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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La relance, investissement d'avenir</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/La-relance-investissement-d-avenir.html</link>
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		<dc:date>2008-12-02T10:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>



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&lt;p&gt;Article paru dans Lib&#233;ration et sur le site de Terra Nova dans le cadre d'un dossier intitul&#233; &#034;La croissance, une id&#233;e de gauche&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; On pr&#234;te &#224; la crise des vertus : elle permettrait &#224; l'ancien de dispara&#238;tre, elle lib&#233;rerait le capital et favoriserait la mobilit&#233;. La &#171; purge &#187; acquiert ainsi une dignit&#233; acad&#233;mique dans les manuels. Cette vision est infirm&#233;e dans le monde r&#233;el : la crise d&#233;truit des entreprises innovantes car elles ne peuvent se financer, elle ralentit l'investissement dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2008-.html" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et sur le site de &lt;i&gt;Terra Nova&lt;/i&gt; dans le cadre d'un dossier intitul&#233; &#034;La croissance, une id&#233;e de gauche&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On pr&#234;te &#224; la crise des vertus : elle permettrait &#224; l'ancien de dispara&#238;tre, elle lib&#233;rerait le capital et favoriserait la mobilit&#233;. La &#171; purge &#187; acquiert ainsi une dignit&#233; acad&#233;mique dans les manuels. Cette vision est infirm&#233;e dans le monde r&#233;el : la crise d&#233;truit des entreprises innovantes car elles ne peuvent se financer, elle ralentit l'investissement dans le capital humain car il peut toujours &#234;tre diff&#233;r&#233;, elle jette sur le pav&#233; des salari&#233;s qui ne peuvent se r&#233;employer. Se r&#233;signer &#224; la r&#233;cession n'est donc simplement pas une hypoth&#232;se acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant relancer l'&#233;conomie quand les caisses sont vides, stimuler la demande quand la comp&#233;titivit&#233; d&#233;cline et anticiper sur une politique europ&#233;enne coordonn&#233;e ? La r&#233;ponse est trois fois oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que la relance budg&#233;taire et fiscale est la plus adapt&#233;e quant un &#233;quilibre de sous-activit&#233; s'installe, quand la politique mon&#233;taire est moins efficace, et quand l'aversion au risque est maximale. Ensuite parce que la r&#233;cession va &#234;tre s&#233;v&#232;re. Enfin parce qu'une action coordonn&#233;e europ&#233;enne, infiniment plus efficace qu'une relance solitaire, se fait attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Prendre acte du fait qu'en phase r&#233;cessive l'investissement dans l'innovation, le capital humain, les &#233;quipements collectifs est doublement n&#233;cessaire. Il apporte un soutien &#224; l'activit&#233;, il pr&#233;pare l'avenir. Les investissements dans les &#233;quipements collectifs, les technologies propres, les &#233;nergies renouvelables doivent donc &#234;tre soutenus par des incitations financi&#232;res et fiscales mais aussi par l'investissement direct de l'Etat et des collectivit&#233;s locales. M&#234;me les projets, un moment envisag&#233;s en partenariat public-priv&#233; doivent &#234;tre pris en charge directement par la puissance publique car le financement priv&#233; est tari. Barack Obama veut saisir l'opportunit&#233; de la crise pour b&#226;tir les infrastructures de demain, il entend lancer un &#171; new deal vert &#187; : faisons en sorte que le Grenelle de l'environnement ne soit pas un catalogue de belles intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relance de l'offre ne suffit pas pour autant. Il y a aussi la demande : une mesure simple consistant &#224; envoyer un ch&#232;que de 600 euros &#224; tous les m&#233;nages dont les revenus sont inf&#233;rieurs &#224; un seuil &#224; fixer aurait un effet imm&#233;diat sur la consommation. Cette mesure peut &#234;tre accompagn&#233;e d'aides plus cibl&#233;es pour des publics sp&#233;cifiques. Cette politique, appliqu&#233;e aux Etats-unis mais aussi en Espagne, a eu des effets imm&#233;diats sur l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan est-il compatible avec nos engagements europ&#233;ens ? N'aggrave-t-il pas la propension bien fran&#231;aise &#224; accumuler les d&#233;ficits et &#224; accro&#238;tre la dette en temps de crise sans jamais les r&#233;sorber en temps de reprise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE a en fait d&#233;j&#224; pris acte des &#171; circonstances exceptionnelles &#187; qui conduisent &#224; retarder le retour &#224; l'&#233;quilibre des finances publiques, elle a inscrit &#224; son agenda une relance de 1.5% du PIB. La France a certes un probl&#232;me de cr&#233;dibilit&#233;, nul ne croit &#224; ses engagements d'&#233;quilibrer ses finances publiques m&#234;me par temps calmes. Pour restaurer cette cr&#233;dibilit&#233; le think tank Bruegel propose de gager les lib&#233;ralit&#233;s budg&#233;taires d'aujourd'hui sur des r&#233;formes structurelles qui permettront demain un retour aux grands &#233;quilibres. On sait que les d&#233;ficits courants en France naissent des d&#233;s&#233;quilibres r&#233;currents des comptes sociaux : leurs r&#233;formes sont n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait trouver cette volont&#233; de conformit&#233; &#224; nos engagements europ&#233;ens excessive : l'urgence ne commande-t-elle pas de faire feu de tout bois ? En fait un d&#233;rapage contr&#244;l&#233; de nos finances publiques est dans notre meilleur int&#233;r&#234;t car les march&#233;s de la dette souveraine se tendent. Aujourd'hui la France n'a gu&#232;re de mal &#224; se financer sur les march&#233;s, mais la Gr&#232;ce, le Portugal et l'Italie ont d&#233;j&#224; des difficult&#233;s. Seule une strat&#233;gie cr&#233;dible de croissance et de retour aux &#233;quilibres financiers dans un cadre europ&#233;en permettra &#224; la France d'emprunter et de ma&#238;triser la conjoncture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.tnova.fr/" class="spip_out"&gt;Terra Nova&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien : de la crise financi&#232;re des subprimes &#224; la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Entretien-de-la-crise-financiere-des-subprimes-a-la-Societe-Generale.html</link>
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		<dc:date>2008-04-25T13:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mauvais temps pour la finance. &#201;t&#233; 2007 : aux &#201;tats-Unis, &#233;clate la crise des subprimes dont on ne compte plus les dommages collat&#233;raux. Janvier 2008, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale est frapp&#233;e par la fraude la plus importante de l'histoire de la banque fran&#231;aise. Le syst&#232;me devient-il fou ? Faut-il faire le proc&#232;s de la finance ? Sur le banc des accus&#233;s : la r&#233;gulation et le contr&#244;le interne. Monsieur &#201;lie Cohen, &#233;conomiste, directeur de recherche au CNRS, professeur &#224; Sciences Po et membre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mauvais temps pour la finance. &#201;t&#233; 2007 : aux &#201;tats-Unis, &#233;clate la crise des subprimes dont on ne compte plus les dommages collat&#233;raux. Janvier 2008, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale est frapp&#233;e par la fraude la plus importante de l'histoire de la banque fran&#231;aise. Le syst&#232;me devient-il fou ? Faut-il faire le proc&#232;s de la finance ? Sur le banc des accus&#233;s : la r&#233;gulation et le contr&#244;le interne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur &#201;lie Cohen, &#233;conomiste, directeur de recherche au CNRS, professeur &#224; Sciences Po et membre du Conseil d'analyse &#233;conomique, a bien voulu r&#233;pondre &#224; nos questions. Il nous livre ici son regard d'expert.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revue Lamy droit des affaires : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur fond de crise des subprimes, l'annonce la fraude colossale r&#233;alis&#233;e &#224; la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale a de quoi &#233;branler la confiance de l'opinion publique dans le secteur financier. Selon vous, que doivent craindre aujourd'hui ceux qui ont confi&#233; leurs int&#233;r&#234;ts &#224; la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale et, plus globalement, tous les consommateurs de services financiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lie Cohen :&lt;br class='autobr' /&gt;
Une banque universelle ce sont trois institutions financi&#232;res sous un m&#234;me toit : une banque de d&#233;tail, un gestionnaire d'actifs et un hedge fund. La banque de d&#233;tail n'est en rien concern&#233;e par l'affaire actuelle. Tout d'abord, les d&#233;p&#244;ts &#224; la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale sont garantis par une agence publique en cas de d&#233;faut de la banque. Et de toute fa&#231;on, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, dans sa partie banque de d&#233;tail, n'a absolument aucun probl&#232;me, ni de solvabilit&#233;, ni de gestion des comptes. Il n'y a pas eu de placement effectu&#233; avec l'argent des d&#233;posants qui aurait &#233;t&#233; risqu&#233;. En un mot, les d&#233;posants ne risquent absolument rien dans l'activit&#233; &#171; banque de d&#233;tail &#187;. Au niveau fantasmatique on peut craindre que la banque veuille &#171; se refaire &#187; en augmentant ses tarifs mais on peut faire confiance aux organisations de consommateurs pour d&#233;noncer cette tentation &#233;ventuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en cause, ce sont des op&#233;rations effectu&#233;es par le d&#233;partement trading de la banque &#171; financement et investissement &#187;. Par le pass&#233;, les banques fran&#231;aises r&#233;pondaient au principe de sp&#233;cialisation. Impossible, &#224; l'&#233;poque, d'&#234;tre &#224; la fois une banque commerciale, une banque d'affaires et un investisseur financier. Depuis des r&#233;formes intervenues dans les ann&#233;es 1980, on peut &#234;tre tout cela &#224; la fois. C'est parce que ces trois m&#233;tiers, qui avant &#233;taient s&#233;par&#233;s, sont aujourd'hui r&#233;unis sous un m&#234;me toit que, lorsqu'il y a une difficult&#233; dans l'une des activit&#233;s, les gens, par confusion, croient que les autres activit&#233;s sont concern&#233;es. Mais, encore une fois, les d&#233;posants n'ont aucune inqui&#233;tude &#224; se faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me aspect, certains investisseurs ont, au cours des derniers mois, choisi des SICAV de tr&#233;sorerie &#224; performance renforc&#233;e. Ils ont voulu prendre plus de risques qu'avec des SICAV traditionnelles en optant, par exemple, pour des SICAV de gestion alternative. Or, dans ces produits-l&#224;, il y avait parfois des subprimes titris&#233;s. C'est pour cela que l'on a connu des difficult&#233;s sur certaines SICAV de la BNP Paribas au mois d'ao&#251;t 2007, lorsque deux d'entre elles ont &#233;t&#233; ferm&#233;es. Idem pour certaines des SICAV de tr&#233;sorerie de Oddo. Donc, l&#224;, oui, difficult&#233;s il y a eu. Mais, th&#233;oriquement, uniquement pour des investisseurs avertis, qui avaient voulu prendre des risques suppl&#233;mentaires pour doper la performance de leurs SICAV de tr&#233;sorerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me cas, les op&#233;rations d'arbitrage faites par le trader Kerviel et qui ont fous d&#233;nou&#233;es, dans les pires circonstances, ont fait perdre &#224; la banque 4,9 Milliard d'euros. Ces pertes bien entendu ont un impact sur les r&#233;sultats de la banque et donc sur les actionnaires de la banque. En r&#233;sum&#233;, le seul impact des op&#233;rations de fraude qui viennent d'&#234;tre r&#233;v&#233;l&#233;es &#224; la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale est subi par les actionnaires puisque le cours de leurs actions a baiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut donc bien distinguer les trois situations diff&#233;rentes que je viens d'exposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RLDA : &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a tout de m&#234;me de quoi s'&#233;tonner dans cette affaire. L'on sait que l'activit&#233; d'un trader est soumise &#224; un nombre pl&#233;thorique de contr&#244;les. Faut-il malgr&#233; tout d&#233;duire de ces &#233;v&#233;nements que le contr&#244;le interne des banques est encore trop laxiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E.C. :&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'il y a eu une fraude magistrale, on peut d'ores et d&#233;j&#224; dire que le syst&#232;me de contr&#244;le, non seulement de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, mais aussi des autres soci&#233;t&#233;s qui proc&#232;dent &#224; ce type d'op&#233;rations, doit &#234;tre revu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que dans une banque, sur les op&#233;rations de trading, il y a d'abord le contr&#244;le de la hi&#233;rarchie (ici, apparemment, il a failli), puis le contr&#244;le du risque, puis encore le contr&#244;le de la tr&#233;sorerie, ensuite un contr&#244;le ext&#233;rieur par la chambre de compensation, et encore un contr&#244;le par l'audit interne, etc. On d&#233;nombre au moins cinq boucles de contr&#244;les, qui, dans cette affaire de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, n'ont pas fonctionn&#233; comme elles auraient d&#251;. La banque a tent&#233; de donner des explications de ces d&#233;faillances. Elle a fait savoir que J&#233;r&#244;me Kerviel, le trader mis en cause, avait d&#233;j&#224; offici&#233; par le pass&#233; dans le back office et le middle office. Il connaissait donc ces syst&#232;mes de contr&#244;le et a pu les d&#233;tourner. On apprend aussi qu'il avait gard&#233; des codes lui permettant d'acc&#233;der &#224; des syst&#232;mes auxquels il n'aurait pas d&#251; avoir acc&#232;s. &#192; tout le moins, donc, il y a eu une certaine l&#233;g&#232;ret&#233; puisque ces codes n'ont pas &#233;t&#233; remplac&#233;s suffisamment rapidement. Mais quand on formule cette objection, on nous r&#233;pond que ce trader n'&#233;tait pas seulement un fraudeur &#171; g&#233;nial &#187;, mais aussi un hacker. Tout ceci d&#233;note une culture permissive du contr&#244;le du risque que la justice devra qualifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au del&#224; du cas d'esp&#232;ce, il est clair que le processus de contr&#244;le de ce type d'op&#233;rations est faillible et il faut donc revoir le syst&#232;me dans son ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'explication ultime donn&#233;e est que ce trader faisait des op&#233;rations non risqu&#233;es car couvertes &#224; tout moment. Il ne faisait donc pas des paris directionnels. Mais comme il inventait des couvertures que le contr&#244;le interne ne d&#233;celait pas c'&#233;tait donc des paris directionnels.. Donc l&#224; encore, grave d&#233;faillance du syst&#232;me de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, on vient d'apprendre que la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale a mandat&#233; un audit ext&#233;rieur charg&#233; d'examiner les syst&#232;mes de contr&#244;le de ses salles de march&#233;. Encore une fois la justice fera la lumi&#232;re, elle &#233;tablira la part de responsabilit&#233; personnelle du trader, une &#233;ventuelle tol&#233;rance de la hi&#233;rarchie, et d'&#233;ventuelles faiblesses dans les syst&#232;mes de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RLDA : &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ne faut-il pas pointer une autre d&#233;faillance : celle de la r&#233;gulation financi&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E.C. :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, il y a trois probl&#232;mes diff&#233;rents. Le premier est que les pays occidentaux ont choisi, collectivement, depuis 20 ans, de passer du syst&#232;me compartiment&#233;, sp&#233;cialis&#233;, segment&#233; dont on avait h&#233;rit&#233; apr&#232;s la crise de 1929 &#224; un syst&#232;me de banque universelle. Je m'explique. Bien entendu, quand on vivait dans un syst&#232;me bas&#233; sur la sp&#233;cialisation et la s&#233;paration, on &#233;vitait certains des risques que nous venons de mentionner. Mais, en contrepartie, on rencontrait des inconv&#233;nients majeurs, qui ont conduit &#224; la d&#233;cision de lib&#233;raliser le syst&#232;me. Cela a permis un formidable d&#233;veloppement de la finance et, avec le temps, il est apparu qu'il y avait une finance r&#233;gul&#233;e (essentiellement la finance bancaire, celle du cr&#233;dit) et une finance non r&#233;gul&#233;e (celle des hegde funds, des sovereign funds, du private equity, etc). Donc, premier probl&#232;me : il faut se poser la question de savoir si les secteurs non r&#233;gul&#233;s ne doivent pas &#234;tre r&#233;gul&#233;s, puisqu'&#224; partir du moment o&#249; il y a du &#171; non r&#233;gul&#233; &#187;, il y a de la porosit&#233; dans le syst&#232;me financier. Or certaines op&#233;rations financi&#232;res innovantes vont syst&#233;matiquement du c&#244;t&#233; du non r&#233;gul&#233;, ce qui pr&#233;sente des risques potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me probl&#232;me maintenant : une fois que l'on a admis qu'il y a un besoin de r&#233;gulation, la question est de savoir s'il faut recourir &#224; la r&#233;gulation externe ou s'il convient de privil&#233;gier l'autor&#233;gulation. En mati&#232;re prudentielle, la r&#233;gulation se fait, dans le monde occidental, dans le cadre du comit&#233; de B&#226;le. Ce comit&#233;, jusqu'&#224; pr&#233;sent, fonctionnait &#224; la satisfaction g&#233;n&#233;rale et a d'abord &#233;difi&#233; les r&#232;gles dites &#171; B&#226;le I &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ont m&#234;me alors estim&#233; qu'il fallait rel&#226;cher un peu la contrainte. D'un certain point de vue, c'est ce que fait &#171; B&#226;le II &#187;. L'id&#233;e de B&#226;le II est la suivante : les syst&#232;mes financiers bancaires et les op&#233;rations de trading sont tellement complexes, qu'on a estim&#233; qu'il ne pouvait pas y avoir de r&#233;gulation ext&#233;rieure totalement int&#233;gr&#233;e. Il a donc &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; qu'il valait mieux inciter les banques &#224; d&#233;velopper leur propre syst&#232;me de r&#233;gulation et de contr&#244;le du cr&#233;dit, quitte &#224; ce que le comit&#233; de B&#226;le expertise ou audite ces autor&#233;gulations bancaires. La situation est donc telle que m&#234;me le comit&#233; de B&#226;le a renonc&#233; &#224; la r&#233;guler en d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il faut sans doute r&#233;guler davantage et renforcer les pouvoirs du comit&#233; de B&#226;le. Car nous voyons bien les failles graves du syst&#232;me &#233;tabli. Je crois qu'apr&#232;s la crise que l'on vient de conna&#238;tre, il convient de remettre l'ouvrage sur le m&#233;tier et se demander s'il ne faut pas, malgr&#233; tout, une intrusion plus pouss&#233;e de la r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RLDA : &lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;vision de &#171; B&#226;le II &#187; alors qu'il est tout fra&#238;chement entr&#233; en vigueur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E.C. :&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, certainement, il faudrait remettre &#171; B&#226;le II &#187; sur le tapis pour un &#171; B&#226;le III &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un autre probl&#232;me s'est fait jour avec la fraude de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale. Quand une banque a une difficult&#233;, c'est au gouverneur de la Banque de France et au pr&#233;sident de l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers qu'elle en r&#233;f&#232;re. Dans les op&#233;rations de Monsieur Kerviel, c'est surtout les contrats DAX allemands et les FOOTSIE anglais qui &#233;taient concern&#233;s. La chute qui est intervenue a donc retenti, bien s&#251;r sur le march&#233; fran&#231;ais, mais aussi sur les march&#233;s &#233;trangers. D'o&#249; cette question : le moment n'est-il pas venu de nous doter d'un r&#233;gulateur financier europ&#233;en au-del&#224; des autorit&#233;s de r&#233;gulation prudentielles nationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RLDA : &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, on a pu lire que cette affaire &#171; met &#224; mal le peu de foi qui restait dans les banques occidentales &#187; (Daily Telegraph). Pensez-vous &#233;galement que notre syst&#232;me financier est aujourd'hui en situation de naufrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E.C. :&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai ici encore deux observations &#224; faire. La crise financi&#232;re qui a d&#233;but&#233; dans les mauvais cr&#233;dits immobiliers am&#233;ricains puis a touch&#233; progressivement tout le syst&#232;me du cr&#233;dit et de l'assurance financi&#232;re : crise du subprim,e de la titrisation, puis crise de solvabilit&#233; des grandes banques US, et maintenant une crise de monoline .... nous avons assist&#233; &#224; une v&#233;ritable chute de dominos.. C'est assez inqui&#233;tant ! Dans ce contexte, je comprends qu'on se pose la question de revoir l'organisation du syst&#232;me de cr&#233;dit, de renforcer les contr&#244;les et de mieux veiller &#224; la solvabilit&#233; des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, ce qui est tr&#232;s frappant, c'est qu'au d&#233;but, on pouvait penser que ce n'&#233;tait qu'une crise du mauvais risque am&#233;ricain. Puis, on a vu que c'est devenu celle de la Northern Rock qui a pouss&#233; les britanniques &#224; sortir dans la rue pour aller retirer leurs &#233;conomies. Ensuite, on a appris que les banques r&#233;gionales allemandes, sorte de Caisses d'&#233;pargne locales, notamment l'IKB, avaient &#233;t&#233; gravement touch&#233;es. Il a fallu en organiser rapidement le sauvetage. Maintenant, c'est le tour de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale. Et &#231;a ne s'arr&#234;te pas l&#224;. La principale banque priv&#233;e suisse vient d'annoncer des pertes colossales, les plus grandes de son histoire (11 milliards $). Donc il y a vraiment des raisons de se dire que la finance globale et virtuelle finit par avoir des effets sur l'&#233;conomie r&#233;elle. Il est d&#232;s lors n&#233;cessaire de repenser le syst&#232;me, de revoir les bons niveaux de la r&#233;gulation et du renforcement des contr&#244;les. J'en reviens donc, pour conclure, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un B&#226;le III. A l'agenda de cette n&#233;gociation il faudra traiter la r&#233;gulation indirecte des acteurs non r&#233;gul&#233;s (hedge funds, fonds souverains...) la certification des syst&#232;mes de contr&#244;le de risque interne, la pr&#233;vention des effets procycliques des r&#233;gulations actuelles, l'instauration d'une autorit&#233; prudentielle dot&#233;e de pouvoirs v&#233;ritables etc ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Delphine Chemin-Bomben&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lamy.fr/modules/produits/publications/fiche_produit.php?from=home&amp;id=472" class="spip_out"&gt;Revue Lamy droit des affaires&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale : la direction pouvait-elle tout ignorer ? </title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Societe-Generale-la-direction-pouvait-elle-tout-ignorer.html</link>
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		<dc:date>2008-01-28T13:53:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Oui : &lt;br class='autobr' /&gt;
Un trader qui, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es pass&#233;es dans le back office, conna&#238;t parfaitement les proc&#233;dures de contr&#244;le informatique, ma&#238;trisant tout autant les contr&#244;les al&#233;atoires que syst&#233;matiques, ainsi que ceux r&#233;alis&#233;s par les &#233;quipes du contr&#244;le des risques, peut techniquement prendre des positions et les loger dans des comptes en attente, ou parall&#232;les &#224; ceux de la banque, sans que personne ne le voit. En faisant syst&#233;matiquement rouler ses positions avant l'&#233;ch&#233;ance des contrats, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2008-.html" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Finance-mondiale-+.html" rel="tag"&gt;Finance mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trader qui, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es pass&#233;es dans le back office, conna&#238;t parfaitement les proc&#233;dures de contr&#244;le informatique, ma&#238;trisant tout autant les contr&#244;les al&#233;atoires que syst&#233;matiques, ainsi que ceux r&#233;alis&#233;s par les &#233;quipes du contr&#244;le des risques, peut techniquement prendre des positions et les loger dans des comptes en attente, ou parall&#232;les &#224; ceux de la banque, sans que personne ne le voit. En faisant syst&#233;matiquement rouler ses positions avant l'&#233;ch&#233;ance des contrats, il pouvait tr&#232;s bien passer au travers des mailles des proc&#233;dures de contr&#244;le. Et en augmentant sa mise pour combler ses pertes et &#233;chapper ainsi aux appels de marges de la chambre de compensation, il a fait petit &#224; petit grossir ses positions sans jamais avoir &#224; faire d&#233;bourser de l'argent &#224; la banque. D'autant que le m&#233;canisme des compensations des pertes et des gains sur les contrats &#224; terme fonctionne par &#233;tablissement, et non par trader. Ce qui signifie que ses pertes, s'il en avait, pouvaient &#234;tre compens&#233;es par les gains de la banque sur d'autres portefeuilles, et ainsi &#234;tre quasi invisibles pour la chambre de compensation. Par leur ampleur, ces positions devaient-elles n&#233;cessairement &#234;tre d&#233;tect&#233;es ? Pour &#234;tre importantes dans l'absolu, les sommes de 50 &#224; 70 milliards d'euros doivent &#234;tre relativis&#233;es dans une activit&#233; qui vit sur de tr&#232;s faibles marges r&#233;alis&#233;es sur des volumes colossaux que traitent quotidiennement les traders : souvenez vous que le fonds LTCM avait 1200 milliards de positions pour 5 milliards de fonds propres. En clair, la direction a tr&#232;s bien tout ignorer pendant quelques semaines. Ce qui peu cr&#233;dible, c'est que le trader ait pu agir en toute impunit&#233; pendant plus d'un an. De m&#234;me l'argument de la faute &#224; pas de chance ne tient pas, c'est la d&#233;cision de d&#233;nouer brutalement et massivement les positions du trader qui sont &#224; la source des pertes massives constat&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.latribune.fr/" class="spip_out"&gt;La Tribune&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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