ils ne respectaient pas les r&#232;gles d'un enrichissement honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Donc, ce n'est pas, comme vous le dites parce que les gestionnaires de fonds imposent finalement leur morale ! Face &#224; un syst&#232;me qui accumule les d&#233;faillances, on a &#233;t&#233; capable, au c&#339;ur de l'&#233;t&#233; 2002 de produire une loi, d'arr&#234;ter des patrons d&#233;linquants et de poursuivre des analystes et des banquiers dissimulateurs. Il y a donc bien une s&#233;rie de contre-pouvoirs qui fonctionnent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Mais cette r&#233;gulation n'est faite que pour que le syst&#232;me fonctionne parfaitement, &#224; l'int&#233;rieur de son propre syst&#232;me de valeurs. Or tous les hom-mes politiques, en particulier en France, croient, lorsque l'on parle de r&#233;gulation des march&#233;s financiers, qu'il s'agit de se doter d'instruments faisant pr&#233;valoir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral au sens large sur celui des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; Alors que la plupart des hommes politiques n'ont plus qu'un mot &#224; la bouche _ &#171; l'adaptation &#187; _ vous estimez tous au contraire qu'il faut r&#233;agir vite et changer quelques r&#232;gles suicidaires.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Toutes les nouvelles r&#232;gles comptables conduisent de fa&#231;on aberrante &#224; ne juger les comptes que sur le court terme. Je crois au contraire que l'on pourrait avoir un autre cadre r&#233;glementaire et comptable qui change le pas de temps. On peut comprendre que les Sicav aient besoin d'&#234;tre &#233;valu&#233;es au jour le jour, mais cela n'est pas indispensable pour une soci&#233;t&#233; industrielle. Pourquoi publier les r&#233;sultats trimestriels d'une firme pharmaceutique ? Certaines entreprises d'ailleurs s'y refusent comme Porsche et que je sache elles ne s'en portent pas plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : C'est une premi&#232;re piste. On pourrait &#233;galement favoriser par des dispositions r&#233;glementaires et &#233;ventuellement fiscales, un allongement de la dur&#233;e de d&#233;tention des actions pour l'harmoniser avec l'horizon de d&#233;veloppement des entreprises. Mais pour cela, il faudrait que les hommes politiques soient conscients des enjeux et pr&#234;ts &#224; se confronter avec l'industrie financi&#232;re dont la capacit&#233; de lobbying est consid&#233;rable. Il faut ensuite supprimer les stock-options et les distributions d'actions gratuites pour d&#233;connecter la r&#233;mun&#233;ration des patrons et des cadres sup&#233;rieurs de tout &#233;l&#233;ment boursier. Quitte &#224; les int&#233;resser au r&#233;sultat de l'entreprise car il s'agit alors d'une r&#233;f&#233;rence au r&#233;el et pas d'une repr&#233;sentation sp&#233;culative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Cela suffira-t-il &#224; changer l'esprit dans lequel fonctionne le syst&#232;me ? Je n'en suis pas s&#251;r, car je pense que les m&#339;urs &#233;conomiques et financi&#232;res du monde anglo-saxon ont gagn&#233; la partie. Je sugg&#232;re d'aller plus loin en cr&#233;ant, au niveau europ&#233;en, des fonds de placements d&#233;di&#233;s &#224; la d&#233;tention durable du capital des entreprises par un m&#233;canisme contractuel entre ces fonds et les entreprises. Je suis frapp&#233; par le fait que dans le monde de l'entreprise le contrat est partout : avec les fournisseurs, les clients, les banquiers, les salari&#233;s mais il n'existe pas avec les grands actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Il est vrai que l'on importe avec retard et souvent approximativement les principaux outils forg&#233;s aux Etats-Unis, cela favorise de fait l'&#233;mergence d'un capitalisme de la convergence et c'est d&#233;sormais &#224; l'int&#233;rieur de celui-ci qu'il faut penser parce que les mod&#232;les nationaux sont morts. Il pourrait, certes, y avoir une adaptation europ&#233;enne de ce capitalisme mais on n'a malheureusement pas saisi l'occasion des crises majeures r&#233;centes pour le faire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Parce que l'intelligence europ&#233;enne est au point mort et parce qu'elle refuse d'imaginer quelque chose d'autre que ce qui vient de Londres et de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade &lt;/b&gt; : Je vous rejoins dans le pessimisme mais je suis plus radical dans l'explication : une fois de plus c'est la puissance dominante qui impose son mod&#232;le. Et il ne faut pas oublier que la moiti&#233; des 300 millions d'actionnaires du monde sont am&#233;ricains, soit 5 % de la population mon-diale. Le capital mondial est d&#233;tenu &#224; 50 % par les Am&#233;ricains et la sph&#232;re financi&#232;re n'a jamais rien fait d'autre qu'imiter le mod&#232;le am&#233;ricain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Le probl&#232;me est qu'il n'est pas &#233;vident que ce mod&#232;le fonc-tionne encore dans l'int&#233;r&#234;t des Etats-Unis... Pour r&#233;sumer, la question est de savoir s'il nous reste une marge de libert&#233; en Europe pour adopter sur certains points une logique diff&#233;rente de celle du monde anglo-saxon, ou s'il faut attendre que cela vienne du monde anglo-saxon lui-m&#234;me quand celui-ci r&#233;alisera qu'il vaut mieux changer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Eric Conan et Sabine Delanglade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/capitalisme/dossier.asp?ida=435354&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpress.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La France vit au-dessus de ses moyens &#187; : r&#233;ponse &#224; Thierry Breton</title>
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		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Grands &#233;quilibres</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ainsi la France &#171; vivrait au dessus de ses moyens &#187; ce parler vrai a fait sensation, mais il a aussi ses exigences. &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, un Etat ne fonctionne pas comme un m&#233;nage : les d&#233;ficits et l'endettement n'ont pas le m&#234;me sens lorsqu'on dispose du monopole de la taxation ou que l'insolvabilit&#233; personnelle vous m&#232;ne devant les tribunaux. La vraie question est ailleurs : pourquoi, seule parmi les pays d&#233;velopp&#233;s, la France, a accru au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es la part de la d&#233;pense publique dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Retraites-+.html" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Fiscalite-+.html" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Grands-equilibres-+.html" rel="tag"&gt;Grands &#233;quilibres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Reformes-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi la France &#171; vivrait au dessus de ses moyens &#187; ce parler vrai a fait sensation, mais il a aussi ses exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, un Etat ne fonctionne pas comme un m&#233;nage : les d&#233;ficits et l'endettement n'ont pas le m&#234;me sens lorsqu'on dispose du monopole de la taxation ou que l'insolvabilit&#233; personnelle vous m&#232;ne devant les tribunaux. La vraie question est ailleurs : pourquoi, seule parmi les pays d&#233;velopp&#233;s, la France, a accru au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es la part de la d&#233;pense publique dans le PIB ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, les niveaux de dettes et de d&#233;ficits de la France ne sont ni sans pr&#233;c&#233;dents ni sans cas &#233;quivalents. Sur les 10 derni&#232;res ann&#233;es, la moyenne annuelle des d&#233;ficits publics en pourcentage du Pib aura &#233;t&#233; de 5,7% au Japon contre 2,7% dans la zone euro et 3,2% pour la France. La dette publique au Japon est de 140% du PIB contre 65% pour la France et plus de 70% pour la zone Euro. Le vrai probl&#232;me est ailleurs, la France engrange des d&#233;ficits en haut comme en bas de cycle, &#224; la diff&#233;rence des Etats Unis par exemple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, le drame de la France ne vient pas des 35 heures et la panac&#233;e n'est pas de faire travailler plus ceux qui travaillent d&#233;j&#224; beaucoup. Nombre de rapports l'ont &#233;tabli : la France fait supporter aux jeunes et aux s&#233;niors les ajustements de l'emploi, cependant que les actifs entre 25 et 50 ans sont hyperproductifs. Il est d&#233;s lors paradoxal de ne rien entreprendre pour les &#171; insiders &#187; et de flexibiliser l'emploi des outsiders.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin que valent les proclamations alarmistes si les propositions ne sont pas &#224; la hauteur de l'enjeu et si de surcro&#238;t les timides r&#233;formes pass&#233;es sont &#233;mascul&#233;es. Quel cr&#233;dit accorder &#224; un Etat qui fait appel au sens des responsabilit&#233;s des citoyens, qui mobilise les syndicats pour d'interminables n&#233;gociations qui demande l'onction de la repr&#233;sentation nationale pour d&#233;faire ce qui a &#233;t&#233; p&#233;niblement acquis quand les vents contraires se l&#232;vent ou qu'une &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale pointe &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte &#233;tonn&#233;e d'un constat mille fois r&#233;p&#233;t&#233; depuis 1978 ne doit pas pour autant le disqualifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, Thierry Breton a incontestablement raison quand il rappelle que la France s'offre son mod&#232;le social &#224; cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un budget social qui atteint pr&#232;s de 30% du PIB, malgr&#233; les inventions fiscales continues CSG, CRDS ... et un &#233;largissement des assiettes fiscales le d&#233;ficit est toujours l&#224; et pour la premi&#232;re fois depuis 20 ans on a m&#234;me renonc&#233; avec le plan Douste Blazy &#224; rechercher l'&#233;quilibre du r&#233;gime d'assurance maladie. Si l'on ajoute que tout ceci intervient &#224; la veille de la grande vague du &#171; papy boom &#187; on reste interdits devant la l&#233;g&#232;ret&#233; de nos dirigeants. En d&#233;fendant l'intangibilit&#233; du mod&#232;le social fran&#231;ais, en pr&#233;tendant contre l'&#233;vidence qu'on pouvait concilier hausse du pouvoir d'achat et baisse d'imp&#244;ts, lutte contre le ch&#244;mage et gel des normes sociales, ma&#238;trise des finances publiques, croissance et protection des rentes l'actuel Pr&#233;sident n'a certes pas contribu&#233; &#224; la p&#233;dagogie n&#233;cessaire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une croissance appel&#233;e &#224; rester faible, un ch&#244;mage qui au mieux cessera de progresser, les d&#233;ficits constat&#233;s ne peuvent se r&#233;sorber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Il faut retrouver le chemin de la croissance dit fort justement Thierry Breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va pas ici refaire le catalogue des r&#233;formes structurelles,macro et micro &#233;conomiques. Chacun sait qu'il faut lib&#233;raliser les march&#233;s du travail des biens et services et des capitaux, abaisser le co&#251;t du travail non qualifi&#233;, lever les d&#233;sincitations &#224; l'embauche des seniors. Chacun sait qu'il faut red&#233;finir nos sp&#233;cialisations et mobiliser les moyens dans ce sens (R&amp;D, Enseignement sup&#233;rieur, usages des nouvelles technologies). Chacun sait enfin que les maigres marges de man&#339;uvre disponibles doivent &#234;tre consacr&#233;es aux d&#233;penses qui ont le plus fort effet de levier en termes de croissance et non &#234;tre dilapid&#233;es au profit des lobbies les plus sonores. (TVA sur la restauration ou baisse de l'IRPP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le constat et l'action, il y a un foss&#233; : celui de la l&#233;gitimit&#233; qui conf&#232;re la cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien &#224; Unia&amp;Polska : Pas &#224; pas </title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Entretien-a-Unia-Polska-Pas-a-pas.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;UNIA&amp;POLSKA : J'envie les Fran&#231;ais malgr&#233; tout. Lorsque j'ai visit&#233; la France il y a quelques jours, tout le monde se disputait au sujet de l'Europe. Partout. Dans la rue, dans les caf&#233;s, chez le coiffeur, m&#234;me dans le m&#233;tro et dans les magasins. Nous n'atteindrons pas une telle intensit&#233; en Pologne. &lt;br class='autobr' /&gt;
ELIE COHEN : C'est vrai. Je constate &#233;galement un r&#233;el int&#233;r&#234;t de la part de mes compatriotes pour les sujets europ&#233;ens. Biens que confront&#233;s &#224; toute sorte de probl&#232;mes, ils s'int&#233;ressent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : J'envie les Fran&#231;ais malgr&#233; tout. Lorsque j'ai visit&#233; la France il y a quelques jours, tout le monde se disputait au sujet de l'Europe. Partout. Dans la rue, dans les caf&#233;s, chez le coiffeur, m&#234;me dans le m&#233;tro et dans les magasins. Nous n'atteindrons pas une telle intensit&#233; en Pologne. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : C'est vrai. Je constate &#233;galement un r&#233;el int&#233;r&#234;t de la part de mes compatriotes pour les sujets europ&#233;ens. Biens que confront&#233;s &#224; toute sorte de probl&#232;mes, ils s'int&#233;ressent particuli&#232;rement au processus d'&#233;largissement. Malheureusement, cette fi&#232;vre &#224; laquelle vous faites allusion est apparue trop tard, juste au moment o&#249; il fallait prendre une d&#233;cision au sujet de la ratification du Trait&#233; Constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Pourquoi pensez-vous ainsi ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Parce qu'il aurait fallu susciter plus t&#244;t un d&#233;bat de fond sur l'avenir de l'int&#233;gration europ&#233;enne et le r&#244;le de la France dans ce processus. C'est une bonne chose qu'aujourd'hui presque tout le monde en parle. Malheureusement, il y a eu trop peu de d&#233;bats. Ils n'ont pas dur&#233; assez longtemps pour pouvoir cerner la question de mani&#232;re sinc&#232;re et en tirer les conclusions ad&#233;quates. Malgr&#233; tout, je suis satisfait de cette effervescence. Pour la premi&#232;re fois depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90, les affaires europ&#233;ennes sont devenues un sujet de d&#233;bat effectif pour le citoyen moyen que l'on n'avait pas, jusque l&#224;, encourag&#233; &#224; d&#233;battre. Comme vous l'avez dit, cette effervescence doit porter ses fruits dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Ce d&#233;bat de rue concerne, &#224; un moindre niveau, la politique pure, et &#224; un niveau r&#233;solument plus important, l'&#233;conomie et le social. A Nancy, un &#233;tudiant me persuadait qu'en Europe il y a deux &#233;conomies : l'une vieille et &#034;sociale&#034;, et l'autre nouvelle et &#034;cowboyo-lib&#233;rale&#034;. Est-ce un diagnostic juste ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; Non. Si nous voulons caract&#233;riser l'&#233;conomie europ&#233;enne d'aujourd'hui, nous devons la situer au sein de l'&#233;conomie mondiale. Dans le processus de globalisation, l'&#233;conomie europ&#233;enne n'occupe pas la place pr&#233;&#233;minente. Ce sont les Etats-Unis et l'Asie qui dominent. Ce sont eux qui donnent les enjeux et le rythme. C'est seulement &#224; partir d'une telle perspective que nous pouvons analyser l'&#233;conomie europ&#233;enne, qui cherche aujourd'hui sa propre voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Et donc, en regardant la terre du cosmos... :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; On peut affirmer que l'Europe est d&#233;j&#224; un march&#233; uniforme, &#224; l'int&#233;rieur duquel il est tr&#232;s facile d'acheter et de vendre. Il n'y a pas de c&#233;sure entre la nouvelle Europe et l'ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Si tel &#233;tait le cas, les Fran&#231;ais n'auraient pas voulu &#233;riger des barricades contre les plombiers polonais, qui commencent lentement &#224; devenir le symbole de tous les malheurs. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Je partage ce point de vue. Dans le domaine des services, nous sommes dans un moment de confusion momentan&#233;e, cela est du &#224; deux raisons : d'une part la directive Bolkestein a &#233;t&#233; mal con&#231;ue , mal r&#233;dig&#233;e, de ce fait elle cr&#233;e des peurs irraisonn&#233;es. D'autre part le commerce des services soul&#232;ve des probl&#232;mes sociaux et l&#233;gaux d'autant plus important que l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des niveaux de d&#233;veloppement est grande. Mais encore une fois si on raisonne en termes macro ; la dynamique de sp&#233;cialisation est largement &#224; l'&#339;uvre dans la grande Europe. Il suffit de regarder comment les diff&#233;rentes industries se r&#233;partissent en Europe. La Slovaquie se sp&#233;cialise clairement dans l'industrie automobile, la Slov&#233;nie dans la pharmacie, et la Hongrie dans l'industrie &#233;lectrique. Nous sommes les t&#233;moins d'un processus de segmentation de la production au niveau europ&#233;en. C'est la preuve &#233;vidente que l'Europe enti&#232;re est une r&#233;gion &#233;conomiquement int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Est-ce la seule r&#233;ponse que nous pouvons donner &#224; cette course mondiale ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Bien s&#251;r que non. L'Europe conna&#238;t encore trop de faiblesses dans le domaine des nouvelles technologies. Elle n'est pas en premi&#232;re ligne dans ce secteur, et sa croissance &#233;conomique est faible. L'Europe n'est pas en mesure d'investir. Par ailleurs, nous avons atteint un niveau de ch&#244;mage &#233;lev&#233; dont la composante structurelle est inqui&#233;tante. Si l'on regarde les derniers chiffres de la croissance &#233;conomique en France, en Italie et en Allemagne, on doit convenir que cela n'incite pas &#224; un optimisme exag&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : C'est l&#224; o&#249; je veux en venir. Selon les estimations de la Commission Europ&#233;enne, la croissance &#233;conomique en Pologne ne tombera pas en dessous de 4% lors des dix prochaines ann&#233;es. Est-il possible que cette &#233;conomie europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e fonctionne &#224; plusieurs vitesses ? :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN : &lt;/b&gt; Oui ! Cela repr&#233;sente m&#234;me une chance. C'est la preuve qu'il est possible de trouver un nouveau moteur de croissance pour l'ensemble de l'Europe dans cette zone d'Europe Centrale et Orientale. C'est justement ici que l'on observe une v&#233;ritable dynamique des investissements, y compris de la part des entreprises fran&#231;aises et allemandes. C'est donc pour cela que je suis optimiste pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Si je vous comprends bien, l'&#233;largissement de l'ann&#233;e derni&#232;re a &#233;t&#233; salvateur pour l'&#233;conomie europ&#233;enne. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt;:Bien s&#251;r ! Ce qui est probl&#233;matique, c'est que nous n'arrivons pas &#224; expliquer pr&#233;cis&#233;ment &#224; nos soci&#233;t&#233;s quels avantages elles ont tir&#233; de ce processus. Nous payons aujourd'hui le manque d'information, le manque d'arguments persuasifs qui auraient pu vaincre les mythes et les superstitions. C'est le domaine des sciences sociales. Je suis &#233;conomiste. C'est pour cela que je peux dire en toute connaissance de cause que, du point de vue des &#233;conomies de l'Europe de l'ouest, l'&#233;largissement de l'Union a &#233;t&#233; un pas en avant dont les effets ont &#233;t&#233; largement positifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait d'int&#233;grer des r&#233;gions dont les niveaux de d&#233;veloppement et de richesse diff&#233;rent, qui sont, en outre, des r&#233;gions avec de tr&#232;s grandes ambitions et une envie constante de travailler, a eu un effet de dynamisation de l'ensemble de l'Europe. Si la situation &#233;conomique et la sp&#233;cialisation &#233;taient les m&#234;mes partout, alors on risquerait de sombrer dans le marasme. Les diff&#233;rences sont aujourd'hui, en Europe, le moteur de base de la dynamique &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Vous parlez en effet comme un &#233;conomiste qui consid&#232;re le march&#233; europ&#233;en comme son propre laboratoire. N&#233;anmoins les m&#233;canismes &#233;conomiques auxquels vous faites allusion cr&#233;ent des conflits sociaux &#233;vidents. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN : &lt;/b&gt; Effectivement, je les vois. La diff&#233;rence, c'est que j'en tire d'autres conclusions. Je pense que le transfert d'une partie de leur production par les groupes automobiles vers les nouveaux pays membres constitue une chance pour l'&#233;conomie europ&#233;enne. La segmentation des processus de production qui fait que l'entreprise automobile cesse d'&#234;tre int&#233;gr&#233;e et localise chaque maillon de sa production en fonction de crit&#232;res d'optimum &#233;conomique est un atout. La logan que Renault fabrique en Roumanie a un triple effet positif : elle mobilise du travail hautement qualifi&#233; fran&#231;ais, elle mobiliser du travail d'assemblage par des ouvriers roumains, vendue en France elle am&#233;liore le pouvoir d'achat des consommateurs fran&#231;ais. En Europe, il nous faut oublier les &#233;conomies nationales uniformes qui visaient &#224; produire tout ce qui r&#233;pondait &#224; leurs besoins. Si, pour des raisons sociales ou politiques, des tentatives de freiner le processus de sp&#233;cialisation de l'&#233;conomie europ&#233;enne &#233;taient entreprises, cela se solderait par une catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Ce que vous appelez la segmentation est qualifi&#233;e en France de d&#233;localisation par les d&#233;fenseurs des postes de travail. Et ce mot a acquis une conotation pessimiste. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN : &lt;/b&gt; Je comprends parfaitement les inqui&#233;tudes et la d&#233;ception des gens. Tirant les conclusions de leur propre exp&#233;rience, ils consid&#232;rent que rien ne devrait changer. Ils voient les causes de tous leurs maux dans l'&#233;largissement. Cependant, il en est tout autrement. On peut dire ce que l'on veut, mais l'&#233;conomie suit des r&#232;gles strictes. Si nous posons des barri&#232;res artificielles &#224; la segmentation ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, &#224; la d&#233;localisation intra-europ&#233;enne, nos entrepreneurs commenceront &#224; transf&#233;rer leur production en Chine. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce l&#224; le miraculeux sauvetage de l'&#233;conomie europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Je suis polonais. Je ne peux &#234;tre un opposant aux d&#233;localisations...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; Comme cela, ce n'est pas vous que j'ai &#224; persuader que l'Union Europ&#233;enne est &#233;conomiquement int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Qu'est ce que nous obtiendrons gr&#226;ce &#224; cela ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; Si nous acceptons cette logique de sp&#233;cialisation et de segmentation alors nous pourrons conserver sur le territoire europ&#233;en &#233;largi l'ensemble des comoosants de la chaine de valeur industrielle : des plus high tech aux plus low skill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA:Nous parlons de production. Mais qu'en est-t-il des services ? Il y a cinq ans, &#224; Lisbonne, l'Union Europ&#233;enne a d&#233;cid&#233; d'approfondir le processus d'int&#233;gration du march&#233; des services. Aujourd'hui cependant Messieurs Chirac et Schr&#246;der, gesticulent dramatiquement et s'opposent &#224; la directive Bolkestein. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; Sur la Directive Bolkestein, il faut &#226;tre clair. 1- Elle d&#233;coule directement du projet europ&#233;en confirm&#233; a Lisbonne d'&#233;tendre au march&#233; des services les b&#233;n&#233;fices tir&#233;s de la lib&#233;ralisation du march&#233; des biens. 2- La meilleure directive peut p&#233;rir si le contexte dans lequel elle &#233;merge est politiquement charg&#233;. 3- Cette Directive encore une fois a &#233;t&#233; mal con&#231;ue et mal r&#233;dig&#233;e. 4- Il faudra reprendre cette directive en la ciblant sur les secteurs qui contribuent le plus &#224; la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Est-ce que la r&#233;ponse de Bolkestein &#233;tait mauvaise ? Est-ce que les hommes politiques ne l'ont pas comprise ? Est-ce qu'ils l'ont accept&#233;e mais ont eu peur des cons&#233;quences ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; La tentative de Bolkestein n'a pas &#233;t&#233; efficace, car elle concernait un trop large &#233;ventail de domaines. Les exceptions n&#233;cessaires n'ont pas &#233;t&#233; list&#233;es, et les aspects juridiques n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment et clairement d&#233;finis. A la lumi&#232;re de la situation &#233;conomique et sociale de la France et de l'Allemagne, et en particulier de leurs taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;s, ces d&#233;fauts aboutissent &#224; des distorsions suppl&#233;mentaires sur leurs march&#233;s du travail. Les hommes politiques allemands et fran&#231;ais n'ont pas eu le courage d'affronter ces cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : La peur a pr&#233;valu. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt;Mais pas pour longtemps. La demande de remise &#224; plat de la directive Bolkestein par J.Chirac n'a pas vraiment eu d'importance. La question de la libre circulation des services reviendra sous peu, et il faudra bien lui trouver une r&#233;ponse ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Apr&#232;s l'&#233;largissement, l'Europe restera-t-elle solidaire ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; A-t-elle une autre solution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Vu le d&#233;bat sur le futur budget de l'UE, il faudrait imposer des restrictions dramatiques r&#233;duisant la solidarit&#233; aux dimensions symboliques. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; Nous avons aujourd'hui tir&#233; les le&#231;ons des exp&#233;riences de l'Espagne, du Portugal et de la Gr&#232;ce. Si la diff&#233;rence de niveau de d&#233;veloppement est importante, il faut soit d&#233;cider d'aider les r&#233;gions les plus pauvres afin qu'elle puissent se d&#233;velopper par elles m&#234;mes, soit accepter des transferts massifs de main d'&#339;uvre sur les march&#233;s du travail des r&#233;gions riches, ce qui entra&#238;nera une crise imm&#233;diate du syst&#232;me social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Cela veut-il dire qu'investir dans l'infrastructure polonaise est rentable pour les Allemands et les Fran&#231;ais ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; : L'histoire l'a prouv&#233;. Nous avons investi en Irlande, qui &#233;tait la r&#233;gion la plus pauvre en Europe. Nous pouvons aujourd'hui constater &#224; quel point cet investissement nous a &#233;t&#233; avantageux. Et ceci seulement en 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : L'exemple de la Gr&#232;ce montre que cela n'est pas toujours aussi &#233;vident. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; Le probl&#232;me reste avant tout l'utilisation de cet argent. Les Irlandais ont surtout investi dans les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Mais nous avons besoin de nouvelles routes, autoroutes, canalisations, stations d'&#233;puration...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; J'en suis conscient. Aux vues des exp&#233;riences irlandaise et grecque, je recommande seulement de ne pas tout noyer dans du b&#233;ton. Le choix vous appartient, mais je sugg&#232;re de garder un certain &#233;quilibre et de ne pas oublier d'investir dans les hommes. Le capital ainsi investi est rembours&#233; plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Je crains cependant qu'il n'y ait pas assez d'argent pour satisfaire l'un et l'autre en m&#234;me temps. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; C'est le deuxi&#232;me aspect de la solidarit&#233; europ&#233;enne, strictement budg&#233;taire. Nous faisons face &#224; une croissance faible et &#224; des perspectives peu encourageantes. Nous avons de grands probl&#232;mes pour assainir les finances publiques et r&#233;duire le d&#233;ficit. C'est pourquoi le d&#233;fi budg&#233;taire europ&#233;en consiste en la recherche d'un &#233;quilibre entre la solidarit&#233; n&#233;cessaire envers les nouveaux membres de l'UE et la stabilit&#233; n&#233;cessaire des finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Il n'y a pas longtemps, j'ai eu l'occasion de poser cette question au chancelier Schr&#246;der qui a r&#233;pondu qu'il n'avait tout simplement pas d'argent. Il a donn&#233; l'exemple de l'Espagne, en expliquant que la solidarit&#233; europ&#233;enne devrait avoir un caract&#232;re tournant. Les Espagnols ont obtenu une aide, ils doivent aider les autres &#224; leur tour. Le Premier ministre Zapatero serait probablement ravi d'entendre une telle proposition...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; C'est une r&#233;ponse de pure rh&#233;torique politique. Les Allemands ont de l'argent, la question essentielle est de savoir ce qu'ils veulent en faire. Choisiront-ils la voie la plus facile de la r&#233;duction de la solidarit&#233; europ&#233;enne pour diminuer les d&#233;ficits, ou oseront-ils regarder plus loin et investir dans l'avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Vous parlez comme Michel Barnier, selon qui il vaut mieux investir dans Internet que dans du b&#233;ton. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN :&lt;/b&gt; : Il a raison. Nous avons d&#233;pens&#233; en France &#233;norm&#232;ment d'argent pour des b&#226;timents en b&#233;ton et en verre. Nous avons &#233;galement construit des grandes biblioth&#232;ques, car nous n'avons pas pens&#233; que l'on pouvait digitaliser les livres et les pr&#233;senter dans un espace virtuel. A pr&#233;sent, nous savons que nous avons besoin d'une grande biblioth&#232;que internet. Fallait-il attendre l'an 2005 pour s'en apercevoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : N'exag&#233;rez-vous pas en consid&#233;rant qu'une telle biblioth&#232;que, vue comme un symbole, serait capable d'&#233;loigner ces mauvaises tendances et de faire revenir l'&#233;conomie polonaise sur la voie de la croissance ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Quels sont donc les moteurs de cette future croissance &#233;conomique ? Est-ce la production textile et de v&#234;tements qui serait comp&#233;titive face &#224; celle de la Chine et de l'Inde ? S&#251;rement pas. Nous sommes condamn&#233;s &#224; trouver des solutions plus ambitieuses. Pour cela, il faut d'abord former les gens capables de les imaginer. Ils pourront ainsi d&#233;velopper les secteurs innovants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Cela sera-t-il suffisant pour ne pas quitter la voie europ&#233;enne ? Pour ne pas abandonner l'id&#233;e de ce microclimat social, impossible &#224; trouver en Chine ou aux Etats-Unis ? Pour ne pas perdre la sensibilit&#233; b&#226;tie ici pendant des si&#232;cles ? Croyez-vous que cela est possible ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Si je n'y croyais pas, ce serait la fin de ce grand r&#234;ve europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Quel r&#234;ve ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Le r&#234;ve de la mise en place d'une &#233;conomie moderne, qui allie rentabilit&#233;, protection des plus faibles et environnement. C'est notre mod&#232;le. A la diff&#233;rence des Am&#233;ricains, nous ne sommes pas obs&#233;d&#233;s par l'id&#233;e de l'enrichissement individuel. Si nous voulons prendre la d&#233;mocratie au s&#233;rieux, c'est &#224; dire tenir compte de ce que nous disent nos concitoyens, nous devons prendre en consid&#233;ration ces trois objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Cela n'est qu'un postulat ! &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN : &lt;/b&gt; Heureusement, c'est un postulat r&#233;alisable. Si vous analysez les changements intervenus au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es dans les pays scandinaves, vous verrez que leurs march&#233;s ont &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233;s. On y a maintenu un haut niveau de protection sociale, sans abandonner la voie du d&#233;veloppement durable. Nous pouvons beaucoup apprendre du Danemark et de la Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Ces pays ne se trouvent pas aux antipodes. Ce sont nos voisins et partenaires. Pourquoi, si c'est si simple, les Allemands et les Fran&#231;ais ne suivent-ils pas leur exemple ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Car, comme eux, nous devons trouver notre propre voie pour r&#233;former nos syst&#232;mes. Et nous le ferons, car c'est possible et indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Pourquoi le mod&#232;le scandinave, si attractif, n'est-il pas populaire en Pologne, o&#249; beaucoup admirent &#171; l'american way of life &#187; ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Peut-&#234;tre les Polonais sont-ils individualistes ? L'individualisme constitue l'essence du mod&#232;le am&#233;ricain, contrairement &#224; une certaine vision de la solidarit&#233; europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Vous avez probablement en partie raison. Il y a cependant en Pologne beaucoup de gens qui sont nostalgiques de la s&#233;curit&#233; de l'&#233;poque communiste. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN &lt;/b&gt; : Je peux les comprendre. La Pologne a v&#233;cu une transformation soudaine. Presque aucun Polonais n'avait connu la concurrence. Une partie de la population s'est parfaitement adapt&#233;e, mais tous les Polonais n'ont pas pu retrouver leur place dans ce nouveau syst&#232;me. Ils se sont r&#233;veill&#233;s seuls, pauvres et priv&#233;s de protection. C'est pourquoi l'ancien syst&#232;me protecteur leur manque. L'exemple de la Bi&#233;lorussie fait cependant comprendre qu'aucun retour vers le pass&#233; n'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Et si ce n'est pas la Bi&#233;lorussie, alors quoi ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Le Danemark. Le march&#233; du travail y a &#233;t&#233; radicalement lib&#233;ralis&#233;. Cela signifie que l'on peut facilement et rapidement licencier un travailleur. Cependant, les agences pour l'emploi s'occupent activement des ch&#244;meurs. Elles trouvent des stages de perfectionnement professionnel, organisent des formations, repr&#233;sentent le ch&#244;meur aupr&#232;s d'un employeur, et paient les indemnit&#233;s. La seule condition est d'accepter le travail propos&#233;. Ce syst&#232;me fonctionne parfaitement. On peut donc satisfaire les exigences de l'employeur (lib&#233;ralisation) et le besoin de s&#233;curit&#233; des employ&#233;s (protection).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Vous pouvez reconna&#238;tre que ce syst&#232;me est plus facilement adopt&#233; dans les &#171; petits &#187; pays. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN &lt;/b&gt; : Bien s&#251;r. Il est plus facile de trouver un consensus &#224; quatre personnes autour d'une table ronde qu'&#224; quarante ou quatre mille. Cependant, aussi bien en Allemagne qu'en France, nous sommes les t&#233;moins du d&#233;but d'un processus qui conduira &#224; un tel syst&#232;me. Il n'existe pas de meilleure voie. Nous sommes dans une p&#233;riode de transition qui engendre tensions et malentendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Cette p&#233;riode doit-elle durer si longtemps ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN &lt;/b&gt; : Ces r&#233;formes indispensables auraient pu &#234;tre r&#233;alis&#233;es plus rapidement, s'il n'y avait pas eu une faible croissance &#233;conomique, des difficult&#233;s en mati&#232;re de discipline budg&#233;taire, le vieillissement des soci&#233;t&#233;s et l'arriv&#233;e incontr&#244;l&#233;e des immigr&#233;s qui alimentent le march&#233; noir du travail. Cela explique la lenteur du processus. Le mod&#232;le europ&#233;en ne supporte aucune th&#233;rapie de choc. L'exp&#233;rience montre que des changements trop brusques, effectu&#233;s contre la volont&#233; des gens, d&#233;s&#233;quilibrent pour longtemps la stabilit&#233; sociale du syst&#232;me. C'est pourquoi, il faut le faire lentement et prudemment, en se servant uniquement des instruments d&#233;mocratiques. Pas &#224; pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a cependant pas d'alternative. Le syst&#232;me europ&#233;en de protection sociale doit &#234;tre modifi&#233; de mani&#232;re &#224; respecter les exigences des employeurs et des employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : En 2000 &#224; Lisbonne... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Il est absurde de se donner des objectifs aussi ambitieux et sans moyens pour les r&#233;aliser. La strat&#233;gie de Lisbonne a &#233;t&#233; une mauvaise id&#233;e d&#232;s le d&#233;part. J'esp&#232;re que cela aura &#233;t&#233; la derni&#232;re b&#234;tise de la bureaucratie europ&#233;enne. J'esp&#232;re aussi que nous allons enfin cesser de formuler des v&#339;ux pieux et que nous allons r&#233;soudre des probl&#232;mes sectoriels concrets. Il s'agit &#233;galement de se poser les bonnes questions. L'Agenda de Lisbonne a &#233;t&#233;, de ce point de vue, contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNIA&amp;POLSKA : Quelles sont ces questions ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;ELIE COHEN&lt;/b&gt; : Que pouvons-nous faire pour que le secteur des hautes technologies se porte mieux ? Quel est le meilleur niveau d'intervention dans les processus &#233;conomiques : le niveau europ&#233;en, le niveau national ou bien le niveau r&#233;gional ? Qui devra supporter les frais de telles interventions ? Comment mobiliser, ensemble, le capital priv&#233; et le secteur public afin d'atteindre les m&#234;mes objectifs ? Comment, au niveau europ&#233;en, lier les r&#233;formes structurelles indispensables et une politique macro&#233;conomique active ? Quelles sont les politiques europ&#233;ennes qui peuvent avoir un effet rapide et efficace sur la croissance &#233;conomique ? Voici quelques questions parmi les centaines auxquelles nous devons r&#233;pondre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien au Monde</title>
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&lt;p&gt;Entretien au Monde au sujet du r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt; Comment interpr&#233;tez-vous la mont&#233;e du non en France ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un non de r&#233;action. R&#233;action contre la surpromesse europ&#233;enne : le march&#233; unique devait nous apporter la croissance, la prosp&#233;rit&#233;, l'emploi, or on le sait la performance &#233;conomique europ&#233;enne a &#233;t&#233; m&#233;diocre au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es . Surpromesse encore avec l'Euro qui devait &#233;loigner les crises et armer l'Europe contre la supr&#233;matie du dollar, or (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; au sujet du r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment interpr&#233;tez-vous la mont&#233;e du non en France ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un non de r&#233;action. R&#233;action contre la surpromesse europ&#233;enne : le march&#233; unique devait nous apporter la croissance, la prosp&#233;rit&#233;, l'emploi, or on le sait la performance &#233;conomique europ&#233;enne a &#233;t&#233; m&#233;diocre au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es . Surpromesse encore avec l'Euro qui devait &#233;loigner les crises et armer l'Europe contre la supr&#233;matie du dollar, or l'Europe ne parvient pas &#224; lutter contre l'appr&#233;ciation de l'Euro, elle semble moins r&#233;active, moins capable de profiter des rebonds conjoncturels. A cela s'ajoute l'euro-scepticisme pratique des gouvernants qui n&#233;gocient &#224; Bruxelles des accords de lib&#233;ralisation et qui se d&#233;faussent &#224; Paris de leurs responsabilit&#233;s. A force de d&#233;noncer les technocrates bruxellois et les ultra-lib&#233;raux qui nous imposent leur programme faut-il vraiment s'&#233;tonner des r&#233;actions des citoyens Fran&#231;ais. Enfin il y a cet &#233;largissement mal pens&#233; et en tous cas mal expliqu&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La France vous appara&#238;t-elle singuli&#232;re du point de vue de l'euro-scepticisme ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Elle aime &#224; se pr&#233;senter comme l'initiatrice de l'Europe, comme porteuse d'un projet plus f&#233;d&#233;ral. Elle ne cesse d'insister sur le r&#244;le moteur de l'axe franco-allemand, mais donne, tous les jours, des preuves tangibles de son euro-scepticisme. Le non-respect du Pacte de stabilit&#233;, la valse-h&#233;sitation sur les services, la paralysie programm&#233;e du budget europ&#233;en ... La pouss&#233;e du non est largement le r&#233;sultat de cette strat&#233;gie du double langage pratiqu&#233;e avec constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que pensez-vous des arguments avanc&#233;s par les adversaires du trait&#233; ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons le non de gauche, la gauche de gouvernement, s'entend. Que dit-il ? Que sa victoire permettrait de provoquer une ren&#233;gociation susceptible d'aboutir &#224; des r&#233;sultats meilleurs que ceux obtenus &#224; Nice. Mais qui peut croire, qu'au lendemain d'un tel sc&#233;nario, il sera possible de ren&#233;gocier &#224; vingt-cinq un compromis d'une qualit&#233; sup&#233;rieure &#224; celui que nous avons arrach&#233; &#224; quinze, notamment sur les r&#232;gles de majorit&#233; ? On nous dit aussi - notamment Laurent Fabius - qu'il faut raisonner sur une petite Europe. Soit. Mais que proposent les socialistes tenants du non ? Une harmonisation fiscale, une Europe sociale, la pr&#233;servation du mod&#232;le des services publics fran&#231;ais bas&#233; sur les monopoles nationaux verticalement int&#233;gr&#233;s, des politiques redistributives et le maintien des l&#233;gislations sociales protectrices. Ce mod&#232;le peut-il devenir le programme commun d'une petite Europe ? S&#251;rement pas, car l'Italie et la Hollande en feraient n&#233;cessairement partie. Or elles ont une vision totalement diff&#233;rente de ce que sont la bonne organisation sociale et la comp&#233;titivit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Peut-on relancer l'axe franco-allemand ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le non de gauche est nimb&#233; de protectionnisme. On appelle cela le tarif exterieur commun. Mais L'Allemagne a fait un exc&#233;dent commercial de 156 milliards d'euros en 2004 ; nous, un d&#233;ficit de 8 milliards d'euros. Elle ne peut &#234;tre int&#233;ress&#233;e par une strat&#233;gie n&#233;o-protectionniste &#224; la fran&#231;aise. Si nous souffrons beaucoup de l'&#233;largissement et le craignons &#233;norm&#233;ment, l'Allemagne, elle, en est un formidable b&#233;n&#233;ficiaire. Elle reconstruit tout son syst&#232;me productif sur la base de l'int&#233;gration des pays d'Europe centrale et orientale. Sans compter que l'Allemagne a commenc&#233; &#224; r&#233;former son syst&#232;me social et nous pas. Croyez vous vraiment qu'ils vont b&#226;tir une petite Europe avec nous qui les ferait regresser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Mais la mont&#233;e du non a d&#233;j&#224; permis d'obtenir des r&#233;sultats sur l'am&#233;nagement du pacte de stabilit&#233; ou la directive Bolkestein... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victoire a la Pyrrhus. ALisbonne, L'Europe a d&#233;cid&#233; de parachever le march&#233; int&#233;rieur, c'&#233;tait une condition d&#233;cisive pour r&#233;aliser l'&#233;conomie de la connaisssance la plus comp&#233;titive de la plan&#232;te. De m&#234;me le Pacte de Stabilit&#233; a &#233;t&#233; notre cr&#233;ation &#224; nous moteur franco-allemand de la construction Europ&#233;enne. Tout ce que Paris a obtenu, ces derni&#232;res semaines, est de nature &#224; ralentir, paralyser, stopper provisoirement ce processus d'int&#233;gration. Si la France confirme ses succ&#232;s initiaux, il n'y aura pas de directive Bolkestein, de lib&#233;ralisation des services, de plan d'action dans les services financiers. Mais on ne parviendra pas, non plus, &#224; relancer la recherche et l'innovation, et l'Europe sera en panne s&#232;che. Elle l'est d&#233;j&#224; en partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Qu'allez-vous voter ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vote oui. C'est un oui de raison, de calcul, de lucidit&#233;. Pas un oui d'enthousiasme. Au moins est-ce un clair non au non. Il ne faut pas grand chose pour que l'Europe entre dans un processus d'involution, de r&#233;gression, dont le non fran&#231;ais peut &#234;tre le point de d&#233;part. Nous avons des probl&#232;mes majeurs &#224; r&#233;gler et nous manquons terriblement d'&#233;nergie politique. Mais ce serait un paradoxe extr&#234;me que l'Europe &#233;clate au moment o&#249; on voit monter en puissance l'Inde, la Chine et o&#249; les Etats-Unis confirment leur leadership technologique. Enfin, qui ne voit que la France, sans l'Europe, devrait s'adapter beaucoup plus rapidement et sans doute plus brutalement &#224; l'ordre &#233;conomique dominant. Pour toutes ces raisons, le non de gauche est une h&#233;r&#233;sie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Claire Gu&#233;laud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Entretien &#224; la Revue Socialiste</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Entretien-a-la-Revue-Socialiste.html</link>
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		<dc:date>2005-03-01T16:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme actionnarial</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme rh&#233;nan</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelle d&#233;finition donneriez-vous du capitalisme contemporain ? Quels traits diff&#233;rencient le capitalisme du XXI&#232;me si&#232;cle de celui XX&#232;me si&#232;cle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Braudel d&#233;finissait le capitalisme comme la sph&#232;re &#233;conomique du commerce au loin , de la finance des profits de monopole et des sp&#233;culations . Il l'opposait &#224; l'&#233;conomie de march&#233; , c'est &#224; dire &#224; la sph&#232;re de l'&#233;change. Dans une perspective braudelienne. on pourrait parler aujourd'hui d'un capitalisme de la deuxi&#232;me mondialisation caract&#233;ris&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Colbertisme-high-tech-+.html" rel="tag"&gt;Colbertisme high-tech&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Varietes-nationales-+.html" rel="tag"&gt;Vari&#233;t&#233;s nationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Capitalisme-actionnarial-+.html" rel="tag"&gt;Capitalisme actionnarial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Capitalisme-rhenan-+.html" rel="tag"&gt;Capitalisme rh&#233;nan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelle d&#233;finition donneriez-vous du capitalisme contemporain ? Quels traits diff&#233;rencient le capitalisme du XXI&#232;me si&#232;cle de celui XX&#232;me si&#232;cle ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Braudel d&#233;finissait le capitalisme comme la sph&#232;re &#233;conomique du commerce au loin , de la finance des profits de monopole et des sp&#233;culations . Il l'opposait &#224; l'&#233;conomie de march&#233; , c'est &#224; dire &#224; la sph&#232;re de l'&#233;change. Dans une perspective braudelienne. on pourrait parler aujourd'hui d'un capitalisme de la deuxi&#232;me mondialisation caract&#233;ris&#233; par une r&#233;volution technologique, une lib&#233;ralisation des &#233;changes et des mouvements de capitaux mais moins par les mouvements d'hommes &#224; la diff&#233;rence de la premi&#232;re mondialisation, celle de la fin du XIX&#232;me si&#232;cle Mais ce ne serait qu'une vue partielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec mes coll&#232;gues &#233;conomistes, je pourrais d&#233;finir simplement le capitalisme comme un r&#233;gime &#233;conomique d&#233;centralis&#233; bas&#233; sur les libert&#233;s marchandes et les droits de propri&#233;t&#233;.Mais la d&#233;finition manque de sp&#233;cificit&#233;. Depuis l'effondrement des alternatives communistes et tiersmondistes au capitalisme, la propri&#233;t&#233; et l'&#233;change libre paraissent constituer un horizon ind&#233;passable sur toute la surface de la plan&#232;te..&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une perspective &#224; la Polanyi, on peut essayer de cerner les traits de la grande transformation que nous vivons aujourd'hui. Trois &#233;volutions majeures marquent la sph&#232;re &#233;conomique : La mondialisation avec l'acc&#233;l&#233;ration des &#233;changes et des exportations de capitaux qu'elle a port&#233; &#224; un niveau sans cesse plus &#233;lev&#233;. La r&#233;volution des technologies de l'information qui a ouvert un nouveau cycle de consommation et de gains de productivit&#233; du travail. La financiarisation enfin de l'&#233;conomie qui amplifie les deux pr&#233;c&#233;dentes. La sph&#232;re politique se caract&#233;rise quant &#224; elle par deux grandes &#233;volutions : d'une part la constitution d'entit&#233;s r&#233;gionales comme Union Europ&#233;enne, et d'autre part l'apparition de nouveaux organes de r&#233;gulation au sein et au dehors des &#233;tats, &#224; l'instar de l'OMC,des banques centrales ind&#233;pendantes, ou des autorit&#233;s administratives ind&#233;pendantes. Ces organes sont des instances qui &#233;chappent aux sanctions du suffrage universel, et qui, dot&#233;s du pouvoir d'arbitrer, sont devenus des &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs de la r&#233;gulation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Peut-on s'arr&#234;ter un moment sur les traits du capitalisme contemporain ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De mani&#232;re plus analytique, on peut d&#233;finir les diff&#233;rentes vari&#233;t&#233;s de capitalisme par l'articulation de trois rapports : propri&#233;t&#233;-pouvoir, salarial, et de r&#233;gulation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport propri&#233;t&#233;-pouvoir porte notamment sur la r&#233;partition de la d&#233;tention du capital, les droits li&#233;s &#224; cette d&#233;tention, et le financement des entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport salarial porte sur le statut du salari&#233; dans l'entreprise, le degr&#233; d'encadrement des conditions de mobilisation de la force de travail, et les m&#233;canismes de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me rapport porte sur le r&#244;le de l'Etat en mati&#232;re de r&#233;gulation de l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se limite &#224; pr&#233;sent &#224; la seule dimension propri&#233;t&#233;-pouvoir, deux &#233;volutions majeures sont intervenues au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es : la r&#233;volution des droits de propri&#233;t&#233; et la d&#233;sinterm&#233;diation du financement des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour des droits de propri&#233;t&#233; a pris une forme visible avec la conversion des entreprises au discours et &#224; la pratique de la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire. Souvenons nous il y a simplement une vingtaine d'ann&#233;es on parlait encore de pouvoir de la technostructure, d'entreprises qui conciliaient int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, des actionnaires et des consommateurs , le capitalisme des &#171; parties prenantes &#187; dominait partout, ; on parlait m&#234;me d'entreprises citoyennes. Le credo a radicalement chang&#233; dans les ann&#233;es 90 : l'entreprise, depuis, doit maximiser la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire et ses dirigeants ne doivent ob&#233;ir qu'&#224; un ma&#238;tre : l'actionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me grande transformation du capitalisme est la d&#233;sinterm&#233;diation du financement de l'&#233;conomie, ou, autrement dit, la financiarisation de l'&#233;conomie. L'ouvrage de Michel Albert, Capitalisme contre capitalisme, opposait le capitalisme interm&#233;di&#233; rh&#233;nan, caract&#233;ris&#233; par le contrat social institutionnalis&#233; et le financement par les hausbank au mod&#232;le am&#233;ricain du capitalisme financier, marqu&#233; par le contrat d'entreprise et la finance de march&#233;. Les capitalismes fran&#231;ais et allemand ont longtemps &#233;t&#233; des capitalismes interm&#233;di&#233;s. En Allemagne, les banques, les institutions, les partenaires sociaux &#233;taient tous partis prenantes du contrat social. Le capital &#233;tait limit&#233; par le compromis social ; les d&#233;tenteurs ultimes du capital n'&#233;taient pas ceux qui exer&#231;aient le pouvoir du capital. Les banques pr&#234;taient aux entreprises, elles collectaient les droits de vote des actionnaires, elles si&#233;geaient dans les conseils et garantissaient ainsi les strat&#233;gies industrielles de long terme. Dans le mod&#232;le fran&#231;ais traditionnel, l'Etat jouait un r&#244;le majeur dans la r&#233;gulation &#233;conomique, dans l'&#233;laboration du contrat social, et dans l'articulation capital/pouvoir. A l'inverse, le mod&#232;le am&#233;ricain &#233;tait celui du capitalisme de march&#233; financier. Dans ce mod&#232;le, les entreprises se financent directement sur le march&#233;, en faisant appel &#224; l'&#233;pargne des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande &#233;volution des 20 derni&#232;res ann&#233;es r&#233;side dans le recul du capitalisme interm&#233;di&#233;. En France, ce recul se manifeste par le retrait de l'Etat de finance avec les privatisations et le repli du Tr&#233;sor. En Allemagne, il s'exprime par le d&#233;sengagement des grandes banques allemandes et de leur r&#244;le de t&#234;te de r&#233;seaux des entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;volution s'accompagne du d&#233;veloppement d'une industrie financi&#232;re, charg&#233;e d'analyser, de placer, d'assurer, de noter, de g&#233;rer le capital et son &#233;volution. Ces r&#244;les &#233;taient autrefois occup&#233;s par l'Etat, ou les grandes banques, acteurs centraux de l'octroi de cr&#233;dit. Dor&#233;navant, l'analyse du risque est op&#233;r&#233;e par cette nouvelle industrie : la r&#233;f&#233;rence n'est plus le cr&#233;dit, mais le capital action, l'equity. L'action, la fraction de capital, par d&#233;finition n'est pas interm&#233;di&#233;e. L'&#233;pargnant souscrit au capital d'une entreprise soit directement soit via une Sicav, un fonds de pension. Dans ce contexte, la relation capitaliste change de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution vers un capitalisme de march&#233;s financiers a connu sa forme paroxystique dans les ann&#233;es 90 et s'est traduite par deux crises majeures : l'&#233;clatement de la bulle internet et le krach d'Enron. Il s'agit bien d'une r&#233;volution. Aujourd'hui, la logique dominante est celle du shareholders avec comme objectif la maximisation de la valeur pour l'actionnaire. Le d&#233;fi pour ce nouveau capitalisme est par cons&#233;quent de faire co&#239;ncider, d'aligner les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s sur les int&#233;r&#234;ts des actionnaires. Les stock-options, la distribution gratuite d'actions sont les principales r&#233;ponses mises en place par le nouveau management salari&#233;. Hier on &#233;tait encore dans une logique galbraithienne, l'entreprise &#233;tait une instance d'arbitrage qui conciliait des int&#233;r&#234;ts divergents : les int&#233;r&#234;ts du consommateur &#224; travers la baisse de prix, les int&#233;r&#234;ts des actionnaires &#224; travers les dividendes, et les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s &#224; travers la redistribution de la richesse cr&#233;&#233;e. Bref le management de l'entreprise reposait sur le mod&#232;le du stakeholders, mod&#232;le de conciliation d'int&#233;r&#234;ts divergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La financiarisation de l'&#233;conomie est-elle une tendance lourde ou bien l'aboutissement d'un processus ? Le capitalisme a-t-il vraiment converg&#233; ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a converg&#233; dans sa dimension propri&#233;t&#233;-pouvoir. Comme je le soulignais au d&#233;part, cette dimension n'est qu'une des trois dimensions du capitalisme. On constate en effet que le rapport salarial, ainsi que le r&#244;le r&#233;gulateur de l'Etat restent tr&#233;s contrast&#233;s suivant les pays. Afin d'&#233;viter cette confusion s&#233;mantique, je pr&#233;f&#232;re pour ma part r&#233;server le terme de capitalisme &#224; la seule dimension patrimoniale et de d&#233;signer la combinaison des trois rapports par l'expression de r&#233;gime &#233;conomique et social. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Peut-on dire que le pouvoir s'est d&#233;plac&#233; vers le capital financier ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'industrie financi&#232;re est devenue surpuissante. Mais par rapport &#224; une probl&#233;matique traditionnelle sur le poids des diff&#233;rentes fractions du capital il est erron&#233; de dire que la branche financi&#232;re l'a emport&#233;, dans la mesure o&#249; le haut du pav&#233; est tenu par des grandes entreprises industrielles et financi&#232;res. GE est un groupe industriel et financier, les plus grands groupes mondiaux restent industriels.&lt;br class='autobr' /&gt;
La finance joue n&#233;anmoins un r&#244;le d&#233;terminant pour comprendre le m&#233;canisme de production, d'innovation mais aussi de consommation. L'explication majeure du boom &#233;conomique am&#233;ricain, malgr&#233; les crises &#233;conomiques &#224; r&#233;p&#233;tition, r&#233;side dans la capacit&#233; des am&#233;ricains &#224; inventer des m&#233;canismes financiers qui permettent de dig&#233;rer les chocs macro-&#233;conomiques tout en permettant un financement continu des entreprises et des m&#233;nages.. A titre d'exemple, un dispositif financier permet aux m&#233;nages am&#233;ricains de s'endetter sur l'appr&#233;ciation de leurs actifs immobiliers, ainsi ils peuvent continuer &#224; consommer m&#234;me en situation de stagnation &#233;conomique et de faible &#233;pargne gr&#226;ce &#224; cette mon&#233;tisation partielle de leurs actifs immobiliers. Ce ph&#233;nom&#232;ne de mon&#233;tisation des actifs permet de comprendre la dynamique m&#234;me de la consommation aux Etats-Unis. La finance est devenue la poutre ma&#238;tresse de cette &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la finance a devenue d&#233;cisive pour comprendre la politique macro &#233;conomique. Selon les th&#232;ses de certains &#233;conomistes, et notamment d'Anton Brender, la politique macro-&#233;conomique des Etats-Unis n'est pas pilot&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral mais par le dialogue que la banque centrale entretient avec les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance s'est install&#233;e au c&#339;ur du paysage. Les repr&#233;sentations ouvri&#233;ristes et manufacturi&#232;res sont tout &#224; fait obsol&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En ce qui concerne la mondialisation, on constate que les &#233;changes au sein de l'Union Europ&#233;enne sont pour 60% des &#233;changes intra-communautaires. Au regard de ce chiffre, quel jugement porter sur le degr&#233; de r&#233;alisation de la mondialisation et des cons&#233;quences de la r&#233;volution des technologies de l'information ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu de grands d&#233;bats entre &#233;conomistes sur la r&#233;alit&#233; de la r&#233;volution des technologies de l'information et sur la nouveaut&#233; de la mondialisation. Dans un cas comme dans l'autre on a pu faire valoir que l'internet n'&#233;tait pas l'&#233;lectricit&#233; de notre temps et que la mondialisation n'&#233;tait que la continuation des &#233;volutions constat&#233;es depuis 1945. Nulle rupture en effet n'appara&#238;t en mati&#232;re de d&#233;veloppement des &#233;changes dans la p&#233;riode 1989-1995..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;bats importent peu en v&#233;rit&#233;. Certes l'internet n'est pas l'alpha et l'omega de la r&#233;volution des NTIC. Mais elle couronne un processus cumulatif de transformation. La premi&#232;re r&#233;volution num&#233;rique a eu lieu dans les ann&#233;es 1960 pour l'informatique, puis il y en eut une seconde dans les ann&#233;es 1970 pour les t&#233;l&#233;communications. Il y en eut une troisi&#232;me dans les ann&#233;es 1980 pour les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations de microprocesseurs et une derni&#232;re dans les ann&#233;es 90 avec l'internet c'est &#224; dire le multimedia en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces vagues d'innovation ne commencent &#224; faire syst&#232;me que dans les ann&#233;es 1990. Auparavant, aucune de ces &#233;tapes n'avait donn&#233; lieu &#224; des gains de productivit&#233; significatifs si bien que selon une boutade devenue fameuse on pouvait dire avec Solow &#171; les ordinateurs &#233;taient partout, sauf dans les statistiques de productivit&#233; &#187; ! La v&#233;ritable impulsion est donn&#233;e dans les ann&#233;es 90. Depuis 1995, on assiste de fa&#231;on continue &#224; des gains de productivit&#233; significatifs notamment dans les pays le plus t&#244;t engag&#233;s dans la r&#233;volution des NTIC comme les Etats-Unis, la Su&#232;de, la Finlande. A l'inverse, la France et l'Allemagne, subissent une stagnation &#224; faible niveau de leurs gains de productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me avec la mondialisation. Le Royaume Uni &#233;tait plus mondialis&#233; &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle qu'en 1980 si l'on en juge par l'impact du commerce exterieur sur le PIB. Mais l&#224; aussi peu importe la r&#233;alit&#233; est plus simple : depuis 1945 la croissance des &#233;changes internationaux se fait &#224; un rythme 2 &#224; 3 fois sup&#233;rieur &#224; celui du PIB. Au cours des ann&#233;es 90 il y a eu un v&#233;ritable d&#233;collage des exportations de capitaux pour la r&#233;alisation d'investissements. La croissance des &#233;changes et l'augmentation des flux direct d'investissement sont indiscutables, ils nourrissent l'expansion des pays d&#233;velopp&#233;s et des pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mondialisation, r&#233;volution technologique et financiarisation ont conduit &#224; une nouvelle division internationale des processus productifs. Les grandes entreprises ont du red&#233;finir leur portefeuille d'activit&#233;s et au sein de chaque activit&#233; les fonctions qu'ils conservaaoient et celles qu'ils externalisaient sur le territoire d'origine et ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie repose sur trois piliers : le refocusing d&#233;signe l'op&#233;ration de recentrage sur le c&#339;ur de m&#233;tier ; l'outsourcing d&#233;signe l'externalisation de certaines activit&#233;s, et l'offshoring qui le terme anglo-saxon de la d&#233;localisation des activit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une entreprise comme General Electric a externalis&#233; une s&#233;rie d'activit&#233; comme la paye et les relations client&#232;les. Ces activit&#233;s sont non seulement externalis&#233;es mais aussi d&#233;localis&#233;es. Les processus d'externalisation qui concernaient au d&#233;part des processus p&#233;riph&#233;riques comme la restauration, les transports ou les services routiniers touchent &#224; pr&#233;sent la production : Apple ne produit plus ses ordinateurs. Ce ph&#233;nom&#232;ne d'entreprises sans usines concerne non seulement l'informatique, mais aussi les t&#233;l&#233;coms et l'&#233;lectronique. L'entreprise de plus est moins ancr&#233;e dans le territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelles sont les cons&#233;quences de ces &#233;volutions pour le salariat, et la social-d&#233;mocratie ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les penseurs de la social-d&#233;mocratie allemande comme Fritz Scharpf sont saisis par ces &#233;volutions. Nul doute pour eux que dimension salariale, patrimoniale et r&#233;gulationniste seront contamin&#233;es. Ulrich Beck voit &#171; les barbares &#224; nos portes &#187;. On peut apporter &#224; cette question fondamentale plusieurs &#233;l&#233;ments de r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de financiarisation s'accompagne d'une forte cr&#233;ation d'emplois, des &#233;changes et au total d'une croissance soutenue dans le monde. Mais on constate en m&#234;me temps que cette dynamique a des effets locaux d&#233;vastateurs. Que devient un monde o&#249; des processus aussi rapides de r&#233;allocation des activit&#233;s se produisent. Pour nous, citoyens, consommateurs et travailleurs des pays d&#233;velopp&#233;s, la question essentielle est : par quoi remplace-t-on les activit&#233;s perdues ? si ces activit&#233;s sont remplac&#233;es par des activit&#233;s &#224; fort contenu technologique et donc &#224; forte qualification d'un c&#244;t&#233;, et par de nouveaux services aux entreprises bien r&#233;mun&#233;r&#233;s de l'autre, il est incontestable que le niveau global de la richesse du pays progresse. Si &#224; l'inverse, nous sommes entra&#238;n&#233;s du fait de la mont&#233;e en gamme des pays &#233;mergents dans une spirale de baisse des prix, alors nous pouvons &#234;tre inquiets pour la prosp&#233;rit&#233; future des pays aujourd'hui d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade rien ne permet de donner cr&#233;dit &#224; l'hypoth&#232;se la plus pessimiste , la dynamique de sp&#233;cialisation, de division du travail et d'innovation est un jeu gagnant-gagnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors pour les pays &#224; la tra&#238;ne comme la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents rapports parus r&#233;cemment pointent dans la m&#234;me direction, il s'agirait de lib&#233;raliser les march&#233;s du travail, des biens et des capitaux, de les rendre plus fluides pour faciliter l'adaptation &#224; la nouvelle donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il est difficile dans un contexte de fort ch&#244;mage de lib&#233;raliser le march&#233; du travail. Par contre je suis favorable &#224; une nouvelle lib&#233;ralisation des march&#233;s des biens et services d'une part du capital d'autre part. Je ne suis pas de ceux qui comme Michel Aglietta voient en termes n&#233;gatifs le processus actuel de d&#233;sinterm&#233;diation et de d&#233;veloppement des march&#233;s financiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, apr&#232;s le krach de la bulle Internet qui &#233;tait d'une violence comparable &#224; la crise de 29, on aurait pu craindre un effondrement de l'&#233;conomie. Dans la mesure o&#249; le risque n'&#233;tait pas port&#233; par les banques, mais qu'il &#233;tait dilu&#233;, saupoudr&#233; en pluie fine sur l'ensemble de la population, les effets ont &#233;t&#233; mineurs. Le krach n'a pas provoqu&#233; de faillite d'institutions bancaires. L'intervention de la banque centrale am&#233;ricaine a &#233;galement contribu&#233; &#224; amortir les effets de la crise. Les m&#233;nages ont emprunt&#233;, engendrant une flamb&#233;e immobili&#232;re ; gr&#226;ce aux outils de mon&#233;tisation des actifs immobiliers d&#233;crits pr&#233;c&#233;demment, la consommation a permis la reprise de l'activit&#233;, et le retour des investissements : les effets de la crise ont &#233;t&#233; limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Mais est-ce que le syst&#232;me r&#233;sistera toujours aussi bien ? Certaines th&#232;ses sont bien plus alarmistes sur l'avenir du capitalisme aux Etats-Unis. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996, on a v&#233;cu une cascade de crises : asiatique, russe, mexicaines, LTCM, Bulle de l'internet, crise de confiance Enron-Vivendi etc. A chacune de ces crises, on a pu constater la tr&#232;s grande r&#233;silience du syst&#232;me, sa capacit&#233; &#224; absorber les chocs &#233;conomiques. L'ann&#233;e 2004, bien qu'ann&#233;e de crise, est aussi l'ann&#233;e de la plus forte croissance mondiale des 20 derni&#232;res ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la croissance mondiale est tir&#233;e par le couple Etats-Unis/Chine. Les Etats-Unis importent deux fois plus qu'il n'exportent. Le d&#233;ficit commercial est abyssal, repr&#233;sentant 600 milliards de dollars. Le d&#233;ficit am&#233;ricain avec la Chine est de 120 milliards. Mais, les chinois acceptent de placer leurs exc&#233;dents colossaux en bons du tr&#233;sor am&#233;ricain, qui non seulement rapportent peu, mais en plus se d&#233;pr&#233;cient. Etats-Unis/Chine forment un couple solidaire liant le producteur chinois au consommateur am&#233;ricain, via une m&#233;diation financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment se distribue la nouvelle division internationale du travail ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vieux pays industriels sont en train de vivre une atrophie de leur c&#339;ur industriel. En m&#234;me temps, ce c&#339;ur repr&#233;sente 20% du PIB et 15% de l'emploi. Plusieurs cas de figure permettent de compenser, ou non, cette perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les am&#233;ricains ont accept&#233; la disparition de leurs industries et se sont red&#233;ploy&#233; vers le Hi-Tech et vers le service aux entreprises. L'Angleterre s'est sp&#233;cialis&#233;e dans l'industrie financi&#232;re ; l'Allemagne au contraire a valoris&#233; ses comp&#233;tences industrielles. La France quant &#224; elle ne dispose d'aucun avantage particulier, ni dans l'industrie, ni dans les hautes technologies, ni dans la finance, et ni dans le service aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Trois objectifs ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un capitalisme mondialis&#233; et financiaris&#233; organisant une nouvelle division internationale du travail, la r&#233;ponse des social d&#233;mocraties nordiques a &#233;t&#233; de b&#226;tir un nouveau compromis. Trois &#233;l&#233;ments me paraissent devoir se d&#233;gager. 1/ Dynamiser la cr&#233;ation de richesses en favorisant la mutation &#233;conomique par des politiques de l'offre : investissement dans l'excellence en &#233;ducation, accroissement des moyens pour la recherche, accompagnement des red&#233;ploiements. 2/ Refonder le compromis social : la demande de flexibilit&#233; est n&#233;goci&#233;e contre une exigence de s&#233;curisation des parcours professionnels des salari&#233;s. 3 / Refuser la seule logique de la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire en affirmant la &#171; responsabilit&#233; sociale et environnementale &#187; de l'entreprise &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rentes parties prenantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.parti-socialiste.fr/tiki-index.php?page=revue_socialiste" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Revue Socialiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et si le non l'emportait ?</title>
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&lt;p&gt;Et si le non l'emportait ? Depuis Maastricht en 1991, l'Europe se pose la question de l'&#233;quilibre des pouvoirs des Etats : quelle place faire &#224; la d&#233;mographie, comment &#233;viter l'&#233;crasement des petits pays, comment rendre gouvernable un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne sans froisser les pays moyens. A Nice, en 2000, un accord b&#226;cl&#233; mena&#231;ait de paralyser l'Europe, le trait&#233; constitutionnel corrige cette erreur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un Non au r&#233;f&#233;rendum repr&#233;sente donc d'abord un formidable gaspillage d'&#233;nergie politique, 10 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et si le non l'emportait ? Depuis Maastricht en 1991, l'Europe se pose la question de l'&#233;quilibre des pouvoirs des Etats : quelle place faire &#224; la d&#233;mographie, comment &#233;viter l'&#233;crasement des petits pays, comment rendre gouvernable un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne sans froisser les pays moyens. A Nice, en 2000, un accord b&#226;cl&#233; mena&#231;ait de paralyser l'Europe, le trait&#233; constitutionnel corrige cette erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Non au r&#233;f&#233;rendum repr&#233;sente donc d'abord un formidable gaspillage d'&#233;nergie politique, 10 ans de travaux n'auront servi &#224; rien. De surcro&#238;t, ce Non serait de pi&#232;tre augure pour le futur. Or l'Europe d'aujourd'hui est en panne, &#233;conomiquement, institutionnellement et politiquement. Sa croissance est atone, les objectifs ambitieux formul&#233;s &#224; Lisbonne sont rest&#233;s lettre morte, sa gouvernance macro&#233;conomique est inefficace tiraill&#233;e entre une BCE fig&#233;e et des gouvernements nationaux qui tirent &#224; hue et &#224; dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total le Non r&#233;alise une singuli&#232;re alliance entre les vrais lib&#233;raux qui ont toujours craint la formation d'un Super-Etat Europ&#233;en bureaucratique, r&#233;gulateur et interventionniste et les socialistes radicaux champions de l'Etat redistributif et volontariste. Qui peut croire que d'une telle alliance peut na&#238;tre un renouveau europ&#233;en et qui ne voit &#224; l'inverse qu'en l'absence d'accord politique la dynamique de march&#233; imposera sa loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>P&#244;les de comp&#233;titivit&#233;</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Poles-de-competitivite.html</link>
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		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelles technologies</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le de competitivite</dc:subject>

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&lt;p&gt;P&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, Agence d'innovation industrielle, Agence Nationale de la Recherche, Oseo-Anvar-BDPME ... n'en jetez plus. Apr&#232;s avoir m&#233;connu pendant pr&#232;s d'une d&#233;cennie le probl&#232;me du d&#233;crochage industriel, de l'affaiblissement de notre capacit&#233; d'innovation et de la baisse du rayonnement de la science fran&#231;aise, nos &#233;lites politiques deviennent fr&#233;n&#233;tiques et de peur de mal faire elles adoptent en vrac des propositions contradictoires. Mais il y a plus surprenant encore, avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Globalisation-firmes-+.html" rel="tag"&gt;Globalisation firmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Nouvelles-technologies-+.html" rel="tag"&gt;Nouvelles technologies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Reformes-41-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Pole-de-competitivite-+.html" rel="tag"&gt;P&#244;le de competitivite&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;P&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, Agence d'innovation industrielle, Agence Nationale de la Recherche, Oseo-Anvar-BDPME ... n'en jetez plus. Apr&#232;s avoir m&#233;connu pendant pr&#232;s d'une d&#233;cennie le probl&#232;me du d&#233;crochage industriel, de l'affaiblissement de notre capacit&#233; d'innovation et de la baisse du rayonnement de la science fran&#231;aise, nos &#233;lites politiques deviennent fr&#233;n&#233;tiques et de peur de mal faire elles adoptent en vrac des propositions contradictoires. Mais il y a plus surprenant encore, avec une bonne volont&#233; et un s&#233;rieux digne de tous les &#233;loges, industriels, &#233;lus et universitaires ont b&#226;ti quelques centaines de projets, ils aspirent tous au label p&#244;le de comp&#233;titivit&#233;. Comment comprendre l'enthousiasme malgr&#233; le maquis d'initiatives contradictoires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; renvoie &#224; une logique territoriale, il s'agit d'organiser la coop&#233;ration de chercheurs d'industriels et de formateurs d&#233;j&#224; l&#224;, pour mettre en valeur des comp&#233;tences d&#233;j&#224; l&#224;. Cette id&#233;e de syst&#232;mes productifs locaux qu'il s'agit de mettre en synergie a &#233;t&#233; port&#233;e par la Datar et par Christian Blanc. La logique des grands projets innovateurs est sectorielle, il s'agit de remettre l'ouvrage sur le m&#233;tier, de repenser la sp&#233;cialisation en lan&#231;ant quelques grands chantiers d'innovation technologique. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; promue par JLBeffa, elle rel&#232;ve de ce que j'avais nomm&#233; en son temps le &#171; colbertisme high tech &#187;. La cr&#233;ation d'une Agence Nationale de la recherche ob&#233;it &#224; une logique, institutionnelle, : susciter de nouveaux d&#233;veloppements scientifiques, d&#233;cloisonner les structures, privil&#233;gier l'excellence gr&#226;ce &#224; une politique d'incitations, d'&#233;valuation par les pairs et de financements sur projets. Cette id&#233;e que nous avons d&#233;fendue avec Ph.Aghion suppose que l'on fasse le pari d'une d&#233;marche &#171; bottom-up &#187;. Enfin l'initiative Oseo ob&#233;it &#224; une quatri&#232;me logique d'&#233;cologie des entreprises : comment rem&#233;dier &#224; la mortalit&#233; et &#224; l'absence de croissance des entreprises &#233;mergentes ? On sait depuis les travaux de Scarpetta que la cr&#233;ation d'entreprises est aussi dynamique aux Etats Unis qu'en Europe, par contre les taux de survie et les rythmes de croissance divergent fortement. D'o&#249; les id&#233;es avanc&#233;es dans nombre de rapports sur la transposition du mod&#232;le de la Small Business Administration et mises en &#339;uvre par J.P.Denis avec Oseo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, alors que chaque rapport insiste sur la n&#233;cessit&#233; de choisir une logique, et de s'y tenir afin d'&#233;viter le saupoudrage et le gaspillage ... on d&#233;cide de tout faire ! Arr&#234;tons nous ici sur les p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;. Il s'agit donc de l'inscription territoriale d'un partenariat d'entreprises, de centres de formation et d'unit&#233;s de recherche publiques ou priv&#233;es, destin&#233; &#224; d&#233;gager des synergies autour de projets communs au caract&#232;re innovant. La c&#233;ramique en Limousin, l'optique en Essonne, les TIC en Bretagne ; l'A&#233;ronautique- Spatial -D&#233;fense en Aquitaine ... la course &#224; la labellisation et aux fonds publics est bien engag&#233;e et une vingtaine de p&#244;les devraient &#234;tre retenus avant l'&#233;t&#233; 2005. Cette d&#233;marche peut-elle r&#233;ussir ? Quatre &#233;l&#233;ments conduisent &#224; en douter. L'appel &#224; projets a suscit&#233; des r&#233;ponses d'une incroyable h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Le choix d'une optique territoriale a conduit &#224; un formidable d&#233;veloppement du patriotisme local, chacun voulant avoir son p&#244;le de comp&#233;titivit&#233;, d'o&#249; des strat&#233;gies d'habillage autour de comp&#233;tences suppos&#233;es inscrites dans tel ou tel territoire. L &#8216;id&#233;e des p&#244;les ayant &#233;t&#233; promue par la Datar, et la d&#233;cision ayant &#233;t&#233; prise dans le cadre d'un CIADT, c'est cette administration peu &#233;quip&#233;e, peu dot&#233;e en comp&#233;tences industrielles et en capacit&#233;s d'expertise qui va devoir s&#233;lectionner les p&#244;les. Certes, elle pourra faire appel &#224; des comp&#233;tences externes. Mais les comp&#233;tences nagu&#232;re concentr&#233;es &#224; l'Industrie ont fondu avec le temps et l'abandon des politiques industrielles. La modicit&#233; des moyens (750 Million d'Euros sur 3 ans sous forme de subventions publiques d'exon&#233;rations fiscales et sociales dont la moiti&#233; &#224; la charge d'&#233;tablissement publics du type CdC ou BDPME) ne plaide pas non plus en faveur du projet. Enfin le risque de saupoudrage est d'autant plus s&#233;rieux que les grands &#233;lus vont exercer une pression forte sur une administration faible. La solution dans ce cas de figure est toujours le saupoudrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne nouvelle toutefois est que la prise de conscience a eu lieu. Le Gouvernement met quelques moyens additionnels. Les acteurs de terrain se sont saisis du sujet. Il y a une immense bonne volont&#233;, un d&#233;sir sinc&#232;re de coop&#233;rer pour sortir de l'orni&#232;re. Le discours sur le r&#244;le de l'innovation dans la croissance , sur les &#171; clusters &#187; a quitt&#233; les revues acad&#233;miques pour devenir sens commun. Il ne faut donc pas d&#233;sesp&#233;rer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien au Figaro</title>
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&lt;p&gt;LE FIGARO. - Ne sommes-nous pas en train de solder les comptes d'une erreur historique - la loi sur les trente-cinq heures ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque o&#249; les trente-cinq furent &#233;labor&#233;es et vot&#233;es, ce n'&#233;tait pas au nom d'une repr&#233;sentation malthusienne du travail. Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, les concepteurs des trente-cinq heures, n'ont jamais cru que le travail &#233;tait un stock stable et immuable, pareil &#224; un g&#226;teau qu'il suffit de partager, de mani&#232;re &#233;quitable, entre tous les citoyens. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;LE FIGARO. - Ne sommes-nous pas en train de solder les comptes d'une erreur historique - la loi sur les trente-cinq heures ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; les trente-cinq furent &#233;labor&#233;es et vot&#233;es, ce n'&#233;tait pas au nom d'une repr&#233;sentation malthusienne du travail. Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, les concepteurs des trente-cinq heures, n'ont jamais cru que le travail &#233;tait un stock stable et immuable, pareil &#224; un g&#226;teau qu'il suffit de partager, de mani&#232;re &#233;quitable, entre tous les citoyens. L'id&#233;e politique majeure est qu'il fallait restaurer la cr&#233;dibilit&#233; de l'action publique et cela passait par une action d&#233;cisive sur le ch&#244;mage. L'id&#233;e &#233;conomique &#233;tait qu'&#224; court terme on pouvait r&#233;aliser une op&#233;ration ponctuelle de partage du travail, le relais &#233;tant ensuite pris par la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;D'accord. Mais une autre vision des trente-cinq heures, utopique et ax&#233;e sur la promesse d'une soci&#233;t&#233; de loisir, n'a jamais disparu... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en effet le discours de ceux qui affirmaient que la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail, parce qu'elle annon&#231;ait une &#171; civilisation du temps choisi &#187;, impliquait de passer aux trente-cinq heures sans baisse de salaire et sans contrepartie. Sans doute ce discours utopique a-t-il permis au PS de restaurer son identit&#233; de gauche apr&#232;s les ann&#233;es &#171; social-lib&#233;rales &#187; du gouvernement B&#233;r&#233;govoy, mais il &#233;tait totalement &#233;tranger &#224; la premi&#232;re loi Aubry. C'est cette loi qui a permis, par exemple, les grands accords de Renault ou de Peugeot. Elle a &#233;t&#233; la modalit&#233; fran&#231;aise de la flexibilit&#233;. La d&#233;fense de la mod&#233;ration salariale et la promotion de l'annualisation l'inspiraient. Encore une fois, l'obsession du gouvernement de gauche, lors de la mise en place de la r&#233;duction du temps de travail, c'&#233;tait d'apporter la preuve de l'efficacit&#233; du politique sans commettre d'erreur de politique &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que voulez-vous dire ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout de m&#234;me garder &#224; l'esprit la sinistrose qui dominait les esprits en 1997 ! Face au contexte d&#233;pressif travers&#233; par la France depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts dix, les dirigeants de gauche plurielle ont voulu ouvrir de nouvelles perspectives et rendre cr&#233;dible l'efficience de l'action politique en mati&#232;re macro-&#233;conomique. Lors de l'arriv&#233;e de Lionel Jospin &#224; Matignon, les Fran&#231;ais &#233;taient persuad&#233;s qu'on avait &#171; tout essay&#233; &#187; dans la lutte contre le ch&#244;mage, et ils d&#233;ploraient am&#232;rement l'absence de r&#233;sultats de toutes ces tentatives avort&#233;es. La loi de r&#233;duction du temps de travail &#233;tait cens&#233;e d&#233;jouer ce sentiment de fatalit&#233;. On allait enfin, pensait-on, administrer la preuve que la politique pouvait encore faire quelque chose sur un plan macro-&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pour autant, vous n'avez jamais &#233;t&#233; enthousiasm&#233; par les lois Aubry ... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas vari&#233;, depuis lors, sur mon diagnostic de fond : autant les trente-cinq heures &#233;taient adapt&#233;es aux entreprises de flux pour lesquelles elles repr&#233;sentaient une occasion de n&#233;gocier de la flexibilit&#233; ; autant elles &#233;taient inadapt&#233;es &#224; la fonction publique et, a fortiori, aux PME. Pour ne rien dire de la mesure qui consistait &#224; donner indistinctement &#224; des cadres par ailleurs pourvus deux semaines de vacances suppl&#233;mentaires. Mais au total, les trente-cinq se sont av&#233;r&#233;es sur la dur&#233;e b&#233;n&#233;fiques aux seules entreprises de processus, &#224; qui elles ont permis de regagner de la flexibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En termes macro&#233;conomique de lutte contre le ch&#244;mage, les effets de cette loi n'ont-ils pas &#233;t&#233;, avant tout, en trompe-l'oeil ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trente-cinq heures ont servi &#224; cr&#233;dibiliser la politique macro-&#233;conomique, en ayant un effet r&#233;el dans l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&#171; Effet r&#233;el dans l'instant &#187;. Que voulez-vous dire ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de forte reprise &#233;conomique avec une conjoncture mondiale devenue porteuse, et un effet de change qui nous &#233;tait alors favorable (sous-&#233;valuation de l'euro) on a vu un nombre important de cr&#233;ations d'emploi - dont une part fut sans doute le fruit cette politique... On assiste aujourd'hui &#224; une tentative de d&#233;monisation des trente-cinq heures. On veut nous faire croire que la racine de tous nos maux est l&#224;. M&#234;me le tr&#233;s mod&#233;r&#233; Michel Camdessus, sugg&#232;re dans son rapport sur les &#171; freins &#224; la croissance &#187; que l'id&#233;ologie du travail rationn&#233; et partag&#233; serait &#224; l'origine du &#171; d&#233;crochage &#187; de croissance que conna&#238;t la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Vous &#234;tes vraiment certain que ce n'est pas, justement, le cas ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France cumule nombre d' inconv&#233;nients : c'est le pays qui a le syst&#232;me de r&#233;glementation de l'emploi le plus protecteur, celui o&#249; l'angoisse du ch&#244;mage et la peur des lendemains est la plus aigu&#235; et celui dont le taux de ch&#244;mage structurel est le plus &#233;lev&#233; ! Or, de deux choses l'une : soit un pays poss&#232;de un syst&#232;me ultraprotecteur, et il est &#233;pargn&#233; par l'angoisse de l'avenir ; soit, inversement, il est en proie &#224; l'angoisse de l'avenir, mais alors il a un syst&#232;me peu r&#233;glement&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;N'est-ce pas justement &#224; l'inflation r&#233;glementaire qu'on doit cette anomalie fran&#231;aise ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partie, seulement. En fait, les cercles vicieux du ch&#244;mage structurel de la surprotection et de la peur du ch&#244;mage se sont progressivement install&#233;s au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es. Press&#233;e de contenir la progression du ch&#244;mage &#224; partir du choc p&#233;trolier de 1974, l'ex&#233;cutif fran&#231;ais a voulu exorciser la peur du ch&#244;mage de masse, au travers de mesures rendant plus difficiles les licenciements, puis de mesures visant &#224; limiter l'acc&#232;s sur le march&#233; du travail des &#034;jeunes&#034; et des &#034;vieux&#034; puis en d&#233;veloppant les emplois aid&#233;s. On a donc &#224; la fois accumul&#233; les dispositifs r&#233;glementaires, multipli&#233; les instances de traitement de ch&#244;mage, fait porter aux entreprises une charge de plus en plus lourde sans b&#233;n&#233;fice ni pour les salari&#233;s dont le ch&#244;mage &#233;tait v&#233;cu comme une chute, ni pour les entreprises contraintes de sous dimensionner leurs recrutements pour &#233;chapper au pi&#232;ge r&#233;glementaire. Le r&#233;sultat de ces politiques, c'est que, comme le montre l'OCDE, nous sommes le pays qui a le taux de r&#233;glementation du travail le plus &#233;lev&#233;, l'un des taux de participation parmi les plus faibles, et un taux de ch&#244;mage structurel record. Paradoxe cuisant : des pays dot&#233;s d'un syst&#232;me de protection social moins performant et moins contraignant affichent un taux de ch&#244;mage moins &#233;lev&#233; que le n&#244;tre. La raison en est tr&#232;s simple : une &#233;conomie capitaliste int&#233;gr&#233;e &#224; l'&#233;conomie mondiale r&#233;clame des marges de flexibilit&#233;. Pendant trente ans, il a bien fallu r&#233;cup&#233;rer de la flexibilit&#233; malgr&#233; le carcan que nous nous &#233;tions impos&#233;s. On a donc invent&#233; un syst&#232;me reposant sur la multiplication des emplois pr&#233;caires, sur l'entr&#233;e tardive des jeunes sur le march&#233; de l'emploi et sur la sortie pr&#233;coce des vieux (les plus de 55 ans !!!) du march&#233; de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment les trente-cinq heures se sont-elles greff&#233;es sur ce syst&#232;me ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, elles ont rendu une petite marge de flexibilit&#233; aux grandes entreprises industrielles. Dois je rappeler ici que les 35 heures avaient des contreparties en mati&#232;re d'annualisation, de mod&#233;ration salariale et de fl&#233;xibilit&#233;. Mais les 35 heures pour tous reposaient sur une grave erreur de diagnostic : le probl&#232;me n'&#233;tait pas comment donner plus de loisir &#224; tous mais comment g&#233;rer la diversit&#233; et organiser le travail sur un cycle de vie. Pour le Gouvernement Jospin qui voulait en m&#234;me temps faire la r&#233;forme des retraites, il y avait l&#224; une contradiction ing&#233;rable. Ainsi, elles ont finalement aggrav&#233; le processus engag&#233; depuis 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pouvez-vous pr&#233;ciser votre critique sur l'erreur de diagnostic ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du travail n'est pas un donn&#233;, homog&#232;ne sur l'ensemble du territoire, sa r&#233;alit&#233; est l'&#233;clatement territorial et sectoriel, il y a des centaines de march&#233; du travail et on peut &#234;tre simultan&#233;ment en situation de p&#233;nurie ou d'exc&#233;dent. Les trente-cinq heures ont parfois aggrav&#233; ces d&#233;sajustements entre l'offre et la demande de travail. Si bien que m&#234;me dans les phases hautes du cycle &#233;conomique on continue &#224; avoir un ch&#244;mage structurel &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;C'est aussi ce que d&#233;nonce le rapport Camdessus, qui analyse l'ensemble des freins structurels &#224; la croissance ; or les trente-cinq heures font partie de ces freins &#224; la croissance... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons que le rapport Camdessus consiste &#224; faire de la d&#233;sorganisation du march&#233; du travail une des sources principales de notre sous-performance &#233;conomique, ce qui n'est pas exact. La vraie question, que soul&#232;ve, &#224; son insu, ler rapport, c'est celle des moyens de retrouver de la croissance dans l'ensemble du continent europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Un d&#233;bat intense existe entre les &#233;conomistes sur ce sujet... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment, il y a un accord assez large parmi les &#233;conomistes pour consid&#233;rer qu'une &#233;conomie (celle de la zone euro) qui a perdu un point de croissance par an dans les ann&#233;es 90 par rapport &#224; sa situation ant&#233;rieure et qui fait un point de moins que les Etats Unis a un probl&#232;me de politique macro&#233;conomique et un probl&#232;me de r&#233;formes structurelles, un probl&#232;me de dynamisation de l'offre et de stimulation de la demande. La premi&#232;re piste est celle des r&#233;formes structurelles. Elle consiste dans la volont&#233; de corriger au plus vite le retard qu'ont accumul&#233; les Europ&#233;ens dans leurs r&#233;formes structurelles (r&#233;forme du march&#233; du travail ; r&#233;forme des biens et services ; r&#233;forme des march&#233;s financiers). La r&#233;forme du march&#233; du travail renvoie aux propositions synth&#233;tis&#233;es par Francis Kramarz et de Pierre Cahuc sur le CDD et le CDI.Ils veulent vaincre la mal&#233;diction nationale qui fait de la France le pays le plus prot&#233;g&#233; et celui o&#249; r&#232;gne, paradoxalement, la crainte la plus aigu&#235; du ch&#244;mage. Kramarz et Cahuc, apr&#232;s d'autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vers une s&#233;curisation sociale des parcours professionnels &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; proposent une refondation du CDI et l'instauration d'un nouveau donnant-donnant (all&#232;gement compensatoire de certaines contraintes pesant sur l'entreprise contre CDI). Dans cette perspective, l'&#233;chec de Nicole Notat avec le PARE ne devrait pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme d&#233;finitif. La contractualisation du retour &#224; l'emploi semble s'imposer &#224; nouveau dans les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En quoi pourrait consister la r&#233;forme du march&#233; des biens et des services ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique d&#233;velopp&#233;e par le rapport Canivet et abord&#233;e par la directive Bolkenstein consiste dans l'&#233;quation suivante : comment cr&#233;er de la concurrence dans la distribution et dans les services, remettre en cause les oligopoles et les professions ferm&#233;es pour cr&#233;er &#224; la fois plus d'emplois dans les services, faire baisser les prix et relancer la croissance ? Enfin, le troisi&#232;me volet devrait consister dans la r&#233;forme du march&#233; financier. Nous disposons d'un syst&#232;me financier qui a am&#233;lior&#233; sa gestion et sa profitabilit&#233; mais qui est peu innovant. Nicolas Sarkozy en est conscient comme en t&#233;moigne la d&#233;cision qu'il a prise &#224; Bercy de suivre l'exemple am&#233;ricain en engageant la r&#233;forme du march&#233; hypoth&#233;quaire afin d'offrir un soutien &#224; la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A c&#244;t&#233; de la r&#233;forme structurelle, des mesures macro-&#233;conomiques sont-elles envisageables ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de nous engager dans des pol&#233;miques finalement assez st&#233;riles sur les trente-cinq heures, nous devrions nous demander si nos politiques sont aujourd'hui adapt&#233;es pour stimuler la croissance &#224; l'&#233;chelle du continent europ&#233;en ! L'Europe est aujourd'hui la zone &#233;conomique qui cro&#238;t le moins, et les politiques macro-&#233;conomiques pratiqu&#233;es ne sont &#233;videmment pas exemptes de responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Privil&#233;gie-t-on toujours excessivement la &#171; r&#232;gle &#187; au d&#233;trimernt des incertitudes du march&#233; ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;f&#232;re toujours la r&#232;gle aux choix discr&#233;tionnaires. Et pour de bonnes raisons, on n'aurait pas pu construire le march&#233; unique et l'euro si on n'avait pas invent&#233; des dispositifs permettant de recueillir le consentement des plus h&#233;sitants. En m&#234;me temps il faut constater que l'int&#233;gration n'a pas facilit&#233; les r&#233;formes structurelles. L'incapacit&#233; de la France &#224; r&#233;former son march&#233; du travail - avec ses ses effets n&#233;gatifs l'illustre : la peur du ch&#244;mage durable et un syst&#232;me r&#233;glementaire tr&#232;s d&#233;velopp&#233;. Or il para&#238;t bien peu envisageable de recommander le programme &#233;nonc&#233; par M. Camdessus &#224; des travailleurs fran&#231;ais qui, depuis 1974, ont connu le ch&#244;mage &#171; dur &#187;, c'est-&#224;-dire l'inaptitude au reclassement et la chute progressive vers une pr&#233;carit&#233; grandissante. Et si l'on veut tuer ce qui reste d'id&#233;al europ&#233;en il suffit d'invoquer l'Europe pour justifier la d&#233;r&#233;glementation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pourquoi ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cela plaise ou pas le programme Camdessus revient &#224; demander aux salari&#233;s d'accepter la d&#233;r&#233;glementation sociale au nom des b&#233;n&#233;fices futurs de la croissance. Comme en m&#234;me temps pas un mot n'est dit sur la politique de la demande et que de surcroit Mr Camdessus veut mettre &#224; la di&#232;te l'Etat pour cause de d&#233;ficit et de surendettement on comprend que nul n'adh&#232;re &#224; ce programme. On trouve d'ailleurs une attitude sym&#233;trique chez les patrons, pourquoi voulez vous qu'ils renoncent aux marges de manoeuvre qu'ils ont gagn&#233; avec les CDD et l'interim si on leur annonce plus de taxes et plus d'ins&#233;curit&#233; juridique. Ce qui me frappe dans les propositions p&#233;remptoires des auteurs de rapport c'est la m&#233;connaissance des enseignements de l'&#233;conomie politique. Les armoires sont pleines de rapports mais vides de dispositifs op&#233;ratoires et les questions du traitement du ch&#244;mage continuent &#224; se poser avec acuit&#233;. Les propositions de Francis Kramarz et Pierre Cahuc sont pertinentes dans l'exacte mesure o&#249; elles dissocient la gestion de l'emploi par l'entreprise de la gestion de la situation individuelle du travailleur. L'entreprise n'a pas en soi vocation &#224; g&#233;rer le probl&#232;me du ch&#244;mage de masse qui s&#233;vit en France ; sa raison d'&#234;tre, c'est de cr&#233;er de la valeur et de la richesse. On peut &#233;ventuellement envisager de taxer celles qui g&#233;n&#232;rent des &#171; d&#233;s&#233;conomies &#187; ou des &#171; d&#233;sutilit&#233;s &#187; publiques etc. Mais il faut en revanche que le salari&#233; au ch&#244;mage soit rapidement remis sur le march&#233; du travail. Cela suppose que les autorit&#233;s charg&#233;es du reclassement de la requalification &#233;ventuelle des travailleurs fassent leur m&#233;tier. Les principes repris par Kramarz et Cahuc d&#233;finissent donc les termes d'un contrat de lib&#233;ralisation des conditions de recrutement et de licenciement, tout en offrant au salari&#233; qui perd son emploi la possibilit&#233; de retourner, mieux qualifi&#233;, sur le march&#233; du travail. Mais pour avoir un march&#233; de l'emploi dynamique il faut que la tol&#233;rance &#224; la r&#233;cession des autorit&#233;s publiques europ&#233;ennes et nationales baisse. L'objectif essentiel de la politique macro-&#233;conomique doit demeurer le plein emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Un objectif qui semble irr&#233;el... &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez, si les Fran&#231;ais veulent s'inspirer des meilleurs aspects de la culture lib&#233;rale am&#233;ricaine, il faut qu'ils pr&#234;tent une attention particuli&#232;re &#224; ce paradoxe : pourquoi est-ce dans un pays - les Etats-Unis - o&#249; le syst&#232;me de protection sociale est r&#233;duit &#224; sa plus simple expression qu'il n'existe pas non plus de tol&#233;rance au ch&#244;mage durable de masse ? En fait, le paradoxe n'est qu'apparent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pouvez-vous pr&#233;ciser ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tr&#233;s simple, un ch&#244;mage durable avec une protection sociale faible c'est une soci&#233;t&#233; qui se disloque rapidement. Aux Etats-Unis,les politiques contracycliques agressives ont pour finalit&#233; majeure d'emp&#234;cher l'apparition d'un ch&#244;mage de masse durable. Les acteurs &#233;conomiques , Tr&#233;sor et Banque centrale, ressentent comme une obligation de mettre l'&#233;conomie sur le sentier de croissance le plus &#233;lev&#233;. Un exemple &#224; m&#233;diter, alors qu'il nous faut, d'un m&#234;me mouvement, rassembler les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; une &#233;conomie de march&#233; efficace et pr&#233;server le caract&#232;re solidaire de la soci&#233;t&#233;. Ce d&#233;fi prend un relief particulier dans un pays comme la France qui rechigne &#224; adopter un fonctionnement social-lib&#233;ral, parce qu'il implique l'attachement &#224; une culture du compromis et du contrat qui nous fait cruellement d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quel tour devrait prendre, &#224; vos yeux, la &#171; campagne &#187; du PS en d&#233;fense des trente-cinq heures ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toujours loisible d'imaginer que le PS s'appr&#234;te &#224; faire &#224; nouveau des trente-cinq heures un &#233;l&#233;ment de choix de sa plate-forme politique. Je n'y crois pas, le marqueur politique est &#233;mouss&#233;. Fran&#231;ois Hollande se garde bien du reste de brandir l'&#233;tendard des trente-cinq heures ! Si vous vous promenez dans les f&#233;d&#233;rations, vous entendez par ailleurs des critiques tr&#232;s vives &#224; l'endroit de la r&#233;duction du temps de travail. La d&#233;fense des Lois Aubry 1 et 2 ne peut permettre au PS de refonder une identit&#233; socialiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lefigaro.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Vers une s&#233;curisation sociale des parcours professionnels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La nouvelle &#233;conomie capitaliste</title>
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		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le krach de l'Internet et d'Enron (2000-2002) n'a eu qu'un pr&#233;c&#233;dent par son impact sur les march&#233;s financiers, la crise de 29, et pourtant il n'a pas les effets d&#233;vastateurs en termes d'activit&#233; et d'emploi de cette m&#234;me crise de 29. Alors que certains observateurs croyaient pouvoir annoncer une contagion &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle et des faillites spectaculaires d'institutions financi&#232;res majeures, il en a rien &#233;t&#233; la croissance est rest&#233;e soutenue et les banques universelles ont affich&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Gouvernement-des-entreprises-+.html" rel="tag"&gt;Gouvernement des entreprises&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le krach de l'Internet et d'Enron (2000-2002) n'a eu qu'un pr&#233;c&#233;dent par son impact sur les march&#233;s financiers, la crise de 29, et pourtant il n'a pas les effets d&#233;vastateurs en termes d'activit&#233; et d'emploi de cette m&#234;me crise de 29. Alors que certains observateurs croyaient pouvoir annoncer une contagion &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle et des faillites spectaculaires d'institutions financi&#232;res majeures, il en a rien &#233;t&#233; la croissance est rest&#233;e soutenue et les banques universelles ont affich&#233; des r&#233;sultats &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois candidats th&#233;oriques s'offrent pour expliquer cette r&#233;silence d'un syst&#232;me qui subit depuis 1996 des chocs &#224; r&#233;p&#233;tition sans plier : la qualit&#233; des politiques macro&#233;conomiques men&#233;es, la mondialisation et la nouvelle r&#233;volution industrielle. La th&#232;se que nous voudrions avancer ici est qu'il y a bien eu av&#232;nement d'une nouvelle &#233;conomie au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es et m&#234;me d'un nouveau capitalisme dont la caract&#233;ristique commune r&#233;side dans le r&#244;le central de la finance de march&#233;. La gestion macro&#233;conomique par Alan Greenspan a certes &#233;t&#233; remarquable mais c'est la capacit&#233; &#224; piloter le cycle par la politique mon&#233;taire qui l'est davantage. Or au c&#339;ur de cette action, il y a le dialogue avec les march&#233;s financiers comme l'a bien montr&#233; Anton Brender. L'intervention de la banque centrale am&#233;ricaine a contribu&#233; &#224; amortir les effets de la crise. Les m&#233;nages ont emprunt&#233;, engendrant une flamb&#233;e immobili&#232;re ; gr&#226;ce aux outils de mon&#233;tisation des actifs immobiliers, la consommation a permis la reprise de l'activit&#233;, et le retour des investissements : les effets de la crise ont &#233;t&#233; limit&#233;s. Dans la mesure o&#249; le risque n'&#233;tait pas port&#233; par les banques, mais qu'il &#233;tait dilu&#233;, pulv&#233;ris&#233; en fines particules sur l'ensemble de la population, les effets des krachs financiers sur l'&#233;conomie dans son ensemble ont &#233;t&#233; mineurs. La finance de march&#233; a jou&#233; un r&#244;le tout aussi d&#233;cisif dans la rapidit&#233; du red&#233;ploiement des grands groupes industriels et financiers. Depuis 20 ans, on assiste au recul inexorable du &#171; stakeholer capitaism&#034; au profit d'un &#034;shareholder capitalism &#187; de plus en plus d&#233;complex&#233;. Or la logique de cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire a contribu&#233; &#224; financiariser la strat&#233;gie des firmes. Comment comprendre les tendances lourdes actuelles au recentrage (refocussing), &#224; l'externalisation (outsourcing) et &#224; la d&#233;localisation (offshoring) sans int&#233;grer la dimension financi&#232;re. Certes la mondialisation et la r&#233;volution des technologies de l'information cr&#233;ent des opportunit&#233;s pour la croissance et le red&#233;ploiement des grands groupes. Mais &#224; la base de ces strat&#233;gies il y a la pression grandissante que subissent les entreprises c&#244;t&#233;es pour tirer le meilleur profit du capital mobilis&#233;. C'est parce que les op&#233;rateurs des march&#233;s financiers pr&#233;f&#232;rent faire eux m&#234;mes les choix d'allocation d'actifs qu'ils refusent &#224; l'entreprise de se comporter en conglom&#233;rat et l'incitent &#224; se recentrer sur son c&#339;ur de m&#233;tier et &#224; se mondialiser. C'est parce que l'entreprise applique cette logique &#224; son portefeuille d'activit&#233;s qu'elle en vient progressivement &#224; l'appliquer aussi &#224; sa cha&#238;ne de valeur et qu'elle finit pas d&#233;cider ce qu'elle entend ma&#238;triser dans ses diff&#233;rents process et ce qu'elle peut externaliser, am&#233;liorant ainsi le rendement du capital employ&#233;. Enfin la derni&#232;re &#233;tape pour une entreprise confort&#233;e dans son c&#339;ur de m&#233;tier consiste &#224; s'interroger sur la meilleure localisation sur la surface de la plan&#232;te de chaque segment d'activit&#233;. Aucun de ses d&#233;veloppements n'aurait &#233;t&#233; possible si la mondialisation n'avait unifi&#233; les march&#233;s et si les technologies de l'information n'avaient permis de g&#233;rer cette entreprise &#233;clat&#233;e et recombin&#233;e autour d'un r&#233;seau g&#233;rant simultan&#233;ment des flux de donn&#233;es de biens et des flux financiers. La finance de march&#233; n'a pas seulement p&#233;n&#233;tr&#233; l'entreprise, red&#233;fini les modes de consommation, fourni un relais d&#233;cisif pour la r&#233;gulation macro&#233;conomique, elle est aussi devenue centrale dans la gestion des retraites, dans les finances locales, dans la dynamique des march&#233;s immobiliers. A titre d'exemple, un instrument financier permet aux m&#233;nages am&#233;ricains de s'endetter sur l'appr&#233;ciation de leurs actifs immobiliers, ainsi ils peuvent continuer &#224; consommer m&#234;me en situation de stagnation &#233;conomique et de faible &#233;pargne gr&#226;ce &#224; cette mon&#233;tisation partielle de leurs actifs immobiliers. Ce ph&#233;nom&#232;ne de mon&#233;tisation des actifs permet de comprendre la dynamique m&#234;me de la consommation aux Etats-Unis. La finance est devenue la poutre ma&#238;tresse de cette &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#224; la diff&#233;rence du Japon ou de l'Allemagne, la crise financi&#232;re n'a pas atteint les banques, n'a pas produit de &#171; credit crunch &#187;, c'est bien s&#251;r &#224; cause du d&#233;veloppement financier am&#233;ricain et de la dissociation progressive des logiques d'octroi et de gestion de cr&#233;dit d'un c&#244;t&#233;, d'&#233;valuation et de gestion du risque de l'autre. La naissance d'une industrie du risque capable d'inventer des produits pour des preneurs et des vendeurs de risques, capable aussi de les manufacturer en tranches de toxicit&#233; diff&#233;rente et capables surtout de les diss&#233;miner largement pour &#233;viter que des crises ponctuelles ne se transforment en crises syst&#233;miques, a &#233;t&#233; une des grandes innovations de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance de march&#233; que chacun se plait &#224; d&#233;crier, souvent &#224; juste titre, est donc au c&#339;ur des transformations les plus d&#233;cisives du capitalisme contemporain. A partir de l&#224; deux questions majeures se posent. La premi&#232;re a trait &#224; l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne d&#233;crit, s'agit-il d'un d&#233;veloppement am&#233;ricain sp&#233;cifique ou d'un ph&#233;nom&#232;ne plus fondamental. La deuxi&#232;me a trait &#224; la r&#233;gulation d'un tel syst&#232;me. Les crises Enron / Worldcom ont montr&#233; les d&#233;faillances majeures d'un syst&#232;me de fraude qui a r&#233;v&#233;l&#233; la faiblesse des &#171; gardiens &#187;. Qui gardera les gardiens dans le n&#233;o-capitalisme financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(b)La dynamique de financiarisation &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se limite &#224; la seule dynamique du capital, deux &#233;volutions majeures sont intervenues au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es : la r&#233;volution des droits de propri&#233;t&#233; et la d&#233;sinterm&#233;diation du financement des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour des droits de propri&#233;t&#233; a pris une forme visible avec la conversion des entreprises au discours et &#224; la pratique de la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire. Souvenons nous il y a simplement une vingtaine d'ann&#233;es on parlait encore de pouvoir de la technostructure, d'entreprises qui conciliaient int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, des actionnaires et des consommateurs, le capitalisme des &#171; parties prenantes &#187; dominait partout ; on parlait m&#234;me d'entreprises citoyennes. Le credo a radicalement chang&#233; dans les ann&#233;es 90 : l'entreprise a &#233;t&#233; somm&#233;e de ne poursuivre qu'une ambition : maximiser la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire et ses dirigeants ne devaient plus ob&#233;ir qu'&#224; un ma&#238;tre : l'actionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me grande transformation du capitalisme est la d&#233;sinterm&#233;diation du financement de l'&#233;conomie, ou, autrement dit, la financiarisation de l'&#233;conomie. L'ouvrage de Michel Albert, Capitalisme contre capitalisme, opposait le capitalisme interm&#233;di&#233; rh&#233;nan, caract&#233;ris&#233; par le contrat social institutionnalis&#233; et le financement par les hausbank au mod&#232;le am&#233;ricain du capitalisme financier, marqu&#233; par le contrat d'entreprise et la finance de march&#233;. Les capitalismes fran&#231;ais et allemand ont longtemps &#233;t&#233; des capitalismes interm&#233;di&#233;s. En Allemagne, les banques, l'Etat, les partenaires sociaux &#233;taient tous partis prenantes du contrat social. Le capital &#233;tait limit&#233; par le compromis social ; les d&#233;tenteurs ultimes du capital n'&#233;taient pas ceux qui exer&#231;aient le pouvoir du capital. Les banques pr&#234;taient aux entreprises, elles collectaient les droits de vote des actionnaires, elles si&#233;geaient dans les conseils et garantissaient ainsi les strat&#233;gies industrielles de long terme. Dans le mod&#232;le fran&#231;ais traditionnel, l'Etat jouait un r&#244;le majeur dans la r&#233;gulation &#233;conomique, dans l'&#233;laboration du contrat social, et dans l'articulation capital/pouvoir. A l'inverse, le mod&#232;le am&#233;ricain &#233;tait celui du capitalisme de march&#233; financier. Dans ce mod&#232;le, les entreprises se financent directement sur le march&#233;, en faisant appel &#224; l'&#233;pargne des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande &#233;volution des 20 derni&#232;res ann&#233;es r&#233;side dans le recul du capitalisme interm&#233;di&#233;. En France, ce recul se manifeste par le retrait de l'Etat avec les privatisations. En Allemagne, il s'exprime par le retrait des grandes banques allemandes et de leur r&#244;le de t&#234;te de r&#233;seaux des entreprises. De plus en plus d'entreprises, mais aussi de m&#233;nages ont recours au march&#233; financier. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, dans la conception ant&#233;rieure de l'entreprise, l'entreprise &#233;tait une instance d'arbitrage qui conciliait des int&#233;r&#234;ts divergents : les int&#233;r&#234;ts du consommateur &#224; travers la baisse de prix, les int&#233;r&#234;ts des actionnaires &#224; travers les dividendes, et les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s &#224; travers la redistribution de la richesse cr&#233;&#233;e. A cet &#233;gard, le management de l'entreprise - d&#233;crit notamment par Galbraith - reposait sur le mod&#232;le du stakeholders, mod&#232;le de conciliation d'int&#233;r&#234;ts divergents. Aujourd'hui, la logique dominante est celle du shareholders avec comme objectif la maximisation de la valeur pour l'actionnaire. Le d&#233;fi pour ce nouveau capitalisme est par cons&#233;quent de faire co&#239;ncider, d'aligner les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s sur les int&#233;r&#234;ts des actionnaires. Les stock-options, la distribution gratuite d'actions sont les principales r&#233;ponses mises en place par le nouveau management salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution s'accompagne du d&#233;veloppement d'une puissante industrie financi&#232;re, charg&#233;e d'analyser, de placer, d'assurer, de noter, de g&#233;rer le capital et son &#233;volution. Ces r&#244;les &#233;taient autrefois occup&#233;s par l'Etat, ou les grandes banques, acteurs centraux de l'octroi de cr&#233;dit. Dor&#233;navant, l'analyse du risque est op&#233;r&#233;e par cette nouvelle industrie : la r&#233;f&#233;rence n'est plus le cr&#233;dit, mais le capital action, l'equity. L'action, la fraction de capital, par d&#233;finition n'est pas interm&#233;di&#233;e. L'&#233;pargnant souscrit au capital d'une entreprise via une Sicav, un fonds de pension, qui n'a qu'un mandat de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re conclusion s'impose &#224; ce stade : sous les effets combin&#233;s de la mondialisation et de la financiarisation, les vari&#233;t&#233;s nationales de capitalisme sont en train de converger &#224; l'&#233;tage du capital tout en divergeant &#224; l'&#233;tage de la r&#233;gulation et du social. Cette &#233;volution nourrit en retour un d&#233;bat sur l'&#233;ventuelle contagion du nouvel ordre capitaliste sur l'ensemble des dimensions des r&#233;gimes &#233;conomiques et sociaux nationaux. Fritz Scharpf, le th&#233;oricien de la social-d&#233;mocratie allemande pense que la contagion n'est qu'affaire e temps. Robert Boyer, &#224; l'inverse, continue &#224; plaider pour le maintien de la diversit&#233; des vari&#233;t&#233;s capitalistes nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette convergence &#224; l'&#233;tage capitaliste de r&#233;gimes &#233;conomiques qui restent diversifi&#233;s est port&#233;e par une double dynamique d'innovation financi&#232;re et de r&#233;gulation. L'explosion actuelle de la titrisation, de la finance structur&#233;e, des produits d&#233;riv&#233;s sont autant d'expressions de cette dynamique d'innovation financi&#232;re. La croissance parall&#232;le des r&#233;gulations financi&#232;res, l'affirmation de l'autorit&#233; de la SEC, et par dessus tout la naissance d'une industrie du risque avec ses agences de notation, ses analystes, ses gestionnaires de fonds pouvaient laisser penser qu'un contr&#244;le &#224; la mesure des risques pris s'exer&#231;ait. Or les affaires Enron/Worldcom ne nous ont pas seulement confirm&#233; que la fraude massive pouvait prosp&#233;rer malgr&#233; les probl&#232;mes de r&#233;putation, la sanction du march&#233;, les contr&#244;les des r&#233;gulateurs, elles nous ont surtout r&#233;v&#233;l&#233; que la r&#233;gulation &#233;tait toujours en retard d'une innovation et que les int&#233;r&#234;ts constitu&#233;s de l'industrie financi&#232;re usaient de toutes les techniques disponibles dans une d&#233;mocratie repr&#233;sentative pour retarder l'ajustement de la r&#233;gulation aux nouvelles technologies financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les affaires Enron/Worldcom ont aussi produit un double effet de grande port&#233;e. D'une part l'id&#233;ologie de l'autor&#233;gulation par les professionnels et de l'automaticit&#233; de la sanction des march&#233;s a recul&#233;. Ce que Stiglitz nomme l'int&#233;grisme de march&#233; a connu sa d&#233;b&#226;cle avec l'&#233;clatement de la bulle et les scandales qui ont suivi. Ce sont les lobbystes des march&#233;s qui au Congr&#232;s ont &#233;t&#233; contraints de passer la Loi Sarbanes Oxley qui multiplie et raffine les contr&#244;les tout en aggravant les sanctions l&#233;gales. D'autre part la faillite provisoire de la SEC au lendemain du krach a imm&#233;diatement suscit&#233; le bourgeonnement d'autres instances de r&#233;gulation au niveau des etats. L'action d'un Eliot Spitzer a New York en fournit la preuve. La r&#233;gulation sans les contre pouvoirs d'une d&#233;mocratie repr&#233;sentative n'est rien. Le nouvel &#226;ge de la r&#233;gulation du capitalisme de march&#233;s financiers l'illustre avec &#233;clat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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