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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>C dans l'air : Vous avez dit r&#233;cession ?</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Vous-avez-dit-recession.html</link>
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		<dc:date>2008-10-28T14:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique int&#233;rieure</dc:subject>
		<dc:subject>FMI</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; les plans de relance, les baisses de taux d'int&#233;r&#234;t ou appels au calme des grands argentiers, les valeurs continuent &#224; faire le yo-yo sur les march&#233;s boursiers. Sur fond de crainte de r&#233;cession mondiale, nombre d'entreprises annoncent des suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-Television-.html" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=1003&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o sur le site de France 5 pendant une semaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les plans de relance, les baisses de taux d'int&#233;r&#234;t ou appels au calme des grands argentiers, les valeurs continuent &#224; faire le yo-yo sur les march&#233;s boursiers. Sur fond de crainte de r&#233;cession mondiale, nombre d'entreprises annoncent des suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entra&#238;n&#233;s par la chute de la Bourse de Tokyo, au plus bas depuis vingt-six ans, les march&#233;s europ&#233;ens ont une nouvelle fois d&#233;but&#233; la semaine sur de fortes baisses, avant de r&#233;duire leurs pertes &#224; la cl&#244;ture et de rebondir &#224; l'ouverture le lendemain. A Paris, les s&#233;ances erratiques se suivent et les valeurs passent du rouge au vert, au gr&#232;s des investisseurs pris entre la qu&#234;te des &#034;bonnes affaires&#034; et la crainte d'une crise &#233;conomique mondiale. O&#249; cette spirale boursi&#232;re am&#232;nera-t-elle l'&#233;conomie r&#233;elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front de l'&#233;conomie les mauvaises nouvelles s'accumulent, notamment dans le secteur automobile. Confront&#233; &#224; une baisse des ventes, le constructeur Renault a d&#233;cid&#233; de r&#233;duire de 20 % sa production au quatri&#232;me trimestre 2008 en Europe et mis &#224; l'arr&#234;t quinze de ses sites de production pendant une &#224; deux semaines en France ainsi que quelques jours dans certains sites &#224; l'&#233;tranger. Du c&#244;t&#233; de Peugeot, la situation est identique. Le constructeur, qui a fait &#233;tat d'un chiffre d'affaires trimestrielle en baisse de 5,2 %, &#224; 13,3 milliards d'euros vendredi 24 octobre, a d&#233;cid&#233; l'application de mesures de ch&#244;mage partiel sur la quasi-totalit&#233; de ses sites de production d'ici d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, pour les hauts fourneaux du g&#233;ant mondial de l'acier ArcelorMittal, qui vont &#234;tre temporairement mis &#224; l'arr&#234;t dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, la Belgique et l'Allemagne. Ou bien encore dans le secteur du transport a&#233;rien, qui conna&#238;t pour la premi&#232;re fois depuis cinq ans un d&#233;clin du trafic passagers international. Air France-KLM a ainsi annonc&#233; un nouveau plan d'&#233;conomies de 700 &#224; 800 millions d'euros &#224; l'horizon 2011-2012 et envisage des r&#233;ductions d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, anticipant l'annonce officielle, jeudi 30 octobre, des chiffres du ch&#244;mage pour le mois de septembre, Nicolas Sarkozy, en d&#233;placement &#224; Rethel, dans les Ardennes, a pr&#233;sent&#233; son plan de &#034;mobilisation pour l'emploi&#034;, &#034;troisi&#232;me &#233;tape&#034; de sa strat&#233;gie face &#224; la crise, apr&#232;s les plans de soutien au secteur bancaire puis &#224; l'investissement des entreprises d&#233;voil&#233;s ces derni&#232;res semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmant sa volont&#233; de &#034;dynamiser&#034; et &#034;r&#233;former&#034; la formation continue, le chef de l'Etat a demand&#233; &#224; rencontrer les partenaires sociaux sur le sujet dans les prochaines semaines. Il a par ailleurs annonc&#233; la cr&#233;ation de 100 000 emplois aid&#233;s suppl&#233;mentaires dans le secteur non marchand, en plus des 230 000 d&#233;j&#224; annonc&#233;s dans le projet de budget 2009, sugg&#233;r&#233; l'assouplissement du recours au CDD pour les PME et plaid&#233; pour la g&#233;n&#233;ralisation du contrat de transition professionnelle dans les bassins d'emploi les plus touch&#233;s par les restructurations. Enfin, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a demand&#233; aux parlementaires de se saisir &#034;maintenant&#034; et &#034;sans tabou&#034; d'une proposition de loi &#034;qui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e&#034; sur le travail dominical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces annonces interviennent au moment o&#249; la France se rapproche de la barre des 2 millions de ch&#244;meurs, un seuil qui pourrait &#234;tre franchi avant la fin de l'ann&#233;e avec le ralentissement brutal en cours de l'&#233;conomie, et o&#249; l'indicateur mesurant le moral m&#233;nages renoue avec son niveau de juillet, le plus bas jamais atteint depuis la cr&#233;ation de l'enqu&#234;te, en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;s&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Pierre Gaillard
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Marc Daniel
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Brice Teinturier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/c-dans-l-air/" class="spip_out"&gt;C dans l'air&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pendant la crise financi&#232;re Sarkozy fait (toujours) de la politique...</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Pendant-la-crise-financiere-Sarkozy-fait-toujours-de-la-politique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/Pendant-la-crise-financiere-Sarkozy-fait-toujours-de-la-politique.html</guid>
		<dc:date>2008-10-27T11:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Politique int&#233;rieure</dc:subject>
		<dc:subject>FMI</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gulation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est une affaire entendue : cette crise met un terme &#224; 25 ans de domination absolue du march&#233; sur la politique, de la d&#233;r&#233;glementation sur la r&#233;gulation, de la cupidit&#233; des financiers sur l'esprit du capitalisme entrepreneurial. Pour une opinion publique en prise avec le ch&#244;mage, l'&#233;rosion du pouvoir d'achat et la peur de l'avenir, le spectacle de dirigeants faillis grassement r&#233;mun&#233;r&#233;s ne peut que nourrir un anti-capitalisme atavique que Nicolas Sarkozy a r&#233;ussi &#224; capter parfaitement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Regulation-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;gulation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une affaire entendue : cette crise met un terme &#224; 25 ans de domination absolue du march&#233; sur la politique, de la d&#233;r&#233;glementation sur la r&#233;gulation, de la cupidit&#233; des financiers sur l'esprit du capitalisme entrepreneurial. Pour une opinion publique en prise avec le ch&#244;mage, l'&#233;rosion du pouvoir d'achat et la peur de l'avenir, le spectacle de dirigeants faillis grassement r&#233;mun&#233;r&#233;s ne peut que nourrir un anti-capitalisme atavique que Nicolas Sarkozy a r&#233;ussi &#224; capter parfaitement, quitte &#224; asphyxier un petit peu plus le PS. C'est une affaire entendue, sauf que dans le monde r&#233;el, les faits observ&#233;s correspondent rarement aux id&#233;es re&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la suite, rendez-vous sur Telos en cliquant &lt;a href=&#034;http://www.telos-eu.com/fr/article/pendant_la_crise_financiere_sarkozy_fait_toujour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telos-eu.com/" class="spip_out"&gt;Telos&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C dans l'air : 360 milliards... et &#231;a repart !</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-360-milliards-et-ca-repart.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-360-milliards-et-ca-repart.html</guid>
		<dc:date>2008-10-13T12:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gulation financi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>FMI</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A Paris, les pays de la zone euro ont adopt&#233;, hier, un plan comprenant la garantie des pr&#234;ts interbancaires et la possible recapitalisation des banques. Ce lundi, &#224; l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, le chef de l'Etat chiffrera les mesures pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le plan Paulson aux Etats-Unis et le catalogue de mesures concoct&#233; par les membres de l'Eurogroupe, les principaux pays de la zone euro - dont la France, l'Allemagne et l'Italie - ont d&#233;voil&#233;, lundi 13 octobre 2008, leurs plans chiffr&#233;s de soutien au secteur bancaire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=992&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o pendant une semaine sur le site de France 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, les pays de la zone euro ont adopt&#233;, hier, un plan comprenant la garantie des pr&#234;ts interbancaires et la possible recapitalisation des banques. Ce lundi, &#224; l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, le chef de l'Etat chiffrera les mesures pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le plan Paulson aux Etats-Unis et le catalogue de mesures concoct&#233; par les membres de l'Eurogroupe, les principaux pays de la zone euro - dont la France, l'Allemagne et l'Italie - ont d&#233;voil&#233;, lundi 13 octobre 2008, leurs plans chiffr&#233;s de soutien au secteur bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sommes colossales qui ont de quoi donner le tournis. 480 milliards d'euros en Allemagne, 636 milliards d'euros en Grande-Bretagne, dont 47 milliards d'euros inject&#233;s dans le capital de trois banques britanniques, et 360 milliards d'euros en France...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan fran&#231;ais, d&#233;voil&#233; par Nicolas Sarkozy &#224; l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, pr&#233;voit notamment la mise en place d'une garantie &#034;payante&#034; des pr&#234;ts interbancaires pouvant aller jusqu'&#224; 320 milliards d'euros ainsi qu'un fonds de 40 milliards d'euros suppl&#233;mentaire afin de recapitaliser des banques qui seraient en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une semaine cauchemardesque, l'action coordonn&#233;e des pays de l'Union europ&#233;enne semble avoir redonn&#233; le sourire aux places financi&#232;res europ&#233;ennes. D&#232;s l'ouverture, les bourses de Londres, Francfort et Paris ont connu un fort rebond. Le CAC 40 a bondi, prenant 11,18 % &#224; la cl&#244;ture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une banque, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, a connu une journ&#233;e mouvement&#233;e. Apr&#232;s avoir affich&#233; une hausse sup&#233;rieure &#224; 6 % dans la matin&#233;e, son titre a brusquement plong&#233;, perdant jusqu'&#224; 15 % &#224; 13 h 15, sur fond de rumeurs de pertes en Russie et d'une recapitalisation massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce, alors que l'ancien trader de ce m&#234;me &#233;tablissement bancaire, J&#233;r&#244;me Kerviel, &#224; qui est imput&#233; la responsabilit&#233; d'une perte de 4,9 milliards d'euros, &#233;tait confront&#233; toute la journ&#233;e, &#224; sa demande, aux commissaires aux comptes de la banque. Selon ses avocats, ceux-ci n'auraient pas pu ignorer les cons&#233;quences des prises de position &#224; risque de leur client, tout comme sa hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(France 5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;s :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marc Touati
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Pierre Gaillard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/c-dans-l-air/" class="spip_out"&gt;C dans l'air&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise : au c&#339;ur de la tourmente</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Crise-au-coeur-de-la-tourmente.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/Crise-au-coeur-de-la-tourmente.html</guid>
		<dc:date>2008-10-12T18:32:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette fois, elle est l&#224;, la crise ! Les bourses subissent des chutes jamais vues, les Etats se ruent au secours des banques... mais m&#234;me les 700 milliards de dollars du plan Paulson paraissent bien faibles face &#224; l'ampleur des faillites. &lt;br class='autobr' /&gt; Voir la vid&#233;o pendant une semaine sur le site de France 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fois, elle est l&#224;, la crise ! Les bourses subissent des chutes jamais vues, les Etats se ruent au secours des banques... mais m&#234;me les 700 milliards de dollars du plan Paulson paraissent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-Television-.html" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette fois, elle est l&#224;, la crise ! Les bourses subissent des chutes jamais vues, les Etats se ruent au secours des banques... mais m&#234;me les 700 milliards de dollars du plan Paulson paraissent bien faibles face &#224; l'ampleur des faillites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/ripostes/video.cfm?file=http://www.france5.fr/images/emissions/009545/6/riposte_20081012.asx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o pendant une semaine sur le site de France 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, elle est l&#224;, la crise ! Les bourses subissent des chutes jamais vues, les Etats se ruent au secours des banques... mais m&#234;me les 700 milliards de dollars du plan Paulson paraissent bien faibles face &#224; l'ampleur des faillites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, &#224; son tour, est &#233;branl&#233;e par le &#034;tsunami financier&#034; : plusieurs secteurs licencient, d'autres ressentent d&#233;j&#224; une baisse de la consommation, et le FMI pr&#233;dit une croissance maigrichonne pour l'Hexagone en 2008 : 0,8 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#233;conomistes et politiciens y vont de leurs propositions : d'un emprunt d'Etat &#224; une amnistie fiscale pour les &#233;vad&#233;s de l'imp&#244;t, de mesures ponctuelles &#224; un vaste New Deal &#224; la fran&#231;aise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224; : il para&#238;t que les caisses de l'Etat sont vides. Et l'Europe, elle, a bien du mal &#224; jouer collectif. Alors quelles protections, quelles solutions face &#224; la crise ? Comment redonner confiance aux acteurs &#233;conomiques et endiguer la spirale infernale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(France 5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;s :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dominique de Villepin
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Beno&#238;t Hamon
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Luc Chatel
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean Peyrelevade
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ghislaine Ottenheimer
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/ripostes/" class="spip_out"&gt;Ripostes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C dans l'air : Crise, gare &#224; la panique !</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Crise-gare-a-la-panique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Crise-gare-a-la-panique.html</guid>
		<dc:date>2008-09-26T07:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avis de temp&#234;te sur l'&#233;conomie hexagonale. Pour sa premi&#232;re intervention en France depuis le d&#233;but de la tourmente financi&#232;re, le chef de l'Etat a reconnu l'importance de la crise et annoncer des lendemains qui d&#233;chantent pour la croissance, le ch&#244;mage et le pouvoir d'achat.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-Television-.html" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=980&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o sur le site de France 5 pendant une semaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avis de temp&#234;te sur l'&#233;conomie hexagonale. Pour sa premi&#232;re intervention en France depuis le d&#233;but de la tourmente financi&#232;re, le chef de l'Etat a reconnu l'importance de la crise et annoncer des lendemains qui d&#233;chantent pour la croissance, le ch&#244;mage et le pouvoir d'achat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la temp&#234;te financi&#232;re continue &#224; balayer la plan&#232;te et que la croissance pique du nez, Nicolas Sarkozy a reconnu, jeudi 25 septembre 2008, &#224; Toulon, la gravit&#233; d'une crise qui suscite &#034;la peur&#034; chez les Fran&#231;ais. Crainte d'autant plus fond&#233;e que, selon lui, celle-ci &#034;aura des cons&#233;quences dans les mois qui viennent sur la croissance, le ch&#244;mage et le pouvoir d'achat&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant un parterre de 4 000 personnes - &#233;lus, responsables socio-&#233;conomiques et militants UMP - et une partie de son gouvernement, le chef de l'Etat a longuement d&#233;taill&#233; son diagnostic d'une situation caus&#233;e par un &#034;capitalisme perverti&#034; et s'est prononc&#233;, comme il l'avait fait &#224; New York, pour une &#034;remise &#224; plat&#034; du syst&#232;me financier faisant r&#233;f&#233;rence &#034;&#224; Bretton Woods&#034; (syst&#232;me mon&#233;taire fixe et international).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, comme en &#233;cho &#224; l'interventionnisme soudain de l'administration Bush, qui souhaite mettre &#224; contribution les finances de l'Etat pour venir en aide aux &#233;tablissements financiers, Nicolas Sarkozy a promis que la France garantira &#034;la s&#233;curit&#233; et la continuit&#233; du syst&#232;me bancaire&#034; de l'Hexagone. Il s'est par la suite engag&#233; &#224; aider les PME en cas de rar&#233;faction du cr&#233;dit et &#224; prendre des &#034; mesures fortes&#034; pour soutenir les programmes immobiliers en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecartant l'id&#233;e de conduire &#034;toute politique d'aust&#233;rit&#233;&#034;, car elle &#034;aggraverait la r&#233;cession&#034;, Nicolas Sarkozy a admis qu'il serait contraint de temporiser. Fini le temps des promesses du candidat qui voulait &#234;tre le pr&#233;sident du pouvoir d'achat, qui entendait aller chercher &#034;avec les dents&#034; le point de croissance qui manquait au pays et atteindre le plein-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure n'est plus &#224; l'optimisme au sein du gouvernement. Laurent Wauquiez, secr&#233;taire d'Etat &#224; l'Emploi, a en effet indiqu&#233;, vendredi 26 septembre, au micro de RMC que les chiffres du ch&#244;mage (pour ao&#251;t) seraient tr&#232;s mauvais, et ce &#034;beaucoup plus qu'avant&#034;. Il a ainsi confirm&#233; les rumeurs qui faisaient &#233;tat d'une s&#233;v&#232;re augmentation du nombre de ch&#244;meurs en ao&#251;t, validant la fourchette de &#034;30 000 &#224; 40 000&#034; demandeurs d'emplois suppl&#233;mentaires, &#233;voqu&#233;e par la presse. Du jamais vu depuis mars 1993, ann&#233;e o&#249; l'&#233;conomie fran&#231;aise &#233;tait entr&#233;e en r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Christophe Barbier
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Maryse Dumas
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nicolas Tenzer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=accueil" class="spip_out"&gt;C dans l'air&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arte : Bulles, Krachs et Rebonds</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Arte-Bulles-Krachs-et-Rebonds.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/Arte-Bulles-Krachs-et-Rebonds.html</guid>
		<dc:date>2008-07-01T10:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;gulateurs du march&#233; sont parvenus &#224; limiter les cons&#233;quences des grandes crises &#233;conomiques. Et si celle que nous traversons &#233;tait plus s&#233;rieuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; Regarder le documentaire de &#201;lie Cohen et Michel Kaptur diffus&#233; le 1er juillet sur Arte : &lt;br class='autobr' /&gt;
Crise asiatique, faillite du hegde fund LTCM, &#233;clatement de la bulle Internet, faillite d'Enron et enfin crise des subprimes : cinq crises de dur&#233;e et d'intensit&#233; variables, mais cinq crises &#233;conomiques majeures en dix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-Television-.html" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Finance-mondiale-+.html" rel="tag"&gt;Finance mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;gulateurs du march&#233; sont parvenus &#224; limiter les cons&#233;quences des grandes crises &#233;conomiques. Et si celle que nous traversons &#233;tait plus s&#233;rieuse ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Regarder le documentaire de &#201;lie Cohen et Michel Kaptur diffus&#233; le 1er juillet sur Arte :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;embed id=&#034;VideoPlayback&#034; src=&#034;http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=861421859821777094&amp;hl=fr&amp;fs=true&#034; style=&#034;width:400px;height:326px&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034;&gt; &lt;/embed&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Crise asiatique, faillite du hegde fund LTCM, &#233;clatement de la bulle Internet, faillite d'Enron et enfin crise des subprimes : cinq crises de dur&#233;e et d'intensit&#233; variables, mais cinq crises &#233;conomiques majeures en dix ans. Chaque fois, le syst&#232;me financier mondial a &#233;t&#233; mis en p&#233;ril, chaque fois une explication sp&#233;cifique a &#233;t&#233; avanc&#233;e, chaque fois le spectre de la crise de 1929 a hant&#233; les commentateurs, chaque fois un sauvetage des acteurs d&#233;faillants a &#233;t&#233; organis&#233; et chaque fois l'&#233;conomie a rebondi. &#192; tel point qu'on en vient &#224; se demander si l'&#233;conomie mondiale n'est pas devenue incroyablement r&#233;sistante et si, &#224; la diff&#233;rence de 1929, nos gouvernants et nos r&#233;gulateurs n'ont pas trouv&#233; les moyens de juguler les crises. Mais avec la crise des subprimes, les rem&#232;des traditionnels ne semblent plus fonctionner. Cette crise, aboutissement de d&#233;r&#232;glements majeurs, serait-elle la plus s&#233;rieuse ? Ma&#238;trise-t-on r&#233;ellement l'art de la gestion des crises ou sommes-nous en train de nous rapprocher, crise apr&#232;s crise, de la remise en cause de tout le syst&#232;me ? Une question majeure que ce film explore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(France, 52mn)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ARTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;alisateur : Michel Kaptur
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auteur : Elie Cohen
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Producteur : Cineteve&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=908367,day=4,week=27,year=2008.html" class="spip_out"&gt;Arte&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du grain &#224; moudre : Les dix Ans d'ATTAC</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Du-grain-a-moudre-Les-dix-Ans-d-ATTAC.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/Du-grain-a-moudre-Les-dix-Ans-d-ATTAC.html</guid>
		<dc:date>2008-06-07T18:29:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Commerce mondial</dc:subject>
		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du grain &#224; moudre, une &#233;mission de France Culture, produite par Brice Couturier et Julie Clarini. L'&#233;mission consacr&#233;e aux dix ans d'ATTAC a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en partenariat avec Le Nouvel Observateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Invit&#233;s : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Susan George. Politologue. Ancienne vice-pr&#233;sidente et membre du conseil scientifique d'ATTAC. Auteur de La pens&#233;e encha&#238;n&#233;e : comment les droites la&#239;que et religieuse se sont empar&#233;es de l'Am&#233;rique, Fayard, 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Elie Cohen. Economiste.Professeur &#224; Sciences Po. Membre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/-Radio-.html" rel="directory"&gt;Radio&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Altermondialisme-+.html" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du grain &#224; moudre&lt;/i&gt;, une &#233;mission de France Culture, produite par Brice Couturier et Julie Clarini. L'&#233;mission consacr&#233;e aux dix ans d'ATTAC a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en partenariat avec &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_74 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-74 &#034; data-id=&#034;c01a5b69cf4b8411779cb9ecbf2fdf00&#034; src=&#034;IMG/mp3/DU-GRAIN-A-MOUDRE-05.06.2008.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;charger le mp3
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript213646195569e767f35ffd07.73605488&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyOTYxOTY3JyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI5NjE5NjcnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Susan George. Politologue. Ancienne vice-pr&#233;sidente et membre du conseil scientifique d'ATTAC. Auteur de &lt;i&gt;La pens&#233;e encha&#238;n&#233;e&lt;/i&gt; : comment les droites la&#239;que et religieuse se sont empar&#233;es de l'Am&#233;rique, Fayard, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen. Economiste.Professeur &#224; Sciences Po. Membre du Conseil d'Analyse Economique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/presentation.php" class="spip_out"&gt;Du grain &#224; moudre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'argent : en avoir ou pas - Le capitalisme est-il le diable ?</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://www.elie-cohen.eu/L-argent-en-avoir-ou-pas-Le-capitalisme-est-il-le-diable.html</guid>
		<dc:date>2008-03-25T15:04:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les rendez-vous de l'Histoire, Blois 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Acheter ce livre &lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme est-il le diable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;bat organis&#233; par la Revue l'histoire. M&#233;diateur Laurent Theiss &lt;br class='autobr' /&gt;
Laurent Theiss : Par cet intitul&#233; nous n'entendons faire les uns et les autres ni th&#233;ologie, ni d&#233;monologie qui conduit &#224; br&#251;ler les sorciers. En outre le diable lui-m&#234;me se d&#233;cline car si Satan est assur&#233;ment le diable, le diable n'est pas forc&#233;ment Satan. A c&#244;t&#233; d'un mauvais diable, peuvent exister de bons diables. Mais on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L100xH150/arton295-8bfba.jpg?1634886483' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les rendez-vous de l'Histoire, Blois 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.amazon.fr/LArgent-avoir-Rendez-vous-lHistoire-Blois/dp/2847290699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acheter ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le capitalisme est-il le diable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bat organis&#233; par la Revue l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;diateur Laurent Theiss&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss&lt;/strong&gt; : Par cet intitul&#233; nous n'entendons faire les uns et les autres ni th&#233;ologie, ni d&#233;monologie qui conduit &#224; br&#251;ler les sorciers. En outre le diable lui-m&#234;me se d&#233;cline car si Satan est assur&#233;ment le diable, le diable n'est pas forc&#233;ment Satan. A c&#244;t&#233; d'un mauvais diable, peuvent exister de bons diables. Mais on dit parfois qu'il existe de bons petits diables. Reste n&#233;anmoins que dans notre soci&#233;t&#233; et particuli&#232;rement en France, &#171; A bas le capitalisme &#187; a rencontr&#233; davantage d'&#233;chos que &#171; vive le capitalisme &#187;. Peu de gens d&#233;clarent librement et ouvertement &#171; je suis capitaliste &#187; comme nagu&#232;re et encore maintenant d'autres disaient &#171; je suis collectiviste &#187;. Bourse, march&#233;, profit, actionnaire, dividende, fonds de pension, sont des mots qui n'ont pas toujours bonne presse notamment dans la presse d'information g&#233;n&#233;rale. Cela n'emp&#234;che pas l'&#233;conomie de faire son chemin mais la r&#233;sistance des esprits et des comportements fait question et c'est m&#234;me pour une part je crois l'objet de notre discussion. C'est pourquoi me semble-t-il il importe d'abord de poser une d&#233;finition de ce qui figure dans l'intitul&#233; sous le nom de capitalisme ; ensuite d'&#233;clairer cette d&#233;finition par l'histoire et enfin de dire et de voir ce qu'il en est aujourd'hui des bienfaits et des m&#233;faits r&#233;els u suppos&#233; de ce qu'on continue d'appeler le capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en parler sont r&#233;unis ici Denis Clerc, fondateur, ancien directeur et aujourd'hui conseiller du mensuel Alternatives &#233;conomiques. Il est aussi l'auteur r&#233;cemment entre autre de D&#233;chiffrer l'&#233;conomie ; Jean Heffer directeur d'&#233;tudes honoraire &#224; l'&#233;cole des Hautes &#233;tudes en science sociale, sp&#233;cialiste des Etats-Unis, auteur d&#232;s 1976 de La grande d&#233;pression : Les Etats-Unis en crise 1929-1933, texte r&#233;&#233;dit&#233; sous toutes sortes de forme notamment aujourd'hui dans la collection folio chez Gallimard et de Les Etats-Unis et le pacifique : histoire d'une fronti&#232;re. Jacques Marseille, professeur d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233; Paris I, membre du Conseil scientifique des Rendez-vous de l'Histoire de Blois dont la th&#232;se publi&#233;e en 1984 est r&#233;&#233;dit&#233;e avec enrichissement en 2005 intitul&#233;e Empire colonial et capitalisme fran&#231;ais : Histoire d'un divorce &#224; fait quelques bruits. Cette ann&#233;e il a fait para&#238;tre Du bon usage de la guerre civile en France et enfin Eli&#233; Cohen, &#233;conomiste, directeur de recherches au CNRS, professeur &#224; l'institut d'&#233;tudes politiques &#224; Paris et auteur parmi d'autres ouvrages de Le nouvel &#226;ge du capitalisme en 2005 chez Fayard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait proposer deux d&#233;finitions du capitalisme, une large et une autre &#233;troite. La premi&#232;re, plus large est &#171; le capitalisme est le syst&#232;me de la libre entreprise et de l'&#233;conomie de march&#233; &#187; ; la deuxi&#232;me, plus &#233;troite emprunt&#233;e &#224; Anton Brender est &#171; R&#233;gime &#233;conomique dans lequel le moteur de l'activit&#233; est la recherche du profit le plus &#233;lev&#233; possible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Marseille, ces d&#233;finitions vous satisfont-elles &#224; supposer que vous reteniez m&#234;me le mot de capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Marseille :&lt;/strong&gt; Je ne choisirai aucune des deux m&#234;me si elles paraissent tr&#232;s simples. L'histoire des mots est elle-m&#234;me int&#233;ressante. Je me suis r&#233;f&#233;r&#233; au dictionnaire de la langue fran&#231;aise d'Alain Rey pour savoir &#224; quelle date le mot capitalisme appara&#238;t dans notre vocabulaire. Il est d'abord int&#233;ressant de voir que c'est le mot capitaliste qui est premier en 1753 environ. Le mot capitalisme arrive un si&#232;cle plus tard, dans les ann&#233;es 1840. Fran&#231;ois P&#233;rou dans son premier Que sais-je sur le capitalisme pr&#233;cise que capitalisme appara&#238;t comme un mot de combat. Il va rester un mot de combat et il reste aujourd'hui toujours un mot de combat. Ce n'est donc pas un mot utile - un peu comme le mot industrialisation. Mais alors avant l'industrialisation que se passe-t-il ? Les historiens disent que c'est la proto-industrialisation. Si je vous dis le capitalisme appara&#238;t au XIXe si&#232;cle avec Marx. On me r&#233;pondrait le proto-capitalisme. Ce mot n'a donc pas de sens. Je pr&#233;f&#232;re donc employer l'expression &#233;conomie de march&#233; car le capitalisme est une &#233;conomie de march&#233; o&#249; des acteurs interviennent sur ce march&#233; pour vendre des biens et des services avec effectivement l'espoir d'en faire du profit. Si vous acceptez de remplacer le mot capitalisme par le mot &#233;conomie de march&#233; vous y gagnerez beaucoup en compr&#233;hension et en analyse historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Il n'emp&#234;che que le mot capitalisme est une appellation, un concept qui circule comme il figure dans le titre de votre livre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle d&#233;finition choississez-vous Elie Cohen ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie cohen :&lt;/strong&gt; Je ferais une petite incidente pour r&#233;pondre &#224; cette question. On me demandait r&#233;cemment de r&#233;diger l'article &#171; capitalisme &#187; dans le dictionnaire de sociologie. Je me suis propos&#233; alors de r&#233;diger un article non sur le capitalisme mais sur le vari&#233;t&#233;s de capitalisme. Je veux bien prendre la d&#233;finition de mon ami Anton Brender &#224; savoir &#171; R&#233;gime &#233;conomique dont le moteur est la recherche du profit &#187;, mais connaissons-nous d'autres r&#233;gimes &#233;conomiques que des r&#233;gimes dont le moteur soit le profit. Aujourd'hui avec la disparition des &#233;conomies planifi&#233;es - communismes, socialisme - il n'existe plus sur la plan&#232;te que des &#233;conomies de march&#233; c'est-&#224;-dire fond&#233;es sur les droits de propri&#233;t&#233;, sur l'entreprise, sur la d&#233;centralisation des d&#233;cisions, sur la maximisation du facteur d'utilit&#233; qui est le plus largement reconnu comme &#233;tant la maximisation du profit. Donc d'un certain point s de vue, on pourrait dire qu'il n'y a plus que des &#233;conomies de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps la notion de r&#233;gime de capitalisme me pla&#238;t beaucoup parce qu'on voit bien qu'il existe une grande diversit&#233; dans le capitalisme. Le capitalisme chinois n'est pas semblable au japonais, &#224; l'am&#233;ricain ou &#224; l'allemand. Mais cela ne signifie pas que nous ayons fig&#233; pour l'&#233;ternit&#233; cette distribution de vari&#233;t&#233;s de capitalisme. Ce qui m'int&#233;resse c'est de r&#233;fl&#233;chir aux modalit&#233;s de la convergence des capitalismes. Car que se passe-t-il en r&#233;alit&#233; ? Nous partons d'une situation de diversit&#233; de capitalisme c'est-&#224;-dire que dans chaque pays on retrouve un arrangement institutionnel sp&#233;cifique entre des formes d'organisation de l'activit&#233; de l'entreprise, des formes du contrat social et des formes de la r&#233;gulation de l'Etat. Dans certains pays le financement des entreprises passe essentiellement par la banque, dans d'autre par les march&#233;s financiers etc. Et cela ne produit pas du tout les m&#234;mes effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que dans cette vari&#233;t&#233; de capitalismes, il n'y en a pas une qui devient h&#233;g&#233;monique et qui fixe le &#171; la &#187; pour les autres et si c'est la cas alors nous aurions une tendance &#224; la convergence &#224; partir d'un constat initial de vari&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Heffer :&lt;/strong&gt; Je suis tout &#224; fait d'accord avec ce qui vient d'&#234;tre dit par mes pr&#233;d&#233;cesseurs. Je pense qu'on peut sauver la notion de capitalisme de la fa&#231;on suivante en faisant un type id&#233;al au sens de Max Weber. Si l'on cherche une d&#233;finition minimale qui recouvre tout, je dirais que c'est un r&#233;gime &#233;conomique et social dans lequel les &#233;l&#233;ments dominants dans la soci&#233;t&#233; sont les d&#233;tenteurs de capitaux qui investissent et font travailler des salari&#233;s. Quand on parle de capitalisme il faut donc que d'un c&#244;t&#233; il y ait des investisseur, entrepreneurs et de l'autre c&#244;t&#233; des salari&#233;s. C'est une donn&#233;e minimale. Ensuite, il est &#233;vident qu'il y ait une tr&#232;s grande vari&#233;t&#233; : &#224; cette d&#233;finition minimale on peut rajouter beaucoup de choses. Personnellement, je ne parle presque jamais de capitalisme mais toujours d'&#233;conomie de march&#233; qui est finalement une expression beaucoup plus riche parce qu'il y a des th&#233;orie derri&#232;re l'&#233;conomie de march&#233; alors que le contenu analytique de la notion de capitalisme est assez limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Clerc :&lt;/strong&gt; Je crois tout de m&#234;me qu'il y a une distinction forte &#224; faire entre &#233;conomie de march&#233; et capitalisme. Mais avant j'admire Jacques Marseille qui essaie de r&#233;duire le poids symbolique du terme capitalisme en le rempla&#231;ant par &#233;conomie de march&#233;. Cela me fait penser irr&#233;sistiblement aux gens qui parle du quatri&#232;me &#226;ge plut&#244;t que de parler des vieillards. C'est une strat&#233;gie d'&#233;vitement. Le terme de capitalisme au risque de passer pour un &#171; arch&#233;o &#187;, c'est Marx qui en a donn&#233; la meilleure d&#233;finition en sp&#233;cifiant qu'il s'agissait que c'&#233;tait le seul r&#233;gime &#233;conomique dans lequel l'accumulation fonctionnait pour elle-m&#234;me. C'est-&#224;-dire qu'on accumule pour accumuler et ceci sans fin. Hirschmann dans Les passions et les int&#233;r&#234;ts souligne que cette strat&#233;gie d'accumulation pour l'accumulation, strat&#233;gie de croissance on dirait aujourd'hui est apparu plut&#244;t au XVII-XVIII&#232; si&#232;cle pour contenir les passions, pour emp&#234;cher que la force ne devienne si brutale et violentes que les hommes en soient domin&#233;s. Il fallait donc mettre en avant l'int&#233;r&#234;t et cela a formidablement r&#233;ussi. Je ne suis pas s&#251;r pour autant qu'il ait raison mais je trouve son explication int&#233;ressante. Je voudrais terminer en soulignant que dans le capitalisme, ce qui me para&#238;t important c'est que trop n'est jamais assez. Madame B&#233;tancourt, premi&#232;re fortune de France - mais je pourrais en citer d'autres - avec ses 15 milliards d'euros continue &#224; vouloir accumuler, tout comme Bill Gates etc. C'est un syst&#232;me qui aujourd'hui se sent libre de produire de plus en plus de richesse sans &#234;tre contenu par rien. C'est une nouveaut&#233; absolue et ce qui en fait &#224; la fois la dynamique et aussi la faiblesse car jusqu'o&#249; va-t-on aller avant d'aller trop loin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Nous constatons donc des divergences pr&#233;cises mais &#224; l'int&#233;rieur d'un consensus assez large. Maintenant nous pourrions &#233;clairer par l'histoire ce capitalisme ou &#233;conomie de march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour vous Jacques Marseille, le capitalisme moderne sur l'&#233;lan duquel nous vivons encore est n&#233; &#224; quelle p&#233;riode ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Marseille :&lt;/strong&gt; vous avez compris que je refuse cette p&#233;riodisation qui ne me semble pas du tout pertinente. Que serait le capitalisme moderne par rapport &#224; un capitalisme qui ne le serait pas ? Si on admet la d&#233;finition &#233;mise tout &#224; l'heure que le capitalisme c'est quelqu'un qui poss&#232;de des capitaux et qui fait travailler des salari&#233;s, on peut dire que d&#232;s le Moyen-&#226;ge, d&#232;s l'Antiquit&#233; grecque et romaine, il existe des gens qui ont des capitaux et qui font travailler des travailleurs pour leur profit. Pourquoi lorsqu'on &#233;voque la mondialisation, on Bruges-Venise-Anvers qui sont avant les grandes d&#233;couvertes du XVI&#232; ? Que se passe-t-il donc dans ce XII&#232; et XIII&#232; si&#232;cle ? On assiste &#224; un premier &#233;largissement des march&#233;s. Au lieu d'avoir des &#233;conomies relativement autarciques, nous assistons &#224; un d&#233;but d'&#233;changes marchands. A partir du XVI&#232;, ce ph&#233;nom&#232;ne prend encore plus d'ampleur. Alors quand on parle de capitalisme moderne - est-ce que cela veut dire qu'il na&#238;t &#224; l'&#233;poque moderne ? -, cela n'a aucun sens. Que voit-on appara&#238;tre &#224; ce moment-l&#224; : un premier grand &#233;largissement du march&#233;. Ensuite &#224; la fin du XIX&#232;, on va avoir un autre &#233;largissement du march&#233; et aujourd'hui on assiste &#224; un immense &#233;largissement du march&#233;. Si vous acceptez ma d&#233;finition du capitalisme comme n'&#233;tant en fait que l'&#233;conomie de march&#233;, on voit bien quels en sont ses rythmes et ses p&#233;riodes avec quelquefois ses fermetures comme pendant l'entre-deux guerres et puis quequefois ses &#233;largissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens au XVI&#232; si&#232;cle car c'est l&#224; que Fernand Braudel donne toute sa dynamique &#224; la notion de capitalisme. Il en &#233;tait d'ailleurs quelque peu g&#234;n&#233; car il &#233;tait bien oblig&#233; d'admettre que la capitalisme est de tous les temps et que donc l'id&#233;e de lui donner une date d'origine n'avait aucun sens. Il a trouv&#233; alors un concept formidable. L'&#233;conomie de march&#233; est de toujours mais ce sont les &#171; petits &#187; ; le capitalisme ce sont les &#171; gros &#187;. Voyez quelle pertinence du concept et l'avanc&#233;e de la compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne ! Avec l'&#233;largissement du march&#233; on voit appara&#238;tre des gros. Quels sont-ils ? Ce sont ceux qui peuvent aller sur les march&#233;s lointains et c'est donc le capitalisme. Les &#171; petits &#187; ceux qui vont sur le march&#233; vendre leur poulet ou leurs &#339;ufs ne sont pas des capitalistes mais des personnes dans l'&#233;conomie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; voil&#224; Braudel mis en pi&#232;ce. Jean Heffer, il existe malgr&#233; tout une seconde &#233;tape &#224; cet &#233;largissement des flux &#233;conomiques et des lieux de production. Au XIXe si&#232;cle on voit avec le machinisme, la banque, le cr&#233;dit particuli&#232;rement en Grande Bretagne et aux Etats-Unis une &#171; deuxi&#232;me grande &#233;tape &#187;, dit-on, appel&#233;e le capitalisme industriel qui succ&#232;de au capitalisme marchand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Heffer :&lt;/strong&gt; Quand j'ai d&#233;fini la notion de capitalisme en opposant d'un c&#244;t&#233; les investisseurs, propri&#233;taires de capitaux et de l'autre des salari&#233;s, je parlais de r&#233;gime et non d'individus. Il est &#233;vident que d&#232;s l'Antiquit&#233; il y a eu des individus qui font travailler des salari&#233;s, Mais cela ne constitue pas forc&#233;ment un r&#233;gime. Dans la Rome esclavagiste, ce n'&#233;tait pas le fondement du r&#233;gime. Pour qu'on puisse vraiment parler d'un syst&#232;me capitaliste il faut qu'il y ait une tr&#232;s forte proportion de l'&#233;conomie qui fonctionne dans ce r&#233;gime. Or il me semble qu'avant le XIX&#232; ,cela n'est pas vrai. Avant ce XIX&#232;, c'est une &#233;conomie agricole qui domine dans laquelle une grande partie de la population vit quasiment - pas compl&#232;tement - en &#233;tat d'auto-consommation. Donc on n'est pas encore dans un syst&#232;me capitaliste. Ce n'est pas pour rien d'ailleurs que le terme &#171; capitalistes &#187; apparait aux alentours de 1840 comme Jacques Marseille l'a dit tout &#224; l'heure. C'est &#224; ce moment qu'on voit se structurer un v&#233;ritable syst&#232;me global qui prend une place croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, dans le Midle-Ouest, exactement dans l'Etat o&#249; se trouve Chicago, jusqu'en 1840, l'essentiel de la population vit &#224; 90% en auto-consommation. Ils troquent et ne sont pas encore ins&#233;r&#233;s dans un syst&#232;me capitaliste. Les choses changent apr&#232;s 1840 avec l'&#233;volution des chemins de fer qui cr&#233;es cette expansion du march&#233; dont on parlait mais qui autrefois ne jouait que sur des marges. Certes, il y a des ant&#233;c&#233;dents mais ce ne sont que des bribes qui ne font pas un syst&#232;me. Il ne s'agit &#233;galement pas pour moi de maudire le capitalisme mais admettre tout comme Marx l'&#233;crivait dans le premier volume du Capital que le capitalisme avait des bienfaits, il apportait une nouveaut&#233; int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; &#192; mesure que nous nous rapprochons de notre &#233;poque, le capitalisme se d&#233;veloppe au tournant du XIX&#232;-XX&#232;, il se diversifie, peut-&#234;tre s'assouplit-il et l'on voit se constituer diff&#233;rentes tendances, exp&#233;riences, mod&#232;les. Le grand public a en t&#234;te l'id&#233;e d'un capitalisme R&#233;nan qui serait plut&#244;t raisonnable, investissant &#224; long terme et un capitalisme sauvage du moins r&#233;put&#233;e socialement brutal. Est-ce que ces distinctions font syst&#232;me dans les trois premiers quarts du XX&#232; si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Clerc :&lt;/strong&gt; Je ne sais pas s'il elles font syst&#232;me mais j'adh&#232;re tout &#224; fait aux propos introductifs d'Elie Cohen &#224; savoir que les vari&#233;t&#233;s de capitalisme sont grandes et que ce ne sont pas des tailles mineures qui peuvent les distinguer. Vous en citez deux que Michel Albert alors Commissaire au Plan avait tent&#233; de d&#233;crire. Il vrai que d'un c&#244;t&#233;, il y avait le bon, le capitalisme R&#233;nan et la brute, le capitalisme anglo-saxon. Aujourd'hui, 15 ans apr&#232;s, la brute semble avoir marqu&#233;e beaucoup de point au d&#233;triment du bon. On peut peut-&#234;tre dans cette sorte de cl&#233; de lecture &#233;thique se poser des questions. Mais ce ne sont pas les questions que je me pose. Il y en a deux. La premi&#232;re : le capitalisme ne cesse d'&#233;voluer. Dans le cas de la France entre 1960 et aujourd'hui il y a un monde de m&#234;me qu'il y en avait un entre le capitalisme de la fin du XIX&#232; si&#232;cle et celui des ann&#233;es 1960. A l'&#233;poque on l'appelait le n&#233;o-capitalisme. Depuis ce terme n'est plus usit&#233;. Ces grandes distinctions, ces &#233;volutions tr&#232;s fortes montrent la plasticit&#233; du capitalisme, mais montre aussi - et c'est la deuxi&#232;me chose qui me para&#238;t importante - le fait que l'on a en face une r&#233;alit&#233; multiforme sur laquelle il est possible que des institutions, des hommes, des groupes, la soci&#233;t&#233; civile pour parler bri&#232;vement agissent et lui donnent une empreinte qui n'est pas la m&#234;me entre le Danemark et la France, entre l'Italie et la France etc. Ces particularit&#233;s nationales comptent autant par les institutions, par les r&#232;gles, les formes de discussion collectives que par les grands principes que Jean Heffer tr&#232;s justement a rappel&#233;s. C'est sur ces diff&#233;rents fonctionnements d'institutions, de r&#232;gles, de priorit&#233; qu'aujourd'hui la discussion &#224; mes yeux doit porter. Est-ce qu'il y a de meilleures vari&#233;t&#233;s de capitalismes que d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Elie Cohen, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, un capitalisme financiaris&#233; s'est spectaculairement d&#233;velopp&#233;. Ces effets atteignent les yeux du grand public. Pouvez-vous nous dire ce qu'il en est de ce ph&#233;nom&#232;ne qui transforme l'appr&#233;hension de ce que nous appelons encore le capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Il suffit de partir de ce qu'&#233;tait le capitalisme dans sa version dominante apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale et de comparer avec ce qu'il est aujourd'hui pour comprendre les diff&#233;rences. J'en ai relev&#233; sept : la premi&#232;re, nous sommes aujourd'hui essentiellement dans ce que j'appellerais un capitalisme actionnarial. Cela veut dire que c'est la logique de cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire qui est pr&#233;dominante. Dans les compromis d'apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, on &#233;tait largement dans un mod&#232;le o&#249; l'on essayait de concilier les int&#233;r&#234;ts des actionnaires avec ceux des consommateurs et avec ceux des salari&#233;s. Maintenant, la logique est celle de la cr&#233;ation et de maximisation de la cr&#233;ation de valeurs pour l'actionnaire ; le deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment est qu'aujourd'hui il y a une force capitaliste dominante qui &#233;crase tout : ce sont les vieux, les retrait&#233;s. Le parti le plus puissant de la plan&#232;te aujourd'hui c'est le parti des actuels et futurs retrait&#233;s - &#224; laquelle nous sommes tous susceptibles d'appartenir. Ce qui fait le caract&#232;re d&#233;cisif du capitalisme actuel est qu'il est tenu par un certain nombre d'institutions qui de mani&#232;re directe ou indirecte rapporte aux fonds de pension, c'est-&#224;-dire aux fonds qui g&#232;rent les organismes de retraite. Autour de ces fonds de pension s'est organis&#233;e une formidable industrie financi&#232;re qui classe, g&#232;re les actifs, fait des projections et d&#233;cide des vecteurs de placement &#224; court, moyen ou long terme avec des degr&#233;s de risques variables, des m&#233;thode d'&#233;valuations variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;picentre de ce nouveau capitalisme ce sont les fonds de pension et donc l'&#233;conomie des retrait&#233;s pr&#233;sents et &#224; venir. C'est une &#171; denr&#233;e &#187; qui se prolonge beaucoup maintenant. : un trimestre d'esp&#233;rance de vie gagn&#233; chaque ann&#233;e ! De plus les vieux se reproduisent, ils ont un immense avenir : leur part dans la population ne va cesser d'augmenter dans notre &#233;conomie vieillissante. Troisi&#232;me point : ce capitalisme financiaris&#233; est de plus en plus un capitalisme de march&#233;s financiers et de moins en moins un capitalisme interm&#233;di&#233; passant par les syst&#232;mes bancaires. Je fais r&#233;f&#233;rence au capitalisme Rh&#233;nan qui &#233;tait fortement contr&#244;l&#233; par les banques qui se permettaient d'introduire des souplesses etc. Maintenant on est en prise directe sur les march&#233;s financiers, les entreprises vont chercher leur financement directement sur les march&#233;s. Quatri&#232;me temps, c'est un capitalisme lib&#233;ralis&#233;. Apr&#232;s le choc des crises de 1929, de la deuxi&#232;me guerre mondiale, on avait institu&#233; tout un syst&#232;me de compartimentage des secteurs financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on craignait le retour de la grande crise, on avait dit que les banques commerciales ne pouvaient pas &#234;tre des banques d'investissements, ni g&#233;rer des actions. Depuis une vingtaine d'ann&#233;es on a fait sauter toutes ces fronti&#232;res et on a maintenant d'immenses supermarch&#233;s financiers intervenant dans tous les segments de la finance bien entendu au service du vrai parti, le parti vieux car c'est lui qui donne les ordres, les banques ne sont plus que des prestataires de services. Cinqui&#232;me point : c'est un capitalisme lib&#233;ralis&#233;, d&#233;r&#233;glement&#233; mais &#233;galement r&#233;gul&#233;. On ne comprend rien &#224; la dynamique du capitalisme sans la prise en compte des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;gulation. Apr&#232;s la derni&#232;re grande crise majeure - les scandales Enron Worldcom etc. - il y a eu des d&#233;veloppements significatifs en mati&#232;re de r&#233;gulation comme la loi Sarbanes Oxley aux Etats-Unis o&#249; la loi de s&#233;curit&#233; financi&#232;re en France. Sixi&#232;me point : C'est un capitalisme largement virtualis&#233;. La principale industrie mondiale est une activit&#233; que la plupart d'entre vous ne connaissent pas c'est celle des produits d&#233;riv&#233;s. Ce sont des produits financiers sophistiqu&#233;s qui permettent des couvertures de risques. Cette activit&#233; p&#232;se aujourd'hui mille cent milliards de dollars - soit neuf mois de produit int&#233;rieur brut fran&#231;ais. La finance &#224; Londres p&#232;se par rapport au PIB anglais deux fois et demi plus que la finance fran&#231;aise. L'activit&#233; financi&#232;re s'est un peu &#233;mancip&#233;e de son soubassement r&#233;el et conna&#238;t une logique de d&#233;veloppement propre avec ses innovations, ses modes de d&#233;veloppements particuli&#232;rement rapides et avec des cat&#233;gories sociales qui en profitent &#233;norm&#233;ment car c'est une activit&#233; qui distribue un pouvoir d'achat &#233;lev&#233;. Dernier point : ce capitalisme qui s'est forg&#233; aux Etats-Unis gagne &#224; la faveur de la mondialisation de l'influence dans des pays qui avaient des mod&#232;les sp&#233;cifiques comme la France, l'Allemagne et qui sont en train de les abandonner progressivement - et dans ce domaine, la France fait partie du d&#233;tachement le plus avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; La financiarisation du capitalisme telle que vous venez de la d&#233;crire a provoqu&#233; certains effets qui sont sans doute collat&#233;raux mais dont on peut dire qu'ils ont affect&#233; le moral et la morale d'une partie de l'opinion. Face &#224; ce mouvement est-ce qu'il y a encore une sens &#224; parler d'une &#233;thique capitaliste ou bien sommes-nous dans deux registres qui n'ont rien &#224; voir - et du coup nous abandonnerions le diable &#224; ses &#339;uvres pour nous poser uniquement sur le terrain des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Clerc -&lt;/strong&gt; M&#234;me si Max Webet a utilis&#233; le terme, je ne suis pas s&#251;r que l'on puisse parler d'une &#233;thique du capitalisme parce que cela fait longtemps que ceux qui accumulent par les profits ou le r&#233;investissement, ont renonc&#233; pour la plus grande gloire de Dieu. Le capitalisme st profond&#233;ment amoral. Il n'est pas immoral ou moral, il est amoral c'est une cat&#233;gorie qui ne rentre pas dans ses cordes. Par cons&#233;quent ce n'est pas sur ce terrain qui faut le chercher. Il n'y a pas de bons ou de m&#233;chants dans le capitalisme, pas de vrai ou de juste. Est-ce que la richesse qui est cr&#233;&#233;e se paye vis &#224; vis d'une certaine couche sociale ou de l'environnement ou d'un certain nombre de conditions de travail d'un prix excessif qu'on pourrait r&#233;duire ? C'est dans ces arrangements sp&#233;cifiques-l&#224;, dans ces compromis institutionnel que va se passer l'essentiel de ces relations de force ou au contraire de n&#233;gociation qui serait facteur d'humanisation ? Cette humanisation est toujours provisoire. Il n'y a pas de fin de l'histoire. Il n'y aura aucun arbitre pour siffler la fin de la partie. Jamais la soci&#233;t&#233; m&#234;me relativement satisfaisant &#224; laquelle on abouti au terme d'un compromis ne r&#232;gle tous les probl&#232;mes. C'est cela qui caract&#233;rise le capitalisme. Marx, Keynes, Schumpeter l'avaient pourtant donn&#233; comme ayant un avenir compromis et pourtant il est toujours l&#224;. Aujourd'hui ceux qui disent qu'avec la financiarisation il va dans le mur, sans doute &#233;galement se trompent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Voici maintenant deux ou trois grandes questions qui doivent nous faire r&#233;fl&#233;chir. Jacques Marseille, peut-on dire que le capitalisme creuse les in&#233;galit&#233;s au sein des soci&#233;t&#233;s, entre les soci&#233;t&#233;s ou entre les nations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Marseille :&lt;/strong&gt; C'est d'abord un formidable facteur de progr&#232;s. Il suffit de prendre le niveau de vie des habitants dans une longue dur&#233;e et de mesurer. Les r&#233;sultats sont spectaculaires et en m&#234;me temps troublants. Admettons que le capitalisme commence au XIX&#232; si&#232;cle, j'ai pris le revenu moyen d'un fran&#231;ais &#224; l'&#233;poque o&#249; Guizot disait &#171; enrichissez-vous pas le travail et par l'&#233;pargne &#187; et le revenu fran&#231;ais moyen d'aujourd'hui. On constate qu'aujourd'hui un fran&#231;ais moyen gagne en un mois ce que son arri&#232;re grand-p&#232;re gagnait en un an et en travaillant deux fois moins. On est pass&#233; en &#171; euro constant &#187; de 1400 euros par an vers 1830 &#224; 18 ou 20000 euro aujourd'hui. C'est &#233;norme certes mais si vous tracez une courbe cela ne fait tous les ans, en moyenne, que 1,6 %. &#171; Le capitalisme c'est formidable pour vos petits enfants &#187; disait Schumpeter, &#171; mais tr&#232;s frustrant pour ceux qui le vivent &#187;. Quand on vous dit que votre pouvoir d'achat ne gagne qu'1,6% par an, vous &#234;tes profond&#233;ment d&#233;&#231;u. Mais quand vous prolonger ce pourcentage pendant 150 ans, vous passez des caves de Blanqui aux int&#233;rieurs et aux progr&#232;s d'aujourd'hui. En longue dur&#233;e l'&#233;conomie de march&#233; est un facteur de progr&#232;s. La preuve en est qu'encore aujourd'hui les pays qui se convertissent &#224; l'&#233;conomie de march&#233; connaissent tr&#232;s rapidement des progr&#232;s et ceux qui la refuse connaissent plut&#244;t des d&#233;boires. Si on regarde la Chine, convertie &#224; l'&#233;conomie de march&#233;, en 1973, un chinois moyen avait un pouvoir d'achat environ &#233;quivalent &#224; un fran&#231;ais &#224; l'&#233;poque de Louis XIV. Aujourd'hui il a &#233;t&#233; multipli&#233; par cinq. Si on regarde les pays les plus pauvres du monde, ce sont ceux qui sont d&#233;connect&#233;s de l'&#233;conomie de march&#233;, ceux qui n'int&#233;ressent pas les march&#233;s - essentiellement les pays d'Afrique. Donc en longue dur&#233;e le capitalisme est un facteur formidable de progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant est-ce qu'il creuse les in&#233;galit&#233;s ? Oui mais dans le progr&#232;s. In&#233;galit&#233; ne signifie pas qu'il y en a qui s'appauvrissent et d'autres qui s'enrichissent. Certes, il y en a qui s'enrichissent moins mais qui s'enrichissent. Si on regarde le PIB de l'Afrique calcul&#233; par Magnus Madison ( ?) vers 1840, il est &#224; environ 600 dollars par habitants ; aujourd'hui il est &#224; 1400 dollars. Par contre le PIB de la France qui &#233;tait toujours d'apr&#232;s Madison &#224; 1200 dollars, est maintenant &#224; 20000 dollars. Donc les in&#233;galit&#233;s s'accroissent au sin du progr&#232;s. Il y a en qui progresse plus que d'autres : certains font confiance &#224; l'&#233;conomie de march&#233;, d'autres non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus est-ce que les in&#233;galit&#233;s se creusent au sein des pays. Oui sauf que pour la France, notamment, selon les travaux de Tomas Piquetti ( ?) sur les revenus au XX&#232; si&#232;cle montrent que l'&#233;cart entre les 5% des Fran&#231;ais les mieux pay&#233;s et la masse salariales globales ou les fran&#231;ais les moins pay&#233;s ne s'est pas creus&#233;s de mani&#232;re significative. L'&#233;cart est &#224; peu stable. Evidemment nous sommes choqu&#233;s par les stock options de monsieur Zacharias par exemple et que ces r&#233;mun&#233;rations scandaleuses traduites en si&#232;cles de SMIC font bondir tout le monde mais ce ne sont que des &#233;piph&#233;nom&#232;nes. J'ai calcul&#233; par exemple combien touchent les 40 patrons du CAC 40 en salaire et en primes. J'ai imagin&#233; une redistribution - un peu &#224; la mani&#232;re de Gracchus Baboeuf - &#224; tous les m&#233;nages fran&#231;ais : cela fait 5 euro par m&#233;nage. Au niveau &#233;conomique c'est d&#233;risoire, au niveau symbolique, c'est choquant. Donc les in&#233;galit&#233;s en termes &#233;conomiques ne s'accroissent pas vraiment mais en termes symboliques cela choque et elles finissent par faire croire que l'&#233;conomie de march&#233; n'est pas facteur de progr&#232;s alors que c'est tout le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Denis Clerc, nous serions donc d'un c&#244;t&#233; dans les images, et de l'autre dans la r&#233;alit&#233; qui se contrediraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Clerc :&lt;/strong&gt; Je ne dirais pas que cela se contredit mais il faut nuancer les propos de Jacques Marseille. Une chose est de dire qu'il y a eu une croissance prodigieuse - effectivement le capitalisme a enterr&#233; tous les syst&#232;mes pr&#233;c&#233;dents par sa dynamique interne -, mais une autre est de dire qu'il a eu progr&#232;s dans tous les cas. J'ai repris le rapport de Vierm&#233; ( ?) sur les ouvriers du textile &#224; Mulhouse dans les ann&#233;es 1830-1840. Il constate qu'en plein d&#233;but de la r&#233;volution industrielle en France, l'esp&#233;rance de vie est de 23 ans. Or d'apr&#232;s Braudel et Labrousse, l'esp&#233;rance de vie dans la France du XVIII&#232; si&#232;cle est pr&#232;s de 35 ans. On voit bien qu'&#224; cette p&#233;riode il y a eu une brutale diminution de l'esp&#233;rance de vie au d&#233;triment d'un groupe social d&#233;termin&#233; - la classe ouvri&#232;re, les prol&#233;taires - qui a pay&#233; le prix lourd de ce que j' n'ose pas appeler &#171; le progr&#232;s &#187; mais qui se constate en terme de croissance. Aujourd'hui, c'est sans doute le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne. Si on prend le cas am&#233;ricain, &#224; partir d'un article d'Alternatives &#233;conomiques, entre 1995 et 2005 le premier d&#233;cile, les 10% les plus pauvres de la population le pouvoir d'achat de leur revenu a en moyenne progresse de 0,2% sur l'ensemble de la p&#233;riode soit une stagnation totale tandis que le dernier d&#233;cile voyait une augmentation de 18% de son revenu. On est l&#224; devant un creusement d'in&#233;galit&#233; qui m&#234;me si sur le long terme va &#234;tre combl&#233; par d'autres p&#233;riodes produit sur le moment &#224; la fois un sentiment de frustration et de r&#233;duction de la coh&#233;sion sociale. C'est exactement ce qui est en train de se passer dans les pays de la vieille Europe - en France en particulier - o&#249; il me semble que m&#234;me si les chiffres disent le contraire, le sentiment d'in&#233;galit&#233; est en train de se creuser et produit une sorte de d&#233;saffiliation pour reprendre le terme de Serge Paugame ( ?). Cette perte de coh&#233;sion sociale, cette sorte d'&#233;vitement me para&#238;t le fruit le plus v&#233;n&#233;neux d'un syst&#232;me qui globalement est dynamique mais qui ne parvient pas &#224; trouver des r&#232;gles qui face &#224; ces richesses permettent &#224; tous d'en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Elie Cohen pet-on dire que l'in&#233;galit&#233; provient de l 'id&#233;e que l'on s'en fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elie Cohen : J'aimerais d'abord tenter une sorte de motion de synth&#232;se entre les deux intervenants pr&#233;c&#233;dents. Il y a un accord assez large sur plusieurs points. Au niveau mondial, la pauvret&#233; absolue mesur&#233;e par le nombre de personnes vivant avec 1 dollar par jour a recul&#233; ; deuxi&#232;me point : les in&#233;galit&#233;s mondiales rep&#233;r&#233;es par la comparaison des niveaux moyens de revenus a recul&#233; ne serait-ce que du fait de la fantastique croissance chinoise et indienne. Par contre les in&#233;galit&#233;s int&#233;rieures sont soit rest&#233;es remarquablement stables dans un pays comme la France soit s'accroissent comme aux Etats-Unis. Denis Clerc a raison. On voit aux Etats-Unis, au niveau m&#234;me des revenus salariaux - j'ai laiss&#233; de c&#244;t&#233; tout ce qui est revenu de la propri&#233;t&#233; car si l'on int&#232;gre aux revenus salariaux les revenus de la propri&#233;t&#233; et qu'on prend donc globalement les revenus des m&#233;nages, alors les foss&#233;s s'&#233;largissent &#233;norm&#233;ment puisque la distribution des patrimoines est tr&#232;s in&#233;gale - on voit bien se creuser ces in&#233;galit&#233;s salariales. Pourquoi ? Les Etats-Unis sont la pointe avanc&#233;e et de la mondialisation et de la r&#233;volution technologique. Donc les anciens cols bleu am&#233;ricains vivent de plein fouet le double effet de la r&#233;volution de la productivit&#233; et de la r&#233;volution de la mondialisation qui produit son cort&#232;ge de d&#233;localisations. On assiste &#224; une vraie fonte du c&#339;ur industriel. La population manufacturi&#232;re am&#233;ricaine c'est moins de 10% de la population active. Il y a donc perte de jobs bien r&#233;mun&#233;r&#233;s d'ouvriers et d&#233;veloppement de petits boulots &#224; une extr&#233;mit&#233; et de jobs de &#171; manipulateurs de symboles &#187; tr&#232;s bien pay&#233;s. Les in&#233;galit&#233;s salariales s'accroissent donc ainsi que le d&#233;classsement car quand un ouvrier de l'automobile perd son job il perd du salaire mais surtout une tr&#232;s bonne protection sociale. A l'inverse les petits boulots de service &#224; la personne n'offrent pas de garantie sociale.. Est-ce que ce qui se passe aux Etats-Unis est annonciateur de ce qui va se passer en Europe ? Car nous sommes, nous, europ&#233;ens, moins avanc&#233;s en mati&#232;re d'ouverture et donc d'extraversion &#233;conomique et donc de relocalisation d'activit&#233;s &#233;conomiques. C'est un ph&#233;nom&#232;ne dont, je crois, il faudra tenir compte dans les ann&#233;es qui viennent. D'une certaine mani&#232;re, les d&#233;localisations n'ont pas encore commenc&#233; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Jean Heffer, j'aimerais revenir sur la notion de moyenne. Naturellement elle existe dans les comptes mais moins dans la vie. Qu'est-ce que cela vous inspire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Heffer :&lt;/strong&gt; Dans le cas des Etats-Unis, de 1790 &#224; 2005, le PIB par t&#234;te r&#233;elle a augment&#233; de 1,7% par an. Ce qui est &#233;norme. Il va en s'acc&#233;l&#233;rant car si on prend la p&#233;riode 1946-2005, il augmente de 2,5% par an. Cela veut dire que cela a augment&#233; de quarante fois. Le PIB disponible par t&#234;te d'am&#233;ricain est quarante fois sup&#233;rieur &#224; celui d'un am&#233;ricain de l'&#233;poque du d&#233;but de l'histoire nationale am&#233;ricaine. Il est &#233;vident que les richesses ne se cr&#233;&#233;es pas toutes seules. On sait que les Etats-Unis, &#224; la fin du XIX&#232; si&#232;cle &#233;tait un pays qui avait une grande richesse de ressources naturelles. Mais encore faut-il les mettre en valeur. Le syst&#232;me entreprenarial joue &#233;videmment un r&#244;le dans ce cas-l&#224;. Sur la question des in&#233;galit&#233;s, je crois qu'il faut &#234;tre tr&#232;s prudent. Il me semble qu'il y a une augmentation des in&#233;galit&#233;s au XIX&#232; tout particuli&#232;rement apr&#232;s la guerre de S&#233;cession, soit &#224; partir de 1870. Cela va culminer jusqu'en 1929. Entre 1929 et 1970, il y a une forte baisse des in&#233;galit&#233;s. Actuellement, la forte remont&#233;e depuis les ann&#233;es 1980, n'a pas retrouv&#233; le niveau du d&#233;but du XX&#232; si&#232;cle. Il faut savoir qu'au d&#233;but du XX&#232; si&#232;cle, il n'y avait pas d'imp&#244;t sur le revenu, les profits effectu&#233; par quelqu'un comme Rockfeller restaient entiers. Pas d'imp&#244;t sur les revenus, pas d'imp&#244;t non plus sur l'h&#233;ritage. Si on regarde donc depuis les ann&#233;es 1980, les in&#233;galit&#233;s ont fortement augment&#233; aux Etats-Unis. Ce sont pour moi des fluctuations : il suffit que les citoyens am&#233;ricains d&#233;cident d'&#233;lire une majorit&#233; moins r&#233;publicaine extr&#234;miste au pouvoir que celle actuelle mais des d&#233;mocrates style New deal. Ils peuvent augmenter encore les taux d'imp&#244;ts sur le revenu mais ce n'est pas une tendance &#224; long terme incontr&#244;lable, loin de l&#224;. Et cela n'emp&#234;chera pas le syst&#232;me capitaliste de fonctionner en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; J'aimerais revenir sur deux points : le premier, l'&#233;conomie et l'environnement ou l'avenir de la plan&#232;te. Aujourd'hui c'est un probl&#232;me qui je crois qui saisit beaucoup d'esprit ou de conscience. Est-ce que la capitalisme menace l'environnement, menace l'int&#233;grit&#233; de la plan&#232;te ou est-ce qu'au contraire il fera de n&#233;cessit&#233; vertu &#224; savoir qu'il avalera ces difficult&#233;s comme les pr&#233;c&#233;dentes dont on pensait qu'il n'allait pas survivre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Marseille, est-ce que les menaces qui p&#232;sent sur l'environnement sont une opportunit&#233; nouvelle pour le capitalisme et son ressort profond ou bien y a-t-il concurrence d'int&#233;r&#234;t entre ceux vitaux pour l'humanit&#233; et ce mouvement &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Marseille :&lt;/strong&gt; Je ne r&#233;pondrais pas directement &#224; la question mais plut&#244;t &#224; celle globale concernant l'environnement &#224; savoir est-ce que le capitalisme va survivre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai oubli&#233; tout &#224; l'heure d'indiquer &#224; propos des in&#233;galit&#233;s qu'il y avait un enrichissement diff&#233;rent entre les plus riches et les plus pauvres mais un enrichissement global. Je rappelle que jusqu'en 1965, le parti communiste qui rassemblait 25% des Fran&#231;ais croyait &#224; la th&#233;orie de la paup&#233;risation absolue des travailleurs. Ils pensaient que dans le capitalisme on devenait de plus en plus pauvres. Ils &#233;crivaient cela &#224; l'&#233;poque o&#249; le pouvoir d'achat s'accroissait en moyenne de 4% par an et qu'il a tripl&#233; dans la p&#233;riode o&#249; il &#233;crivait cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;guli&#232;rement on a annonc&#233; la fin du capitalisme parce qu'on le disait incapable de surmonter les d&#233;fis qui lui &#233;tait impos&#233; comme la paup&#233;risation, ou encore celui de l'ins&#233;curit&#233; des travailleurs th&#232;me d&#233;velopp&#233; par Marx. Que s'est-il pass&#233; ? A chaque fois, il rebondit. Qui a cr&#233;&#233; la s&#233;curit&#233; sociale ? Qui a trouv&#233; que le meilleur moyen de faire survivre ce syst&#232;me qui &#233;tait menac&#233; par l'ins&#233;curit&#233; qu'on faisait peser sur les travailleurs &#224; travers l'accident, la maladie, la vieillesse ? C'est Bismarck en Allemagne. Le conservateur Bismarck invente l'Etat-Providence pour sauver le capitalisme. Qn a trouv&#233; que le meilleur moyen de sauver le capitalisme c'&#233;tait de relancer le pouvoir d'achat des classes populaires ? C'est Keynes. Quand on lui demandait ce qu'il pensait de cette th&#233;orie du capitalisme, il r&#233;pondait : comment puis-je adopter une doctrine qui exalte le prol&#233;tariat crasseux au d&#233;triment de la bourgeoisie qui est la quintessence de l'humanit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; l'environnement, je ne me fais pas de souci particulier. A partir du moment, il va y avoir un d&#233;fi et qu'on laisse le march&#233; dans ces r&#233;gulations r&#233;soudre ce probl&#232;me, il va le r&#233;soudre comme il a r&#233;solu tous les d&#233;fis qu'on lui a pr&#233;sent&#233; au cours de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Theiss :&lt;/strong&gt; Jacques Marseille vient de pr&#233;ciser &#171; avec les r&#233;gulations &#187;. Elie Cohen partagez-vous cette analyse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen -&lt;/strong&gt; Il faut peut-&#234;tre rappeler d'abord que les pires d&#233;vastations &#233;cologiques ont &#233;t&#233; le fait de pays qui pr&#233;tendaient ob&#233;ir &#224; un autre mod&#232;le, une autre logique et &#224; une autre finalit&#233;. En Pologne, en Russie on voit bien les effets du m&#233;pris pour un d&#233;veloppement durable, &#233;conome des ressources de la plan&#232;te. Par ailleurs une visite en Chine aujourd'hui vous montre les d&#233;vastations &#233;cologiques d'une croissance non r&#233;gul&#233;e. Mais, il faut remarquer aussi quelques ph&#233;nom&#232;nes qui sont en train de se d&#233;rouler en m&#234;me temps. Lorsqu'on a sign&#233; le pacte de Kyoto, on avait d&#233;cid&#233; de dispenser les pays &#233;mergents de toute discipline particuli&#232;re sous le pr&#233;texte qu'ils avaient bien le droit de se d&#233;velopper et qu'on n'allait pas brider leur d&#233;veloppement. Donc il allait de soi que pour qu'ils puissent se d&#233;velopper, ils pouvaient &#233;mettre librement ce qu'ils voulaient en mati&#232;re de gaz &#224; effet de serre. On voit que la Chine aujourd'hui est en train de prendre des mesures volontaires d'auto-limitation - notamment elle veut faire de P&#233;kin lors des futurs jeux olympiques, la vitrine d'une nouvelle d&#233;marche &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes et compte tenu du co&#251;t du non-traitement du risque &#233;cologique et du frein potentiel que cela repr&#233;sente pour le d&#233;veloppement m&#234;me du pays, un certain nombre de r&#233;gulations se mettent en place. Mais le plus important n'est pas l&#224;. Ce qui est en train de se passer actuellement en Californie est int&#233;ressant. Les Etats-Unis &#224; l'initiative du Pr&#233;sident Bush, dont tout le monde sait qu'il est li&#233; au lobby p&#233;trolier et qu'il adorerait qu'on puisse polluer sans limite, &#224; toujours refus&#233; le protocole de Kyoto au motif qu'il suffisait de laisser la recherche se d&#233;velopper et que cela apporterait les r&#233;sultats n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va vu que ce n'&#233;tait gu&#232;re concluant au moins dans le court terme. Puis r&#233;cemment on a observ&#233; trois ph&#233;nom&#232;nes : d'abord avec la hausse massive du prix du p&#233;trole, l'esprit public am&#233;ricain &#224; chang&#233;. Lorsque vous interrogez les Am&#233;ricains aujourd'hui en leur demandant quelle est leur priorit&#233; essentielle c'est la r&#233;duction de leur d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique. Ensuite, en Californie, un gouverneur ultra-lib&#233;ral, a fix&#233; les r&#232;gles les plus exigeantes en mati&#232;re d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre puisqu'il a demand&#233; une diminution de 25% d'&#233;mission d'ici &#224; 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, vous observez aujourd'hui que dans la communaut&#233; du capital risque californien, le principal vecteur d'investissement se fait dans les technologies propres. Le secteur qui se d&#233;veloppe maintenant c'est le cleantech (&#233;nergies propres) apr&#232;s les biotech et les technologies de l'information. Pourquoi ? A partir du moment o&#249; l'on s'installe durablement dans un univers dans lequel le frein essentiel &#224; la croissance &#233;conomique est &#233;cologique - pour le dire vite, c'est &#224; la fois la difficult&#233; d'acc&#232;s pour les nouvelles sources d'&#233;nergie, le co&#251;t d'acc&#232;s &#224; ces nouvelles &#233;nergies, l'impact de ces &#233;nergies sur le budget des m&#233;nages, l'impact de ces nouvelles &#233;nergies sur le transport etc -, &#224; partir du moment o&#249; cette conscience s'installe, une dynamique d'investissement qui entra&#238;ne une dynamique de recherche s'effectue. Dans les cinq ann&#233;es qui viennent, on verra une &#233;volution tr&#232;s rapide et des perc&#233;es dans un certain nombre de technologies propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Thiess :&lt;/strong&gt; Denis Clerc, le capitalisme m&#251; par son propre int&#233;r&#234;t est le meilleur d&#233;fenseur de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Clerc :&lt;/strong&gt; Cela me fait penser &#224; une histoire de sucre dans le caf&#233;. J'ai l'impression que l'environnement n'est pas soluble dans le march&#233;. Exactement comme le sucre, s'il est soluble il s'effondre. Il n'y a pas forc&#233;ment ad&#233;quations entre les m&#233;canismes de march&#233; et ceux de l'environnement. Les questions d'environnement n&#233;cessitent sans doute beaucoup plus que la simple adaptation spontan&#233;e du march&#233;. Je ne la sous-estime pas mais il me semble que les d&#233;fis auxquels on est confront&#233; et surtout la rapidit&#233; avec laquelle il va falloir redresser un certain nombre de chose laissent penser que cela ne se fera pas tout seul. Le signal des prix qui est le principal signal du march&#233; ne suffit &#224; r&#233;duire d'un facteur 4 la consommation de carburant de la circulation automobile. De m&#234;me l'urbanisme qui est quelque chose d'essentiel dans la consommation d'&#233;nergie &#224; la fois par les d&#233;placements qu'il n&#233;cessite (les trajets domicile/travail) et par le chauffage de tr&#232;s nombreuse maisons individuelles plus ou moins bien isol&#233;es n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne qui va se remodeler en 10 ans mais sur un si&#232;cle. Par cons&#233;quent, on voit bien qu'aux Etats-Unis m&#234;me, c'est un gouverneur qui est oblig&#233; de prendre des initiatives, c'est encore un certains nombre de maires, d'&#233;lus qui s'aper&#231;oivent que le march&#233; seul ne suffit pas. Pour conclure provisoirement, je ne suis pas du tout catastroph&#233; par cette question de l'environnement mais je pense que les enjeux sont tels que le seul m&#233;canisme de prix se suffira pas et qu'il faut parfois une main de fer m&#234;me dans un gant de velours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier mot sur les propos tenus pas Jacques Marseille. Keynes a expliqu&#233; dans un texte &#171; pourquoi suis-je lib&#233;ral ? &#187; en 1922/1923 pourquoi il avait adh&#233;r&#233; au parti lib&#233;ral apr&#232;s avoir longtemps milit&#233; avec le parti travailliste. Son explication s'appuie sur la simple perspective de s'asseoir &#224; c&#244;t&#233; de gens crasseux qui l'indisposait. Il n'utilise pas tout &#224; fait ces termes mais c'est la m&#234;me id&#233;e. Le parti lib&#233;ral de Keynes &#233;tait un parti relativement interventionniste en tous les cas pas lib&#233;ral au sens &#233;conomique du terme. Il &#233;tait plut&#244;t lib&#233;ral au sens am&#233;ricain du terme c'est-&#224;-dire interventionniste. L'Etat &#224; quelque chose &#224; voir et dans le domaine de l'environnement plus que dans tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Heffer :&lt;/strong&gt; D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le capitalisme ne fonctionne pas &#224; vide. Il y a toujours des normes qui doivent &#234;tre fix&#233;es plus ou moins selon le type de soci&#233;t&#233; dans lequel on se trouve. Il ne faut pas imaginer que nous sommes dans un syst&#232;me totalement anarchique o&#249; chacun fait ce qu'il veut. Par exemple, aux Etats-Unis il y a des normes extr&#234;mement strictes qu'il faut respecter sinon c'est la prison plus facilement qu'en France. Le syst&#232;me &#233;conomique am&#233;ricain est r&#233;gl&#233; par un certain nombre de normes fix&#233;es par la soci&#233;t&#233; politique, les gouvernements. Donc on peut tr&#232;s bien avoir un syst&#232;me capitaliste qui fonctionne de mani&#232;re efficace &#224; partir du moment o&#249; il sait quelles normes il doit respecter. Il n'y a pas du tout d'opposition entre le fait de poser des normes, mettre des barri&#232;res et l'&#233;conomie essentiellement fond&#233;e sur la libre entreprise individuelle ou collective. A long terme, il n'y a pas de raison que le syst&#232;me capitaliste &#224; condition qu'on lui fixe des normes - c'est le r&#244;le des politiques -, en fonction des experts scientifiques ou autres ne fonctionne pas. Cette id&#233;e de norme ne justifie pas le passage &#224; une soci&#233;t&#233; collectiviste. D'autre part les fameux droit d'&#233;mission dont on parlait est un march&#233; qui peut &#234;tre extr&#234;mement efficace du point de vue du profit et de la rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Thiess :&lt;/strong&gt; Un sondage de grande ampleur &#233;tabli &#224; l'&#233;t&#233; 2005 &#224; produit des r&#233;sultats pas compl&#232;tement inattendus mais tout de m&#234;me un peu paradoxaux. La question pos&#233;e &#233;tait : l'&#233;conomie de march&#233; est-elle le meilleur syst&#232;me pour l'avenir ? Les Chinois ont r&#233;pondu oui &#224; 74%, les Britanniques &#233;galement &#224; 60%, et les Fran&#231;ais oui mais &#224; seulement 36%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors est-ce que le capitalisme serait un diable sp&#233;cifiquement fran&#231;ais ? Autrement dit est-ce que c'est l'absence d'esprit d'entreprise, d'initiative, de risque ? Ou bien la passion de l'&#233;galit&#233; qui &#224; pour corollaire la crainte de la libert&#233; ? Est-ce que c'est la culture jacobine ? Mais le fait est l&#224;, parmi les soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es, les Fran&#231;ais sont ceux qui face &#224; l'&#233;conomie de march&#233; &#233;mettent les plus grandes r&#233;ticences. On commence par Denis Clerc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Clerc :&lt;/strong&gt; une des cl&#233; d'explication est, il me semble que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise est plut&#244;t en d&#233;prime aujourd'hui pour des raisons qui sont partiellement objectives et partiellement subjectives : parmi les raisons objectives, le ch&#244;mage qui reste &#233;lev&#233;, la multiplication d'emploi pr&#233;caires, un sentiment d'ins&#233;curit&#233; particuli&#232;rement fort en France et qui expliquent sans doute les r&#233;ticences vis-&#224;-vis de l'&#233;conomie de march&#233;. Cela n'&#233;puise &#233;videmment pas la question mais j'en tire une le&#231;on. Lorsqu'on pose cette question aux Fran&#231;ais, j'imagine qu'une bonne partie de ceux qui sont interrog&#233;s voient dans l'&#233;conomie de march&#233; quelque chose qui est peut-&#234;tre un diable mais qui est &#224; l'image de ce qui se passe aux Etats-Unis. Et ce n'est pas ce mod&#232;le-l&#224; dont la population fran&#231;aise a envie. Elle pr&#233;f&#232;re plut&#244;t qu'on maintienne sa s&#233;curit&#233; sociale, ses retraites etc. Peut-&#234;tre est-ce difficile, peut-&#234;tre est-ce impossible. Mais plut&#244;t que de regarder cette r&#233;action d'un point de vue n&#233;gatif disant que les Fran&#231;ais n'admettent pas le principe de r&#233;alit&#233;, je voudrais la regarder d'un point de vue positif en disant qu'ils ont des exigences en termes &#233;thiques ou sociaux qu'aujourd'hui, l'&#233;conomie de march&#233; semble ne pas &#234;tre en mesure de respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Je suis perplexe car on a eu une rafale de sondages qui montrent que les Fran&#231;ais sont majoritairement altermondialistes, contre l'&#233;conomie de march&#233; et anti-europ&#233;ens. Cela me fait fr&#233;mir et en m&#234;me temps je suis gagn&#233; par l'esprit positif de Denis Clerc alors je vais chercher un &#233;l&#233;ment positif dans tout cela. La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise est orpheline de l'Etat. L'Etat lui a manqu&#233; parce qu'au fond l'Etat a racont&#233; une histoire &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es. Le discours public qui a &#233;t&#233; tenu sur les &#233;volutions &#233;tait compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la r&#233;alit&#233;. On n'a cess&#233; de raconter une histoire qui n'&#233;tait pas l'histoire r&#233;elle ; l'histoire r&#233;elle c'est que depuis Vingt ou trente ans la France s'adapte &#224; marche forc&#233;e &#224; la mondialisation, &#224; l'int&#233;gration &#233;conomique europ&#233;enne et qu'elle y r&#233;ussit plut&#244;t bien dans un certain nombre de domaines. A c&#244;t&#233; de cela, nos hommes politiques, de gauche comme de droite n'ont cess&#233; de dire et de mettre ne valeur le fait que l'Etat d&#233;fendait les Fran&#231;ais contre la mondialisation et contre l'Europe alors que l'Etat &#233;tait un agent direct de cette action-l&#224;. M'occupant de l'&#233;volution des services publics autour des ann&#233;es 1980, j'&#233;tais sid&#233;r&#233; par la duplicit&#233; des autorit&#233;s politiques fran&#231;aises qui &#224; Bruxelles faisait avancer l'agenda de la lib&#233;ralisation et qui aussit&#244;t rentr&#233;e &#224; Paris disaient qu'ils &#233;taient l&#224; pour prot&#233;ger la population fran&#231;aise et qui mettaient en exergue, en valeur l'exceptionnalit&#233; du service public. Donc je crois que ce que les Fran&#231;ais expriment aujourd'hui c'est au mieux le fait qu'ils ne comprennent plus dans quel monde ils vivent et au pire leur d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard d'une classe politique qui n'a cess&#233; de leur raconter des histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Marseille :&lt;/strong&gt; Un peu la m&#234;me que celle d'Elie Cohen. J'ai compar&#233; ce sondage o&#249; 36% des Fran&#231;ais font confiance &#224; l'&#233;conomie de march&#233;. J'en ai un autre qui annonce que la consommation d'anti-d&#233;presseurs &#224; &#233;t&#233; multipli&#233;e par 10 dans les vingt derni&#232;res ann&#233;es. Effectivement si vous pensez que l'&#233;conomie de march&#233; n'est pas un facteur de progr&#232;s vous n'avez plus qu'&#224; consommer des anxiolytiques ou des anti-d&#233;presseurs. Il y a un vrai probl&#232;me ; on ne leur a pas enseigner ce qu'est le march&#233;. C'est un pays pour le moins curieux quand on sait que 55% du PIB est contr&#244;l&#233; par l'Etat puisque c'est la d&#233;pense publique. C'est une dr&#244;le d'&#233;conomie de march&#233; o&#249; la majorit&#233; des richesses produites transite pas l'Etat sous forme d'imp&#244;t, de d&#233;penses publiques ou de sant&#233;. Ce que les Fran&#231;ais expriment &#224; travers ce rejet de l'&#233;conomie de march&#233; c'est un monde d&#233;senchant&#233; o&#249; depuis environ 25 ans on leur raconte des histoires. Il faut bien voir tout de m&#234;me que la plus belle conversion de la France &#224; l'&#233;conomie de march&#233; s'est faite entre 1982-1983. Ceux qui ont r&#233;ussi la plus belle adaptation &#224; l'&#233;conomie de march&#233; sont ceux qui passent leur temps &#224; d&#233;noncer l'&#233;conomie de march&#233;. Alors les Fran&#231;ais en sont r&#233;duits &#224; consommer des anti-d&#233;presseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Heffer :&lt;/strong&gt; C'est une question difficile. Il me semble que Tocqueville avait d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233; des choses int&#233;ressantes l&#224;-dessus. Il disait entre autre qu'il y a toujours une dialectique entre la libert&#233; et l'&#233;galit&#233;. Il ajoutait que le Fran&#231;ais a toujours une tendance &#224; privil&#233;gier l'&#233;galit&#233; &#224; la libert&#233; alors qu'un am&#233;ricain lui au contraire privil&#233;gie syst&#233;matiquement la libert&#233;. Nous avons d&#233;j&#224; une diff&#233;rence de comportement psychologique qui s'explique par l'&#233;ducation, les structures etc. Mais cela se retrouve dans nombre de domaines. En France par exemple faire faillite c'est une honte, aux Etats-Unis pas du tout. Il y a une fameuse loi sur la banqueroute qui vous permet d'apurer vos comptes et vous repartez. Ce sont donc deux soci&#233;t&#233;s qui ne fonctionnement pas sur les m&#234;mes ressorts psychologiques. Ce sont des petites choses qui peuvent expliquer que les Fran&#231;ais &#224; l'&#233;gard du march&#233; n'ont pas la m&#234;me attitude que la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Pour les am&#233;ricains, le march&#233; est l'expression de la libert&#233; et celle-ci est la valeur essentielle. Ils sont pour l'&#233;galit&#233; mais l'&#233;galit&#233; des chances au d&#233;part mais pas du tout l'&#233;galit&#233; de r&#233;sultat. En France, il y a une sorte de jalousie latente par exemple pour obtenir d'un Fran&#231;ais l connaissance de ce qu'il gagne par mois, ce n'est pas facile m&#234;me lorsqu'il s'agit d'un fonctionnaire dont le salaire est publi&#233; partout. Un am&#233;ricain au contraire serait tr&#232;s content de vous dire combien il gagne parce que pour lui, cela le valorise. On dirait pour le Fran&#231;ais que plus il cache son patrimoine plus il se sent valoris&#233;. Je n'&#233;puise &#233;videmment pas la question avec cela car elle est autrement plus complexe mais il est vrai que l'on comprend assez mal ces r&#233;flexes. Prenons le mot social d&#233;mocrate : en France, c'est presque une injure alors que dans toute l'Europe du Nord c'est plut&#244;t positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Thiess :&lt;/strong&gt; La terminologie p&#232;se beaucoup nous l'avons v&#233;rifi&#233; d&#232;s le d&#233;but et jusqu'&#224; la fin. L'id&#233;e que l'on se fait d'une chose et la fa&#231;on dont on se la formule vaut autant et quelquefois prime sur la chose elle-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pr&#233;tendons pas &#233;puiser les questions que nous avons soulev&#233;e. J'esp&#232;re ne pas vous avoir &#233;puiser messieurs et je vous remercie de votre participation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.rdv-histoire.com" class="spip_out"&gt;Les Rendez-vous de l'Histoire&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chat &#034;lemonde.fr&#034; : &#034;Apr&#232;s la p&#233;riode 1978-1985, nous assistons &#224; une deuxi&#232;me vague de d&#233;sindustrialisation en France depuis 2002&#034;</title>
		<link>https://www.elie-cohen.eu/Chat-lemonde-fr-Apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague.html</link>
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		<dc:date>2008-02-24T15:40:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Emploi</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur lemonde.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre de lyon : La m&#233;diatisation de telle ou telle fermeture de site industriel entra&#238;ne-t-elle une sur&#233;valuation de la question de la d&#233;sindustrialisation fran&#231;aise par une sorte d'effet de loupe ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Elie Cohen : Non, nous assistons &#224; une deuxi&#232;me vague de d&#233;sindustrialisation en France depuis 2002. Nous avons perdu depuis cette date 500 000 emplois industriels. Nous n'avions pas connu de ph&#233;nom&#232;ne aussi marqu&#233; depuis la grande p&#233;riode de d&#233;sindustrialisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Economie-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;&#201;conomie europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Emploi-26-+.html" rel="tag"&gt;Emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/02/21/elie-cohen-economiste-apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague-de-desindustrialisation-en-france-depuis-2002_1014288_0_3.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre de lyon :&lt;/strong&gt; La m&#233;diatisation de telle ou telle fermeture de site industriel entra&#238;ne-t-elle une sur&#233;valuation de la question de la d&#233;sindustrialisation fran&#231;aise par une sorte d'effet de loupe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Non, nous assistons &#224; une deuxi&#232;me vague de d&#233;sindustrialisation en France depuis 2002. Nous avons perdu depuis cette date 500 000 emplois industriels. Nous n'avions pas connu de ph&#233;nom&#232;ne aussi marqu&#233; depuis la grande p&#233;riode de d&#233;sindustrialisation fran&#231;aise, la p&#233;riode 1978-1985. A cette &#233;poque, je vous le rappelle, nous avions perdu pr&#232;s d'un tiers de nos emplois industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut l&#233;gitimement s'inqui&#233;ter de l'acc&#233;l&#233;ration de la d&#233;sindustrialisation en France, d'autant que nous constatons en Europe d'autres pays qui font bien mieux, non seulement en s'industrialisant comme l'Irlande ou l'Espagne, mais en connaissant une d&#233;sindustrualisation moins marqu&#233;e qu'en France comme en Allemagne ou en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Davidx&lt;/strong&gt; : La d&#233;sindustrialisation se d&#233;finit-elle comme la fermeture des usines en France ou le d&#233;clin des entreprises industrielles au sein de l'&#233;conomie fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Le ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;sindustrialisation manifeste &#224; la fois que la part dans la valeur ajout&#233;e dans l'emploi et la production d&#233;cline. La d&#233;sindustrialisation est donc un ph&#233;nom&#232;ne relatif, il traduit le fait que l'industrie p&#232;se moins dans l'activit&#233; &#233;conomique nationale, et que des secteurs comme les services aux entreprises, les services aux personnes, le b&#226;timent et les travaux publics voient leur part de l'activit&#233; nationale cro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce qui rend la situation actuelle plus tendue, c'est qu'on assiste &#224; des destructions nettes d'emplois industriels, suite &#224; une s&#233;rie de fermetures d'usines. Le dernier chiffre dont nous disposons est celui de 2007, o&#249; nous avons enregistr&#233; une perte d'emplois industriels de 50 000. En r&#233;sum&#233;, la d&#233;sindustrialisation en France aujourd'hui est un ph&#233;nom&#232;ne relatif, mais aussi absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fred :&lt;/strong&gt; Chiffre-t-on pr&#233;cis&#233;ment le nombre d'emplois industriels perdus &#224; cause des d&#233;localisations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La d&#233;localisation stricto sensu consiste &#224; fermer une usine en France, &#224; la reconstituer dans un pays &#233;mergent, et &#224; r&#233;importer en France la production faite dans le pays &#233;mergent. Ainsi d&#233;finie, la d&#233;localisation industrielle est un ph&#233;nom&#232;ne marginal, n'expliquant, selon les &#233;tudes, que de 3 &#224; 10 % de l'emploi industriel disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, on peut consid&#233;rer que le ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;localisation est plus large, et qu'il devrait comprendre non seulement les usines ferm&#233;es, mais &#233;galement les changements d'approvisionnement pour des entreprises rest&#233;es en France et qui trouvent des fournisseurs hors de France, alors qu'ils les avaient auparavant en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas typique des composants automobiles. Et, dans une conception encore plus vaste, on pourrait ajouter les op&#233;rations dites de relocalisation qui consistent, pour une entreprise qui exportait &#224; partir de la France &#224; constituer une unit&#233; hors de France et exporter &#224; partir de cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, si la question des d&#233;localisations est tr&#232;s sensible, son importance num&#233;rique est relativement faible. En tout cas, la d&#233;localisation stricto sensu n'explique qu'une part tr&#232;s faible des destructions d'emploi industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Irgendeinbis :&lt;/strong&gt; N'y a t-il pas diff&#233;rents types d'industries, dont certaines ont vocation &#224; s'installer ailleurs voire dispara&#238;tre, tandis que d'autres peuvent rester dans un pays d&#233;velopp&#233; comme la France (moyennant une adaptation d'elle-m&#234;me et de son contexte) ? Le solde est-il fatalement n&#233;gatif au final ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La vraie question pour la France est qu'elle subit une concurrence &#224; la fois sur les produits de haut de gamme et de haute technologie, pour lesquels sa performance relative se d&#233;grade, et l&#224;, la faute est clairement &#224; imputer au manque d'investissements en R&amp;D et en innovation. Mais la France subit &#233;galement la concurrence sur les produits intenses en travail et o&#249; le co&#251;t du travail joue un r&#244;le important. C'est ce qui explique les pertes de parts de march&#233; de la France face aux pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la France ayant une sp&#233;cialisation moyenne mais fortement d&#233;pendante du taux de change, elle subit une concurrence suppl&#233;mentaire du fait de la d&#233;gradation du taux de change euro-dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, nous n'avons pas la sp&#233;cialisation haut de gamme, haute technologie, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, qui nous permettrait de nous immuniser contre la concurrence des pays d&#233;velopp&#233;s. Nous sommes par ailleurs trop chers pour vendre des produits banalis&#233;s. R&#233;sultat : notre performance se d&#233;grade et vis-&#224;-vis de nos partenaires europ&#233;ennes de la zone euro, et vis-&#224;-vis des pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Sorrel&lt;/strong&gt; : La d&#233;sindustrialisation est donc moins le fait de la division internationale du travail que d'un probl&#232;me structurel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La d&#233;sindustrialisation est un ph&#233;nom&#232;ne normal pour pays d&#233;v&#233;lopp&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, parce que la division internationale du travail conduit logiquement des pays &#233;mergents &#224; prendre une part plus importante de l'activit&#233; industrielle ; et d'autre part, parce que les consommateurs des pays d&#233;velopp&#233;s, en s'enrichissant, consomment de plus en plus de services et moins de produits industriels. La d&#233;sindustrialisation ne poserait donc pas de probl&#232;me si la France &#233;tait capable de renouveler son avantage comp&#233;titif et si la France &#233;tait capable de monter sur la cha&#238;ne de valeur en incorporant son travail cher dans des produits chers et tr&#232;s demand&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la France, c'est que depuis 1999, avec la formidable acc&#233;l&#233;ration du commerce international et de la croissance mondiale, elle n'a pas su r&#233;pondre &#224; cette demande nouvelle, pour une raison simple : la France manque de ce tissu de PME innovantes et exportatrices qui font le dynamisme de l'Allemagne, pour ne prendre qu'un exemple proche. La France a donc vu sa part de march&#233; dans les exportations en zone euro et hors zone euro baisser. A titre d'exemple, nous disposons en France de deux fois moins de ces grosses PME innovantes et exportatrices qu'en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ahmed Roubaix :&lt;/strong&gt; Pensez-vous que des secteurs forts comme le secteur automobile fran&#231;ais peuvent &#234;tre menac&#233;s &#224; terme ? Risque-t-on de voir un jour Renault Douai ou PSA Sochaux fermer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; L'une des grandes explications de la faiblesse actuelle du commerce ext&#233;rieur fran&#231;ais est la panne du secteur automobile depuis trois ans. Le secteur des transports terrestres, de l'automobile, a &#233;t&#233; classiquement un point fort de la sp&#233;cialisation fran&#231;aise. Pour des raisons qui tiennent au vieillissement des gammes, au caract&#232;re tardif de leur renouvellement, &#224; des probl&#232;mes de gamme notamment avec l'absence de v&#233;hicule hybride, la France a d&#233;croch&#233; au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les annonces faites par Renault et par PSA en mati&#232;re de renouvellement de gamme laissent esp&#233;rer un regain de parts de march&#233; perdues au cours des derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas se cacher qu'&#224; terme l'industrie automobile va conna&#238;tre elle aussi de grands bouleversements. Les annonces faites par Tata, avec le v&#233;hicule &#224; 1 500 euros, et les formidables capacit&#233;s de production install&#233;es en Chine auront un jour prochain un effet sur les march&#233;s europ&#233;ens, et notamment fran&#231;ais. Pour r&#233;pondre plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; votre question, il faut signaler que les constructeurs fran&#231;ais font l'essentiel de leur d&#233;veloppement, et depuis longtemps, hors de France. Il suffit de mentionner les d&#233;veloppements pour la zone Europe en Tch&#233;quie, en Slovaquie et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les constructeurs fran&#231;ais soient amen&#233;s &#224; fermer des sites en France, il faudrait une profonde d&#233;gradation de la situation, et notamment que le renouvellement de gamme ne r&#233;ussisse pas. Par exemple, si la Laguna 3 ne trouve pas son march&#233;, on peut avoir des inqui&#233;tudes pour Sandouville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Sorrel :&lt;/strong&gt; Les entreprises pharmaceutiques, point fort de notre &#233;conomie, sont-elles aussi vou&#233;es &#224; la d&#233;localisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; L'industrie pharmaceutique &#233;volue sur un mode singulier. Si l'on veut avoir une vision claire de l'avenir de la localisation de ce secteur, il faut distinguer cinq sous-secteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Dans les activit&#233;s de recherche et d&#233;veloppement, on constate une polarisation des activit&#233;s de recherche dans des pays comme les Etats-Unis, ou dans la r&#233;gion de Cambridge en Angleterre. Nous avons donc un probl&#232;me d'attractivit&#233; du territoire national pour les activit&#233;s de recherche et d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Pour &#233;laborer un nouveau m&#233;dicament, et surtout le faire reconna&#238;tre par les autorit&#233;s de r&#233;gulation, il faut une coop&#233;ration intime entre laboratoire pharmaceutique et syst&#232;me hospitalier pour la r&#233;alisation de tests cliniques. La France avait une position tr&#232;s avantageuse dans ce domaine, elle est en train de la perdre tr&#232;s rapidement au profit de pays d'Europe centrale et orientale comme la Pologne, ou de pays &#224; forte population comme l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le secteur de la fabrication des principes actifs : l&#224;, force est de constater que des pays nouveaux apparaissent et sont particuli&#232;rement attractifs pour la localisation de ces activit&#233;s, ce qui cr&#233;e une concurrence potentielle pour la France. Je pense &#224; l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Le secteur de la gal&#233;nique, i.e. la fabrication des pr&#233;parations pharmaceutiques sous forme de comprim&#233;s ou autre. La France a traditionnellement une position forte, mais qui peut &#233;voluer de mani&#232;re d&#233;favorable dans l'avenir si les laboratoires pharmaceutiques multinationaux en viennent &#224; consid&#233;rer la politique tarifaire de la S&#233;curit&#233; sociale comme peu r&#233;mun&#233;ratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Derni&#232;re activit&#233; : celle de marketing et distribution de produits pharmaceutiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;, la pr&#233;sence sur le territoire national est importante. Et comme la France est un tr&#232;s gros consommateur de m&#233;dicaments, elle restera un lieu de localisation de cette activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la position historique de la France en mati&#232;re de recherche, de d&#233;veloppement, d'essais cliniques et de production de principes actifs s'&#233;rode. Il est temps de s'en rendre compte et de mettre en place une politique dynamique de promotion des sciences du vivant. Cela passe par une r&#233;flexion sur l'attractivit&#233; du territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jerryaxe :&lt;/strong&gt; La fiscalit&#233; francaise est-elle un facteur aggravant de la situation industrielle francaise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; S'agissant de l'exemple que nous venons d'&#233;voquer, l'industrie pharmaceutique, ce n'est pas tant la fiscalit&#233; qui est d&#233;cisive, c'est plut&#244;t la politique de la S&#233;curit&#233; sociale. On a un conflit entre deux logiques parfaitement l&#233;gitimes : celle de la compression du co&#251;t du m&#233;dicament pour la S&#233;curit&#233; sociale, et celle d'une tarification avantageuse du m&#233;dicament qui attirerait sur le sol national des activit&#233;s industrielles pharmaceutiques. Plus g&#233;n&#233;ralement, le r&#244;le de la fiscalit&#233; joue bien entendu comme facteur de localisation, et nous connaissons parfaitement les probl&#232;mes fran&#231;ais : r&#244;le de l'imp&#244;t sur la fortune, r&#244;le des taux marginaux d'imposition &#224; l'IRPP, r&#244;le de la taxe professionnelle. Mais je ne crois pas que ces facteurs-l&#224; soient d&#233;cisifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important, c'est d'abord la qualit&#233; des infrastructures en &#233;quipement et en capital humain. Ce qui est important, c'est la qualit&#233; des institutions, la solidit&#233; du cadre institutionnel et sa stabilit&#233;. Ce qui est important, c'est la qualit&#233; de la vie. Et sur tous ces &#233;l&#233;ments-l&#224;, la France dispose de quelques atouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'avenir, il faudra int&#233;grer le fait que pour les activit&#233;s intenses en travail hautement qualifi&#233;, c'est Paris qui est en concurrence avec Londres, Berlin ou Barcelone. Il ne faut donc pas disperser ses moyens. Pour les activit&#233;s intenses en R&amp;D, il faut disposer de p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; qui ont une masse critique suffisante. De ce point de vue, nous nous sommes ridiculis&#233;s avec nos 71 p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; et avec des moyens financiers d&#233;risoires &#224; partager en un si grand nombre de p&#244;les. Pour les activit&#233;s industrielles, il faut offrir des sites parfaitement am&#233;nag&#233;s et garantir une fiscalit&#233; stable et pr&#233;visible sur la dur&#233;e de vie des investissements pr&#233;vus. S'agissant des sites de logistique, il faut que nous r&#233;visions un certain nombre de probl&#232;mes juridiques et sociaux pour que nos grands ports ne soient pas marginalis&#233;s. Je pense &#224; Marseille. Je pense &#233;galement &#224; la question du fret de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la sagesse commence avec la prise de conscience que nous sommes pour chaque activit&#233; en comp&#233;tition avec d'autres sites aussi bien &#233;quip&#233;s et avec des gouvernements attach&#233;s &#224; faire valoir les avantages sp&#233;cifiques de leurs propres sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penelope :&lt;/strong&gt; Il est donc souhaitable que l'Etat intervienne directement pour emp&#234;cher la d&#233;sindustrialisation de la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Il n'est pas dans le pouvoir du gouvernement d'emp&#234;cher la disparition d'activit&#233;s traditionnelles non comp&#233;titives et pour lesquelles il n'y a plus d'investisseurs disponibles. Il ne sert donc &#224; rien de pratiquer l'acharnement th&#233;rapeutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le gouvernement a un r&#244;le dans la promotion de la comp&#233;titivit&#233; du site industriel fran&#231;ais en d&#233;ployant plusieurs politiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) une politique visant &#224; favoriser l'innovation et la transformation d'innovations en activit&#233;s &#233;conomiques rentables. Cela passe par une politique de R&amp;D, une collaboration public-priv&#233;, des politiques financi&#232;res et fiscales pour l'essaimage, la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement d'entreprises innovantes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le gouvernement, et si possible les gouvernements europ&#233;ens, ont &#233;galement une responsabilit&#233; pour le d&#233;veloppement de grandes plates-formes technologiques dans des secteurs o&#249; l'investissement se r&#233;cup&#232;re &#224; tr&#232;s long terme. Je pense &#224; des secteurs comme l'&#233;nergie, le spatial, les technologies duales, les questions d'environnement, de sant&#233;. Dans tous ces secteurs, un r&#244;le d'incitation de la puissance publique est assur&#233;ment souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Les autorit&#233;s publiques locales doivent cr&#233;er les conditions de l'&#233;mergence de p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, ils doivent favoriser la mise en relation de financements publics et priv&#233;s d'universit&#233;s, de centres de recherche et d'entreprises locales autour de projets de d&#233;veloppement. De ce point de vue, la politique des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; &#233;tait une bonne id&#233;e. Il faudra simplement passer probablement de 70 p&#244;les &#224; une dizaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Les pouvoirs publics ont une responsabilit&#233; g&#233;n&#233;rale pour le d&#233;veloppement des activit&#233;s industrielles. Ils doivent donc veiller &#224; mettre en &#339;uvre des politiques fiscales et r&#233;glementaires incitatives. Si l'on veut par exemple que les usines de panneaux solaires ou d'&#233;oliennes se localisent sur des territoires europ&#233;ens, il faut avoir des dispositifs financiers et fiscaux ad&#233;quats. Car d'autres pays les ont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Enfin, si l'on consid&#232;re qu'il y a une responsabilit&#233; particuli&#232;re pour d&#233;velopper ces fameuses PME innovantes et exportatrices, alors, il faut mettre en &#339;uvre des politiques sp&#233;cifiquement d&#233;di&#233;es aux PME, pour les aider &#224; na&#238;tre, &#224; cro&#238;tre et &#224; se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On &#233;voque depuis trente ans l'importation en France du mod&#232;le de la &#034;small business administration&#034; am&#233;ricaine. Des premiers pas ont &#233;t&#233; faits, il faut y aller maintenant plus franchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freddie :&lt;/strong&gt; Nicolas Sarkozy a &#034;propos&#233;&#034; jeudi la cr&#233;ation d'un &#034;fonds national pour la r&#233;industrialisation&#034; des zones en reconversion, &#224; l'occasion d'une visite sur le site de l'ex-usine Metaleurop Nord &#224; Noyelles-Godault. Qu'en pensez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Je ne sais pas exactement ce qu'est un fonds de r&#233;industrialisation. Je connais des fonds, notamment le fonds europ&#233;en, qui g&#232;re les effets de la mondialisation et qui aide les sites industriels qui ont perdu une activit&#233; industrielle &#224; se reconvertir. C'est un type de politique. On peut imaginer qu'une politique d'am&#233;nagement du territoire vise &#224; favoriser la localisation d'activit&#233;s dans certaines zones d&#233;prim&#233;es, &#224; travers des avantages fiscaux. On se souvient notamment de la politique des zones franches. On peut &#233;galement concevoir un syst&#232;me qui abaisse les co&#251;ts de l'investissement pour une entreprise, avec des cadeaux fiscaux faits &#224; l'investisseur, notamment en mati&#232;re de taxe professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous ces dispositifs ne peuvent pas faire na&#238;tre une activit&#233; industrielle s'il n'y a pas un entrepreneur, avec un projet solide, avec des d&#233;bouch&#233;s et avec des financements. L'Etat ne peut pas se substituer &#224; l'entrepreneur industriel. Il peut tout au plus cr&#233;er un environnement favorable &#224; l'investissement et all&#233;ger le co&#251;t fiscal et social de l'investissement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dacharry Olivier :&lt;/strong&gt; Arrive-t-on &#224; la fin de la soci&#233;t&#233; industrielle en France, et allons-nous passer &#224; une &#233;conomie bas&#233;e sur le secteur tertiaire, voire financier comme en Angleterre ? Faut-il dans ce cas s'inqui&#233;ter du recul de l'industrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La r&#233;ponse est non. Aujourd'hui, alors m&#234;me que je viens de parler longuement de d&#233;sindustrialisation, on constate que plus de 70 % des exportations sont des exportations de biens industriels, 90 % de l'effort de R&amp;D portent sur des activit&#233;s de type industriel. Et de plus, les r&#233;gions &#233;conomiques qui croissent le plus vite, et en termes de valeur ajout&#233;e et en termes d'emploi, sont des r&#233;gions industrielles. Par ailleurs, un certain nombre d'&#233;conomistes contestent l'id&#233;e m&#234;me de d&#233;sindustrialisation puisqu'ils attribuent la baisse d'effectif industriel &#224; des strat&#233;gies d'externalisation dont la contrepartie se retrouve dans la croissance des effectifs du secteur des services aux entreprises. En d'autres termes, si l'on agr&#232;ge activit&#233; industrielle et service aux entreprises, on ne constate gu&#232;re de d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle conclusion en tirer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie est une activit&#233; structurante, son d&#233;veloppement ne se mesure pas simplement dans les statistiques d'activit&#233;s manufacturi&#232;res. Les services aux entreprises font partie de ce d&#233;veloppement. L'activit&#233; industrielle reste d&#233;cisive en mati&#232;re de commerce ext&#233;rieur et de R&amp;D. En m&#234;me temps, on peut dire que l'industrie se d&#233;mat&#233;rialise chaque jour davantage. Il y a 95 % d'activit&#233; immat&#233;rielle dans un composant &#233;lectronique, qui est pourtant un produit industriel. La vraie recette du succ&#232;s, c'est la combinaison de recherche intensive, de d&#233;veloppement, d'innovation, de cr&#233;ation, de marques, autant d'&#233;l&#233;ments immat&#233;riels qui font la vraie valeur de l'activit&#233; industrielle mat&#233;rielle. Il n'y a pas de d&#233;veloppement autonome de services sur fond de d&#233;sindustrialisation int&#233;grale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie a encore un bel avenir, surtout si l'on sait y d&#233;velopper la part d'immat&#233;riel, aujourd'hui d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chat mod&#233;r&#233; par Edouard Pflimlin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/02/21/elie-cohen-economiste-apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague-de-desindustrialisation-en-france-depuis-2002_1014288_0.html" class="spip_out"&gt;lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fonds souverains : restons calmes !</title>
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&lt;p&gt;Dans le bestiaire imaginaire des Fran&#231;ais les fonds souverains sont en passe de rejoindre les fonds de pension. Dot&#233;s de ressources illimit&#233;es, ils seraient soit les acteurs d'une nationalisation rampante des joyaux industriels et financiers du monde d&#233;velopp&#233;, soit des flibustiers fondant sur des proies industrielles pour des b&#233;n&#233;fices financiers &#224; court terme. Sont-ils une menace dont il conviendrait de se prot&#233;ger ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces fonds ont &#233;t&#233; invent&#233;s dans les ann&#233;es 1970 par des Etats qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elie-cohen.eu/+-Capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le bestiaire imaginaire des Fran&#231;ais les fonds souverains sont en passe de rejoindre les fonds de pension. Dot&#233;s de ressources illimit&#233;es, ils seraient soit les acteurs d'une nationalisation rampante des joyaux industriels et financiers du monde d&#233;velopp&#233;, soit des flibustiers fondant sur des proies industrielles pour des b&#233;n&#233;fices financiers &#224; court terme. Sont-ils une menace dont il conviendrait de se prot&#233;ger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fonds ont &#233;t&#233; invent&#233;s dans les ann&#233;es 1970 par des Etats qui avaient le souci du long terme et qui entendaient pr&#233;parer l'avenir en investissant en actifs tangibles une partie de la richesse accumul&#233;e au profit des g&#233;n&#233;rations futures. Les premiers &#224; avoir montr&#233; la voie sont les Norv&#233;giens qui n'ont pas voulu gaspiller la rente p&#233;troli&#232;re de la mer du Nord. Le probl&#232;me changerait il de nature avec l'extension du mod&#232;le aux Chinois, aux Russes et aux Arabes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'est pas simple. D'une part, des investisseurs issus du monde arabe russe ou chinois sont d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;sents dans les fonds de private equity. Ils interviennent de plus directement dans des acquisitions d'entreprises fran&#231;aises et europ&#233;ennes et nul ne s'en est &#233;mu jusqu'ici. D'autre part, les fonds souverains ont indiqu&#233; &#224; de nombreuses reprises que leur strat&#233;gie ne visait en aucun cas des prises de participation significatives et a fortiori la prise de contr&#244;le d'entreprises europ&#233;ennes ou am&#233;ricaines cot&#233;es ou non cot&#233;es. Preuve de leur bonne foi, ils entendent ne pas r&#233;clamer de si&#232;ges aux conseils d'administration, ni peser donc sur la strat&#233;gie et la d&#233;signation des dirigeants des firmes dans lesquelles ils investissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce qui justifie alors l'&#233;moi collectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fonds appartiennent &#224; des Etats et non &#224; des acteurs de march&#233;, ils ob&#233;iraient &#224; des logiques non marchandes, ils seraient des vecteurs de puissance politique, ils repr&#233;senteraient un danger potentiel pour la prosp&#233;rit&#233; et la souverainet&#233; des pays d&#233;velopp&#233;s. Bref, alors que les pays d&#233;velopp&#233;s n'ont cess&#233; de promouvoir la lib&#233;ralisation, la privatisation et la d&#233;r&#233;glementation, ils assisteraient impuissants &#224; une forme de &#171; nationalisation rampante &#187; au profit d'Etats qui n'adh&#232;rent gu&#232;re aux logiques de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois cas sont habituellement &#233;voqu&#233;s &#224; l'appui de ces th&#232;ses : le secteur financier victime de la crise des subprime, le secteur &#233;nerg&#233;tique victime d'un n&#233;o-souverainisme russe ou chinois, les secteurs de la d&#233;fense et des infrastructures, objet de multiples convoitises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons d'abord le secteur financier. Les CitiGroup, Merrill Lynch, Morgan Stanley et autres UBS ont abus&#233; des v&#233;hicules d'investissement hors bilan de l'arbitrage r&#233;glementaire et doivent aujourd'hui, en catastrophe, passer des provisions pour d&#233;pr&#233;ciation d'actifs non liquides, r&#233;int&#233;grer dans leurs bilans des risques qu'ils avaient sorti et reconstituer leurs fonds propres pour respecter les ratios de solvabilit&#233; ; ils se tournent vers les fonds souverains arabes, chinois et singapouriens pour trouver des capitaux. Cette qu&#234;te panique de fonds propres de la part des princes de Wall Street soul&#232;ve deux questions majeures. Comment expliquer la mont&#233;e en fl&#232;che des besoins de fonds propres des banques engag&#233;es dans les &#171; subprimes &#187; qui ont justifi&#233; l'appel aux fonds souverains ? Pourquoi les leaders mondiaux de la finance la plus sophistiqu&#233;e ne trouvent de financements qu'aupr&#232;s des fonds souverains ? La r&#233;ponse est d'abord &#224; chercher dans les r&#233;gulations prudentielles. L'adoption des IFRS et des normes de solvabilit&#233; de Bale ont eu un effet pro-cyclique qui n'avait pas &#233;t&#233; correctement anticip&#233;. En effet, la comptabilit&#233; en valeur de march&#233; (mark to market) valorise les actifs en haut de cycle et les d&#233;prime en cas de crise, accroissant ainsi les besoins de fonds propres au moment o&#249; il est le plus difficile d'en trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au recours aux fonds souverains, la r&#233;ponse est double. C&#244;t&#233; arabe et chinois ces fonds peuvent signer imm&#233;diatement de gros ch&#232;ques sans &#234;tre soumis &#224; de longues proc&#233;dures d'instruction de dossiers d'investissement et sans qu'il faille r&#233;unir nombre de comit&#233;s, d'experts et d'audits. C&#244;t&#233; am&#233;ricain la panique est telle que nul ne veut miser sur des banques dont on per&#231;oit mal l'exposition aux risques subprime, LBO ou cartes de cr&#233;dit. Si bien qu'il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que les fonds souverains sont des pr&#234;teurs de dernier ressort. On peut trouver paradoxal que le salut des plus grands groupes capitalistes mondiaux vienne de dirigeants communistes chinois ou de cheikhs arabes mais c'est bien ce qui se passe aujourd'hui et cette contribution &#224; la stabilisation du syst&#232;me financier mondial est incontestablement d&#233;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant du n&#233;o-souverainisme p&#233;tro-gazier russe v&#233;n&#233;zuelien ou chinois, on ne peut en faire un produit de l'action des fonds souverains. Mais quand le gouvernement russe, en parfaite osmose avec Gazprom et en invoquant des motifs vari&#233;s (environnementaux ou fiscaux), remet en cause les contrats pass&#233;s nagu&#232;re avec des groupes p&#233;troliers occidentaux et reprend le contr&#244;le de ses actifs &#233;nerg&#233;tiques, on peut parler du retour des Etats. Lorsque ce m&#234;me Gazprom ach&#232;te des actifs occidentaux dans la distribution de gaz alors que la r&#233;ciproque n'est pas possible, on a bien une relation dissym&#233;trique qui s'&#233;tablit et qui trouve sa source dans des r&#233;gimes &#233;conomiques diff&#233;rents. Lorsque PetroChina ou Gazprom viennent investir en Afrique, proposent de nouveaux partages de la rente et soutiennent des r&#233;gimes mis au ban des nations, l'inqui&#233;tude occidentale redouble car en filigrane se profile une bataille in&#233;gale pour l'acc&#232;s &#224; l'&#233;nergie. Les nations europ&#233;ennes en qu&#234;te de s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique ne sont pas sans moyens, pas plus que les grandes firmes &#233;nerg&#233;tiques occidentales, mais il est clair qu'un nouvel &#233;quilibre &#233;nerg&#233;tique &#233;merge et que les pays d&#233;velopp&#233;s ne s'y sont pas encore adapt&#233;s. Quoique n'&#233;tant pas des fonds souverains, les Gazprom et autres entreprises du m&#234;me type agissent comme si les contraintes de rentabilit&#233; et de diversification des risques ne s'appliquaient pas, comme si leurs r&#233;serves financi&#232;res &#233;taient infinies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier cas, enfin, les pays d&#233;velopp&#233;s craignent que des technologies sensibles (a&#233;ronautique-D&#233;fense) ou des infrastructures critiques tombent entre les mains d'investisseurs non d&#233;sir&#233;s, contr&#244;l&#233;s par des Etats aux int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents des n&#244;tres. Deux dossiers ont d&#233;fray&#233; la chronique, qui l&#224; encore ne concernent pas &#224; proprement parler des fonds souverains. VTB, une banque publique russe, a investi dans EADS &#224; hauteur de 5% et a voulu forcer les portes du Conseil d'administration du groupe europ&#233;en d'a&#233;ronautique et de d&#233;fense. &#192; peu pr&#232;s en m&#234;me temps, la Dubai Port Authority a tent&#233; d'acqu&#233;rir des ports am&#233;ricains. Dans les deux cas, pour des raisons de d&#233;fense nationale ou de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, on n'a pas fait suite aux demandes des investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure ? D'abord qu'aucun d&#233;cret de la Providence ne peut obliger les &#233;mergents et les pays p&#233;troliers &#224; mal g&#233;rer leurs ressources. Apr&#232;s avoir gaspill&#233; et subi des pertes de change sur leurs placements, ils ont appris aujourd'hui &#224; mieux g&#233;rer leurs ressources et m&#234;me &#224; profiter d'un rapport de forces qui leur est devenu favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, deux principes doivent gouverner les r&#233;ponses qu'on apporte &#224; l'action de ces fonds : universalit&#233; de la r&#232;gle et sp&#233;cialisation des instruments. Comme investisseurs, les fonds souverains doivent respecter les r&#232;gles communes d'information de transparence de publicit&#233; des comptes. Comme candidats potentiels &#224; l'acquisition d'actifs critiques dans les domaines de la s&#233;curit&#233;, ces investisseurs doivent respecter les politiques nationales protectrices. Europ&#233;ens et Am&#233;ricains disposent d'un solide arsenal juridique pour prot&#233;ger leurs actifs sensibles au nom de la s&#233;curit&#233; ext&#233;rieure comme de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure. Ils peuvent de plus faire jouer la clause de r&#233;ciprocit&#233; pour l'investissement dans le secteur &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il faut &#233;viter que les rem&#232;des puissent &#234;tre pire que le mal : imposer &#224; la Caisse des d&#233;p&#244;ts de jouer avec l'argent des &#233;pargnants ou des futurs retrait&#233;s pour offrir un bouclier au capital national n'est ni raisonnable ni appropri&#233;. On peut en revanche redonner &#224; l'&#233;pargnant le go&#251;t de l'investissement en actions. De m&#234;me, les r&#233;gulations prudentielles cens&#233;es garantir la s&#233;curit&#233; de l'investissement ne doivent pas se transformer en machine &#224; aggraver la crise bancaire en situation de crise financi&#232;re. Il faudra donc rouvrir le chantier de B&#226;le 2.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telos-eu.com" class="spip_out"&gt;telos&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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