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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>Licences UMTS et r&#233;gulation</title>
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		<dc:subject>Telecom</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>ARCEP</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'attribution de licences UMTS en France a donn&#233; lieu &#224; un &#233;tonnant chass&#233; crois&#233; entre partisans et adversaires des ench&#232;res, chacun d&#233;fendant en th&#233;orie une doctrine et appliquant en pratique celle de l'adversaire. Comment trouver autrement une coh&#233;rence, &#224; un processus en deux &#233;tapes o&#249; l'Etat changea de r&#232;gle du jeu en cours de route divisant par 8 au passage la part fixe de la redevance ? Pour Roger Guesnerie, c'est parce que les pouvoirs publics en France croient &#224; la soumission (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Marche-unique-Euro-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; unique-Euro&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'attribution de licences UMTS en France a donn&#233; lieu &#224; un &#233;tonnant chass&#233; crois&#233; entre partisans et adversaires des ench&#232;res, chacun d&#233;fendant en th&#233;orie une doctrine et appliquant en pratique celle de l'adversaire. Comment trouver autrement une coh&#233;rence, &#224; un processus en deux &#233;tapes o&#249; l'Etat changea de r&#232;gle du jeu en cours de route divisant par 8 au passage la part fixe de la redevance ? Pour Roger Guesnerie, c'est parce que les pouvoirs publics en France croient &#224; la soumission comparative qu'ils ont de fait adopt&#233; le r&#233;sultat des ench&#232;res britanniques pour fixer le niveau de la redevance lors de la premi&#232;re attribution. Tout en proclamant les exigences du service public, la volont&#233; de promouvoir les technologies de l'information et le souci de prot&#233;ger les acteurs industriels nationaux, le gouvernement fran&#231;ais a choisi une proc&#233;dure de soumission comparative avec une redevance cal&#233;e sur le r&#233;sultat de l'ench&#232;re britannique. La correction op&#233;r&#233;e &#224; la marge pour tenir compte de la densit&#233; de la population et de la dur&#233;e de la concession illustre bien ce primat des ench&#232;res. &lt;br /&gt;
Les ench&#232;res successives ayant r&#233;v&#233;l&#233; des valorisations de plus en plus faibles des licences, les pouvoirs publics fran&#231;ais ont us&#233; des libert&#233;s que laisse la soumission comparative pour aligner la redevance demand&#233;e aux op&#233;rateurs fran&#231;ais sur les r&#233;sultats des ench&#232;res europ&#233;ennes les moins disantes. Ainsi pour sauver France Telecom et soulager SFR on a red&#233;couvert les souplesses de la soumission comparative et du droit de la redevance.&lt;br /&gt;
Ce double paradoxe est plaisant, il illustre certes le primat du politique mais davantage le r&#244;le d&#233;cisif de la motivation fiscale de l'Etat dans l'issue du processus. Hors de France, la proc&#233;dure est jug&#233;e s&#233;v&#232;rement, l'Etat y aurait perdu sa cr&#233;dibiliit&#233;, compromettant au passage une m&#233;thode d'attribution des fr&#233;quences plus transparente et moins contestable que les classiques concours de beaut&#233;. Et pourtant dans un contexte technologique turbulent, avec des march&#233;s tr&#232;s incertains, ce bricolage fran&#231;ais para&#238;t mieux tenir le choc qu'ailleurs en Europe o&#249; les autorit&#233;s en charge ne sont pas revenues sur leurs choix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour ou contre : L'ouverture d'EDF &#224; la concurrence</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Pour-ou-contre-L-ouverture-d-EDF-a-la-concurrence.html</link>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>
		<dc:subject>Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour : &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et d'int&#233;gration europ&#233;enne, le probl&#232;me de savoir si on lib&#233;ralise ou non l'&#233;lectricit&#233; se pose d'une mani&#232;re particuli&#232;re. Il faut tenir compte de certaines contraintes. Seule une politique publique peut faire de la pr&#233;vision &#224; long terme et tenir compte des n&#233;cessit&#233;s &#233;cologiques (lutte contre l'effet de serre). &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, les Fran&#231;ais estiment que la tarification doit &#234;tre identique sur tous les points du territoire et qu'il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Marche-unique-Euro-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; unique-Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Energie-+.html" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Reformes-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Commission-de-regulation-de-l-energie-+.html" rel="tag"&gt;Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et d'int&#233;gration europ&#233;enne, le probl&#232;me de savoir si on lib&#233;ralise ou non l'&#233;lectricit&#233; se pose d'une mani&#232;re particuli&#232;re. Il faut tenir compte de certaines contraintes. Seule une politique publique peut faire de la pr&#233;vision &#224; long terme et tenir compte des n&#233;cessit&#233;s &#233;cologiques (lutte contre l'effet de serre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les Fran&#231;ais estiment que la tarification doit &#234;tre identique sur tous les points du territoire et qu'il est normal de donner &#224; tous un acc&#232;s &#224; l'&#233;nergie &#224; un prix raisonnable. Mais il s'agit aussi d'assumer la libre circulation de l'&#233;lectricit&#233; au niveau europ&#233;en, il faut donc favoriser les interconnexions entre les diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; r&#233;aliser l'ouverture ? Je suis partisan de la position adopt&#233;e par la France, &#224; savoir lib&#233;ralisation totale du secteur des usages professionnels, car la dynamique concurrentielle va avoir des effets d'optimisation du service. Pour les particuliers, ce n'est pas aussi &#233;vident, dans la mesure o&#249; c'est moins la concurrence en elle-m&#234;me qui fait baisser les prix que l'&#233;nergie utilis&#233;e pour produire de l'&#233;lectricit&#233;. Si les prix sont plus bas en France qu'en Angleterre, par exemple, on le doit au fait que nous produisons &#224; 80 % notre &#233;lectricit&#233; avec du nucl&#233;aire, alors qu'outre-Manche, les compagnies d'&#233;lectricit&#233; utilisent le gaz dont les prix ont flamb&#233;. M&#234;me mal g&#233;r&#233;e (sureffectifs et surco&#251;ts de gestion), EDF reste plus comp&#233;titive que les entreprises &#233;trang&#232;res gr&#226;ce au choix du nucl&#233;aire fait il y a plus de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, la France refuse la lib&#233;ralisation totale. EDF veut devenir un op&#233;rateur europ&#233;en, il m&#232;ne une strat&#233;gie agressive d'acquisition de firmes. Les gouvernements &#233;trangers acceptent difficilement que leurs privatisations servent l'entreprise nationalis&#233;e EDF ; ils n'acceptent pas non plus qu'EDF soit prot&#233;g&#233;e par son statut 100 % public. L'ouverture du capital r&#233;glera le probl&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au total, je consid&#232;re qu'avec 65 % d'ouverture, le march&#233; fran&#231;ais sera de fait lib&#233;ralis&#233;, m&#234;me si l'ouverture &#224; la concurrence vers les particuliers ne se fera pas dans de brefs d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.60millions-mag.com/page/bases.4_espace_interactif.2_pour_ou_contre_.1_debats_des_mois_precedents./Item-itm_ccc_admin_20030506161012_161012_LouverturedEDFlaconcurren.txt/&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;L'article sur le site de 60 Millions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.60millions-mag.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;60 Millions de Consommateurs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>EDF</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/EDF.html</link>
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		<dc:date>2002-03-01T13:57:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Entretien au Nouvel Observateur, Mars 2002. &lt;br class='autobr' /&gt; Nouvel Observateur - EDF a pr&#233;sent&#233; la semaine derni&#232;re des r&#233;sultats en baisse de pr&#232;s de 30 %.. ...Au moment o&#249; l'ouverture du capital est en d&#233;bat, cela tombe mal ! Elie Cohen - Cela aurait pu &#234;tre pire. Sans la reprise programm&#233;e de provisions li&#233;e &#224; la r&#233;n&#233;gociation des contrats de retraitement de d&#233;chets nucl&#233;aires avec la Cogema, qui a permis &#224; EDF de r&#233;cup&#233;rer un milliard d'euros les comptes tombaient carr&#233;ment dans le rouge ! (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien au &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, Mars 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; - EDF a pr&#233;sent&#233; la semaine derni&#232;re des r&#233;sultats en baisse de pr&#232;s de 30 %.. ...Au moment o&#249; l'ouverture du capital est en d&#233;bat, cela tombe mal !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - Cela aurait pu &#234;tre pire. Sans la reprise programm&#233;e de provisions li&#233;e &#224; la r&#233;n&#233;gociation des contrats de retraitement de d&#233;chets nucl&#233;aires avec la Cogema, qui a permis &#224; EDF de r&#233;cup&#233;rer un milliard d'euros les comptes tombaient carr&#233;ment dans le rouge ! Cette d&#233;gradation des r&#233;sultats r&#233;sulte d'abord de la politique &#233;nerg&#233;tique d&#233;cid&#233;e par le gouvernement : la place croissante accord&#233;e aux &#233;nergies renouvelables, telle que l'&#233;nergie &#233;olienne, extr&#234;mement co&#251;teuse, ont lourdement pes&#233; sur les comptes. Il y a ensuite le co&#251;t du d&#233;veloppement international qui a grev&#233; la rentabilit&#233;. Il y a enfin les premiers effets de la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O&lt;/i&gt;. - Mais cette course &#224; l'International est-elle bien raisonnable ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - Elle est m&#234;me vitale. Apr&#232;s neuf ans de d&#233;bats, l'Europe a fait le choix de la lib&#233;ralisation graduelle du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. Au sommet de Barcelone, 14 pays europ&#233;ens, ont choisi d'acc&#233;l&#233;rer le rythme de l'ouverture et la France a fini par y consentir. En 2004, 65% du march&#233; sera ouvert &#224; la concurrence. EDF, qui pressentait ces &#233;volutions depuis longtemps, a compris la n&#233;cessit&#233; de se d&#233;velopper &#224; l'&#233;tranger, ne serait ce que pour offrir un avenir &#224; son personnel ! Si elle perd la moiti&#233; de son march&#233; national, sans se d&#233;velopper &#224; l'ext&#233;rieur, comme la croissance de la consommation d'&#233;lectricit&#233; est faible, ce sont les 2/3 de ses effectifs qu'il lui faudra supprimer ou placer chez ses concurrents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Mais ces acquisitions, avec le probl&#232;me des &#171; survaleurs &#187;, ont pes&#233; tr&#232;s lourd sur les comptes...EDF ne risque t elle pas d'&#234;tre victime du syndrome France Telecom ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - La strat&#233;gie d'Edf &#224; l'international n'est pas limpide, l'entreprise tient elle vraiment &#224; &#234;tre un op&#233;rateur majeur en Am&#233;rique Latine ? S'agissant de l'Europe, jusqu'ici EDF a mis beaucoup d'argent pour acqu&#233;rir des participations minoritaires. Le probl&#232;me est qu'il faut passer la vitesse sup&#233;rieure et prendre le contr&#244;le op&#233;rationnel et capitalistique des entreprises partiellement contr&#244;l&#233;es en Allemagne, Italie, Espagne ... Mais on est loin des folies de France Telecom. Il n'y a pas de bulle &#233;lectrique, comme il pouvait y avoir une bulle t&#233;l&#233;com. De plus lorsqu'un nouvel entrant s'attaque &#224; un march&#233;, il surpaye toujours un peu son acquisition. EdF doit donc continuer et faire la preuve qu'elle peut gagner de l'argent dans des contextes plus difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O&lt;/i&gt;. - Fran&#231;ois Roussely a parl&#233; de besoins de l'ordre de 18 milliards d'euros, dans les ann&#233;es &#224; venir. Qui va payer ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - Pour l'instant, l'entreprise a consomm&#233; beaucoup du cash disponible. Mais elle va avoir besoin de moyens importants, pour transformer des participations en filiales, mais aussi pour r&#233;aliser les investissements n&#233;cessaires &#224; la modernisation des &#233;quipements. L'Etat actionnaire n'apportera pas plus d'argent demain pour financer l'intrernational qu'il n'en a apport&#233; hier pour financer le programme electro-nucl&#233;aire. Et donc m&#234;me si EdF g&#233;n&#232;re un cash formidable, elle aura besoin demain de capitaux frais pour financer sa croissance et son red&#233;ploiement. La lib&#233;ralisation du march&#233;, l'internationalisation, et la croissance g&#233;n&#232;rent des besoins en capital : voil&#224; pourquoi il faudra ouvrir le capital d'EDF... C'est m&#233;canique. Pas politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Les salari&#233;s sont ils pr&#234;ts &#224; accepter cette ouverture du capital...La mont&#233;e en puissance de Sud aux derni&#232;res &#233;lections n'est elle pas le signe d'un refus devant l'&#233;volution ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - Cette pouss&#233;e de Sud est un &#233;piph&#233;nom&#232;ne. Les politiques vivent avec le fantasme de la France plong&#233;e dans le noir. En v&#233;rit&#233;, les agents d'EDF sont pr&#234;ts, d'autant que personne ne parle de remettre en cause leur statut ni leurs conditions de travail. Au total, la r&#233;forme d'EdF s'est &#233;tal&#233;e sur 15 ans, et la condition des salari&#233;s s'est am&#233;lior&#233;e. L'&#233;volution millim&#233;trique du statut &#224; co&#251;ts croissants. c'est peut &#234;tre &#231;a, le mod&#232;le fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O&lt;/i&gt;. - L'Etat doit il en c&#233;der le contr&#244;le ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - Je ne le pense pas. L'Etat doit maintenir une pr&#233;sence p&#233;renne dans une activit&#233; aussi sensible que le nucl&#233;aire. Il ne s'agit donc pas de privatiser EDF, mais simplement de lui donner les moyens de se d&#233;velopper en ouvrant le capital. Il y a d'ailleurs maintenant un consensus politique sur cette question, avec simplement des diff&#233;rences de degr&#233; et de modalit&#233;. Les uns pensent que l'Etat doit simplement mettre une partie du capital en bourse. D'autres pr&#233;f&#233;reraient faire entrer les collectivit&#233;s locales et les salari&#233;s dans le capital avant de s'adresser &#224; la bourse pour lever des fonds. Si la gauche gagne les &#233;lections, on peut lui faire confiance pour trouver les mots, m&#233;nager les symboles, et faire les adaptations n&#233;cessaires au nom de la d&#233;fense du service public. Mais il y a urgence. Les compteurs tournent. Il faudra &#234;tre en ordre de bataille pour 2004 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.0&lt;/i&gt;. - Justement, EDF est-elle pr&#234;te ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen.&lt;/strong&gt; - Certes, EDF n'est pas g&#233;r&#233;e comme une entreprise qui compte ses sous... Un gestionnaire scrupuleux pourrait traquer les sureffectifs, les structures redondantes, les avantages indus. Mais il y a un prix &#224; la r&#233;forme et EdF est riche. Sa chance, c'est encore une fois le nucl&#233;aire. Avec l'allongement de 10 ans de la dur&#233;e de vie des centrales, plus le temps pass&#233;, plus la marge d&#233;gag&#233;e par un parc &#233;lectrique amorti sera importante... Gr&#226;ce &#224; cela, et m&#234;me si elle dissipe ses ressources, EDF reste la meilleure entreprise electrique europ&#233;ene&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;N.O.&lt;/i&gt; - Mais le choix du nucl&#233;aire est de plus en plus contest&#233;...?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; - Oui, il faudra &#224; terme diminuer la part du nucl&#233;aire. Mais cela a un prix : Entre l'&#233;nergie &#233;olienne et le nucl&#233;aire amorti, le rapport en termes de co&#251;ts est de 1 &#224; 10 ! Le pr&#233;sident d'EDF a r&#233;clam&#233; une hausse de tarifs de 5%, qui lui a pour l'instant &#233;t&#233; refus&#233;e par Matignon. Il faudra r&#233;gler ce probl&#232;me le moment venu . Un fond auquel devront abonder tous les nouveaux entrants sur ce march&#233; est pr&#233;vu &#224; cet effet mais il ne faut pas se raconter d'histoire plus on fait de place &#224; l'&#233;olien et plus la facture du consommateur final s'alourdira. Au total, penser qu'on va remplacer le nucl&#233;aire par les &#233;oliennes n'est pas s&#233;rieux. Le nucl&#233;aire est l&#224;, il est rentable et il nous permet de tenir les objectifs du protocole de Kyoto, car il ne rejette pas de gaz carbonique comme le charbon ou le p&#233;trole. Bref le nucl&#233;aire offre aujourd'hui un double dividende &#233;conomique et &#233;cologique et je ne vois gu&#232;re d' alternative cr&#233;dible &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://permanent.nouvelobs.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien &#224; Tribune Juive</title>
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&lt;p&gt;Economiste de renom, Elie Cohen revient sur les th&#232;mes qui lui sont chers, la mondialisation et la nouvelle &#233;conomie, &#224; l'occasion de la sortie du livre &#171; Le politique saisi par l'&#233;conomie &#187;. Il &#233;voque &#233;galement sa jud&#233;it&#233;, sur laquelle il est d'ordinaire si discret... &lt;br class='autobr' /&gt; Tribune Juive : Dans cet ouvrage, vous consacrez un long article aux cons&#233;quences &#233;conomiques du 11 septembre, o&#249; vous montrez que face au terrorisme, la demande d'Etat a &#233;t&#233; tr&#232;s forte aux Etats-Unis. Peut-on appliquer ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Economiste de renom, Elie Cohen revient sur les th&#232;mes qui lui sont chers, la mondialisation et la nouvelle &#233;conomie, &#224; l'occasion de la sortie du livre &#171; Le politique saisi par l'&#233;conomie &#187;. Il &#233;voque &#233;galement sa jud&#233;it&#233;, sur laquelle il est d'ordinaire si discret...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tribune Juive&lt;/i&gt; : Dans cet ouvrage, vous consacrez un long article aux cons&#233;quences &#233;conomiques du 11 septembre, o&#249; vous montrez que face au terrorisme, la demande d'Etat a &#233;t&#233; tr&#232;s forte aux Etats-Unis. Peut-on appliquer ce sch&#233;ma &#224; Isra&#235;l ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; : Le 11 septembre a montr&#233; en effet qu'on ne peut pas privatiser les fonctions r&#233;galiennes de l'Etat. Apr&#232;s cet attentat, les Am&#233;ricains ont red&#233;couvert les missions de s&#233;curit&#233; et de sant&#233; publique que seul l'Etat peut assumer/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Israel, qui depuis sa cr&#233;ation est un Etat en armes n'a jamais cru qu'on pouvait privatiser la s&#233;curit&#233; dans les a&#233;roports et ce n'est donc pas par hasard que les Etats Unis se tournent vers Israel pour repenser leur syst&#232;me de s&#233;curit&#233; a&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;TJ&lt;/i&gt; : Vous abordez &#233;galement dans cet ouvrage l'avenir de la nouvelle &#233;conomie. Pensez-vous que l'effondrement de ce secteur a co&#251;t&#233; cher &#224; Isra&#235;l ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;EC &lt;/strong&gt; : Isra&#235;l a &#233;t&#233; un des moteurs du d&#233;veloppement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) dans le monde. Israel a su r&#233;ussir le secret alliage de la recherche, de l'innovation et du d&#233;bouch&#233; rapide sur le march&#233; ? Il a su marier l'argent public et l'argent priv&#233;. Enfin, l'absence de tout patriotisme industriel a permis aux jeunes pousses de se faire rapidement coter aux Etats-Unis et de passer sous le contr&#244;le d'entreprises am&#233;ricaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le revers de la m&#233;daille, c'est que l'Etat H&#233;breu est devenu tr&#232;s d&#233;pendant de la nouvelle &#233;conomie et qu'il subit en ce moment de mani&#232;re douloureuse l'&#233;clatement de la bulle sp&#233;culative. Avec l'intifada et la fin de la bulle de l'internet on a l'explication de la crise actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;TJ&lt;/i&gt; : Le th&#232;me de la mondialisation, qui vous est cher, est analys&#233; dans ce livre sous un angle contestataire. Que pensez-vous des mouvements anti-mondialisation ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;EC &lt;/strong&gt; : La contestation de la mondialisation renforce la mondialisation. Du reste les antimondialistes d'hier se sont transform&#233;s en avocats d'une mondialisation mieux ma&#238;tris&#233;e, mieux r&#233;gul&#233;e. Par ailleurs beaucoup de leurs revendications sont justifi&#233;es, car le syst&#232;me actuel est d&#233;s&#233;quilibr&#233;. Les pays du Sud peuvent &#224; juste titre faire valoir que leurs concessions n'ont pas &#233;t&#233; pay&#233;es de retour. Les &#233;cologistes, les d&#233;fenseurs des cultures nationales ou plus simplement les d&#233;fenseurs des salari&#233;s peuvent faire valoir que le crit&#232;re commercial l'emporte trop souvent. Enfin, il est vrai que l'OMC ou le FMI p&#233;sent d'un poids plus lourd que l'OMS ou l'Unesco. Le gouvernement &#233;conomique mondial est donc incomplet, d&#233;s&#233;quilibr&#233; g&#233;ographiquement et politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;TJ&lt;/i&gt; : Ne croyez-vous pas qu'il y a parfois un fonds antis&#233;mite dans la critique de la mondialisation, d&#233;peinte comme r&#232;gne de la finance et de l'argent-roi, aux mains de quelques uns ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;EC&lt;/strong&gt; : Le discours anti-mondialisation est vari&#233;, dans sa composante radicale il rejoint l'anti-capitalisme &#233;ternel. Ce qui me frappe plut&#244;t c'est la facilit&#233; avec laquelle &#224; Durban des ONG de toute origine ont communi&#233; dans l'hostilit&#233; &#224; Israel. Des ONG caritatives musulmanes et des groupes palestiniens ont fait un remarquable travail de d&#233;monisation d'Israel. Pour Israel, pour les juifs, pour les d&#233;fenseurs des droits de l'homme c'est un immense &#233;chec, source de bien des d&#233;convenues futures. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;TJ &lt;/i&gt; : Pensez-vous qu'on assiste aujourd'hui &#224; un regain de l'antis&#233;mitisme en France ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;EC&lt;/strong&gt; : je crois que l'un des probl&#232;mes majeurs de la France est l'int&#233;gration des six millions de Musulmans. La France les a culturellement d&#233;structur&#233;s, sans parvenir &#224; les int&#233;grer au mod&#232;le r&#233;publicain. C'est le signe de l'&#233;chec de la politique de la ville et des banlieues, de la r&#233;forme du coll&#232;ge, et de la lutte contre les in&#233;galit&#233;s face &#224; l'&#233;ducation, au logement... &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;linquance et les incivilit&#233;s s'expliquent d'abord par ce ph&#233;nom&#232;ne social et &#233;conomique. Dans ce contexte, je pense que les Juifs sont les victimes collat&#233;rales, pas les cibles, de cette r&#233;volte. Je ne crois pas &#224; un antis&#233;mitisme &#171; beur &#187; ou musulman. Je crois plut&#244;t &#224; une perte de rep&#232;res, &#224; une int&#233;gration manqu&#233;e et &#224; une qu&#234;te d'identit&#233;s de substitution, lorsqu'ils simulent l'Intifada dans les banlieues, par exemple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant je ne suis pas na&#239;f, je sais que la communaut&#233; musulmane est travaill&#233;e par des minorit&#233;s actives violentes et antis&#233;mites. Le probl&#232;me existe donc et il ne sert &#224; rien de le nier. Mais il ne sert &#224; rien de pratiquer l'amalgame et il faut &#233;viter d'agiter le drapeau rouge de l'antis&#233;mitisme au moindre trouble dans les banlieues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;TJ&lt;/i&gt; : Comment vivez-vous votre juda&#239;sme ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;EC&lt;/strong&gt; : Pour le petit juif de Mekn&#232;s, n&#233; au Maroc, la promesse de la R&#233;publique a &#233;t&#233; largement tenue. J'ai r&#233;pondu &#224; vos questions, mais je ne me consid&#232;re pas comme &#171; un intellectuel &#187;, et encore moins comme un &#171; intellectuel juif &#187;. Je n'interviens pas dans les affaires de la cit&#233; en cette qualit&#233;. Je suis un professionnel de l'&#233;conomie voil&#224; tout. Je suis fier de mes origines, mais je n'aspire pas &#224; jouer un r&#244;le quelconque dans la communaut&#233; juive. Il faut beaucoup d'audace pour s'avancer sur la sc&#232;ne publique et prendre position.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>France Telecom : L'heure des comptes</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/France-Telecom-L-heure-des-comptes.html</link>
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		<dc:date>2002-02-01T17:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Telecom</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;6 ans apr&#232;s l'accession de Michel Bon &#224; la pr&#233;sidence de France Telecom, 4 ans apr&#232;s la lib&#233;ralisation du secteur des Telecom, 20 mois apr&#232;s l'acquisition d'Orange , pour FT et ses dirigeants l'heure des comptes approche. 6 ans c'est en effet la bonne distance pour juger d'une strat&#233;gie, de sa mise en &#339;uvre et de ses premiers r&#233;sultats. D'autant que FT a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien constant de son actionnaire public et qu'il a donc pu d&#233;ployer sa strat&#233;gie sans avoir &#224; se soumettre aux pressions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;6 ans apr&#232;s l'accession de Michel Bon &#224; la pr&#233;sidence de France Telecom, 4 ans apr&#232;s la lib&#233;ralisation du secteur des Telecom, 20 mois apr&#232;s l'acquisition d'Orange , pour FT et ses dirigeants l'heure des comptes approche. 6 ans c'est en effet la bonne distance pour juger d'une strat&#233;gie, de sa mise en &#339;uvre et de ses premiers r&#233;sultats. D'autant que FT a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien constant de son actionnaire public et qu'il a donc pu d&#233;ployer sa strat&#233;gie sans avoir &#224; se soumettre aux pressions contradictoires des march&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle a donc &#233;t&#233; cette strat&#233;gie et comment l'&#233;valuer avec le recul.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 6 ans, FT a fait trois choix successifs en mati&#232;re de portefeuille d'activit&#233;s et de d&#233;veloppement international. &lt;br /&gt;
Le premier, h&#233;rit&#233; de l'&#232;re Roulet, consistait &#224; profiter de la d&#233;r&#233;glementation et de la lib&#233;ralisation mondiale des Telecom pour avancer sur les mobiles par ses propres moyens et dans le fixe avec l'appui de Deutsche Telekom et de Sprint. Cette strat&#233;gie va voler en &#233;clats suite &#224; l'incapacit&#233; av&#233;r&#233;e de FT et de DT &#224; faire de leur alliance autre chose qu'un pr&#233;texte &#224; usage domestique pour le premier - l'alliance industrielle franco-allemande comme condition de la privatisation partielle et de la r&#233;sistance &#224; BT -, et tactique pour le second -se renforcer dans l'alliance avant de partir &#224; la conqu&#234;te du monde-. Le faire part de d&#233;c&#232;s de l'alliance sera envoy&#233; par DT lorsqu'il d&#233;clarera son int&#233;r&#234;t pour Telecom Italia. Au terme de ce premier moment strat&#233;gique, FT se d&#233;couvre d&#233;muni au niveau europ&#233;en, dot&#233; d'actifs en cours d'appr&#233;ciation dans les services informatiques, les composants &#233;lectroniques, les op&#233;rateurs de Telecom au Mexique, en Belgique et ailleurs mais sans relais de croissance significatif hors de France.&lt;br /&gt;
Une nouvelle strat&#233;gie s'imposait, M.Bon va imprimer sa marque. Croyant aux vertus cr&#233;atives de l'endettement pour une entreprise g&#233;n&#233;rant un cash formidable et fort des 20 milliards d'Euros de plus values potentielles h&#233;rit&#233;es de l'&#232;re Roulet, il va se constituer un tr&#233;sor imaginaire et partir &#224; la chasse aux acquisitions. Au nom de la complementarit&#233; fixe-mobiles FT acqui&#232;re un op&#233;rateur de c&#226;ble en Hollande - Casema - qu'il entend associer &#224; un op&#233;rateur mobile Dutchtone. C'est &#233;galement sur cette base que FT entre sur le march&#233; britannique en payant un ticket d'entr&#233;e &#233;lev&#233; dans l'op&#233;rateur de c&#226;ble NTL et se met sur les rangs pour acqu&#233;rir une licence mobile de 3&#232;me g&#233;n&#233;ration. Au passage FT rate l'op&#233;ration E+ et essaie de se rattraper en entrant dans le capital de Mobilcom, un revendeur de services en t&#233;l&#233;phonie fixe et mobile en Allemagne. &lt;br /&gt;
FT, malgr&#233; ces acquisitions, h&#233;site toutefois &#224; s'engager pleinement dans la course aux valorisations des clients mobiles. Il critique les conditions ruineuses accept&#233;es par Mannesmann pour prendre le contr&#244;le d'Orange.&lt;br /&gt;
Au moment o&#249; Vodafone, qui avait choisi, une strat&#233;gie de pur op&#233;rateur mobile, triomphe avec la prise de contr&#244;le de Mannesmann, FT est dans l'impasse : il a englouti des fortunes dans des acquisitions en Allemagne et en Royaume Uni sans b&#233;n&#233;fice apparent, sa pr&#233;sence en Italie et en Espagne est symbolique. Pour FT, soumis &#224; une forte pression des march&#233;s financiers, l'acquisition d'Orange, que Vodafone doit vendre, est vitale . Avec Orange, on peut raconter au march&#233; une histoire, celle de l'ancien monopole devenu 2&#232;me op&#233;rateur mondial de mobiles, sans Orange Ft se trouve afflig&#233; d'une s&#233;rie d'acquisitions co&#251;teuses et sans synergies. Les dirigeants d'Orange et de Vodafone qui le savent vont tirer un prix astronomique de la cession d'Orange. Dans l'euphorie qui suit l'annonce, nul ne remarque le fantastique pari que repr&#233;sente l'engagement de payer cash &#224; terme100% de l'acquisition. R&#233;ussir ce pari supposait que trois conditions soient r&#233;unies 1- Le maintien &#224; un niveau durablement sup&#233;rieur &#224; 100 euros du cours de FT, 2- Un app&#233;tit soutenu des march&#233;s pour les titres des filiales mobiles, 3- Un succ&#232;s rapide de l'UMTS. 2001 fut une &#171; annus horribilis &#187; Krach des valeurs Telecom, recul des perspectives de d&#233;ploiement de l'UMTS, d&#233;crue r&#233;guli&#232;re de l'ARPU.&lt;br /&gt;
Depuis l'acquisition d'Orange, France Telecom a donc op&#233;r&#233; un nouveau tournant, il n'a plus d'yeux que pour les mobiles, le &#171; new age &#187; et le &#171; fang shui &#187;. Ayant amass&#233; une dette himalayenne pour r&#233;aliser ses objectifs de croissance, FT s'est organis&#233; en trois p&#244;les ayant vocation &#224; conna&#238;tre une autonomie relative : Wanadoo dans l'internet, Orange dans les mobiles et Equant dans les services aux grands comptes internationaux, chapeaut&#233;s par une soci&#233;t&#233; m&#232;re qui porte aussi la t&#233;l&#233;phonie fixe. Le d&#233;sendettement est devenu le ma&#238;tre mot, tout lui est sacrifi&#233; : cession d'un parc immobilier pour moins de 3 mm d'euros, ventes au plus bas de STM, de Sema, de Sprint, de TPS etc ... La question n'est plus de savoir si FT est en difficult&#233;, c'est aujourd'hui av&#233;r&#233;. Le probl&#232;me est de savoir si dans sa forme actuelle FT peut survivre et &#224; plus court terme s'il doit financi&#232;rement solder ses aventures r&#233;centes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par les comptes . Que va afficher FT comme provisions et comme pertes pour l'exercice 2001 ? &lt;br /&gt;
L'op&#233;rateur franco-britannique Orange capitalise 36 milliards d'euros ce qui est moins que le prix pay&#233; par FT pour acheter le seul Orange britannique qui &#224; l'&#233;poque pesait &#224; peu pr&#232;s le tiers de l'ensemble. Fin 2000 sur 30 M de clients, la moiti&#233; venait de France et moins du tiers du Royaume Uni. Que vaut Orange UK aujourd'hui ? Sur la base des derniers cours connus, moins de 15 milliards d'Euros, or cette soci&#233;t&#233; est inscrite dans les comptes de FT pour pr&#232;s de 45 milliards d'Euros. FT va-t-il provisionner de 25, 20 ou m&#234;me 10 milliards d'Euros cette participation ?&lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me grande acquisition r&#233;alis&#233;e fut Mobilcom en Allemagne. Ft y a investi 3,63 milliard d'euros pour 28,5 % du capital. Ft a par ailleurs pr&#234;t&#233; 400 Millions d'Euros pour la construction du r&#233;seau UMTS. FT si l'on en croit le fondateur de l'entreprise s'est engag&#233; &#224; financer &#224; hauteur de 10 milliards d'Euros le d&#233;ploiement du r&#233;seau UMTS. Enfin Ft s'est engag&#233; &#224; racheter au Pr&#233;sident fondateur ses actions &#224; un prix non divulgu&#233;. Quel est le risque de FT ? Compte tenu de la profonde d&#233;sorganisation du march&#233; des mobiles en Allemagne (6 licences UMTS pour pr&#232;s de 50 milliards d'Euros) des difficult&#233;s de la t&#233;l&#233;phonie fixe, il est raisonnable de d&#233;pr&#233;cier d'au moins 3 milliards d'euros la participation actuelle. Si Mobilcom, comme c'est probable, voit ses difficult&#233;s s'aggraver et si l'option de vente consentie &#224; Mr Schmid &#233;tait exerc&#233;e (33% du capital) alors la facture serait encore plus lourde.&lt;br /&gt;
La troisi&#232;me grande acquisition fut assur&#233;ment NTL : FT a des engagements de rachat de titres pour pr&#232;s de un milliard d'euros et sa participation justifierait une provision de pr&#232;s de 3 milliard d'euros . NTL aujourd'hui essaie d'&#233;chapper &#224; la faillite .&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re grande acquisition r&#233;alis&#233;e, Equant, permet &#224; la fois la rationalisation des participations dans le service aux grandes entreprises (fusion avec Global One) mais en m&#234;me temps les conditions de l'acquisition rendent n&#233;cessaire aujourd'hui une provision pour d&#233;pr&#233;ciation de l'ordre de 2,5 milliard d'Euros sans compter une provision pour CVG de 1,7 milliard d'Euros.&lt;br /&gt;
On &#233;pargnera au lecteur la revue d&#233;taill&#233;e des participations une chose est s&#251;re une estimation conservatrice devrait conduire Ft &#224; passer une provision de pr&#232;s de 30 milliards d'euros soit 200 Milliards de francs en 2001. L'argument couramment oppos&#233; pour &#233;viter de d&#233;pr&#233;cier, &#224; savoir le caract&#232;re strat&#233;gique des acquisitions ne tient pas, on sait qu'il y a eu destruction irr&#233;versible de valeur. &lt;br /&gt;
FT fait aussi mal que ses concurrents, objecte-t-on habituellement &#224; de bilan . FT a, comme ses coll&#232;gues, c&#233;d&#233; &#224; l'&#233;xub&#233;rance irrationnelle des march&#233;s, il a nourri la folie sp&#233;culative des licences UMTS en Allemagne et au Royaume Uni. Si toutefois Ft est aujourd'hui parmi les grands op&#233;rateurs le plus affaibli et le plus endett&#233; cela est d&#251; aux conditions d'acquisition d'Orange. Seul Ft a &#233;t&#233; capable d'acheter au plus haut et &#224; 100% en cash un op&#233;rateur de mobiles. &lt;br /&gt;
FT survivra &#224; la faillite de la strat&#233;gie industrielle men&#233;e au cours des 2 derni&#232;res ann&#233;es mais sous quelle forme ? Dans la structure actuelle du groupe, il y a un d&#233;s&#233;quilibre flagrant entre Orange qui b&#233;n&#233;ficie des investissements dont la mont&#233;e en puissance est r&#233;guli&#232;re et dont le bilan n'a pas &#233;t&#233; charg&#233; et FT maison m&#232;re qui porte la dette, et les sureffectifs, g&#233;n&#232;re les r&#233;sultats et fait vivre l'ensemble &#224; partir d'une rente de la t&#233;l&#233;phonie fixe en attrition programm&#233;e. FT est-il condamn&#233; &#224; d&#233;cliner pendant qu'Orange monte en puissance ? Si tel devait &#234;tre le cas, la faillite industrielle se doublerait d'un scandale politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien &#224; L'Express</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Entretien-a-L-Express.html</link>
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		<dc:date>2002-02-01T16:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-il y avoir une affaire Enron en France ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a sans doute une affaire Enron au sens o&#249; une entreprise classique, une valeur de p&#232;re de famille s'est mu&#233;e en deux ans en une valeur hyper sp&#233;culative faisant des acquisitions hasardeuses, dissimulant des informations strat&#233;giques, sans que ni les contre poids capitalistes classiques (auditeurs, actionnaires, administrateurs) ni ceux de l'&#233;conomie publique &#224; la fran&#231;aise (direction du Tr&#233;sor, minist&#232;re de Fi-nances, Parlement) n'aient pu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Peut-il y avoir une affaire Enron en France ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a sans doute une affaire Enron au sens o&#249; une entreprise classique, une valeur de p&#232;re de famille s'est mu&#233;e en deux ans en une valeur hyper sp&#233;culative faisant des acquisitions hasardeuses, dissimulant des informations strat&#233;giques, sans que ni les contre poids capitalistes classiques (auditeurs, actionnaires, administrateurs) ni ceux de l'&#233;conomie publique &#224; la fran&#231;aise (direction du Tr&#233;sor, minist&#232;re de Fi-nances, Parlement) n'aient pu contr&#244;ler la d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;De quoi parlez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De France T&#233;l&#233;com bien entendu, dont on apprend aujourd'hui qu'elle avait souscrit des engagements d&#233;raisonnables pour prendre une participation minoritaire dans l'allemand Mobilcom. En effet, non seulement France T&#233;l&#233;com a pay&#233; fort cher (chiffre &#224; venir euros) une participation qui ne lui donnait pas le pouvoir et qui ne vaut &#224; peu pr&#232;s plus rien aujourd'hui (chiffre &#224; venir euros), mais de surcro&#238;t elle s'est engag&#233;e &#224; financer le d&#233;ploiement du r&#233;seau UMTS de l'op&#233;rateur allemand, pour un montant astronomique (10 milliards d'euros si l'on en croit le patron de Mobilcom). Le fran&#231;ais s'est m&#234;me engag&#233; &#224; racheter les 30 % que le pr&#233;sident fondateur de Mobilcom d&#233;tient dans son entreprise &#224; un prix d&#233;termin&#233; par des experts en cas de conflit strat&#233;gique. Faut-il ajouter que cet engagement a &#233;t&#233; pris alors que Mobilcom n'est que l'un des six d&#233;tenteurs de licence en Allemagne et que personne ne songe qu'il puisse jamais rentabiliser les co&#251;ts d'une telle licence et d'un r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Mais le public &#233;tait au courant de ces accords ! ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le cas de Mobilcom, l'honn&#234;tet&#233; commande de dire qu'au moment de l'introduction en Bourse d'Orange des indications sur la mont&#233;e possible de ce dernier dans le capital de Mobilcom avaient &#233;t&#233; donn&#233;es mais aucune indication pr&#233;cise du risque maximum pris par France T&#233;l&#233;com, n'a jamais &#233;t&#233; clairement &#233;tablie, France T&#233;l&#233;com refusant m&#234;me lorsqu'elle &#233;tait interpell&#233;e sur la question de donner des explications directes laissant des analystes financiers &#234;tre ses porte voix et minimiser le risque jusqu'&#224; ces derniers jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que peut-il arriver &#224; France T&#233;l&#233;com ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le drame est que l'affaire Mobilcom n'est pas une affaire isol&#233;e. C'est toute une s&#233;quence d'acquisitions qui est en cause. L'entr&#233;e dans le capital de NTL l'op&#233;rateur de cable britannique a &#233;t&#233; ruineuse et inutile (chiffre &#224; venir) et France T&#233;l&#233;com a de surcro&#238;t garantit et contre garantit toutes une s&#233;rie d'op&#233;rations financi&#232;res r&#233;alis&#233;es par NTL. Enfin que dire des conditions d'acquisition d'Orange, de son paiement 100 % cash au plus haut de la bulle sp&#233;culative et de mises sur le march&#233; d'un Orange &#171; light &#187; en dettes au d&#233;triment d'un France T&#233;l&#233;com accabl&#233; par les dettes des acquisitions successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;N'&#234;tes-vous pas un peu trop s&#233;v&#232;re ? Tout le secteur des t&#233;l&#233;coms est en crise.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que l'UMTS a &#233;t&#233; source d'endettement, de destruction de valeur et d'affaiblissement de l'ensemble des acteurs des t&#233;l&#233;communications europ&#233;ennes, mais le mal ne les frappe pas tous de la m&#234;me mani&#232;re. Vodafone, m&#234;me accabl&#233; par le co&#251;t d'une licence UMTS, a tr&#232;s bien vendu Orange, gr&#226;ce &#224; France T&#233;l&#233;com ! Telecom Italia a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233; de la folie UMTS par ses propres faiblesses financi&#232;res. Telefonica a &#233;chapp&#233; de peu aux surench&#232;res. R&#233;sultat, France T&#233;l&#233;com est aujourd'hui l'entreprise la plus endett&#233;e, la plus affaiblie et celle qui porte les plus mauvais risques potentiels : faillite de NTL, ardoise de Mobilcom etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;L'Etat actionnaire est-il en cause ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On croyait qu'apr&#232;s le Cr&#233;dit Lyonnais, le Tr&#233;sor avait appris la le&#231;on et que la longue cha&#238;ne d'instances de contr&#244;le qui s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233;e d&#233;faillante, avait &#233;t&#233; r&#233;form&#233;e, mais force est de constater que le m&#234;me syst&#232;me produit le m&#234;me r&#233;sultat avec en particulier des administrateurs qui n'exercent pas leur fonction de contr&#244;le, et la direction du Tr&#233;sor qui a, de fait, d&#233;missionn&#233; de son r&#244;le d'actionnaire majoritaire et a laiss&#233; faire la direction de l'entreprise.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais aujourd'hui l'actionnaire public a une derni&#232;re occasion de se racheter en contraignant l'entreprise &#224; publier des comptes sinc&#232;res en mars c'est-&#224;-dire en prenant en compte la d&#233;pr&#233;ciation de Mobilcom, NTL et Orange ce qui repr&#233;sente un enjeu financier de 20 &#224; 30 milliards d'euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpress.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Que reste-t-il de la politique industrielle ?</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Que-reste-t-il-de-la-politique-industrielle.html</link>
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		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question peut para&#238;tre incongrue en th&#233;orie et en pratique, la France n-a t elle pas renonc&#233; sur l'autel de la construction europ&#233;enne aux outils de la politique industrielle que sont la commande publique, la promotion des champions nationaux, les aides cibl&#233;es, les plans sectoriels, le protectionnisme offensif. Le Parti socialiste nagu&#232;re champion des nationalisations, du volontarisme industriel et de la planification ne s'est-il pas converti &#224; la r&#233;gulation, &#224; la lib&#233;ralisation et &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question peut para&#238;tre incongrue en th&#233;orie et en pratique, la France n-a t elle pas renonc&#233; sur l'autel de la construction europ&#233;enne aux outils de la politique industrielle que sont la commande publique, la promotion des champions nationaux, les aides cibl&#233;es, les plans sectoriels, le protectionnisme offensif. Le Parti socialiste nagu&#232;re champion des nationalisations, du volontarisme industriel et de la planification ne s'est-il pas converti &#224; la r&#233;gulation, &#224; la lib&#233;ralisation et &#224; la privatisation. D'o&#249; vient alors que le d&#233;bat sur le d&#233;clin enflamme les esprits, que la privatisation d'EdF et la r&#233;sistance &#224; Bruxelles soient du dernier chic &#233;lectoral et que Dominique Strauss Kahn red&#233;couvre un socialisme saint simonien de producteurs et vante son bilan industriel ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse tient &#224; quelques traits sp&#233;cifiques du mod&#232;le fran&#231;ais. L'industrie continue &#224; &#234;tre per&#231;ue comme un attribut de souverainet&#233; et la source de la cr&#233;ation de richesses, le service public est la derni&#232;re fronti&#232;re du dirigisme &#224; la fran&#231;aise et d'une soci&#233;t&#233; de statuts. Enfin l'invention s&#233;mantique continue &#224; &#234;tre la cl&#233; pour faire &#233;voluer en pratique le peuple de gauche.&lt;br /&gt;
Au risque donc de d&#233;cevoir nos candidats en bataille force est de rappeler quelques donn&#233;es de base.&lt;br /&gt;
Le d&#233;clin de la France est irr&#233;versible et programm&#233;, c'est m&#234;me une bonne nouvelle pour l'&#233;conomie mondiale. Malgr&#233; une croissance exceptionnelle au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es, l'&#233;conomie am&#233;ricaine a connu un fort d&#233;clin depuis 1945. Dire cela c'est simplement reconna&#238;tre que l'Europe s'est reconstruite que le Japon puis l'Asie de l'Est ont &#233;merg&#233; et que depuis la Chine et l'Inde ont amorc&#233; leur d&#233;collage. Du reste le discours sur le d&#233;clin n'est jamais aussi intense que quand le rattrapage est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre, ce fut le cas de la France en 1952 et des Etats Unis en 1987-1989.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au sein de l'Europe, la France a r&#233;gress&#233; relativement aux petits pays et a converg&#233; vers la moyenne des grands pays. C'est le signe de la r&#233;ussite europ&#233;enne et du prix qu'il a fallu payer pour r&#233;aliser la convergence : la moindre croissance fran&#231;aise de 92-97 &#233;tant compens&#233;e par une meilleure performance relative de 97 &#224; 2000. Que l'Allemagne, l'Italie, la France, et le Royaume uni soient dans un mouchoir de poche et que l'Espagne les rejoigne est le signe d'une homog&#233;n&#233;isation de l'espace europ&#233;en, propice &#224; un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; des &#233;changes. Que l'Irlande, le Luxembourg, fassent mieux ou aussi bien que l'Ile de France ou la Bavi&#232;re n'est pas le signe du d&#233;clin de la France mais d'une comparabilit&#233; plus adapt&#233;e des petits pays avec des r&#233;gions.&lt;br /&gt;
Globalement l'Europe a &#233;t&#233; spectatrice de la r&#233;volution des NTIC, nulle perc&#233;e significative dans ces industries comme en t&#233;moignent du reste les performances en mati&#232;re de productivit&#233;. Si globalement les Etats Unis sont plus attractifs que l'Europe m&#234;me pour les europ&#233;ens cela tient d'abord &#224; cela. On peut certes, dans le d&#233;tail, noter le recul fran&#231;ais dans les biotech, les succ&#232;s de la Finlande dans les mobiles et l'administration electronique, les r&#233;ussites isol&#233;es de la Bavi&#232;re ou de Cambridge en mati&#232;re de high tech mais globalement l'Europe a d&#233;croch&#233;. La Commission europ&#233;enne depuis le sommet de Lisbonne s'est du reste fix&#233;e comme objectif d'&#234;tre le meilleur utilisateur de ces technologies , pas d'en &#234;tre le meilleur concepteur.&lt;br /&gt;
Au sein du couple franco-allemand la course-poursuite est termin&#233;e. .La France n'a jamais rattrap&#233; l'Allemagne en mati&#232;re industrielle et c'est une bonne chose. Aujourd'hui encore l'industrie allemande p&#232;se deux fois plus que l'industrie fran&#231;aise, la France n'a jamais pu &#233;galer la puissance allemande dans la machine outil, la chimie lourde et de sp&#233;cialit&#233;s, les biens d'&#233;quipement mais aujourd'hui ce handicap est per&#231;u comme un avantage, l'Allemagne peinant &#224; reconvertir ses industries et ses hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la sc&#232;ne politique int&#233;rieure on est frapp&#233;s de constater une &#233;tonnante convergence : gauche et droite entendent pour l'essentiel poursuivre les privatisations tout en pr&#233;servant le service public, droite et gauche veulent privil&#233;gier les politiques de l'Offre productive pour stimuler la cr&#233;ation de richesses, gauche et droite comptent au total mettre en &#339;uvre des politiques d'environnement concurrentiel plus que des politiques industrielles. Gauche et droite enfin ont renonc&#233; au patriotisme industriel au profit de la formation d'ensembles europ&#233;ens si l'on en juge par les &#233;volutions de Rhone Poulenc, Usinor, Aerospatiale.&lt;br /&gt;
De ces observations trois questions &#233;mergent auxquelles on aimerait que les candidats puissent r&#233;pondre : 1/Le d&#233;bat sur le d&#233;clin montre que la France a implicitement choisi un mod&#232;le de travail tr&#232;s intensif dont les caract&#233;ristiques sont une tr&#232;s forte productivit&#233; horaire source de stress, un temps de travail en forte baisse -l'effet 35 heures- et un faible taux de participation -effondrement apr&#232;s 55 ans-. Soumis &#224; la question, les Fran&#231;ais feraient ils le m&#234;me choix ou choisiraient ils une competitivit&#233; &#224; l'am&#233;ricaine ? 2/Sur la dur&#233;e, le colbertisme high tech s'est r&#233;v&#233;l&#233; tr&#232;s efficace dans un contexte de rattrapage et beaucoup moins quand il s'est agi de favoriser le passage &#224; une &#233;conomie de la connaissance. Les Fran&#231;ais seraient-ils pr&#234;ts &#224; adopter ce qui ailleurs a favoris&#233; l'irruption des nouvelles technologies &#224; savoir des universit&#233;s concurrentielles et richement dot&#233;es en fonds de recherche, un partenariat public-priv&#233; revendiqu&#233;, un statut incitatif pour le capital risque et une administration r&#233;form&#233;e et amincie, leader dans l'usage des nouvelles technologies. 3/ Grace &#224; la bienheureuse contrainte europ&#233;enne et pour permettre &#224; EdF de respirer en levant des fonds, droite comme gauche s'appr&#234;tent &#224; l'autoriser &#224; ouvrir son capital, sont-elles pr&#234;tes &#224; tirer les le&#231;ons du fiasco France Telecom en mettant en place de v&#233;ritables instances de s&#233;lection des dirigeants, de supervision strat&#233;gique et de gouvernement d'entreprise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'exception culturelle</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/L-exception-culturelle.html</link>
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		<dc:date>2002-02-01T14:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Commerce mondial</dc:subject>
		<dc:subject>OMC</dc:subject>
		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; l'occasion du Cycle de l'Uruguay que la question des restrictions nationales &#224; la diffusion d'&#339;uvres &#233;trang&#232;res a &#233;t&#233; soulev&#233;e par les Etats Unis, en r&#233;ponse &#224; la Directive &#171; T.V. sans fronti&#232;res &#187; qui redoublait les quotas nationaux par des quotas europ&#233;ens. Le GATT a adopt&#233; un compromis provisoire, reconnaissant d'un c&#244;t&#233; une &#171; exception g&#233;n&#233;rale &#187; - pour les dispositifs r&#233;glementaires nationaux li&#233;s &#224; &#171; la protection des tr&#233;sors nationaux de valeur artistique, arch&#233;ologique ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Culture-+.html" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; l'occasion du Cycle de l'Uruguay que la question des restrictions nationales &#224; la diffusion d'&#339;uvres &#233;trang&#232;res a &#233;t&#233; soulev&#233;e par les Etats Unis, en r&#233;ponse &#224; la Directive &#171; T.V. sans fronti&#232;res &#187; qui redoublait les quotas nationaux par des quotas europ&#233;ens. Le GATT a adopt&#233; un compromis provisoire, reconnaissant d'un c&#244;t&#233; une &#171; exception g&#233;n&#233;rale &#187; - pour les dispositifs r&#233;glementaires nationaux li&#233;s &#224; &#171; la protection des tr&#233;sors nationaux de valeur artistique, arch&#233;ologique ou historique &#187; - et de l'autre une disposition sp&#233;cifique pour le cin&#233;ma, les autres secteurs d'activit&#233; culturelle relevant des dispositions g&#233;n&#233;rales de l'accord. Les dispositions du GATS, en particulier, font obligation aux pays membres, &#224; d&#233;faut du respect de la clause de la nation la plus favoris&#233;e, de respecter la clause du traitement national. La querelle commerciale, r&#233;activ&#233;e au moment de la n&#233;gociation de l'AMI, &#233;tait donc programm&#233;e pour Seattle. Elle reste pendante. Sur quelles bases un nouvel accord pourrait-il &#234;tre conclu et dans quelle enceinte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse &#233;conomique fournit quelques bases th&#233;oriques pour penser &#171; l'exception culturelle &#187;, notamment dans le domaine des biens audiovisuels. Une industrie comme le cin&#233;ma est typiquement une industrie &#224; rendements croissants - qu'il y ait 10.000 ou 1 million de spectateurs, le co&#251;t de production d'un film reste le m&#234;me. Il y a donc un avantage majeur pour le producteur qui peut viser d'embl&#233;e un march&#233; &#233;tendu. Ces rendements croissants cr&#233;ent une barri&#232;re &#224; l'entr&#233;e qui peut justifier une intervention publique, soit pour rendre concurrentielle une industrie nationale visant le march&#233; mondial, soit pour prot&#233;ger une industrie nationale. Par ailleurs, on peut imaginer qu'en mati&#232;re de biens culturels, il y ait un d&#233;sir de diversit&#233;. Or, le jeu du march&#233; pourrait finir par &#233;liminer des productions locales. La mise en concurrence de produits amortis et de produits originaux peut faire obstacle &#224; la r&#233;v&#233;lation de la &#171; disposition &#224; payer &#187; des spectateurs. Enfin, la culture nationale est un bien public producteur d'effets externes. Une pure proc&#233;dure de march&#233; serait donc moins efficace qu'une proc&#233;dure de subvention. Si le protectionnisme tarifaire ne r&#233;sout pas correctement ces probl&#232;mes, il n'en demeure pas moins l&#233;gitime de subventionner la cr&#233;ation et la diffusion d'&#339;uvres culturelles soumises &#224; la loi des rendements croissants. Le probl&#232;me change alors de nature. La question devient : qui d&#233;cide des crit&#232;res d'octroi des subventions et qui en &#233;value l'utilisation, l'efficacit&#233; ? En l'absence d'une telle &#233;valuation, la promotion de l'exception culturelle a les m&#234;mes effets que des mesures protectionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen des pratiques r&#233;ellement &#224; l'&#339;uvre livre cependant une image moins manich&#233;enne que celle habituellement expos&#233;e : le conflit n'oppose pas seulement les partisans d&#233;sint&#233;ress&#233;s des &#339;uvres de l'esprit et les d&#233;fenseurs agressifs d'un libre &#233;change int&#233;gral, dont on vient de voir qu'il n'est pas parfaitement fond&#233; en th&#233;orie. Les souverainistes culturels peuvent &#234;tre aussi des protectionnistes et les libre &#233;changistes militants peuvent vouloir servir les int&#233;r&#234;ts d'une industrie monopolistique. D'un c&#244;t&#233; en effet, dans un pays comme la France, une politique protectionniste appliqu&#233;e aux &#339;uvres cin&#233;matographiques et audiovisuelles &#224; base d'aides &#224; la production et de quotas de diffusion, ne parvient ni &#224; enrayer le d&#233;clin des &#339;uvres originales en langue nationale, ni &#224; produire des &#339;uvres exportables - on constate en revanche une inflation g&#233;n&#233;rale des co&#251;ts de production, stimul&#233;e par la garantie de diffusion et les subventions &#224; la production. De l'autre c&#244;t&#233;, la taille du bassin linguistique anglophone, la puissance des multinationales de l'imaginaire et leur contribution &#224; la balance commerciale am&#233;ricaine, cr&#233;ent une pression forte au d&#233;veloppement in&#233;gal et &#224; la g&#233;n&#233;ralisation des r&#232;gles commerciales standard au secteur des industries culturelles. Distributions de rentes d'un c&#244;t&#233;, profits de monopole de l'autre : la question ne peut &#234;tre tranch&#233;e d'un strict point de vue &#233;conomique. Il est donc peu justifi&#233; de demander le d&#233;mant&#232;lement des aides publiques &#224; la cr&#233;ation, ou m&#234;me un traitement &#233;galitaire, en mati&#232;re de diffusion, entre le monopoleur et le domin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons &#224; pr&#233;sent, dans une perspective de politiques publiques nationales, les objectifs et effets d'une politique d'exception culturelle. Personne ne nie que la langue, les &#339;uvres de l'esprit et par cons&#233;quent les industries culturelles, forment le noyau dur de l'identit&#233; nationale. Il semble l&#233;gitime de d&#233;fendre la cr&#233;ation, de soutenir la diversit&#233; et la pluralit&#233; de la production audiovisuelle, de prot&#233;ger l'industrie nationale de programmes. Mais s'il ne s'agissait que de prot&#233;ger les &#339;uvres originales des cr&#233;ateurs, la difficult&#233; ne serait pas bien grande. Nul ne conteste le m&#233;c&#233;nat dans les arts lyriques, les arts graphiques. Nul ne refuse &#224; l'Etat ou aux fondations le droit d'aider &#224; la cr&#233;ation litt&#233;raire, musicale, architecturale. Nul, enfin, ne met en cause la protection du patrimoine national par des moyens r&#233;glementaires, une limitation des droits de propri&#233;t&#233; et des obstacles &#224; la circulation des biens. Le probl&#232;me se pose en fait essentiellement pour le cin&#233;ma et l'audiovisuel, &#171; 7&#232;me &#187; et &#171; 8&#232;me &#187; arts - et en m&#234;me temps, puissantes industries de distraction. Les diff&#233;rentes tentatives visant &#224; distinguer selon les genres, la qualit&#233;, l'originalit&#233; des &#339;uvres, n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; concluantes. D&#232;s lors, les pays qui d&#233;fendent l'exception culturelle oscillent entre promotion de la langue nationale, des producteurs nationaux, des &#339;uvres tourn&#233;es sur le sol national. Ces pays h&#233;sitent &#233;galement sur la structure d'incitations : mesures g&#233;n&#233;rales, aides cibl&#233;es, incitations fiscales. Ils interviennent sur tout ou partie de la fili&#232;re, car selon les &#233;poques, c'est tel ou tel maillon qui est consid&#233;r&#233; comme crucial. La question qui se pose alors est de savoir si les b&#233;n&#233;fices culturels de la protection l'emportent sur les co&#251;ts de la distribution des rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici il faut op&#233;rer une distinction entre cin&#233;ma et audiovisuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons d'abord le cas de l'audiovisuel. La France, qui recourt &#224; une politique de quotas de diffusion, a une performance bien plus m&#233;diocre, en mati&#232;re de diffusion d'&#339;uvres originales fran&#231;aises, que les Anglais ou les Allemands, qui n'affichent, eux, que des quotas d'&#339;uvres europ&#233;ennes. Le volume de fiction nationale diffus&#233;e est trois fois moindre en France qu'en Allemagne. S'agissant des quotas et des obligations d'investissement en mati&#232;re de production, la performance fran&#231;aise est une fois encore plus m&#233;diocre que celle des Allemands et des Britanniques, qui ne recourent pourtant pas aux obligations de production. Le r&#233;sultat est donc particuli&#232;rement m&#233;diocre pour le pays le plus r&#233;gul&#233;, la France, dont les &#233;crans doivent finalement &#234;tre remplis par la fiction am&#233;ricaine. Pour mesurer le rayonnement de l'audiovisuel europ&#233;en, consid&#233;rons maintenant les donn&#233;es d'exportation. Force est de constater que la France exporte moins que l'Allemagne ou le Royaume Uni. Paradoxe ultime, le champion de l'exception culturelle est celui qui d&#233;pense le moins en programmes produits rapport&#233;s au PIB (0,21% pour la France contre 0,43% pour le Royaume Uni). Ce r&#233;sultat n'est pourtant surprenant qu'en apparence : le caract&#232;re militant du discours fran&#231;ais masque l'indigence des concours publics (5,8mmf pour F2/F3 contre 13 mmf pour la BBC et 18 mmf pour ARD/ZDF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au cin&#233;ma. Le cin&#233;ma fran&#231;ais est le premier d'Europe en termes de volume. Une aide publique multiforme et massive y a consid&#233;rablement facilit&#233; l'entr&#233;e des jeunes cr&#233;ateurs. Les dotations publiques sont plus faibles en France qu'en Italie ou en Allemagne, mais les financements obligatoires par les TV et les taxes parafiscales y sont nettement plus &#233;lev&#233;es qu'ailleurs. Des t&#233;l&#233;visions oblig&#233;es de contribuer &#224; la production cin&#233;matographiques, des moyens rendus disponibles par les canaux fiscaux et financiers, la baisse progressive du nombre de spectateurs dans les salles pour les films fran&#231;ais, tout cela a contribu&#233; &#224; d&#233;velopper un cin&#233;ma sans spectateurs, co&#251;teux, fabriqu&#233; par une myriade de petites soci&#233;t&#233;s b&#233;n&#233;ficiant de rentes t&#233;l&#233;visuelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, l'analyse des politiques publiques men&#233;es en mati&#232;re audiovisuelle et cin&#233;matographique en France n'est gu&#232;re conclusive : il n'est pas ais&#233; de faire la part entre la promotion l&#233;gitime d'une culture nationale, la main mise, par des int&#233;r&#234;ts constitu&#233;s, sur la rente publique, et la qualit&#233; d'&#339;uvres rencontrant leurs publics. Que faire alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; une telle question ne peut &#234;tre que politique. Il est faux de pr&#233;tendre que la seule d&#233;fense l&#233;gitime de la diversit&#233; culturelle passe par l'&#233;tablissement d'un cadre l&#233;gal propice &#224; l'&#233;mergence libre d'&#339;uvres de l'esprit, qui pourraient trouver par leurs propres m&#233;rites un public, un march&#233;, une viabilit&#233; &#233;conomique. Il est &#233;galement faux de pr&#233;tendre que la tradition colbertiste, longtemps justifi&#233;e par le g&#233;nie national, et remise en cause dans tous les secteurs &#233;conomiques, peut &#234;tre pr&#233;serv&#233;e sans autre forme de questionnement dans le domaine des industries culturelles. En revanche, dans des domaines aussi sensibles, tant qu'une nouvelle r&#232;gle commune n'est pas adopt&#233;e, on ne peut laisser &#224; l'OMC le soin de trancher en ces mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques pluralistes, une croyance largement partag&#233;e a une force r&#233;elle, m&#234;me si elle est fond&#233;e sur un calcul &#233;conomique erron&#233; et sur une vision tronqu&#233;e des effets de la politique publique. Ainsi, les revendications d'exception culturelle peuvent avoir des soutiens et une popularit&#233; incitant les autorit&#233;s politiques &#224; en accepter le co&#251;t prohibitif en termes commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut faire l'OMC dans un tel contexte ? Il est aujourd'hui tenu par les Accords de Marrakech, qui comportent une clause d'exception culturelle provisoire. L'&#233;chec de l'AMI conduit &#224; reposer la question . Mais le sujet n'est plus vierge, des forces se sont manifest&#233;es, des engagements ont &#233;t&#233; pris - les experts ont m&#234;me appris &#224; douter des &#233;valuations optimistes sur les b&#233;n&#233;fices d'un d&#233;sarmement commercial maximal. Un nouvel accord suppose qu'en mati&#232;re culturelle au moins, on reconnaisse la primaut&#233; de l'Etat d&#233;mocratique sur la firme : aucun ordre juridique ne peut les mettre &#224; &#233;galit&#233;. Cela suppose aussi d'accepter qu'on pr&#233;serve les formes institutionnelles nationales travaillant &#224; la promotion des &#339;uvres nationales. Cela suppose, enfin, d'accepter que des firmes nationales profitant de ces particularismes se trouvent ipso facto prot&#233;g&#233;es. En m&#234;me temps, les pays qui, tels les Etats Unis, ont fait de l'industrie culturelle un des points forts de leur sp&#233;cialisation, peuvent difficilement accepter de la voir exclue des proc&#233;dures commerciales classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait proposer cette solution : d&#233;finir, dans des enceintes appropri&#233;es comme l'Unesco, ce qui rel&#232;ve d'une protection de la diversit&#233; culturelle justifiant une forme d'exception culturelle. Faute de quoi, l'ORD sera un jour saisi et tranchera sur la base de consid&#233;rations juridico-marchandes. Mais l'universel marchand, sauf &#224; miner sa l&#233;gitimit&#233;, doit composer avec la diversit&#233; culturelle et l'universel d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le principe de diversit&#233; culturelle ouvrant droit &#224; une exception culturelle sp&#233;cifi&#233;e pourrait ainsi constituer le laboratoire d'une nouvelle conception de la mondialisation sachant concilier la norme d'ouverture commerciale avec celle du respect de la diversit&#233; culturelle, la norme de l'organisation internationale sp&#233;cialis&#233;e avec celle de l'OMC, la norme d&#233;mocratique nationale avec l'universel des droits culturels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Le Monde des Livres&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'argumentation &#233;conomique s'appuie sur la contribution intitul&#233;e &#171; La guerre des cultures aura-t-elle lieu &#187; in Ramses 1999 p 275-291&lt;br /&gt; Barnett Richard et Cavanagh John, Global dreams, Imperial Corporations and the New World Order, New York, Simon &amp; Schuster 1994&lt;br /&gt; Je remercie JLMissika de m'avoir communiqu&#233; ces donn&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La mue du fontainier en media mogul</title>
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&lt;p&gt;Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance strat&#233;gique peuvent d&#233;router : quel rapport y a t il entre l'investissement dans les services publics polonais, la mont&#233;e en puissance dans SFR, l'achat de Houghton Mifflin et l'acquisition de USA Networks ? En fait deux cl&#233;s permettent de comprendre la strat&#233;gie d'un homme qui en quelques ann&#233;es a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d'un si&#232;cle et demi : &lt;br class='autobr' /&gt;
1-Comme banquier d'affaires, J.M. Messier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nouvelles-technologies-+.html" rel="tag"&gt;Nouvelles technologies&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Fusions-Acquisitions-+.html" rel="tag"&gt;Fusions-Acquisitions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance strat&#233;gique peuvent d&#233;router : quel rapport y a t il entre l'investissement dans les services publics polonais, la mont&#233;e en puissance dans SFR, l'achat de Houghton Mifflin et l'acquisition de USA Networks ? En fait deux cl&#233;s permettent de comprendre la strat&#233;gie d'un homme qui en quelques ann&#233;es a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d'un si&#232;cle et demi : &lt;br /&gt;
1-Comme banquier d'affaires, J.M. Messier sait d'instinct qu'il ne faut pas rater les affaires qui se pr&#233;sentent, il se sait suffisamment de talent pour habiller en termes industriels une opportunit&#233; financi&#232;re ; &lt;br /&gt;
2- Comme entrepreneur il est subjugu&#233; par l'univers des media. D&#232;s lors sa strat&#233;gie devient plus lisible. &lt;br /&gt;
Dans un premier temps h&#233;ritant d'un groupe m&#234;l&#233; &#171; aux affaires &#187;, riche de mille participations h&#233;t&#233;roclites et encombr&#233; d'un immobilier min&#233; par les pertes et les dettes, J.M. Messier d&#233;cide de faire le m&#233;nage. Il conforte le p&#244;le Telecom, s'empare de Canal et Havas, se d&#233;gage de l'immobilier et il s'ach&#232;te une vertu dans les services publics locaux. En adoptant une nouvelle identit&#233; : Vivendi, il rompt symboliquement avec les miasmes affairistes de l'ex-CGE, il affirme une vocation mondiale et proclame la transformation du conglom&#233;rat en groupe industriel multibranches pr&#233;sent dans les Telecom, les media et l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La formation de la bulle sp&#233;culative sur l'internet aux Etats Unis et sur l'UMTS en Europe r&#233;v&#232;le ses faiblesses -sous dimensionnement dans les Telecom, les media et l'internet, et ses atouts, -il est le partenaire de Mannesmann , de Vodafone de Bertelsman et d'AOL -, il va donc se muer en champion de l'internet (Viventures) , de la convergence (TMT) et du multimedia mobile (Wap et Vizzavi). La strat&#233;gie industrielle se r&#233;v&#232;le vite &#234;tre une impasse mais au passage le titre a bondi et Messier a acquis une cr&#233;dibilit&#233; suffisante pour s&#233;duire les Bronfman et acqu&#233;rir Seagram.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me phase peut commencer Vivendi est &#224; pr&#233;sent un groupe &#224; trois t&#234;tes - Media, Environnement, Telecom - qui ont vocation &#224; s'autonomiser .&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acquisition de Seagram si elle permet d'embl&#233;e &#224; Vivendi de contr&#244;ler le premier &#233;diteur de musique et une major hollywoodienne pose un double probleme : que faire d'USA Networks une participation minoritaire g&#233;r&#233;e par Barry Diller et comment acc&#233;der aux canaux de distribution am&#233;ricains. En prenant le contr&#244;le d'USA Networks et une participation dans la distribution par satellite (Echostar) et en confiant la gestion de son p&#244;le media am&#233;ricain &#224; Diller, Messier administre la preuve qu'une s&#233;rie d'acquisitions financi&#232;res sans dessein apparent peuvent ult&#233;rieurement se transformer en pole media cons&#233;quent . Au total J.M. Messier aura b&#226;ti un groupe media am&#233;ricain avec les ressources de la Gle des Eaux, une question subsiste : Vivendi Environnement restera-t-il autonome, bas&#233; en France ou sera t il c&#233;d&#233; &#224; un groupe allemand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives Economiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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