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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>Table Ronde : La deuxi&#232;me vie de la nouvelle &#233;conomie</title>
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		<dc:date>2003-12-01T15:26:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Table ronde en compagnie de Elie Cohen, Andr&#233; L&#233;vy-Lang et Gilles Mougenot pour Banque &amp; Finance. &lt;br class='autobr' /&gt; Les nouvelles technologies de l'information et la net &#233;conomie ont fait r&#234;ver les grandes places de march&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 90 et laisser imaginer &#224; certains qu'un nouvel ordre &#233;conomique &#233;tait en train de na&#238;tre. Apr&#232;s l'&#233;clatement de la bulle financi&#232;re, des d&#233;faillances d'entreprises par milliers, mais aussi la grande banalisation de l'internet, quelle empreinte profonde reste-t-il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Table ronde en compagnie de Elie Cohen, Andr&#233; L&#233;vy-Lang et Gilles Mougenot pour &lt;i&gt;Banque &amp; Finance&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les nouvelles technologies de l'information et la net &#233;conomie ont fait r&#234;ver les grandes places de march&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 90 et laisser imaginer &#224; certains qu'un nouvel ordre &#233;conomique &#233;tait en train de na&#238;tre. Apr&#232;s l'&#233;clatement de la bulle financi&#232;re, des d&#233;faillances d'entreprises par milliers, mais aussi la grande banalisation de l'internet, quelle empreinte profonde reste-t-il de cette r&#233;volution technologique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Banque &amp; finance&lt;/strong&gt; a rassembl&#233; l'&#233;conomiste et chercheur &lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;, le grand patron de banque &lt;strong&gt;Andr&#233; L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Gilles Mougenot&lt;/strong&gt;, Pr&#233;sident de l'AFIC, Association Fran&#231;aise des Investisseurs en Capital pour en d&#233;battre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Banque &amp; Finance&lt;/i&gt; . Y a-t-il une nouvelle &#233;conomie clairement d&#233;limit&#233;e, ou un enrichissement des processus traditionnels par des technologies innovantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; . Il y a eu tr&#232;s longtemps chez les &#233;conomistes une grande interrogation sur la Nouvelle Economie : les r&#233;volutions successives de l'informatique puis des t&#233;l&#233;communications n'avaient en effet pas produit le r&#233;sultat escompt&#233; en mati&#232;re de gains de productivit&#233; du travail. On voyait partout leurs effets sauf dans les statistiques &#233;conomiques comme le disait Solow. Or, &#224; partir du milieu des ann&#233;es 90, force &#233;tait de constater que les gains de productivit&#233;, qui avaient r&#233;guli&#232;rement d&#233;clin&#233; aux Etats-Unis depuis le milieu des ann&#233;es 60 du fait de la progression des activit&#233;s de service au d&#233;triment des activit&#233;s industrielles, se mettaient &#224; grimper tr&#232;s rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'est longuement demand&#233; si ces gains &#233;taient bien attribuables &#224; l'introduction des nouvelles technologies de l'info, et pourquoi n'avaient-elles pas eu d'effet plus t&#244;t ? Finalement y avait-il une nouvelle &#233;conomie, c'est &#224; dire l'apparition d'une technologie g&#233;n&#233;rique diffusant dans tous les secteurs d'activit&#233; ?&lt;br /&gt;
L'explication est qu'il avait fallu cette troisi&#232;me r&#233;volution num&#233;rique, du r&#233;seau multimedia et de la convergence, pour permettre d'exprimer toutes les potentialit&#233;s des deux pr&#233;c&#233;dentes. &lt;br /&gt;
D&#233;but Mars 2000, avec l'&#233;clatement de la bulle, les &#233;conomistes se sont mis &#224; scruter avec attention les vaariations de la productivit&#233; du trvail. Or, au lieu du retournement, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, les gains de productivit&#233; se sont mis &#224; acc&#233;l&#233;rer encore et aujourd'hui nous sommes en face d'un ph&#233;nom&#232;ne d'emballement. A partir de ce constat, on a pu affirmer plus clairement :&lt;br /&gt;
1. Avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication, il y a bien apparition d'une technologie g&#233;n&#233;rique qui diffuse dans tous les secteurs et qui contribue &#224; modifier l'organisation &#233;conomique.&lt;br /&gt;
2. Il y a bien un effet de ces nouvelles technologies sur la productivit&#233; du travail que l'on peut chiffrer : + 1% aux Etats-Unis et + 0,35% en France.&lt;br /&gt;
3. On remarque des secteurs o&#249; l'impact de ces nouvelles technologies est particuli&#232;rement important. Evidemment, on avait d&#233;j&#224; identifi&#233; celui des producteurs eux-m&#234;mes de ces nouvelles technologies, mais s'y ajoutent des secteurs utilisateurs, notamment dans les services, la distribution, la logistique, les services financiers...&lt;br /&gt;
4. Apparition d'un nouveau media avec internet. Aujourd'hui Internet comme m&#233;dia rivalise avec la TV, la presse. Comme suppot publicitaire ; m&#234;me si sa part est faible, elle n'est pas nulle.&lt;br /&gt;
5. Apparition d'un nouveau canal de distribution. Certains avaient fait des proph&#233;ties sur le d&#233;veloppement du commerce &#233;lectronique, la possibilit&#233; de r&#233;aliser un id&#233;al de march&#233;, un monde d'&#233;change sans friction, de parfaite information, de b&#233;n&#233;fice &#233;galement partag&#233;. Dans la r&#233;alit&#233;, le commerce &#233;lectronique c'est d'abord du commerce et dans l'acte commercial la partie informationnelle, la plus concern&#233;e par le d&#233;veloppement d'internet, ne repr&#233;sente qu'1/5&#232; du processus complet. On a aussi tr&#232;s rapidement compris que ces technologies allaient permettre un ciblage beaucoup plus pr&#233;cis et une infinie diff&#233;renciation de traitement du client et que le mod&#232;le n'avait rien &#224; voir avec celui d'&#233;conomie pure de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Je r&#233;agirai en praticien depuis les ann&#233;es 80 de ces nouvelles technologies, successivement &#224; la Compagnie Bancaire, &#224; Paribas et &#224; l'Atelier BNP Paribas : quand il y a r&#233;volution technologique, ce qui est indiscutablement le cas, les choses vont beaucoup plus lentement que pr&#233;vu, mais l'histoire montre aussi qu'elles vont beaucoup plus loin. Qu'il y ait d&#233;j&#224; des gains de productivit&#233; et qu'ils soient loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;s c'est certain mais l'essentiel du b&#233;n&#233;fice des nouvelles technologies, par sa diffusion dans l'&#233;conomie classique, est encore &#224; venir. Ce sont par exemple les banques traditionnelles qui ont le mieux tir&#233; parti des nouvelles technologies, et c'est v&#233;rifiable dans tous les secteurs sous la condition que les entreprises aient modifi&#233; leur mod&#232;le &#233;conomique, comme c'est le cas de Dell avec l'approvisionnement et la gestion de ses stocks.&lt;br /&gt;
On ne peut pas ignorer dans un tel bilan, les succ&#232;s de quelques mod&#232;les originaux comme e-bay ou Amazon, ni le secteur des producteurs d'outils et de services pour ces nouvelles technologies, comme Cisco ou Yahoo qui, sans &#234;tre l'essentiel de l'apport, jouent un r&#244;le non n&#233;gligeable dans les chiffres de croissance aux Etat-Unis. J'ajouterai que le haut d&#233;bit transforme et acc&#233;l&#232;re la diffusion des nouvelles technologies et ne peut que changer la donne, tant aupr&#232;s des consommateurs que des professionnels. On est probablement au premier tiers d'un mouvement d'&#233;volution qui va durer 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Mougenot&lt;/strong&gt;. La net &#233;conomie et les nouvelles technologies ont boulevers&#233; l'&#233;conomie et bien s&#251;r notre m&#233;tier. elles ont p&#233;n&#233;tr&#233; de fa&#231;on diffuse la soci&#233;t&#233;, la vie des entreprises et notre vie quotidienne. On peut, entre autres, prendre l'exemple de la distribution musicale o&#249; le haut d&#233;bit a tout chang&#233;. Il y a quelques ann&#233;es, on se posait le probl&#232;me de la d&#233;mat&#233;rialisation des produits, aujourd'hui, la cha&#238;ne industrielle de la culture n'a, ou n'aura bient&#244;t, plus rien &#224; voir avec ce qu'elle &#233;tait : ni pour ceux qui fabriquent, ni pour ceux qui distribuent, et m&#234;me pour les cr&#233;ateurs. C'est un exemple, mais il y en a partout. On peut dire que l'on a parfois surestim&#233; &#224; court terme et qu'aujourd'hui l'on sous estime &#224; long terme les implications des nouvelles technologies et de l'internet. La nouvelle &#233;conomie est &#224; l'&#233;conomie ce que la nouvelle cuisine est &#224; la cuisine. &lt;br /&gt;
Des sommes extraordinaires qui ont &#233;t&#233; lev&#233;es et investies dans ce secteur, il reste le secteur des NTIC qui sont un segment en soi avec 50% des investissements du capital risque en France, quand ailleurs en Europe le venture s'est surtout int&#233;ress&#233; &#224; la bio-technologie et il commence &#224; devenir rentable.&lt;br /&gt;
Sinon, il y a effectivement eu des illusions dans notre m&#233;tier, par exemple que d'autres valeurs pouvaient exister que la rentabilit&#233; et la solvabilit&#233; du client, notamment la notion de trafic jusqu'&#224; ce que celle-ci trouve un sens en croisant les notions incontournables du commerce. Et aussi beaucoup de d&#233;sillusions, on ne trouve pas beaucoup de millionnaires issus de cette vague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Nous, les &#233;conomistes, avons focalis&#233; notre attention sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication et leur impact sp&#233;cifique sur la croissance, mais rien n'aurait &#233;t&#233; possible si parall&#232;lement deux &#233;volutions majeures n'&#233;taient intervenues : d'abord le ph&#233;nom&#232;ne de mondialisation et de globalisation financi&#232;re, ensuite la d&#233;r&#233;glementation et la lib&#233;ralisation du secteur des utilities. Sans cette d&#233;r&#233;gulation dans les t&#233;l&#233;coms, jamais on n'aurait eu les investissements ph&#233;nom&#233;naux que l'on a connu. &lt;br /&gt;
C'est tout &#224; fait classique en &#233;conomie : quand vous passez d'un secteur monopoliste avec des entreprises verticalement int&#233;gr&#233;s &#224; une lib&#233;ralisation concurrentielle sur chacun des maillons de la cha&#238;ne de valeur, vous g&#233;n&#233;rez une v&#233;ritable explosion des investissements, chaque nouvel eentrant voulant &#234;tre le rival ou le rempla&#231;ant de l'op&#233;rateur dominant.&lt;br /&gt;
Ajoutons, comme le disait Andr&#233; L&#233;vy-Lang, que lib&#233;ralisation, nouvelles technologies et investissement n'ont de sens que s'il y a transformation des mod&#232;les organisationnels et op&#233;rationnels. Une &#233;tude r&#233;cente d&#233;montre m&#234;me que si l'on introduit de nouvelles technologies en maintenant les organisations existantes on n'obtient pas l'effet attendu en mati&#232;re de productivit&#233; et de comp&#233;titivit&#233;. Par contre si l'on repense les modes de coordination et de coop&#233;ration alors on a un effet surmultipli&#233;. De ce point de vue, Dell est un mod&#232;le saisissant : c'est un producteur d'ordinateurs qui assemble des composants con&#231;us et fabriqu&#233;s par d'autres dont le vrai g&#233;nie est d'avoir optimis&#233; sa cha&#238;ne d'approvisionnement et sa cha&#238;ne de distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. De m&#234;me que personne n'avait pr&#233;vu le succ&#232;s de Dell, personne ne peut pr&#233;voir quels seront les acteurs qui vont tirer parti de la nouvelle &#233;conomie. L'analogie historique a ses limites mais demeure int&#233;ressante : on a vu le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne de multiplication d'initiatives puis de concentration dans le chemin de fer et l'automobile au d&#233;but du si&#232;cle. En 1900, il y avait plus de 100 constructeurs, simplement &#224; Paris. Sans compter que, si l'industrie automobile est importante, les retomb&#233;es de cette industrie sur l'urbanisme, les modes de vie, la consommation le sont infiniment plus. &lt;br /&gt;
Dans le domaine financier, m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, il est clair que l'information repr&#233;sente un &#233;l&#233;ment important de la valeur, mais pas toute la valeur. Il y a d'autres dimensions intangibles comme l'image de marque ou le relationnel et les succ&#232;s vont &#224; ceux qui r&#233;ussissent &#224; combiner le mieux leurs atouts naturels et les nouvelles technologies, en r&#233;inventant un mod&#232;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Dans la p&#233;riode folle de la r&#233;volution de l'internet, tout le monde avait mis en avant le mod&#232;le de nouvelles banques comme egg ou Ze Bank, mais aussi mis en &#233;vidence le d&#233;veloppement de l'interm&#233;diation &#233;lectronique, d&#233;crit la banque comme l'univers par excellence de la d&#233;mat&#233;rialisation, de l'intangible et de l'industrie du traitement de l'info. Tout annon&#231;ait que ce secteur allait voir les innovations les plus spectaculaires de la nouvelle &#233;conomie. Or, comme le dit L&#233;vy-Lang, le mod&#232;le qui r&#233;ussit le mieux c'est encore celui de la banque traditionnelle de d&#233;tail et de proximit&#233; qui int&#232;gre dans sa gestion de client&#232;le les ressources des technologies de l'information. Les purs op&#233;rateurs internet ont tous beaucoup souffert ou disparu, on n'a pas eu dans la finance l'&#233;quivalent d'un e-Bay d'un google ou d'un Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Levy-Lang&lt;/strong&gt;. Dans le domaine bancaire, il y a &#224; la fois des cas o&#249; l'int&#233;gration est d&#233;j&#224; largement r&#233;alis&#233; et depuis longtemps, et des cas qui commencent &#224; peine &#224; le faire.&lt;br /&gt;
Prenons l'exemple de Banque Directe que j'ai cr&#233;&#233;. Je crois que l'on a d&#233;montr&#233; par l'exp&#233;rience que la banque directe pure ne fonctionnait pas tr&#232;s bien en France, que c'&#233;tait un mod&#232;le marginal dont la part de march&#233; restera faible. En revanche, les mod&#232;les de gestion patrimoniale du type Cortal Consors peuvent r&#233;ussir. &lt;br /&gt;
En revanche, il y a un jeu qui n'est pas encore jou&#233;, ce sont les places de march&#233;. Autant on a vu les limites mais aussi l'impact consid&#233;rable de la bourse &#233;lectronique pour les particuliers, autant on n'a pas encore &#233;puis&#233; les cons&#233;quences des nouvelles technologies en mati&#232;re de banques de gros et de transaction entre institutionnels. Faut-il conserver une place physique au NYSE ? Les co&#251;ts de transaction sont-ils vraiment plus bas dans les syst&#232;mes &#233;lectroniques, et vont-ils prendre une place dominante ou pas ? Tout reste &#224; voir.&lt;br /&gt;
Quand on disait au d&#233;part la banque traite de l'info donc les nouvelles technologies c'est essentiel pour la banque c'&#233;tait juste. Ce qui est toujours juste c'est que l'on ne sait pas encore toujours comment. Et que ce comment peut &#234;tre parfois surprenant...&lt;br class='autobr' /&gt;
Elie Cohen. Cette analyse on pouvait la faire il y a 3 ans. Alors pourquoi a-t-on fait Zee Bank ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. N'h&#233;sitez pas &#224; &#234;tre d&#233;sagr&#233;able. Comment a-t-on pu faire Banque Directe... (Rires.) Quand on n'a pas de r&#233;seau, on essaye toutes les autres solutions. Pour Egg, je crois que le succ&#232;s s'explique par les conditions sp&#233;ciales du march&#233; britannique, tr&#232;s diff&#233;rentes du march&#233; fran&#231;ais. Les Anglais ont des comportements diff&#233;rents, ils paient plus cher leurs services bancaires et il y a une ombrelle de prix. C'est l'explication du succ&#232;s en Grande Bretagne et de son &#233;chec en France. Peut-&#234;tre provisoire... Qui sait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B&amp;F&lt;/i&gt; . Reste-t-il de l'argent &#224; investir dans la net &#233;conomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Il y a beaucoup d'argent disponible dans le capital risque et le capital d&#233;veloppement, lev&#233; en SCPI ou dans les fonds de private equity, mais curieusement peu d'entreprises de la nouvelle &#233;conomie trouvent de nouveaux investisseurs dans leurs tours successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Mougenot&lt;/strong&gt;. Oui, il reste beaucoup &#224; investir. Mais les actionnaires, en 2&#232;me ou 3&#232;me tour, sont au milieu du gu&#233;. Ils n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; l&#226;cher car, s'ils ont d&#233;j&#224; investi, ils connaissent la valeur alors que tout nouvel arrivant, dans la situation pr&#233;sente, va forc&#233;ment la minimiser, au d&#233;triment des premiers arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. On peut ajouter que les investisseurs privil&#233;gient naturellement leurs propres filiales et les autres ne sont pas attir&#233;s dans la mesure o&#249; la sortie n'est pas assur&#233;e dans un d&#233;lai visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Mougenot&lt;/strong&gt;. C'est vrai que les investissements se font &#224; beaucoup plus long terme, pas comme dans la grande &#233;poque ou la mise en bourse se programmait &#224; un an.&lt;br /&gt;
Le premier r&#233;flexe d'un investisseur aujourd'hui est d'&#233;tudier quelle modification internet peut apporter au secteur, puis cas par cas et entreprise par entreprise, quels changement pourraient g&#233;n&#233;rer les nouvelles technologies.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilles Mougenot a d&#251; s'absenter apr&#232;s cette intervention.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B&amp;F&lt;/i&gt; . Les march&#233;s des valeurs technologiques sont en progression un peu partout dans le monde. Va-t-on vers une nouvelle bulle financi&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Il y a un triple ph&#233;nom&#232;ne dans cette reprise : premi&#232;rement, il y a eu un redoublement de la crise des valeurs d'internet avec la crise de confiance majeure provoqu&#233;e par Enron et Worldcom. Toutes les valeurs technologiques anciennes ou r&#233;centes ont &#233;t&#233; litt&#233;ralement massacr&#233;es quand les observateurs ont vu que les entreprises pouvaient non seulement trafiquer leurs comptes, mais se fabriquer du chiffre d'affaires et s'inventer des r&#233;sultats. A partir du moment o&#249; la crise de confiance se dissipe, on revient vers les vakleurs les plus massacr&#233;es. Deuxi&#232;mement, il y a eu le constat que quelques rares valeurs, des champions comme e-bay, Amazon ou Yahoo, avaient prouv&#233; que leur mod&#232;le d'affaires pouvait r&#233;ussir, que non seulement elle avaient surv&#233;cu au grand retournement mais qu'elles &#233;taient capables, d'annoncer l'arriv&#233;e de r&#233;sultats positifs, voire de confirmer, trimestre apr&#232;s trimestre, l'am&#233;lioration de leur r&#233;sultat. Et du coup, il y a eu bulle sur ces valeurs avec des PER &#224; 70 ou 80. (Je me demande si l'on a bien assimil&#233; l'exp&#233;rience r&#233;cente de la bulle des NTIC.) Troisi&#232;mement, la crise &#233;conomique que l'on a connu depuis l'an 2000, qui s'est traduite par un ralentissement brutal de l'investissement notamment dans les valeurs de la nouvelle &#233;conomie semble arriver &#224; son terme. On assiste au d&#233;but d'un retournement et la bourse anticipe par des rebonds spectaculaires le retour de l'investissement des entreprises dans les &#233;quipements informatique et t&#233;l&#233;coms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. J'ajouterai un autre facteur, purement mon&#233;taire. Il y a beaucoup d'argent qui cherche &#224; s'investir. La baisse des taux longs a pu justifier des multiples tr&#232;s &#233;lev&#233;s par rapport &#224; des taux tr&#232;s bas. Les quelques valeurs survivantes jouent alors un effet entonnoir : beaucoup d'argent, relativement peu de valeurs et la crainte de louper le coche. D'o&#249;, sinon un ph&#233;nom&#232;ne de bulle, en tout cas d'exub&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B&amp;F&lt;/i&gt; . Est-il durable ? Peut-il profiter aux entreprises de la &#171; deuxi&#232;me liste &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Il faut surveiller le nombre d'introductions en bourse sur le Nasdaq, &#224; Londres o&#249; s'est fait en octobre la premi&#232;re introduction depuis avril 2000, et en Europe en g&#233;n&#233;ral. Il faut que cela dure assez longtemps pour avoir un effet d'entra&#238;nement sur les capitaux risqueurs et donc sur l'ensemble du secteur, et les autres survivants pourront retrouver de l'argent. Mais ce n'est pas encore le cas. En Europe en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B&amp;F&lt;/i&gt; . Quels sont les secteurs et les mod&#232;les gagnants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Avec le mod&#232;le Walmart, on est absolument saisi par le fait que l'introduction massive, intelligente, des nouvelles technologies de l'information peut am&#233;liorer la gestion et la rentabilit&#233; d'une entreprise. Walmart est capable de faire tourner ses stocks infiniment plus vite que les grandes entreprises &#233;quivalentes, d'optimiser ses r&#233;seaux d'approvisionnement &#224; niveau plan&#233;taire. C'est une puissance &#233;conomique, notamment dans les importations de Chine qui p&#232;sent pr&#232;s de 10 milliards de dollars et repr&#233;sente 10% du d&#233;ficit am&#233;ricain &#224; l'&#233;gard de la Chine. Sa force est la capacit&#233; &#224; organiser le r&#233;seau productif, &#224; faire tourner rapidement les stocks et &#224; conna&#238;tre finement son client final pour intervenir dans la d&#233;finition m&#234;me des produits qu'ils mettent en vente. &lt;br /&gt;
Au d&#233;but du d&#233;veloppement des technologies de l'info, on pensait voir se d&#233;velopper en amont des grandes places de B. to B. ou de commerce &#233;lectronique pour fournir les grands r&#233;seaux de distribution. Avec Walmart, on voit un autre mod&#232;le &#224; l'&#339;uvre avec l'int&#233;gration de la cha&#238;ne des fournisseurs. C'est &#233;galement le mod&#232;le de Dell.&lt;br /&gt;
Enfin, il faut remarquer que des entreprises comme e-bay ou Amazon sont de brillants survivants mais aussi des premiers arrivants. Ils ont tout de suite occup&#233; l'espace, eu des centaines de clones mais aucun n'a r&#233;ussi &#224; renverser la situation. Quant aux t&#233;l&#233;coms, on a vu un seul nouvel acteur, Vodafone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Aux Etats-Unis, les choses ne sont pas jou&#233;es, ni dans certains secteurs comme le tourisme o&#249; les cartes vont encore &#233;voluer. Encore une fois, se reporter &#224; l'automobile et &#224; la redistribution qu'elle a connu dans les 40 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Quand je vois la trajectoire d'un Microsoft et d'un IBM, je me demande si dans ces domaines de forte innovation, dans lesquels la constitution d'une position dominante permet de d&#233;gager rapidement des rentes de situation tr&#232;s importantes, l'on n'est pas dans un mod&#232;le o&#249; il y a paradoxalement plus d'irr&#233;versibilit&#233; que dans l'ancienne &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Quelle est la force du mod&#232;le ? Et celle de la marque, de la technologie, de la gestion ? Cela demande &#224; &#234;tre &#233;tudi&#233; cas par cas. Les multiples que la bourse applique &#224; ceux qui r&#233;ussissent supposent que non seulement ils continuent &#224; se d&#233;velopper mais &#224; se d&#233;velopper plus vite que le reste du march&#233;, et pendant un temps presque infini... Ce n'est pas sans risque. Soit l'on pense que la r&#233;volution technologique est finie, soit l'on pense le contraire et la donne va encore changer. Les &#233;volutions pouvant aussi venir des comportements de client&#232;le et du marketing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Un autre mod&#232;le qui r&#233;ussit, on l'a dit, c'est la banque universelle de proximit&#233; qui &#224; la fois offre la proximit&#233; physique et la proximit&#233; virtuelle par le syst&#232;me d'information et la connaissance des pratiques de consommation de ses clients. Elle peut d&#233;velopper leur degr&#233; de bancarisation en faisant de chacun de ses clients des clients multi produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Il y a enfin quelques mod&#232;les qui peuvent tirer partie du fait que la part de savoir-faire exportable augmente : si la composante technologique, communication et internet se d&#233;veloppe, elle sera plus facilement transf&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre question est de savoir qui va b&#233;n&#233;ficier du partage entre l'actionnaire, les salari&#233;s et les consommateurs. Ce sera sans doute variable selon les pays et les secteurs, mais j'ai le sentiment personnel que ce sera, dans la majorit&#233; des cas, le consommateur. Dans le cas de Walmart, on a affaire &#224; un monopole de fait dans l'Am&#233;rique rural. Quand ils s'installent quelque part, ils tuent le commerce local et m&#234;me les cha&#238;nes concurrentes. Le contre pouvoir, c'est alors l'opinion publique. Suivant la concurrence ou le contre pouvoir qui peut aussi prendre la forme de la r&#233;glementation, par exemple dans les t&#233;l&#233;coms, le b&#233;n&#233;fice des consommateurs sera plus ou moins important, et il restera plus ou moins de gain pour les actionnaires et les salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B&amp;F&lt;/i&gt; . En conclusion, un probable b&#233;n&#233;fice consommateurs, mais peut-on parler d'une richesse nouvelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Les ann&#233;es 90 ont &#233;t&#233; une p&#233;riode de croissance exceptionnelle des Etats-Unis. Et de d&#233;&#233;collage de l'Inde et de la Chine sur la sc&#232;ne internationale. Aux USA, il y a eu un double doublement des investissements. Doublement des investissements en g&#233;n&#233;ral et doublement des investissements dans les nouvelles technologies, soit un quadruplement dans ce secteur. On a peut-&#234;tre mal investi, ou sur investi, mais l'on ne peut pas dire que l'on n'a pas suffisamment investi.&lt;br /&gt;
En m&#234;me temps, la contribution &#224; la croissance a &#233;t&#233; exceptionnelle. Si l'on r&#233;sonne en dollar courant l'essentiel de la croissance mondiale a &#233;t&#233; faite aux Etats-Unis. Si l'on raisonne en parit&#233; de pouvoir d'achat, l'essentiel de la croissance a &#233;t&#233; le fait de la Chine et des Etats-Unis. L'Europe a &#233;t&#233; &#224; la tra&#238;ne. Pourquoi ce moindre d&#233;veloppement ? On peut faire le constat que justement, dans ces nouvelles technologies de l'information l'Europe n'a pas fait tout l'effort n&#233;cessaire ou parfois trop tard. Alors y a-t-il un lien &#233;vident ? Ce que l'on peut dire c'est qu'&#224; partir de 1995, le &#171; ciseau &#187; de la croissance et de la comp&#233;titivit&#233; entre Europe et les Etats-Unis s'est de nouveau ouvert, apr&#232;s 50 ans pendant lesquels l'Europe avait r&#233;guli&#232;rement rattrap&#233; son retard et r&#233;duit le diff&#233;rentiel...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;vy-Lang&lt;/strong&gt;. Ca permet de dire que l'Europe a un gros potentiel... On peut aussi &#234;tre tr&#232;s n&#233;gatif en disant que les m&#234;mes causes de blocage structurel font que l'on est &#224; la fois en retard sur les nouvelles technologies et sur de d&#233;veloppement de la croissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.banque-finance.ch" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Banque &amp; Finance&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gilles Mougenot a d&#251; s'absenter apr&#232;s cette intervention.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entretien au Figaro</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Entretien-au-Figaro-37.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Qui para&#238;t le plus &#224; m&#234;me aujourd'hui d'exercer les missions de service public : Etat, collectivit&#233;s, soci&#233;t&#233;s priv&#233;es...? En France on assimile volontiers fonctionnaires et service public, mais y a-t-il d'autres choix ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, les services publics nationaux ont longtemps &#233;t&#233; b&#226;tis sur l'identit&#233; remarquable suivante : missions de service public = entreprise du secteur public = statut de la fonction publique, or l'exp&#233;rience des services publics locaux fournissait un contre mod&#232;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt; Qui para&#238;t le plus &#224; m&#234;me aujourd'hui d'exercer les missions de service public : Etat, collectivit&#233;s, soci&#233;t&#233;s priv&#233;es...? En France on assimile volontiers fonctionnaires et service public, mais y a-t-il d'autres choix ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les services publics nationaux ont longtemps &#233;t&#233; b&#226;tis sur l'identit&#233; remarquable suivante : missions de service public = entreprise du secteur public = statut de la fonction publique, or l'exp&#233;rience des services publics locaux fournissait un contre mod&#232;le puisque des collectivit&#233;s locales d&#233;finissaient les missions de service public, mettaient en concurrence l'octroi des concessions entre entreprises priv&#233;es . Avec la construction d'un grand march&#233; int&#233;rieur europ&#233;en les choses sont devenues plus claires. La d&#233;finition des missions de service public territorial et social reste l'apanage incontest&#233; de l'autorit&#233; politique. Le financement de ces missions revient aux citoyens &#224; travers l'imp&#244;t ou &#224; travers des caisses abond&#233;es par l'ensemble des acteurs industriels du secteur. Dans ce contexte, le r&#233;gulateur a trois missions : concilier les missions de service public avec l'ouverture des march&#233;s, organiser la cohabitation entre op&#233;rateurs historiques et nouveaux entrants en fixant les co&#251;ts d'interconnexion ou de transport, allouer des biens rares comme les fr&#233;quences ou les sillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; Les grandes coupures d'&#233;lectricit&#233; aux USA , le d&#233;raillement des trains en GB etc., accr&#233;ditent l'id&#233;e d'une d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; des services quand ils sont privatis&#233;s. Qu'en pensez-vous ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut &#233;viter les pol&#233;miques st&#233;riles et les proclamations id&#233;ologiques il vaut mieux savoir que les services publics ont une histoire, une organisation et une performance &#233;conomique tr&#232;s diff&#233;rentes dans les diff&#233;rents pays europ&#233;ens. Les SPIC britanniques avant Mrs Thatcher souffraient de sous-investissement, de paralysie et d'inefficacit&#233;. La privatisation de British Rail a au moins permis dans un premier temps de relancer l'investissement. Aujourd'hui il est clair que l'&#233;claatement en pr&#232;s de 200 soci&#233;t&#233;s a &#233;t&#233; une erreur. Le SP italien souffrait du partage des d&#233;pouilles politiques, d'un manque dramatique de fiabilit&#233; et d'une relative gabegie. Personne n'est pr&#234;t &#224; revenir en arri&#232;re. Quant aux Etats Unis ce qui est en cause ce n'est pas la lib&#233;ralisation mais la coexistence dans la fourniture d'&#233;lectricit&#233; d'un march&#233; libre en amont (production, transport) et d'un march&#233; r&#233;gul&#233; en aval (prix de d&#233;tail pour le consommateur). En France , nous avons eu un service public social, colbertiste, innovant r&#233;gi par des despotes &#233;clair&#233;s. La question est : pourquoi ne parvenons nous pas &#234;tre les meilleurs, pourquoi sommes-nous si frileux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; Faut-il donner un pouvoir accru aux autorit&#233;s de r&#233;gulation ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience accumul&#233;e au cours des derni&#232;res ann&#233;es me conduit &#224; penser qu'une double &#233;volution est n&#233;cessaire. D'une part les r&#233;gulateurs nationaux, comme l'ART par exemple, doivent exercer la pl&#233;nitude de la comp&#233;tence de r&#233;gulation aujourd'hui encore partag&#233;e avec le Minist&#232;re. D'autre part je crois qu'il faut acc&#233;l&#233;rer la r&#233;flexion sur la r&#233;gulation &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Dans des secteurs aussi divers que les telecom, le ferroviaire ou l'&#233;lectricit&#233; on constate chaque jour le co&#251;t de l'absence d'un r&#233;gulateur europ&#233;en. Avec les t&#233;l&#233;com, on a vu les ravages produits par les &#233;go&#239;smes nationaux et la faiblesse de l'Europe &#224; l'occasion de l'octroi des licences UMTS. Avec l'&#233;lectricit&#233; on voit tous les jours le caract&#232;re factice d'une concurrence limit&#233;e par les insuffisances des interconnections electriques aux fronti&#232;res. Avec le ferroviaire on a d&#233;j&#224; compris la n&#233;cessit&#233; d'une autorit&#233; europ&#233;enne de la s&#233;curit&#233; demain il faudra r&#233;guler en commun les sillons et les p&#233;ages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;b&gt;Quel espace reste-il pour l'Etat ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immense ! d&#233;finir les missions de service public, hi&#233;rarchiser les priorit&#233;s, n&#233;gocier des compromis dynamiques &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, &#233;clairer le long terme. Plus concr&#232;tement on sait que le service universel des telecom peut &#234;tre r&#233;vis&#233; certains plaident donc pour la g&#233;n&#233;ralisation de l'acc&#232;s au mobile et &#224; l'internet haut d&#233;bit, faut-il le faire ? Je rappelle qu'aujourd'hui le service universel se d&#233;finit par l'&#233;gal acc&#232;s sur tout le territoire et &#224; un prix raisonnable &#224; une ligne fixe. Qui doit assumer le co&#251;t d'une extension du Service universel et surtout est ce que cette mission est prioritaire en termes de politique publique par rapport &#224; l'am&#233;lioration du taux d'encadrement m&#233;dical dans les maisons de retraite. Autre exemple : quel est le bon &#171; mix &#187; &#233;nerg&#233;tique quand le nucl&#233;aire est rejet&#233; par les &#233;cologistes, que l'effet de serre &#224; l'inverse plaide en sa faveur et que la lib&#233;ralisation du march&#233; joue contre les investissements de tr&#232;s long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le service public &#224; la fran&#231;aise est-il soluble dans l'Europe ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille du SPIC est derri&#232;re nous. Un compromis a de fait &#233;t&#233; trouv&#233; : la France a obtenu de l'Europe que la lib&#233;ralisation soit tr&#232;s progressive, elle a r&#233;ussi &#224; pr&#233;server ses champions nationaux, elle a surtout obtenu la reconnaissance et la g&#233;n&#233;ralisation &#224; l'Europe du &#171; service universel &#187;. Pour demain je vois trois probl&#232;mes essentiels : 1-Serons-nous capables de mettre sur les rails les grandes infrastructures europ&#233;ennes dont nous avons un besoin crucial pour notre croissance et pour donner corps au march&#233; domestique europ&#233;en ; 2- Serons-nous capables lorsque la maille territoriale d'un march&#233; est l'Europe de cr&#233;er un r&#233;gulateur europ&#233;en ? 3- Pourrons nous inventer pragmatiquement des solutions aux probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; des r&#233;seaux, d'interop&#233;rabilit&#233;, d'harmonisation des p&#233;ages et des tarifs en &#233;vitant les d&#233;bats th&#233;ologiques sur le &#171; service public &#224; la fran&#231;aise &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lefigaro.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien au Nouvel &#201;conomiste</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Entretien-au-Nouvel-Economiste.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment pensez vous que va intervenir l'ouverture du capital d'EDF ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me essentiel tient au fait que le gouvernement et l'entreprise poursuivent des objectifs partiellement contradictoires. EDF a un besoin vital de restructuration bilantielle. L'Etat a besoin de r&#233;duire son d&#233;ficit. EdF s'est livr&#233;e au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es de toute une s&#233;rie d'acquisitions qui ont accru son endettement. Ses fonds propres sont donc relativement modestes alors qu'elle a besoin d'argent frais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment pensez vous que va intervenir l'ouverture du capital d'EDF ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me essentiel tient au fait que le gouvernement et l'entreprise poursuivent des objectifs partiellement contradictoires. EDF a un besoin vital de restructuration bilantielle. L'Etat a besoin de r&#233;duire son d&#233;ficit. EdF s'est livr&#233;e au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es de toute une s&#233;rie d'acquisitions qui ont accru son endettement. Ses fonds propres sont donc relativement modestes alors qu'elle a besoin d'argent frais pour continuer &#224; investir dans les entreprises acquises, notamment en Italie. Une &#233;ventuelle ouverture du capital ne se justifierait que par la capacit&#233; qu'EDF aurait &#224; lever des capitaux frais pour financer sa croissance...Et ce d'autant qu'au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es le gouvernement n'a pas tenu ses engagements qui &#233;taient pourtant pr&#233;vus dans les contrats de plan et n'a pas vers&#233; &#224; l'entreprise ce qu'il lui devait, sous forme de hausse tarifaire ou de compensations du r&#244;le de service public ou d'achat d'&#233;nergie issu de la cog&#233;n&#233;ration ou de l'&#233;olien. L'Etat. a une autre logique : il dispose de l'une des derni&#232;res belles affaires &#171; privatisables &#187;. EdF pourrait rapporter beaucoup d'argent &#224; un Etat imp&#233;cunieux si le contexte s'y pr&#234;te. Besoin de refinancement d'un c&#244;t&#233; souhait d'&#233;quilibre budg&#233;taire de l'autre, les objectifs auraient pu &#234;tre concili&#233;s si le contexte boursier n'&#233;tait devenu detestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle incidence a la r&#233;organisation du syst&#232;me de financement des retraites EDF ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;nergie consid&#233;rable a &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;e pour cette op&#233;ration pr&#233;par&#233;e de tr&#232;s longue date avec de grands sacrifices pour l'entreprise et l'Etat. Elle devait ouvrir la voie triomphale vers l'ouverture de capital. Mais cela ne s'est pas bien pass&#233;. Du coup, l'ouverture du capital va se faire dans un contexte social moins pacifi&#233; qu'on avait pu l'esp&#233;rer. Comme de surcro&#238;t les march&#233;s financiers sont dans une situation &#233;pouvantable, Le pronostic pour une ouverture du capital rapide devient d&#233;favorable. Mais si l'Etat r&#233;duit ses ambitions sur la valorisation de l'entreprise, s'il r&#233;duit ses pr&#233;tentions sur l'apport net d'argent frais et si l'Etat donne &#224; EDF, par des augmentations de tarifs les moyens de mieux se porter financi&#232;rement et si l'entreprise accepte de diff&#233;rer ses projets de croissance on peut imaginer une op&#233;ration qui se d&#233;roulerait avant fin 2004 mais qui ne sera pas de toute mani&#232;re tr&#232;s rentable, ni pour l'un, ni pour l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles cons&#233;quences voyez vous &#224; la lib&#233;ralisation du march&#233; fran&#231;ais de l'&#233;nergie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pose dans des probl&#232;mes relativement simples. L'exp&#233;rience montre que lorsque l'on passe d'une situation de monopole de service public verticalement int&#233;gr&#233; &#224; la concurrence, comme on a pu le voir avec les t&#233;l&#233;coms par exemple, l'effet majeur de l'ouverture , ce n'est pas tant les parts de march&#233; perdus par l'op&#233;rateur dominant que la pression exerc&#233;e sur les prix. On a bien vu dans les t&#233;l&#233;coms que ceux qui souffrent ce n'est pas France T&#233;l&#233;com mais ses nouveaux concurrents...qui sortent du jeu les uns apres les autres...Ils auront oblig&#233; France T&#233;l&#233;com &#224; baisser massivement ses prix et &#224; transf&#233;rer une partie de la rente ; qui avait &#233;t&#233; dissip&#233;e jusque l&#224; au sein de l'Etat, aux consommateurs. Mais il ne faut pas attendre de fortes baisses de prix dans l'&#233;lectricit&#233;. Les nouveaux entrants n'ayant pas acc&#232;s &#224; la rente d'un nucl&#233;aire amorti ne peuvent vraiment faire souffrir EdF, sauf &#224; faire b&#233;n&#233;ficier les concurrents du parc d'EdF. Ce qui determine le prix, en l'absence d'une vraie concurrence europ&#233;enne, c'est la qualit&#233; du mix energ&#233;tique national. Structurellement, le prix de l'&#233;lectricit&#233; sera bas en France par rapport &#224; des pays qui d&#233;pendent soit du p&#233;trole, soit du gaz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Capitalistes d&#233;voy&#233;s ou crise du capitalisme</title>
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		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;A ceux qui croient qu'il suffit de multiplier les &#171; administrateurs ind&#233;pendants &#187; pour r&#233;nover la corporate governance, mieux organiser la rotation des auditeurs dans le cadre du double commissariat aux comptes pour retrouver la confiance dans les chiffres ou encore laisser faire les &#171; hedge funds &#187; au nom des march&#233;s efficients, la lecture de l'ouvrage de Bebear-Mani&#232;re s'impose. Pour Bebear la crise de confiance actuelle est une crise de syst&#232;me C'est donc toute la cha&#238;ne des professions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A ceux qui croient qu'il suffit de multiplier les &#171; administrateurs ind&#233;pendants &#187; pour r&#233;nover la corporate governance, mieux organiser la rotation des auditeurs dans le cadre du double commissariat aux comptes pour retrouver la confiance dans les chiffres ou encore laisser faire les &#171; hedge funds &#187; au nom des march&#233;s efficients, la lecture de l'ouvrage de Bebear-Mani&#232;re s'impose. Pour Bebear la crise de confiance actuelle est une crise de syst&#232;me C'est donc toute la cha&#238;ne des professions de la finance qui est soumise &#224; la question. La m&#233;thode Bebear est simple et l'organisation du livre en d&#233;coule. Il d&#233;crit les diff&#233;rents m&#233;tiers de la finance de march&#233;, il explique &#224; chaque fois les techniques mobilis&#233;es, &#233;voque les d&#233;rives, en rend compte avant de sugg&#233;rer des pistes de r&#233;forme. Il est ainsi conduit &#224; mettre en cause les analystes qui combattent l'incompl&#233;tude de leur information par la fuite dans la mod&#233;lisation, les agences de notation qui &#233;chaud&#233;es par leurs ratages pass&#233;s sont tent&#233;es de d&#233;grader pr&#233;ventivement sur la base d'informations biais&#233;es, les banquiers d'affaires pr&#234;ts &#224; encourager les aventures strat&#233;giques les plus folles pour alimenter leurs &#233;quipes et m&#234;me les PDG qui ont d&#233;voy&#233; les stocks options. Mais la d&#233;nonciation n'est pas le souci premier de Bebear, sa motivation est plus profonde : sauver le syst&#232;me en renvoyant &#224; chaque acteur individuellement rationnel l'image de l'effet d&#233;vastateur de leurs strat&#233;gies combin&#233;es. Trois exemples permettent d'expliciter la d&#233;marche. Les agences de notation r&#233;pondent &#224; un besoin &#233;vident d'information de l'investisseur dans un contexte de d&#233;sinterm&#233;diation bancaire, mais les notes servent souvent de clauses de conditionnalit&#233; pour les cr&#233;dits accord&#233;s, une note abaiss&#233;e d&#233;clenche alors une obligation de remboursement anticip&#233; suscitant de ce seul fait une crise de tr&#233;sorerie. Les produits d&#233;riv&#233;s ont une utilit&#233; av&#233;r&#233;e en mati&#232;re de couverture du risque mais, entre les mains des hedge funds, ils sont devenus un facteur majeur de fragilisation des entreprises. Le m&#233;canisme est simple : le hedge fund rep&#232;re un titre en difficult&#233;, gr&#226;ce a la ma&#238;trise des d&#233;riv&#233;s, gr&#226;ce a l'effet de levier, gr&#226;ce a la pratique du pr&#234;t de titres, le Hedge Fund va vendre massivement le titre, il provoque une cascade de ventes, il peut alors racheter au plus bas ces titres, les vendre et empocher un profit artificiel . La volatilit&#233; nourrit la volatilit&#233; et pousse &#224; multiplier le recours aux d&#233;riv&#233;s pour se couvrir. Dernier exemple, le r&#233;gulateur soucieux de prot&#233;ger l'assur&#233; &#233;dicte des r&#232;gles de solvabilit&#233;, celles-ci contraignent les assureurs &#224; comptabiliser leurs actifs risqu&#233;s (actions) pour une fraction de leur valeur (haircut) ; quand les actions baissent pour des raisons de court terme et alors que les engagements sont de long terme, les assurances sont oblig&#233;es de vendre ces actions acc&#233;l&#233;rant ainsi leur chute. Mais &#224; quoi attribuer ces d&#233;rives et quelles cons&#233;quences en tirer ?.Il y a pour l'essentiel 2 lectures de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture Bebear privil&#233;gie la th&#232;se du d&#233;r&#232;glement, de la d&#233;rive d'un syst&#232;me qu'il convient de corriger en faisant appel d'abord &#224; l'esprit de responsabilit&#233; &#224; l'&#233;thique professionnelle et personnelle des acteurs de march&#233; et accessoirement &#224; quelques r&#233;formes bien cibl&#233;es (d&#233;signation des auditeurs par un coll&#232;ge de censeurs, encadrement de l'action des hedge funds, r&#233;glementation r&#233;active ...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse la lecture d'&#233;conomistes de l'Ecole de la r&#233;gulation comme Aglietta ou Orlean privil&#233;gie la th&#232;se des march&#233;s inefficients et de la crise syst&#233;mique. Ils nous incitent d&#232;s lors &#224; r&#233;consid&#233;rer la d&#233;r&#233;glementation/innovation financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re attitude peut p&#234;cher par timidit&#233;, la crise que d&#233;crit Bebear para&#238;t r&#233;sister aux th&#233;rapies classiques. La deuxi&#232;me conduit &#224; remettre en cause la globalisation financi&#232;re et les b&#233;n&#233;fices du d&#233;veloppement d'une industrie de gestion du risque. Traiter le risque syst&#233;mique produit par la finance de march&#233; en s'appuyant sur des professions qu'il faut en m&#234;me temps r&#233;former : tel est le d&#233;fi &#224; relever pour restaurer la confiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le march&#233; aux voleurs de Jean Montaldo </title>
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&lt;p&gt;L'&#233;clatement de la bulle sp&#233;culative des TMT et la ruine de petits actionnaires ; la quasi-faillite de FT, Alcatel ou Vivendi, et le r&#244;le qui y ont jou&#233; leurs patrons ; l'aveuglement des analystes et des auditeurs et la complaisance des r&#233;gulateurs et des juges : tout &#233;tait r&#233;uni pour faire un grand livre. L'actualit&#233; avait &#233;t&#233; bonne fille. Montaldo aurait pu donc faire &#339;uvre utile. Mais tel ne fut pas son projet. A l'enqu&#234;te patiente, &#224; l'analyse ingrate, l'auteur a pr&#233;f&#232;r&#233; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;clatement de la bulle sp&#233;culative des TMT et la ruine de petits actionnaires ; la quasi-faillite de FT, Alcatel ou Vivendi, et le r&#244;le qui y ont jou&#233; leurs patrons ; l'aveuglement des analystes et des auditeurs et la complaisance des r&#233;gulateurs et des juges : tout &#233;tait r&#233;uni pour faire un grand livre. L'actualit&#233; avait &#233;t&#233; bonne fille. Montaldo aurait pu donc faire &#339;uvre utile. Mais tel ne fut pas son projet. A l'enqu&#234;te patiente, &#224; l'analyse ingrate, l'auteur a pr&#233;f&#232;r&#233; les impr&#233;cations, les mises en sc&#232;ne, les d&#233;nonciations th&#233;&#226;trales. A la diversit&#233; des hommes, des situations, il oppose un &#171; tous voleurs &#187; les patrons cupides comme l'Etat prodigue, les surfeurs d'internet comme les aristocrates d'Etat. A la complexit&#233; d'une &#233;conomie de plus en plus immat&#233;rielle, mondialis&#233;e et financiaris&#233;e, il entend opposer le bon sens simple en noir et blanc des honn&#234;tes gens Un dossier illustre ce biais syst&#233;matique : Vivendi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaldo consacre 4 chapitres pour conter la saga de Messier. Le lecteur app&#226;t&#233; accourt, il va enfin comprendre pourquoi le titre a perdu les 9/10&#176; de sa valeur, pourquoi Messier s'est engag&#233; dans la strat&#233;gie de la &#171; convergence &#187;, pourquoi VU n'a jamais &#233;t&#233; capable d'&#233;valuer correctement le risque financier du groupe, pourquoi au cours de sa derni&#232;re ann&#233;e d'exercice Messier a fait tant d'acquisitions p&#233;riph&#233;riques, pourquoi les administrateurs n'ont rien vu, rien emp&#234;ch&#233;. Mais le lecteur ne saura rien, Montaldo consacre l'essentiel de son enqu&#234;te et de sa d&#233;monstration &#224; deux sujets : les stocks options du Pr&#233;sident et les am&#233;nagements pharaoniques de l'Airbus priv&#233;. Et m&#234;me en prenant au s&#233;rieux ce que l'auteur avance sur les stocks options, &#224; savoir que Messier en a lev&#233; un paquet fin 2001 &#224; 50&#8364; et qu'il s'est endett&#233; pour le faire, le fait que Messier ait conserv&#233; ces actions et qu'elles valent aujourd'hui 14&#8364; n'est pas une preuve &#233;vidente de la capacit&#233; de Messier &#224; manipuler les cours pour son plus grand profit personnel. La d&#233;nonciation incantatoire de la furie d'acquisitions de J.M.Messier emp&#234;che m&#234;me l'auteur de faire la diff&#233;rence entre achats vertueux et ruineux : l'achat de Seagram avec des actions Vivendi alors au plus haut a permis &#224; Messier de troquer du papier contre les actifs tangibles de Universal dans le cinema la musique et l'audiovisuel. Les op&#233;rations Houghton Mifflin ou Maroc Telecom, &#224; l'inverse ont &#233;t&#233; pay&#233;es en cash, au plus haut alors que la situation de VU &#233;tait d&#233;j&#224; tendue et sans b&#233;n&#233;fices r&#233;els pour les activit&#233;s du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'importe ces d&#233;tails Montaldo nous le dit, il dispose d'un scoop, qu'il publie en annexe, le memorandum Hannezo destin&#233; &#224; J.R.Fourtou, saisi par la COB et depuis diffus&#233; dans tout Paris. Cette note, pour un esprit curieux est d'une grande richesse, elle montre comment le groupe sans changer ses habitudes s'est fragilis&#233;, comment il s'est lui m&#234;me pi&#233;g&#233;, victime de sa complexit&#233; grandissante, comment ses finances lui ont &#233;chapp&#233; car trop d&#233;pendantes de l'&#233;tat des march&#233;s et du jugement des agences de notation. Mais Montaldo paraphrase et se r&#233;fugie derri&#232;re les &#233;paules de J.R.Fourtou pour dire que d&#233;cid&#233;ment tout ceci est incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; le cas VU, Montaldo se tourne vers de &#171; moindres &#187; dossiers : Le Cr&#233;dit Foncier, France Telecom ou Libertysurf. A l'en croire le pire aurait &#233;t&#233; commis au Foncier, une v&#233;ritable histoire de fr&#232;res Rapetou o&#249; l'Etat, sous ses diff&#233;rentes formes aurait de propos d&#233;lib&#233;r&#233; d&#233;cid&#233; de faire main basse sur le Foncier pour assouvir ses intarissables besoins financiers avec &#224; la man&#339;uvre un haut fonctionnaire socialiste Jean Pascal Beauffret. L'histoire est pourtant moins flamboyante. Dans les ann&#233;es 80, le Foncier entreprend de diversifier ses activit&#233;s dans le cr&#233;dit immobilier non-aid&#233;, le cr&#233;dit bail immobilier et le cr&#233;dit aux promoteurs. Les perspectives de lib&#233;ralisation, de d&#233;sp&#233;cialisation et de d&#233;bonification incitent les institutions financi&#232;res sp&#233;cialis&#233;es de se trouver un nouvel avenir. Le Foncier, tout &#224; sa diversification, est pris &#224; rebours par le d&#233;gonflement de la bulle immobili&#232;re puis par le retournement &#233;conomique majeur de 92/93. L'entreprise assiste &#224; une explosion de mauvais risques avec dans ses comptes des biens sur&#233;valu&#233;s et des pr&#234;ts irrecouvrables . Au m&#234;me moment, ce que craignait le Foncier et pour lequel il s'&#233;tait diversifi&#233; survient : l'Etat met un terme au monopole du Foncier dans la distribution des PAP. L'entreprise, qui est c&#244;t&#233;e, subit un coup de torchon boursier : les acteurs de la place ne croient plus &#224; son avenir. La peur de la liquidation pure et simple mobilise les syndicats. L'Etat recule et fait reprendre le Foncier par la Caisse des D&#233;p&#244;ts : c'est une nationalisation des pertes. J.P.Beauffret install&#233; comme sous-gouverneur de 94 &#224; 96 va &#339;uvrer pour redresser le Foncier. Parce que nomm&#233; par les socialistes, il est trait&#233; par Montaldo de noms d'oiseau et tenu pour responsable du mauvais coup orchestr&#233; par l'Etat contre les boursicoteurs au premier rang desquels il faut mentionner Mr Montaldo lui m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, l'aversion pour les socialistes chez Montaldo tient de l'id&#233;e fixe, de la passion morbide, elle le conduit &#224; des explications surr&#233;alistes de la quasi-faillite de FT. A l'en croire c'est la d&#233;cision des socialistes de faire payer les licences UMTS &#224; FT qui serait la source de tous les malheurs. On reste sans voix devant une telle ignorance. 1/FT n'a pay&#233; que le 1/8&#176; du montant initialement pr&#233;vu soit 0,6 milliard&#8364;. 2/FT a de son propre chef pouss&#233; les feux de la sp&#233;culation sur les licences UMTS au Royaume Uni (7Milliard&#8364;) et en Allemagne (8,4Milliard&#8364;). 3/Ayant acquis Orange, FT ne va m&#234;me pas c&#233;der NTL ce qui se soldera par une perte additionnelle de 8,5 Milliards d'Euros. Emport&#233; par sa passion Montaldo en rajoute : FT aurait &#233;t&#233; victime de l'Etat socialiste en n'&#233;tant pas autoris&#233;e &#224; payer Orange en titres pour pr&#233;server le contr&#244;le majoritaire de l'Etat sur FT mais quelques lignes plus loin il reproche &#224; Michel Bon d'avoir rachet&#233; les 40% d'actions FT d&#233;tenues par Vodafone, fournissant ainsi la preuve absolue de l'inanit&#233; de sa th&#232;se : Vodafone pour c&#233;der Orange ne voulait que du cash imm&#233;diat ou diff&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son parcours boursier, Montaldo, va avoir la main heureuse sur un dossier : Kalisto. Le chapitre consacr&#233; &#224; Nicolas Gaume, petit prince des jeux &#233;lectroniques, faux proph&#232;te et vrai truqueur de comptes, est &#224; la fois informatif, dr&#244;le et instructif. A la diff&#233;rence de tous les autres dossiers &#233;voqu&#233;s, Montaldo apporte des informations originales, il d&#233;monte la fabrication frauduleuse des comptes, les commandes invent&#233;es, les manipulations de cours. L'hommage qui lui est rendu par un Ministre est digne des pr&#233;cieuses ridicules. En m&#234;me temps l'enthousiasme pour les nouvelles technologies &#233;tait tel, &#224; cette &#233;poque, que les pr&#233;cautions les plus &#233;l&#233;mentaires n'ont pas &#233;t&#233; prises s'agissant des valeurs dites internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir instruit le proc&#232;s des patrons , Montaldo s'attaque aux banquiers, analystes, magistrats, et r&#233;gulateurs. Tout ce monde a failli &#224; ses yeux. Tous se sont entendus comme larrons en foire pour ruiner le petit actionnaire. La charge contre les analystes financiers est salutaire. La publication de la collection de leurs &#171; analyses &#187; avec leurs recommandations d'achat, leurs top picks, leurs strong buy est m&#234;me divertissante. L'ignorance que r&#233;v&#232;lent nombre de ces &#233;tudes des secteurs industriels &#233;tudi&#233;s est abyssale mais les questions que soul&#232;ve la pratique des analystes ne sont n'est qu'effleur&#233;es : faut-il attribuer les sottises publi&#233;es au fait que les analystes servent des ma&#238;tres puissants ou au fait qu'ils font ce qu'ils peuvent dans le temps dont ils disposent dans un monde tourbillonnant. S'agissant des banquiers d'affaires : ils cherchent &#224; faire des affaires certes, ils instillent des modes strat&#233;giques avec les consultants certes, ils facturent des montants ind&#233;cents certes, ils se servent des analystes comme vecteurs commerciaux certes, mais qui oblige les patrons &#224; les suivre (Mestrallet n'a pas suivi les conseils visant a transformer Suez en Enron). Quelles cons&#233;quences tirer de ces pratiques ? Ce n'est pas l'objet du livre , mais on aimerait savoir ce que pense Montaldo : sont ce les hommes, leurs faiblesses, leur cupidit&#233; qui sont en cause ou les politiques d'innovation et de d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re. Quant &#224; la COB, l'auteur a raison de dire qu'elle n'a rien vu, rien emp&#234;ch&#233;, mais est-ce son r&#244;le d'interdire l'acc&#232;s au march&#233; et pourquoi tourner en d&#233;rision ses &#171; avertissements &#187; ?.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la v&#233;rit&#233; la crise est plus grave que ne le laisseraient penser les pseudo-r&#233;v&#233;lations de Montaldo. Les affaires Enron et Worldcom ont certes montr&#233; que la cupidit&#233;, la malhonn&#234;tet&#233; &#233;taient de ce monde, elles ont surtout montr&#233; que les syst&#232;mes l&#233;gaux, les instances de r&#233;gulation et de contr&#244;le, et les juridictions en place n'avaient rien emp&#234;ch&#233;. Pire, des innovations financi&#232;res comme les stocks options ont donn&#233; des ailes &#224; la cupidit&#233; et ont parfois nuit au fonctionnement des entreprises. Les affaires FT, Vivendi nous ont rappel&#233; qu'il n'est pas facile de r&#233;duire l'in&#233;gale information entre contr&#244;leurs et contr&#244;l&#233;s. Lorsque de surcro&#238;t le contr&#244;le est mixte, l'impunit&#233; des dirigeants est maximale. Enfin les affaires Kalisto et Libertysurf illustrent une fois de plus cette th&#232;se, souvent v&#233;rifi&#233;e, sur les r&#233;volutions technologiques : on en surestime toujours les effets a court terme, on en sous-estime toujours les effets &#224; long terme. Ce livre, terriblement manich&#233;en n'apprendra rien &#224; ceux qui veulent comprendre l'actuelle crise de confiance . Au fond, le seul sujet du livre est l'auteur : Montaldo en Rouletabille faisant les poubelles de la BCEN, Montaldo d&#233;fiant le ministre des finances en prenant 0,5% du Cr&#233;dit Foncier, Montaldo ressassant les turpitudes de Mitterrand et des 40 voleurs, Montaldo en redresseur de torts solitaire crucifiant J.P.Beauffret, canonisant la &#171; Jeanne d'Arc &#187; des petits actionnaires, Mme Colette Neuville, ou d&#233;crivant avec une Kolossale finesse, Besnainou de Libertysurf, en h&#233;ros gomin&#233; de &#171; la v&#233;rit&#233; si je mens &#187;. Tout &#224; son autoglorification, Montaldo a oubli&#233; de faire le travail d'enqu&#234;te, d'analyse et de synth&#232;se qui aurait pu &#233;clairer le lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lepoint.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Telecom : sortie de faillite</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Telecom-sortie-de-faillite.html</link>
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		<dc:date>2003-01-01T19:25:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Telecom</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelles technologies</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;pour L'Expansion, janvier 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; Des titres comme France Telecom ou Alcatel nagu&#232;re honnis ... qu'on s'arrache en ce d&#233;but d'ann&#233;e. Des recommandations qui s'inversent pour le secteur des &#233;quipementiers telecom ou pour des op&#233;rateurs comme DT, il n'en fallait pas davantage pour que certains annoncent la sortie de crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le march&#233; soit davantage la chambre d'&#233;chos de rumeurs ou le th&#233;&#226;tre de comportements moutonniers et de proph&#233;ties autor&#233;alisatrices n'est pas nouveau. Pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Telecom-+.html" rel="tag"&gt;Telecom&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nouvelles-technologies-+.html" rel="tag"&gt;Nouvelles technologies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;pour &lt;i&gt;&lt;a href= &#034;http://www.lexpansion.com&#034; target= &#034;blank&#034;&gt;L'Expansion&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, janvier 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des titres comme France Telecom ou Alcatel nagu&#232;re honnis ... qu'on s'arrache en ce d&#233;but d'ann&#233;e. Des recommandations qui s'inversent pour le secteur des &#233;quipementiers telecom ou pour des op&#233;rateurs comme DT, il n'en fallait pas davantage pour que certains annoncent la sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le march&#233; soit davantage la chambre d'&#233;chos de rumeurs ou le th&#233;&#226;tre de comportements moutonniers et de proph&#233;ties autor&#233;alisatrices n'est pas nouveau. Pour l'&#233;conomiste, il importe par contre de d&#233;terminer si une reprise r&#233;elle est &#224; l'&#339;uvre car les NTIC ont jou&#233; un r&#244;le majeur dans la forte croissance des ann&#233;es 95-2000 et dans la croissance molle depuis 2001. Or autant le dire d'embl&#233;e, il n'y a gu&#232;re de signes d'une reprise d'ensemble de l'investissement dans les telecom, m&#234;me si &#231;&#224; ou l&#224; l'&#233;quipement en haut d&#233;bit internet (ADSL) ou en mobiles (Chine) se poursuit. Les grands moteurs de la croissance qu'ont &#233;t&#233; l'ouverture du march&#233;, la perspective d'une croissance exponentielle de l'internet ou le passage rapide &#224; la 3G dans la t&#233;l&#233;phonie mobile, sont tous en panne. Pire encore, les exploitants t&#233;l&#233;phoniques se sont fortement endett&#233;s pour participer &#224; un festin illusoire. Leurs comptes plomb&#233;s en porteront durablement la trace. Depuis les faillites, les cessions, les recentrages ont &#233;clairci leurs rangs sans pour autant que les survivants aient acquis une solidit&#233; nouvelle. Le mot d'ordre de l'heure est &#171; abaissement du point mort &#187; &#171; baisse des co&#251;ts &#187; et pour le reste mise en tension des &#171; machines &#224; cash &#187;. Alors si les &#233;quipementiers retr&#233;cissent et si les exploitants sont &#224; la di&#232;te, comment expliquer ce retour de faveur ? 3 raisons d'in&#233;gale port&#233;e jouent. La premi&#232;re tient &#224; la surr&#233;action des march&#233;s observ&#233;e au cours des 6 derniers mois Alcatel &#224; 2 euros et FT &#224; 7 euros t&#233;moignaient d'une perte de confiance radicale aliment&#233;e par des rumeurs de faillite, d'insolvabilit&#233; ou de pertes cach&#233;es dans un contexte marqu&#233; par les affaires Enron, Worldcom etc.... La crainte de la faillite &#233;xorcis&#233;e, la spoliation massive des actionnaires par une augmentation de capital fortement dilutive &#233;cart&#233;e, des changements de personnel dirigeant r&#233;alis&#233;s : tout a contribu&#233; &#224; un assainissement de l'atmosph&#232;re. La deuxi&#232;me tient aux signaux &#233;mis par la FCC, la Commission europ&#233;enne, le Pr&#233;sident Chirac : les gouvernants et les r&#233;gulateurs ne laisseront pas tomber le secteur. La troisi&#232;me tient &#224; l'oligopolisation du secteur des services de telecom. L'&#233;chec de bien des nouveaux op&#233;rateurs, l'abandon des licences 3G par les nouveaux entrants, le d&#233;calage dans le temps des nouveaux investissements contribuent &#224; une moindre pression concurrentielle, &#224; une entente tacite entre acteurs pour maximiser les r&#233;sultats op&#233;rationnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, pour les champions des TMT le moment de panique pass&#233;, rien n'a vraiment chang&#233;. Alcatel survivra-t-il dans un secteur surcapacitaire ? FT parviendra-t-il &#224; amorcer la spirale du d&#233;sendettement par des cessions profitables et une augmentation significative des r&#233;sultats r&#233;currents de son activit&#233; ? Pour Vivendi Universal, quel sera le montant final de la destruction de valeur une fois c&#233;d&#233; le portefeuille d'activit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la malgouvernance publique</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/De-la-malgouvernance-publique.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le dictionnaire des id&#233;es re&#231;ues, au chapitre h&#244;pital public, on lisait, il y a peu encore, qualit&#233; des soins, sacerdoce des hospitaliers, offre surabondante de lits mais insuffisante pour le long s&#233;jour, in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales et vari&#233;t&#233; des co&#251;ts pour une m&#234;me pathologie. Bref, les maux dont souffrait l'h&#244;pital public, au moment de la r&#233;forme Jupp&#233;, &#233;taient li&#233;s d'avantage &#224; l'inertie d'une offre globalement exc&#233;dentaire qu'&#224; une quelconque p&#233;nurie. &lt;br class='autobr' /&gt;
7 ans plus tard il n'est question (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Sante-+.html" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Reformes-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le dictionnaire des id&#233;es re&#231;ues, au chapitre h&#244;pital public, on lisait, il y a peu encore, qualit&#233; des soins, sacerdoce des hospitaliers, offre surabondante de lits mais insuffisante pour le long s&#233;jour, in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales et vari&#233;t&#233; des co&#251;ts pour une m&#234;me pathologie. Bref, les maux dont souffrait l'h&#244;pital public, au moment de la r&#233;forme Jupp&#233;, &#233;taient li&#233;s d'avantage &#224; l'inertie d'une offre globalement exc&#233;dentaire qu'&#224; une quelconque p&#233;nurie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 ans plus tard il n'est question que d'engorgement, de p&#233;nurie, de files d'attente, de mat&#233;riel vieilli ou inadapt&#233;, de&#171; lutte des classes &#187; entre des professionnels d&#233;motiv&#233;s, m&#234;me la s&#233;curit&#233; du patient serait en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il donc pass&#233; ? Le diagnostic est complexe, mais l'H&#244;pital souffre d'abord de &#171; malgouvernance publique &#187;. Il est victime de r&#233;formes mal con&#231;ues, non assum&#233;es par des habiles qui se croient courageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Economie de la r&#233;forme Jupp&#233; se r&#233;sume ainsi : pour rationaliser l'offre de soins et &#233;viter d'avoir &#224; affronter les &#233;lus, les syndicats et les professionnels, il suffit d'objectiver la contrainte financi&#232;re (Ondam), de restreindre l'offre de soignants (numerus clausus), de d&#233;signer un pilote (ARH) et d'inciter au regroupement par des sanctions positives (budget) ou n&#233;gatives (refus de l'accr&#233;ditation). Cette r&#233;forme a &#233;chou&#233; pour de bonnes raisons. Avec la r&#233;forme Jupp&#233;, l'ARH a vite perdu son cr&#233;dit . Des &#233;lus capables d'arr&#234;ter les fermetures d&#233;cid&#233;es, des SROSS grossiers et non articul&#233;s, une Agence d'accr&#233;ditation sans grands moyens et n'ayant pas le pouvoir de sanctionner les pratiques professionnelles inadapt&#233;es, une gestion exasp&#233;rante pour les hospitaliers car incapable de valoriser les bonnes pratiques, il n'en fallait pas davantage pour que la paralysie et le d&#233;couragement s'installent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternance de 1997 va ajouter quelques facteurs suppl&#233;mentaires de perturbation. La gauche a en effet tent&#233; dans un premier temps de faire les 35 heures &#224; effectifs constants sauf pour les infirmi&#232;res, elle a tent&#233; de troquer de meilleures conditions de vie et une meilleure condition salariale (repos de 24 heures apr&#232;s une garde) contre une rationalisation de l'offre hospitali&#232;re, mais elle a recul&#233; et pour finir elle a consenti &#224; la revalorisation sans la restructuration. A nouveau, la malgouvernance ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme Matt&#233;i consiste aujourd'hui pour &#233;viter l'asphyxie des h&#244;pitaux &#224; promettre une relance de l'investissement (H&#244;pital 2007) et &#224; racheter aux soignants le temps libre accord&#233; dans l'attente de la restructuration. Mais l'incitation en l'absence de sanction par le march&#233;, par le r&#233;gulateur ind&#233;pendant ou par la d&#233;fection du patient est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec : les moyens nouveaux calment, ils ne soignent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Il faut que chaque acteur r&#233;apprenne son r&#244;le et s'y tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat est dans son r&#244;le quand il fixe le budget de la d&#233;pense socialis&#233;e de sant&#233; et les modalit&#233;s de son financement. Il est &#233;galement dans son r&#244;le quand il d&#233;finit une politique de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat, doit par ailleurs d&#233;l&#233;guer &#224; une autorit&#233; ind&#233;pendante les fonctions d'&#233;valuation des pratiques m&#233;dicales et des performances compar&#233;es des organisations de soins : l'&#233;valuation et l'information du public sont constitutifs du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me de soins mixte, l'Etat r&#233;gulateur doit enfin veiller &#224; une concurrence saine : les m&#234;mes pathologies doivent &#234;tre tarif&#233;es sur les m&#234;mes bases dans le public et le priv&#233;, ce qui suppose en retour que soient &#233;valu&#233;es et indemnis&#233;es les missions de service public de l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion (ARH) est le bon niveau pour rationaliser l'offre de soins, mettre en r&#233;seau les praticiens publics et priv&#233;s, et veiller &#224; la s&#233;curit&#233; des soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#244;pitaux doivent &#234;tre organis&#233;s en &#171; public trusts &#187; ou plus g&#233;n&#233;ralement en &#233;tablissements autonomes &#224; but non lucratif afin l&#224; aussi de sortir les h&#244;pitaux d'une gestion publique infantilisante et d'une gestion locale client&#233;liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix pour l'avenir est simple, il est entre la qu&#234;te impossible de la r&#233;gulation par le plan et l'&#233;conomie administr&#233;e et un syst&#232;me solidaire mobilisant les incitations pour responsabiliser les acteurs et orienter les comportements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.liaisons-sociales.com" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Liaisons Sociales&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Parole d'expert : Davos</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Parole-d-expert-Davos.html</link>
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		<dc:date>2003-01-01T16:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>
		<dc:subject>OMC</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elie Cohen est &#233;conomiste, directeur de recherche au Centre d'&#233;tude de la vie politique fran&#231;aise (UMR 7048), &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du 23 au 28 janvier 2003, le World Economic Forum (WEF), comme chaque ann&#233;e, rassemble &#224; Davos, dans les Alpes suisses, les &#233;lites de la mondialisation. Longtemps, simple club europ&#233;en de dirigeants d'entreprises r&#233;unis &#224; l'initiative de Klaus Schwab, un Professeur de gestion, Davos s'est transform&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, aux yeux de ses adversaires de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Altermondialisme-+.html" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-OMC-+.html" rel="tag"&gt;OMC&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Varietes-nationales-+.html" rel="tag"&gt;Vari&#233;t&#233;s nationales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; est &#233;conomiste, directeur de recherche au Centre d'&#233;tude de la vie politique fran&#231;aise (UMR 7048), &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 23 au 28 janvier 2003, le World Economic Forum (WEF), comme chaque ann&#233;e, rassemble &#224; Davos, dans les Alpes suisses, les &#233;lites de la mondialisation. Longtemps, simple club europ&#233;en de dirigeants d'entreprises r&#233;unis &#224; l'initiative de Klaus Schwab, un Professeur de gestion, Davos s'est transform&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, aux yeux de ses adversaires de l'Internationale sociale de Porto Alegre, en &#233;tat major de la mondialisation lib&#233;rale. &lt;br /&gt;
Au d&#233;part forum patronal cr&#233;&#233; en 1970 pour trouver une r&#233;ponse europ&#233;enne aux d&#233;fis de l'inter-nationalisation des &#233;conomies, il s'est progressivement &#233;largi aux hommes politiques, aux &#233;conomistes en vue, aux technostructures des Organisations Internationales, aux media et m&#234;me aux artistes pour devenir un club plan&#233;taire de d&#233;cideurs. En 1998, un partenariat est m&#234;me cr&#233;&#233; avec l'ONU pour permettre l'implication des entreprises dans la r&#233;solution des probl&#232;mes qui affectent la plan&#232;te. Outre les grandes messes annuelles, le WEF publie chaque ann&#233;e un rapport sur la comp&#233;titivit&#233; des nations qui permet d'&#233;talonner les performances, de d&#233;noncer les erreurs et de recommander les bonnes pratiques. M&#234;me si ce rapport offre l'apparence de l'objectivit&#233; et r&#233;pond au go&#251;t des classements, un regard port&#233; sur la m&#233;thodologie en r&#233;v&#232;le pourtant les fragilit&#233;s et les l&#233;g&#232;ret&#233;s. La comp&#233;titivit&#233; des nations, jamais conceptuellement d&#233;finie, est ce que les auteurs d&#233;cident qu'elle doit &#234;tre. Comme la comp&#233;titivit&#233; est sens&#233;e annoncer la croissance future, on d&#233;couvre que les d&#233;terminants de la croissance n'empruntent pas &#224; l'&#233;tat de l'art de la discipline et que de surcro&#238;t ils sont mesur&#233;s par des indicateurs quantitatifs contestables et des indicateurs qualitatifs fragiles dans leur d&#233;finition et dans leur validit&#233; statistique. En fait ces classements visent &#224; d&#233;livrer un message &#233;tonnamment proche du consensus de Washington en mati&#232;re macro&#233;conomique (stabilit&#233; des prix, &#233;quilibre budg&#233;taire, ouverture des fronti&#232;res, libre circulation des capitaux) et de l'avantage comp&#233;titif de Porter en mati&#232;re micro&#233;conomique. &lt;br /&gt;
Alors que conclure sur l'influence du WEF ?&lt;br /&gt;
Davos n'est pas l'&#233;tat major de la mondialisation lib&#233;rale. Ce sont les Etats qui ont lib&#233;ralis&#233;, d&#233;r&#233;glement&#233;, ouvert les fronti&#232;res, institu&#233; l'OMC, renforc&#233; les pouvoirs du FMI, multipli&#233; les conventions environnementales et sanitaires, institu&#233; l'Union europ&#233;enne ou les autres regroupements r&#233;gionaux. Ce sont aujourd'hui les institutions internationales du syst&#232;me ONU ou Bretton Woods qui r&#233;gulent la plan&#232;te. On peut discuter cette th&#232;se en attribuant la mondialisation &#224; la dynamique capitaliste, &#224; la pression du progr&#232;s technique, il reste que des Etats ont du renoncer &#224; des pr&#233;rogatives nationales pour organiser cette mondialisation. &lt;br /&gt;
Davos n'est pas non plus un simple club. La r&#233;union des &#171; global players &#187; n'est pas qu'anecdotique. Les modes th&#233;oriques et les concepts chatoyants sont souvent consacr&#233;s &#224; Davos : La Nouvelle Economie, l'entreprise globale, la fin des cycles, la fracture num&#233;rique, etc. Le forum a par ailleurs une vertu non dissimul&#233;e : offrir la plus grande foire au lobbying pour les industriels comme pour les nouveaux dirigeants politiques. R&#233;seau de dirigeants organis&#233;s pour conforter la mondialisation et promouvoir une gestion lib&#233;rale des &#233;conomies, le forum entend aussi faire jouer un r&#244;le grandissant aux dirigeants industriels en avan&#231;ant sous le triple &#233;tendard de la conscience morale (refus des guerres, des discriminations, de la pauvret&#233;), des responsabilit&#233;s globales (l'environnement, les migrations, les &#233;pid&#233;mies, la multiplication des risques globaux) et de la faillite relative des Etats. Au sommet de la terre de Johannesburg, on a pu voir une concr&#233;tisation de cette d&#233;marche avec l'annonce des premiers partenariats publics priv&#233;s (PPP). La volont&#233; d'implication citoyenne des entreprises dans la r&#233;solution de probl&#232;mes comme le Sida, la pauvret&#233; ou l'acc&#232;s &#224; l'eau, est l'illustration t de cette nouvelle qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; (d&#233;finition) :&lt;br /&gt;
Consensus de Washington : Ensemble de politiques lib&#233;rales promues par la banque Mondiale et le FMI pour favoriser la transition des ex-pays communistes et le d&#233;collage des pays sous-d&#233;velopp&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Porter entend transposer dans l'ordre macro&#233;conomique les d&#233;terminants micro&#233;conomiques de la comp&#233;titivit&#233; &#224; savoir l'innovation, la diff&#233;renciation produit la ma&#238;trise des co&#251;ts par, la concurrence, &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; Bretton Woods (USA) apr&#232;s guerre qu'ont &#233;t&#233; cr&#233;es le FMI et la Banque Mondiale et qu'ont &#233;t&#233; jet&#233;es les bases de l'ordre &#233;conomique d'apr&#232;s guerre fond&#233; sur la convertibilit&#233; des monnaies et l'aide au d&#233;veloppement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.cnrs.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Revue du CNRS&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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