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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Faut-il nationaliser les banques ?</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Faut-il-nationaliser-les-banques.html</link>
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		<dc:date>2009-02-03T18:24:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gulation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; en est aujourd'hui le syst&#232;me bancaire fran&#231;ais ? Les banques font la queue au guichet de l'&#201;tat pour lever des capitaux frais, mais elles pr&#233;tendent qu'elles sont correctement capitalis&#233;es. Cet apport de l'&#201;tat est n&#233;cessaire &#224; leurs yeux pour maintenir un rythme soutenu d'octroi de cr&#233;dits nouveaux, mais elles affirment aussi que leurs encours de cr&#233;dit n'ont cess&#233; de progresser malgr&#233; la crise. Alors que les acteurs &#233;conomiques, m&#233;nages et entreprises, d&#233;noncent l'attrition du cr&#233;dit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; en est aujourd'hui le syst&#232;me bancaire fran&#231;ais ? Les banques font la queue au guichet de l'&#201;tat pour lever des capitaux frais, mais elles pr&#233;tendent qu'elles sont correctement capitalis&#233;es. Cet apport de l'&#201;tat est n&#233;cessaire &#224; leurs yeux pour maintenir un rythme soutenu d'octroi de cr&#233;dits nouveaux, mais elles affirment aussi que leurs encours de cr&#233;dit n'ont cess&#233; de progresser malgr&#233; la crise. Alors que les acteurs &#233;conomiques, m&#233;nages et entreprises, d&#233;noncent l'attrition du cr&#233;dit et que le m&#233;diateur, M. Ricol, menace de d&#233;noncer sur la place publique les banques inciviques, ces derni&#232;res protestent de leur bonne foi et assurent qu'il n'y a pas de risque de credit crunch en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.telos-eu.com/fr/article/faut_il_nationaliser_les_banques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la suite sur le site de Telos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telos-eu.com/fr/" class="spip_out"&gt;telos&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C dans l'air : Vous avez dit r&#233;cession ?</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Vous-avez-dit-recession.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Vous-avez-dit-recession.html</guid>
		<dc:date>2008-10-28T14:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique int&#233;rieure</dc:subject>
		<dc:subject>FMI</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; les plans de relance, les baisses de taux d'int&#233;r&#234;t ou appels au calme des grands argentiers, les valeurs continuent &#224; faire le yo-yo sur les march&#233;s boursiers. Sur fond de crainte de r&#233;cession mondiale, nombre d'entreprises annoncent des suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-Television-.html" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=1003&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o sur le site de France 5 pendant une semaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les plans de relance, les baisses de taux d'int&#233;r&#234;t ou appels au calme des grands argentiers, les valeurs continuent &#224; faire le yo-yo sur les march&#233;s boursiers. Sur fond de crainte de r&#233;cession mondiale, nombre d'entreprises annoncent des suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entra&#238;n&#233;s par la chute de la Bourse de Tokyo, au plus bas depuis vingt-six ans, les march&#233;s europ&#233;ens ont une nouvelle fois d&#233;but&#233; la semaine sur de fortes baisses, avant de r&#233;duire leurs pertes &#224; la cl&#244;ture et de rebondir &#224; l'ouverture le lendemain. A Paris, les s&#233;ances erratiques se suivent et les valeurs passent du rouge au vert, au gr&#232;s des investisseurs pris entre la qu&#234;te des &#034;bonnes affaires&#034; et la crainte d'une crise &#233;conomique mondiale. O&#249; cette spirale boursi&#232;re am&#232;nera-t-elle l'&#233;conomie r&#233;elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front de l'&#233;conomie les mauvaises nouvelles s'accumulent, notamment dans le secteur automobile. Confront&#233; &#224; une baisse des ventes, le constructeur Renault a d&#233;cid&#233; de r&#233;duire de 20 % sa production au quatri&#232;me trimestre 2008 en Europe et mis &#224; l'arr&#234;t quinze de ses sites de production pendant une &#224; deux semaines en France ainsi que quelques jours dans certains sites &#224; l'&#233;tranger. Du c&#244;t&#233; de Peugeot, la situation est identique. Le constructeur, qui a fait &#233;tat d'un chiffre d'affaires trimestrielle en baisse de 5,2 %, &#224; 13,3 milliards d'euros vendredi 24 octobre, a d&#233;cid&#233; l'application de mesures de ch&#244;mage partiel sur la quasi-totalit&#233; de ses sites de production d'ici d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, pour les hauts fourneaux du g&#233;ant mondial de l'acier ArcelorMittal, qui vont &#234;tre temporairement mis &#224; l'arr&#234;t dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, la Belgique et l'Allemagne. Ou bien encore dans le secteur du transport a&#233;rien, qui conna&#238;t pour la premi&#232;re fois depuis cinq ans un d&#233;clin du trafic passagers international. Air France-KLM a ainsi annonc&#233; un nouveau plan d'&#233;conomies de 700 &#224; 800 millions d'euros &#224; l'horizon 2011-2012 et envisage des r&#233;ductions d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, anticipant l'annonce officielle, jeudi 30 octobre, des chiffres du ch&#244;mage pour le mois de septembre, Nicolas Sarkozy, en d&#233;placement &#224; Rethel, dans les Ardennes, a pr&#233;sent&#233; son plan de &#034;mobilisation pour l'emploi&#034;, &#034;troisi&#232;me &#233;tape&#034; de sa strat&#233;gie face &#224; la crise, apr&#232;s les plans de soutien au secteur bancaire puis &#224; l'investissement des entreprises d&#233;voil&#233;s ces derni&#232;res semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmant sa volont&#233; de &#034;dynamiser&#034; et &#034;r&#233;former&#034; la formation continue, le chef de l'Etat a demand&#233; &#224; rencontrer les partenaires sociaux sur le sujet dans les prochaines semaines. Il a par ailleurs annonc&#233; la cr&#233;ation de 100 000 emplois aid&#233;s suppl&#233;mentaires dans le secteur non marchand, en plus des 230 000 d&#233;j&#224; annonc&#233;s dans le projet de budget 2009, sugg&#233;r&#233; l'assouplissement du recours au CDD pour les PME et plaid&#233; pour la g&#233;n&#233;ralisation du contrat de transition professionnelle dans les bassins d'emploi les plus touch&#233;s par les restructurations. Enfin, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a demand&#233; aux parlementaires de se saisir &#034;maintenant&#034; et &#034;sans tabou&#034; d'une proposition de loi &#034;qui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e&#034; sur le travail dominical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces annonces interviennent au moment o&#249; la France se rapproche de la barre des 2 millions de ch&#244;meurs, un seuil qui pourrait &#234;tre franchi avant la fin de l'ann&#233;e avec le ralentissement brutal en cours de l'&#233;conomie, et o&#249; l'indicateur mesurant le moral m&#233;nages renoue avec son niveau de juillet, le plus bas jamais atteint depuis la cr&#233;ation de l'enqu&#234;te, en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;s&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Pierre Gaillard
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Marc Daniel
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Brice Teinturier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/c-dans-l-air/" class="spip_out"&gt;C dans l'air&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C dans l'air : Faut-il nationaliser les banques ?</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Faut-il-nationaliser-les-banques.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.elie-cohen.eu/C-dans-l-air-Faut-il-nationaliser-les-banques.html</guid>
		<dc:date>2008-10-08T11:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gulation financi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>FMI</dc:subject>
		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques publiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voir la vid&#233;o sur le site de France 5 pendant une semaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un lundi noir et un mardi gris, les march&#233;s financiers ont connu un mercredi agit&#233;. Face &#224; la chute brutale des bourses europ&#233;ennes, les banques centrales ont abaiss&#233; leurs taux directeurs et Londres volait au secours de ses &#233;tablissements bancaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le sillage des bourses asiatiques qui se sont litt&#233;ralement effondr&#233;es - Tokyo plongeant de 9,38 % et Honk-Kong de 8,2 % -, leurs homologues europ&#233;ennes continuent leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-Television-.html" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Finance-+.html" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Regulation-financiere-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;gulation financi&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-FMI-+.html" rel="tag"&gt;FMI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Politiques-publiques-+.html" rel="tag"&gt;Politiques publiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=989&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o sur le site de France 5 pendant une semaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un lundi noir et un mardi gris, les march&#233;s financiers ont connu un mercredi agit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la chute brutale des bourses europ&#233;ennes, les banques centrales ont abaiss&#233; leurs taux directeurs et Londres volait au secours de ses &#233;tablissements bancaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage des bourses asiatiques qui se sont litt&#233;ralement effondr&#233;es - Tokyo plongeant de 9,38 % et Honk-Kong de 8,2 % -, leurs homologues europ&#233;ennes continuent leurs d&#233;gringolades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement nerveuse, la bourse de Paris a commenc&#233; la journ&#233;e sur une chute brutale de 8,18 %, retombant &#224; son plus bas niveau depuis d&#233;cembre 2003. Et, devant l'afflux des ordres de vente, le calcul du CAC 40 a &#233;t&#233; interrompu pendant quinze minutes, le temps que les esprits se reprennent et que les op&#233;rateurs confirment ou non leurs ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;es &#224; la panique des march&#233;s financiers, les principales banques centrales occidentales ont d&#233;cid&#233; d'envoyer, &#224; 13 heures, un signal fort, en r&#233;duisant leurs taux d'int&#233;r&#234;t directeurs. Cette action concert&#233;e, men&#233;e par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, la Banque centrale europ&#233;enne, les Banques d'Angleterre, du Canada et de Su&#232;de, ainsi que la Banque nationale Suisse, a pendant quelques instants rassur&#233; les places financi&#232;res. Mais &#224; 15 h 20, le CAC 40 replongeait : l'assureur AXA c&#232;de alors 6,59 %, le Cr&#233;dit agricole perd 6,05 %, Dexia s'enfonce de 5,93 %, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale l&#226;che 5,42 % et la BNP Paribas abandonne 4,58 %...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la cl&#244;ture, le CAC 40 chute de 6,39 % dans un march&#233; ultra nerveux. A Francfort, c'est la d&#233;b&#226;cle : l'indice DAX perd 5,88 %. A Moscou, la chute &#233;tait tellement forte que les deux bourses de la capitale russe ont encore une fois interrompu leurs cotations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Londres, l'indice Footsie-100 suit la m&#234;me tendance et d&#233;visse de 5,18 %, malgr&#233; la d&#233;cision de la Banque d'Angleterre et l'aide des autorit&#233;s envers les &#233;tablissements bancaires britanniques. Avant l'ouverture des march&#233;s, en effet, le chancelier de l'Echiquier britannique (ministre charg&#233; des Finances), Alistair Darling, avait annonc&#233; un plan de sauvetage passant par la nationalisation partielle de huit &#233;tablissements financiers britanniques &#224; hauteur de 50 milliards de livres : Barclays, Royal Bank of Scotland, Lloyds TSB, HBOS, Abbey, HSBC, Nationwide Building Society, Standard Chartered ayant demand&#233; l'entr&#233;e de l'Etat dans leur capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(France 5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;s :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Christophe Barbier
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean Peyrelevade
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre de Lauzun&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=accueil" class="spip_out"&gt;C dans l'air&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi il faut fusionner Gdf et Suez</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Pourquoi-il-faut-fusionner-Gdf-et-Suez.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.elie-cohen.eu/Pourquoi-il-faut-fusionner-Gdf-et-Suez.html</guid>
		<dc:date>2006-09-20T09:01:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elie Cohen</dc:creator>


		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;130 000 amendements ! La fusion GDF / Suez s'annonce comme la &#171; cause &#187; parlementaire du si&#232;cle. Mais alors que ce pourrait &#234;tre une occasion d'ouvrir sans d&#233;magogie un d&#233;bat sur la s&#233;curit&#233; d'approvisionnement, l'investissement dans les r&#233;seaux, l'&#233;volution du bouquet &#233;nerg&#233;tique, on ne peut qu'&#234;tre abasourdi de la m&#233;diocrit&#233; des arguments pr&#233;sent&#233;s d'un cot&#233; comme de l'autre, de la vision r&#233;ductive qui s'en d&#233;gage, du v&#233;ritable monument d'anti-p&#233;dagogie &#233;conomique qui se construit sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2006-.html" rel="directory"&gt;2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Globalisation-firmes-+.html" rel="tag"&gt;Globalisation firmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Champions-nationaux-+.html" rel="tag"&gt;Champions nationaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Energie-+.html" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Commission-de-regulation-de-l-energie-+.html" rel="tag"&gt;Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;130 000 amendements ! La fusion GDF / Suez s'annonce comme la &#171; cause &#187; parlementaire du si&#232;cle. Mais alors que ce pourrait &#234;tre une occasion d'ouvrir sans d&#233;magogie un d&#233;bat sur la s&#233;curit&#233; d'approvisionnement, l'investissement dans les r&#233;seaux, l'&#233;volution du bouquet &#233;nerg&#233;tique, on ne peut qu'&#234;tre abasourdi de la m&#233;diocrit&#233; des arguments pr&#233;sent&#233;s d'un cot&#233; comme de l'autre, de la vision r&#233;ductive qui s'en d&#233;gage, du v&#233;ritable monument d'anti-p&#233;dagogie &#233;conomique qui se construit sous nos yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la droite ligne de la politique &#233;nerg&#233;tique de la France qui a toujours consist&#233; &#224; ne compter que sur soi-m&#234;me et non sur la bonne volont&#233; des nations amies pour assurer la s&#233;curit&#233; d'approvisionnement du pays, cette fusion permet de faire na&#238;tre le leader mondial du gaz naturel liqu&#233;fi&#233;. Apres avoir b&#226;ti un champion p&#233;trolier avec Total, un autre dans l'&#233;lectricit&#233; nucl&#233;aire avec Edf, un troisi&#232;me dans le combustible et l'&#233;quipement nucl&#233;aire avec Areva, l'ensemble Suez-GdF parach&#232;ve la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaz de France qui n'est qu'un acteur de poids moyen dans le gaz et Suez qui est un &#233;lectricien moyen et un petit gazier n'ont pas la taille critique dans un monde de l'&#233;nergie en pleine recomposition o&#249; les producteurs nationaux comme Gazprom ou Sonatrach entendent peser chaque jour davantage. En les fusionnant, on cr&#233;e un acteur multi&#233;nergeticien qui a les moyens de se d&#233;velopper. De plus, cette fusion se fait par &#233;change de titres et non en cash ; elle dote donc d'une strat&#233;gie cr&#233;dible ces deux compagnies sans qu'elles aient &#224; utiliser leurs r&#233;serves financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'une fusion, l'un et l'autre groupe auraient du renforcer leur offre &#233;lectrique pour l'un, gazi&#232;re pour l'autre, en faisant des acquisitions ou en se faisant racheter pour jouer pleinement leur partition dans une Europe de l'&#233;nergie totalement lib&#233;ralis&#233;e &#224; compter de Juillet 2007. GdF aurait pu s'adosser &#224; un fournisseur de gaz, il aurait pu d&#233;velopper ses activit&#233;s de distribution en Europe en rachetant Centrica par exemple, mais dans tous les cas de figure GdF aurait &#233;t&#233; oblig&#233; d'ouvrir d'avantage son capital pour lever les capitaux n&#233;cessaires sur les march&#233;s financiers. En clair des poids moyens sous-dimensionn&#233;s dans une Europe de l'&#233;nergie en pleine recomposition avec des acteurs qui ne cessent de se concentrer, les chances de survie comme acteurs ind&#233;pendants de Suez et GDF &#233;taient minces. A l'inverse un groupe &#233;nergetique puissant se situant d'embl&#233;e au premier rang europ&#233;en et dot&#233; au nom de la &#171; s&#233;curit&#233; d'approvisionnement &#187; d'une triple golden share et d'une minorit&#233; de blocage d&#233;tenue par l'Etat serait un atout pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des autres solutions avanc&#233;es, celle de la nationalisation de Suez en endettant GdF, sugg&#233;r&#233;e par le &#171; fonds vautour &#187; Knight Vinke, et celle de la fusion Edf-Gdf on ne sait laquelle est la plus d&#233;testable. La premi&#232;re pr&#233;sente l'&#233;norme inconv&#233;nient de d&#233;manteler ce qui existe plut&#244;t que de construire puisque pr&#232;s de 60% du potentiel du nouveau groupe serait c&#233;d&#233;, de charger la barque du nouvel ensemble et de lui &#244;ter toute marge de man&#339;uvre financi&#232;re. Quant au vieux serpent de mer de la fusion EDF/GDF, celle-ci ne serait envisageable qu'&#224; un co&#251;t prohibitif : le double d&#233;mant&#232;lement de Edf et de Gdf, c'est &#224; dire la cession d'une partie du parc de production nucl&#233;aire et la d&#233;sint&#233;gration verticale des deux entreprises. Les ayatollahs de la concurrence de Bruxelles pourraient sabler le champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; n'est pas le vrai d&#233;bat de cet automne. De quoi parle-t-on en effet ? De maintien du service public, de danger de la privatisation d'un fleuron du patrimoine national, de r&#233;gulation des prix au consommateur. Or l&#224; les choses sont claires : GDF est un transporteur et un distributeur. Il peut en partie s&#233;curiser l'acc&#232;s gr&#226;ce au GNL, mais il subit les prix internationaux du gaz et ne peut que les r&#233;percuter avec quelque lissage sur ses clients. Nous sommes l&#224; en &#233;conomie de march&#233; et les consommateurs - tout comme les politiques - doivent commencer &#224; le comprendre. Il est vrai que l'on ne fait rien pour les y aider et l'introduction d'un amendement, accordant un &#171; droit de retour &#187; aux entreprises qui avaient volontairement abandonn&#233; le tarif r&#233;gul&#233; de l'&#233;lectricit&#233; ceci au prix d'une taxe qui co&#251;tera &#224; EDF quelques centaines de millions d'euros, est un v&#233;ritable d&#233;ni de justice tant &#233;conomique et moral qu'&#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette taxe en effet est assise sur le nucl&#233;aire et l'hydraulique c'est &#224; dire sur des &#233;nergies non &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre et elle va servir &#224; financer les &#233;nergies plus polluantes des nouveaux entrants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en fallait pas plus pour que les mouvements de consommateurs r&#233;clament la g&#233;n&#233;ralisation de la mesure &#224; l'occasion de la derni&#232;re phase de l'ouverture des march&#233;s de l'&#233;nergie : les consommateurs &#233;tant irresponsables, ils doivent revenir au tarif r&#233;gul&#233; d&#232;s que la hausse des prix rend le choix des prix libres sur un march&#233; ouvert moins int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle donc plus de logique industrielle, de dynamique d'entreprise, de positionnement strat&#233;gique sur le march&#233; europ&#233;en, voir mondial. Dans ce d&#233;bat franchouillard, le consommateur de Romorantin, la retraite du gazier, les ambitions de quelques politiques &#224; l'horizon de 2007 permettent une fois de plus notre repli sur le petit village gaulois o&#249; l'on se bat &#224; coup de poissons pourris et d'amendements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage car l'occasion est belle, l'enjeu est de taille, les difficult&#233;s manag&#233;riales ne manqueront pas d'&#234;tre &#233;normes. Faut-il en plus que les politiques y rajoutent leur obscure clart&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elie Cohen Philippe Chalmin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr/" class="spip_out"&gt;http://www.lesechos.fr/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Suez-GdF : L'anti-p&#233;dagogie au pouvoir</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Suez-GdF-L-anti-pedagogie-au-pouvoir.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.elie-cohen.eu/Suez-GdF-L-anti-pedagogie-au-pouvoir.html</guid>
		<dc:date>2006-09-14T13:10:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elie Cohen</dc:creator>


		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>
		<dc:subject>Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#233;gration europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peu de fusions s'imposent avec une &#233;vidence &#233;conomique aussi manifeste que celle de Suez et de Gdf. Le contexte energ&#233;tque, les impasses strat&#233;giques de Suez comme de GdF, les besoins d'investissement pour assurer la s&#233;curit&#233; d'approvisionnement : tout milite pour une fusion de ces deux entreprises. Et pourtant, rarement le d&#233;bat politique aura &#233;t&#233; aussi vif, les strat&#233;gies alternatives autant d&#233;battues et l'issue plus incertaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
La fusion permet d'abord de faire de deux poids moyens un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2006-.html" rel="directory"&gt;2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Champions-nationaux-+.html" rel="tag"&gt;Champions nationaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Fiscalite-+.html" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Energie-+.html" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peu de fusions s'imposent avec une &#233;vidence &#233;conomique aussi manifeste que celle de Suez et de Gdf. Le contexte energ&#233;tque, les impasses strat&#233;giques de Suez comme de GdF, les besoins d'investissement pour assurer la s&#233;curit&#233; d'approvisionnement : tout milite pour une fusion de ces deux entreprises. Et pourtant, rarement le d&#233;bat politique aura &#233;t&#233; aussi vif, les strat&#233;gies alternatives autant d&#233;battues et l'issue plus incertaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fusion permet d'abord de faire de deux poids moyens un poids lourd multi&#233;nergeticien en Europe et un leader mondial du Gaz Naturel Liqu&#233;fi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte &#233;nerg&#233;tique marqu&#233; par l'envol&#233;e des prix du gaz, la mont&#233;e de la Russie et son rapprochement avec l'Alg&#233;rie, l'importance des investissements &#224; r&#233;aliser, Gaz de France qui n'est qu'un acteur de poids moyen dans le gaz et Suez qui est un &#233;lectricien moyen et un petit gazier n'ont pas la taille critique. En les fusionnant, on cr&#233;e un acteur multi-&#233;nergeticien qui a plus grand pouvoir de n&#233;gociation et qui devient leader mondial du gaz naturel liqu&#233;fi&#233;. De plus, cette fusion se fait par &#233;change de titres et non en cash, elle consolide une strat&#233;gie cr&#233;dible, elle assure les ressources du d&#233;veloppement gr&#226;ce &#224; la disponibilit&#233; de r&#233;serves financi&#232;res inentam&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'une fusion, l'un et l'autre groupe auraient du renforcer leur offre &#233;lectrique pour l'un, gazi&#232;re pour l'autre, en faisant des acquisitions pour jouer pleinement leur partition dans une Europe de l'&#233;nergie totalement lib&#233;ralis&#233;e &#224; compter de Juillet 2007. Dans le cas de GdF, et comme l'a montr&#233; le pr&#233;c&#233;dent EdF, l'Etat aurait &#233;t&#233; oblig&#233; d'ouvrir d'avantage le capital de Gdf pour lui permettre de trouver des financements sur le march&#233;. En clair les chances de survie comme acteurs ind&#233;pendants de Suez et gdf &#233;taient minces dans une Europe de l'&#233;nergie en pleine recomposition avec des acteurs qui ne cessent de se concentrer, D'autant que Gazprom avec ses 300 milliards d'euros de capitalisation boursi&#232;re a fait part de son souhait de se d&#233;velopper dans la distribution en Europe Occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans un contexte de lib&#233;ralisation europ&#233;enne cette fusion permet de cr&#233;er un concurrent cr&#233;dible &#224; EDF. L'&#233;crasante domination d'EDF sur le march&#233; fran&#231;ais est mal vue par Bruxelles qui, du coup, limite les tentatives de d&#233;veloppement d'EDF en Europe. Deux ensembles de poids comparable EdF d'un c&#244;t&#233; assis sur son massif nucl&#233;aire , Gdf-Suez de l'autre fort de ces atouts dans l'hydraulique et le gaz sont des concurrents plus vraisemblables qu'un hypoth&#233;tique ensemble form&#233; d'un bi-monopole national Edf-Gdf et de 7 nains. A ceux qui r&#234;vent d'un mariage Edf-GDF, il suffit de rappeler que le prix &#224; payer en France serait double : cession d'une partie du parc nucl&#233;aire d'Edf et cession d'une partie des infrastructures gazi&#232;res de Gdf dans le stockage, le transport et la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant tel qu'il s'est engag&#233; &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, le d&#233;bat sur la privatisation de GdF restera sans doute dans l'histoire comme un monument d'antip&#233;dagogie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fut question dans un premier temps de &#171; patriotisme &#233;conomique &#187;, la fusion Suez-Gdf devait prot&#233;ger la France des assauts .... Italiens, alors que le projet se d&#233;fendait pas ses propres m&#233;rites industriels. Le protectionnisme le plus plat se lovait dans le drap&#233; de Marianne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace d'Enel s'&#233;loignant, le projet changeait de nature, en m&#234;lant dans une m&#234;me loi, transposition de la directive lib&#233;ralisation de l'&#233;nergie de l'UE et privatisation de Gdf, on entendait accr&#233;diter l'id&#233;e que la fusion devait contribuer &#224; la &#171; s&#233;curit&#233; d'approvisionnement &#187; de la France. Mais ce faisant on liait lib&#233;ralisation, prix de l'&#233;nergie et privatisation de Gdf. La confusion, les partis pris id&#233;ologiques et les proc&#232;s d'intention pouvaient se d&#233;cha&#238;ner. Le Gouvernement alert&#233; par la mont&#233;e des oppositions au sein de sa propre majorit&#233; en vint alors &#224; vouloir prot&#233;ger les Fran&#231;ais contre les effets de la lib&#233;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un amendement judicieusement introduit le Gouvernement a accord&#233; un droit de remords aux entreprises qui, ayant abandonn&#233; le tarif r&#233;gul&#233; au profit des prix libres, avaient vu leur note d'&#233;lectricit&#233; s'envoler. En inventant une nouvelle taxe EdF-Suez, le Gouvernement atteint un sommet dans l'antip&#233;dagogie. Cette taxe en effet est assise sur le nucl&#233;aire et l'hydraulique c'est &#224; dire sur des &#233;nergies non &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre et elle va servir &#224; financer les &#233;nergies plus polluantes des nouveaux entrants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en fallait pas plus pour que les mouvements de consommateurs r&#233;clament la g&#233;n&#233;ralisation de la mesure aux particuliers &#224; l'occasion de la derni&#232;re phase de l'ouverture des march&#233;s de l'&#233;nergie. En effet, les consommateurs &#233;tant irresponsables, ils doivent pouvoir revenir au tarif r&#233;gul&#233; d&#232;s que la hausse des prix rend le choix des prix libres sur un march&#233; ouvert moins int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comble du pragmatisme, le gouvernement en vient maintenant &#224; d&#233;fendre la privatisation de Gdf au nom des besoins internes de croissance de cette entreprise et pr&#233;vient les actionnaires de Suez que s'ils se montraient trop gourmands, la fusion ne se ferait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boucle est boucl&#233;e, point n'est besoin de d&#233;poser 130000 amendements pour miner l'&#233;difice de la fusion annonc&#233;e, il suffit de reprendre les arguments contradictoires de la puissance publique. Par habilet&#233; tactique ou pour r&#233;soudre ses contradictions internes, le gouvernement a rendu la politique &#233;nerg&#233;tique illisible, la lib&#233;ralisation europ&#233;enne d&#233;testable, et la privatisation ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Suez-GDF : une guerre civile europ&#233;enne ?</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Suez-GDF-une-guerre-civile-europeenne.html</link>
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		<dc:date>2006-02-01T15:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#233;gration europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous sommes en ao&#251;t 14, vient de d&#233;clarer M. Tremonti : l'affaire Enel-Suez serait le prodrome des guerres civiles europ&#233;ennes. Cette phrase terrible est elle-m&#234;me la r&#233;ponse &#224; une image marquante, celle d'un Premier ministre fran&#231;ais flanqu&#233; de deux PDG muets pour annoncer la fusion de deux entreprises &#233;nerg&#233;tiques cot&#233;es, en r&#233;ponse &#224; l'OPA subliminale d'Enel. Commedia dell'arte contre cocorico du coq gaulois, faut-il que l'Europe soit &#224; ce point en crise pour permettre un tel spectacle ! (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Energie-+.html" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Integration-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Int&#233;gration europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes en ao&#251;t 14, vient de d&#233;clarer M. Tremonti : l'affaire Enel-Suez serait le prodrome des guerres civiles europ&#233;ennes. Cette phrase terrible est elle-m&#234;me la r&#233;ponse &#224; une image marquante, celle d'un Premier ministre fran&#231;ais flanqu&#233; de deux PDG muets pour annoncer la fusion de deux entreprises &#233;nerg&#233;tiques cot&#233;es, en r&#233;ponse &#224; l'OPA subliminale d'Enel. Commedia dell'arte contre cocorico du coq gaulois, faut-il que l'Europe soit &#224; ce point en crise pour permettre un tel spectacle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il faut le dire d'embl&#233;e, annonc&#233;e il y a une semaine dans un grand h&#244;tel bruxellois, la fusion Suez-GDF aurait &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;e pour sa coh&#233;rence &#233;conomique, pour sa contribution &#224; la remise en cause de la dominance d'EDF, et pour son concours &#224; l'acc&#233;l&#233;ration des privatisations. Du reste le Financial Times c&#233;l&#232;bre la coh&#233;rence industrielle de cet appariement. Il ne faut donc pas se laisser pi&#233;ger par les images fortes et les proclamations martiales. Le rapprochement de Suez et GDF fait sens, il intervient apr&#232;s l'absorption de Ruhrgas par Eon, apr&#232;s le lancement de l'OPA de Gas Natural sur Endesa et apr&#232;s qu'a &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e la fusion EDF-GDF. La vraie question est d'abord celle-ci : pourquoi assiste-t-on, en Europe, &#224; un tel mouvement de consolidation ? Pourquoi, de surcro&#238;t, les gouvernements nationaux soutiennent-ils, contre Bruxelles et parfois contre leurs propres autorit&#233;s de r&#233;gulation concurrentielle, de telles concentrations nationales ? La r&#233;ponse tient en deux propositions. L'une a trait &#224; l'&#233;quation &#233;nerg&#233;tique europ&#233;enne, l'autre &#224; l'&#233;chec d'un mod&#232;le dat&#233; de r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quation &#233;nerg&#233;tique europ&#233;enne change rapidement sous l'effet de la hausse du prix du p&#233;trole et du gaz, de l'anticipation d'un Kyoto 2 qui va rench&#233;rir le co&#251;t des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et de la certitude que la troisi&#232;me &#233;tape de la lib&#233;ralisation du march&#233; europ&#233;en de l'&#233;nergie aura lieu comme pr&#233;vu en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin du p&#233;trole bon march&#233;, la hausse du prix du gaz ont un double effet : ils rendent plus difficile la concurrence faite par les op&#233;rateurs alternatifs aux exploitants historiques et ils r&#233;introduisent la question de la s&#233;curit&#233; des approvisionnements au c&#339;ur des pr&#233;occupations des autorit&#233;s politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse attendue du prix de la tonne de carbone, dans le cadre d'un renforcement de la lutte contre le r&#233;chauffement de la plan&#232;te par la limitation des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, a aussi un double effet. Elle renforce les atouts des entreprises &#233;lectriques dont le bouquet &#233;nerg&#233;tique est essentiellement hydraulique et nucl&#233;aire et d&#233;favorise les entreprises d&#233;pendantes du charbon et du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Etats, une telle perspective justifie la stimulation de l'investissement et de la recherche comme le montre l'Energy Bill du pr&#233;sident Bush. Cette loi, prise l'&#233;t&#233; dernier, pr&#233;voit une forte subvention pour la relance du nucl&#233;aire et pour la recherche notamment sur la s&#233;questration du carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la confirmation de la troisi&#232;me &#233;tape de la lib&#233;ralisation des march&#233;s europ&#233;ens de l'&#233;nergie en 2007 rend cruciale la sortie des territoires nationaux pour les op&#233;rateurs historiques et la mise en &#339;uvre d'offres multi&#233;nergies. La cons&#233;quence de cette transformation de l'&#233;quation &#233;nerg&#233;tique est que la distribution des atouts a chang&#233; et la course &#224; la taille a &#233;t&#233; relanc&#233;e. EDF ou Vattenfall, assis l'un sur le nucl&#233;aire, l'autre sur l'hydraulique, sont renforc&#233;s. Suez, gr&#226;ce &#224; Electrabel (nucl&#233;aire) et &#224; la CNR (hydraulique), est devenue une proie d&#233;sirable. Enel et Eon assis sur des montagnes de cash sont en qu&#234;te de cibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles consolidations auraient pu &#234;tre n&#233;goci&#233;es et g&#233;r&#233;es dans le cadre europ&#233;en ; or on constate que ce sont des solutions nationales qui sont recherch&#233;es : pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est simple et brutale : l'Europe a rat&#233; sa politique &#233;nerg&#233;tique. Le mod&#232;le europ&#233;en de lib&#233;ralisation de l'&#233;nergie &#233;tait bas&#233; sur un oubli, la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique, et sur trois orientations strat&#233;giques qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;es erron&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'insistons pas sur l'objectif de s&#233;curit&#233; : la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du gaz russe et les faiblesses du r&#233;seau de transport sont maintenant connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation europ&#233;enne a &#233;t&#233; pens&#233;e march&#233; par march&#233;, l'objectif de la Commission a &#233;t&#233; de casser les monopoles nationaux verticalement int&#233;gr&#233;s et non de constituer une plateforme &#233;lectrique europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e en d&#233;veloppant les interconnexions aux fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation europ&#233;enne a repos&#233; sur l'id&#233;e que des baisses de prix significatives pouvaient &#234;tre obtenues en multipliant les acteurs et en favorisant leur acc&#232;s au r&#233;seau de l'op&#233;rateur historique. La Commission a simplement oubli&#233; que ce qui est possible avec un gaz peu cher et lorsque des surcapacit&#233;s hydrauliques existent est impossible quand le prix du gaz triple comme aujourd'hui. R&#233;sultat, il faut aujourd'hui obliger EDF &#224; augmenter son tarif si on veut que les op&#233;rateurs alternatifs ne disparaissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'Union Europ&#233;enne a fait le pari d'une r&#233;gulation des march&#233;s locaux par des r&#233;gulateurs locaux ; elle n'a donc pu &#233;viter ni l'absence durable d'un r&#233;gulateur sp&#233;cialis&#233; comme en Allemagne, ni la collusion entre le r&#233;gulateur et les champions nationaux dans nombre de pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de ce qu'il faut bien appeler un &#233;chec collectif est la renationalisation de fait des politiques. Les meilleures illustrations r&#233;centes en &#233;tant fournies par l'incapacit&#233; europ&#233;enne &#224; n&#233;gocier avec Gazprom, &#224; penser en commun la diversification des bouquets &#233;nerg&#233;tiques nationaux en tirant parti des acquis des uns et des autres et &#224; bloquer la politique des champions nationaux multi&#233;nergies initi&#233;e par Eon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte la fusion Suez-GDF r&#233;alise le parfait accord entre un gazier et un &#233;lectricien, entre un op&#233;rateur nucl&#233;aire et hydraulique et un op&#233;rateur gazier, entre un champion du GNL et un sp&#233;cialiste des services &#233;nerg&#233;tiques, entre un fran&#231;ais sans perspective et un belge sous dimensionn&#233;. Il n'y a donc rien de scandaleux dans la fusion GDF-Suez ; il y a m&#234;me des b&#233;n&#233;fices secondaires importants comme la banalisation d'EDF dans le paysage europ&#233;en et la privatisation de GDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant se r&#233;signer &#224; l'&#233;chec europ&#233;en ? La pire erreur serait de maintenir une politique qui fait la preuve de ses insuffisances. Une autre politique est possible qui concilie intensification de la concurrence dans l'int&#233;r&#234;t du consommateur, s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique et sortie progressive de l'&#233;conomie carbone. Cette politique doit reposer sur trois piliers. D'une part il faut accepter l'id&#233;e que dans les ann&#233;es qui viennent la relance de l'investissement passe par les grands op&#233;rateurs historiques - il faut donc restaurer les incitations &#224; l'investissement et renoncer &#224; la vision d'une concurrence atomistique dans le secteur &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut en m&#234;me temps renforcer la concurrence aujourd'hui tr&#232;s insuffisante. Pour cela la mission de la Commission est d'inciter au d&#233;veloppement des interconnexions aux fronti&#232;res, de rendre plus transparentes les conditions d'acc&#232;s au r&#233;seau de transport de gaz et d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin pour mettre en &#339;uvre une politique commune, il faudra se doter d'outils communs. Au premier rang de ces outils devrait figurer un r&#233;gulateur europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace de replis nationaux est suffisamment grave, les d&#233;fis technologiques et industriels sont suffisamment &#233;tablis, pour qu'on essaie de s'&#233;pargner les invectives et les guerres picrocholines actuelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telos-eu.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Telos&lt;/I&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Elie Cohen est directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d'analyse &#233;conomique.&lt;br /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; repris par le journal Le Temps (Gen&#232;ve)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SNCM : Pr&#233;cis de d&#233;composition </title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/SNCM-Precis-de-decomposition.html</link>
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		<dc:date>2005-10-01T15:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Transports</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une cession en catimini &#224; un fonds de private equity d'une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relay&#233;e par un acte de mutinerie, un recul de l'Etat bient&#244;t suivi par un assaut h&#233;liport&#233; du Gign, des mutins lib&#233;r&#233;s c&#233;l&#233;brant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de n&#233;gocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s'il fallait une illustration de l'impossible r&#233;forme, de la d&#233;rive du service public, de l'actionnaire public sans qualit&#233;s, on n'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne cession en catimini &#224; un fonds de private equity d'une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relay&#233;e par un acte de mutinerie, un recul de l'Etat bient&#244;t suivi par un assaut h&#233;liport&#233; du Gign, des mutins lib&#233;r&#233;s c&#233;l&#233;brant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de n&#233;gocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s'il fallait une illustration de l'impossible r&#233;forme, de la d&#233;rive du service public, de l'actionnaire public sans qualit&#233;s, on n'en trouverait sans doute pas de meilleure .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant tout dans la tragicom&#233;die de la SNCM &#233;tait pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une entreprise du secteur public exer&#231;ant un monopole de service public et employant des personnels &#224; statut perd son monopole, elle doit affronter des probl&#232;mes de concurrence puis des probl&#232;mes sociaux et enfin des probl&#232;mes d'actionnariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte de la rente du monopole a imm&#233;diatement plusieurs effets : la concurrence abaisse m&#233;caniquement la part de march&#233; de l'ancien monopoleur, le consommateur cesse d'&#234;tre un usager, il devient un client, enfin une pression &#224; la baisse s'exerce sur les prix. Chacune de ces &#233;volutions est parfaitement ma&#238;trisable pour peu que l'entreprise soit dirig&#233;e. Elle peut d&#233;velopper de nouveaux march&#233;s, elle peut am&#233;liorer son service, fid&#233;liser la client&#232;le. Pourtant la fuite en avant technologique est souvent pr&#233;f&#233;r&#233;e d'autant qu'elle permet de diff&#233;rer la solution des probl&#232;mes de qualit&#233;, de service et d'adaptation &#224; un nouvel ordre concurrentiel. L'histoire de la SNCM illustre parfaitement l'&#233;chec de ces politiques de Gribouille : la courbe d'activit&#233; de l'entreprise s'effondre avec l'apparition de Corsica ferries, un concurrent priv&#233;, l'entreprise s'&#233;quipe de navires luxueux et inadapt&#233;s, les clients exc&#233;d&#233;s par la pi&#232;tre qualit&#233; du service fuient la SNCM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;crue de l'activit&#233; a des effets tout aussi pr&#233;visibles : soit l'entreprise parvient &#224; rationaliser son outil de production en d&#233;classant des navires inadapt&#233;s, &#224; baisser ses co&#251;ts, &#224; se s&#233;parer des personnels exc&#233;dentaires, soit elle s'installe dans les sureffectifs, les pertes d'exploitation et les discours incantatoires sur le service public et la continuit&#233; territoriale . L'histoire de la SNCM illustre la perte progressive de sens du r&#233;el, l'installation d'une commandite publique, et la d&#233;gradation continue du climat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une entreprise publique qui devient durablement d&#233;ficitaire (30 M&#8364; de pertes apr&#232;s 70 M&#8364; de subventions pour un CA de 195 M&#8364; en 2004, 100 M&#8364;) de pertes sur les 3 derni&#232;res ann&#233;es) dans un contexte concurrentiel finit par attirer l'attention des gardiens de la concurrence et des aides publiques de Bruxelles. L&#224; aussi deux possibilit&#233;s s'offrent &#224; l'actionnaire et aux dirigeants de l'entreprise en difficult&#233; , soit l'addiction &#224; l'aide publique et la gestion en marches d'escalier du d&#233;clin de l'entreprise, soit l'&#233;laboration d'un compromis de sortie de crise et sa validation par Bruxelles. Est-il besoin de rappeler ici que la politique du pire a toujours &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;e d'autant que l'actionnaire a v&#233;cu dans la terreur des d&#233;bordements nationalistes corses. Le dernier plan de recapitalisation (69 M&#8364;) remonte &#224; 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence r&#233;forme diff&#233;r&#233;e - d&#233;clin de l'activit&#233; - pourrissement - soul&#232;vement des salari&#233;s - confrontation violente - recul de l'Etat r&#233;sume bien la pathologie de la r&#233;forme &#224; la &#171; fran&#231;aise &#187; . Il suffit de rappeler ici les r&#233;formes entreprises ou abandonn&#233;es &#224; Air France, &#224; la SNCF ou &#224; l'AFP pour comprendre que m&#234;me sans l'ingr&#233;dient corse la r&#233;forme peut se muer en jacquerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas le seul enseignement de cette affaire, l'invocation &#171; ad nauseam &#187; du service public et de la continuit&#233; territoriale par la CGT r&#233;v&#232;le sa vraie nature : un anti-service du public et une authentique strat&#233;gie de protection de rentes. Qu'&#224; trois reprises en un an des gr&#232;ves majeures aient de fait rompu le principe de continuit&#233; du service public, que des passagers aient &#233;t&#233; chass&#233;s et violent&#233;s par des agents du service public &#224; l'occasion de la derni&#232;re gr&#232;ve, que des pertes financ&#233;es par l'imp&#244;t au-del&#224; des subventions soient consid&#233;r&#233;es comme un d&#251; en dit long sur la d&#233;liquescence du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il alors &#224; un gouvernement pusillanime pour mettre un terme &#224; une commandite publique sans strat&#233;gie ni management sinon une privatisation &#171; impos&#233;e par Bruxelles &#187; ? Nous en sommes l&#224; : l'Etat doit cesser d'apporter des concours non par souci de bonne gestion, mais parce qu'il est soumis &#224; la bienheureuse contrainte europ&#233;enne. Avec de tels arguments, on comprend que les Fran&#231;ais aient dit &#171; non &#187; &#224; l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien au Nouvel Observateur : La lib&#233;ralisation n'entra&#238;nera pas de baisse de tarifs </title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Entretien-au-Nouvel-Observateur-La-liberalisation-n-entrainera-pas-de-baisse-de.html</link>
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		<dc:date>2004-04-01T14:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le changement de statut d'EDF-GDF sonne-t-il la fin du service public comme le clament les syndicats ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument pas. Les textes europ&#233;ens sont clairs l&#224;-dessus : les missions de service public sont parfaitement compatibles avec la concurrence. L'Etat a le pouvoir d'imposer la p&#233;r&#233;quation g&#233;ographique -le tarif est le m&#234;me quel que soit le lieu- et l'acc&#232;s &#233;gal &#224; l'&#233;nergie avec la mise en place des tarifs sociaux. De plus, il continuera de d&#233;finir les grandes orientations et notamment le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Champions-nationaux-+.html" rel="tag"&gt;Champions nationaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Energie-+.html" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Commission-de-regulation-de-l-energie-+.html" rel="tag"&gt;Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le changement de statut d'EDF-GDF sonne-t-il la fin du service public comme le clament les syndicats ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument pas. Les textes europ&#233;ens sont clairs l&#224;-dessus : les missions de service public sont parfaitement compatibles avec la concurrence. L'Etat a le pouvoir d'imposer la p&#233;r&#233;quation g&#233;ographique -le tarif est le m&#234;me quel que soit le lieu- et l'acc&#232;s &#233;gal &#224; l'&#233;nergie avec la mise en place des tarifs sociaux. De plus, il continuera de d&#233;finir les grandes orientations et notamment le choix des &#233;quipements et des infrastructures &#233;nerg&#233;tiques. La CGT entretient de fa&#231;on d&#233;lib&#233;r&#233;e la confusion entre missions, statut et formes d'organisation du service public. EdF est devenu un op&#233;rateur international qui pour cro&#238;tre et se d&#233;velopper ne peut conserver son statut d'entreprise publique contr&#244;l&#233; &#224; 100%. La faiblesse de ses fonds propres par rapport &#224; ses dettes actuelles et futures (engagements hors bilan) rendent n&#233;cessaire une recapitalisation et l'Etat n'a pas l'argent pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Va-t-on assister &#224; une privatisation rampante avec un d&#233;sengagement de l'Etat ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois pas l'int&#233;r&#234;t que des investisseurs priv&#233;s pourrait avoir &#224; prendre le contr&#244;le majoritaire d'EdF tant qu'on n'aura pas lev&#233; les incertitudes, notamment sur la fili&#232;re nucl&#233;aire : dimensionnement du par futur nucl&#233;aire, co&#251;ts de d&#233;mant&#232;lement , avenir du retraitement ... Est ce aux pouvoirs publics &#224; prendre en charge ces probl&#232;mes ? mais comment alors justifier la privatisation ? En tous cas Edf peut et doit chercher des financements sur les march&#233;s et avoir donc des actionnaires minoritaires adoss&#233;s &#224; l'Etat, actionnaire principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pour le consommateur, l'ouverture du capital et la mise en concurrence va-t-elle entra&#238;ner des baisses de tarifs comme on l'entend parfois ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas r&#234;ver, il n'y aura pas de baisses pour plusieurs raisons. Actuellement, le kilowatt d'origine nucl&#233;aire est un des moins chers parce que les investissements de d&#233;part ont &#233;t&#233; amortis et que &#231;a ne co&#251;te presque rien de produire dans ces conditions. Mais c'est provisoire puisqu'il faudra bien renouveler ce parc. D'autre part, il va falloir investir dans la s&#233;curit&#233; et c'est tr&#232;s co&#251;teux. Quant au d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables (&#233;oliennes, solaire), il n&#233;cessitera aussi un investissement important. Il y a tout de m&#234;me un aspect positif : EDF est une entreprise qui jusqu'ici ne regardait pas &#224; la d&#233;pense. Elle a surdimensionn&#233; le nucl&#233;aire, elle a impos&#233; le chauffage &#233;lectrique dans les nouvelles constructions et tout &#231;a a eu un co&#251;t. Demain elle devra g&#233;rer plus rigoureusement, les actionnaires priv&#233;s devraient l'y aider m&#234;me si je dois reconna&#238;tre que le pr&#233;c&#233;dent France Telecom n'a pas &#233;t&#233; concluant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (Propos recueillis par Dominique Foing)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://permanent.nouvelobs.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Politique industrielle : l'effondrement de l'appareil d'Etat</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Politique-industrielle-l-effondrement-de-l-appareil-d-Etat.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.elie-cohen.eu/Politique-industrielle-l-effondrement-de-l-appareil-d-Etat.html</guid>
		<dc:date>2003-12-01T17:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Janvier 2003 J.Chirac, T.Blair et G.Shr&#246;der s&#8216;adressent &#224; la pr&#233;sidence de l'Union pour s'inqui&#233;ter de la d&#233;sindustrialisation europ&#233;enne et d&#233;noncer l'indiff&#233;rence de la Commission. L'initiative peut para&#238;tre &#233;trange. Quoi de plus h&#233;t&#233;roclite que cet assemblage de partisans et d'adversaires de l'intervention de l'Etat en industrie, quoi de plus irr&#233;aliste que de s'adresser &#224; une instance qu'on a d&#233;pouill&#233;e de moyens d'intervention sauf en mati&#232;re concurrentielle et commerciale, quoi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Janvier 2003 J.Chirac, T.Blair et G.Shr&#246;der s&#8216;adressent &#224; la pr&#233;sidence de l'Union pour s'inqui&#233;ter de la d&#233;sindustrialisation europ&#233;enne et d&#233;noncer l'indiff&#233;rence de la Commission. L'initiative peut para&#238;tre &#233;trange. Quoi de plus h&#233;t&#233;roclite que cet assemblage de partisans et d'adversaires de l'intervention de l'Etat en industrie, quoi de plus irr&#233;aliste que de s'adresser &#224; une instance qu'on a d&#233;pouill&#233;e de moyens d'intervention sauf en mati&#232;re concurrentielle et commerciale, quoi de plus singulier que de solliciter un Pr&#233;sident de la Commission aux moyens d&#233;risoires pour lever l'&#233;tendard de l'industrie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le Pr&#233;sident Prodi pr&#233;pare une communication sur la d&#233;sindustrialisation et les moyens d'y rem&#233;dier. Erkki Likanen, commissaire aux entreprises relance la th&#233;matique de la politique industrielle dans une Europe &#233;largie. Assisterait-on a lors &#224; un retour de la politique industrielle ? L'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine dans le &#171; high -tech &#187; et la mont&#233;e en puissance de la Chine comme atelier du monde auraient-ils r&#233;veill&#233; une Europe alanguie &#224; la croissance atone et aux perspectives m&#233;diocres ? La r&#233;ponse a &#233;t&#233; apport&#233;e sous trois formes : application des r&#232;gles sur les aides publiques pour traiter le cas Alstom, refus d'amender le pacte de stabilit&#233; pour tenir compte des efforts de recherche et d'investissement, refus de la Convention de revenir sur le Trait&#233; de Maastricht en mati&#232;re de politique industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la v&#233;rit&#233;, cette singuli&#232;re initiative r&#233;sume bien l'impasse europ&#233;enne en mati&#232;re de politiques de promotion du syst&#232;me productif. En s'adressant &#224; Bruxelles, Blair, Shroder et Chirac manifestent d'abord leur d&#233;sarroi face &#224; des &#233;volutions industrielles qui inqui&#232;tent les opinions publiques, ils reconnaissent qu'ils ont renonc&#233; &#224; l'intervention sectorielle au niveau national, ils s'alarment de l'&#233;chec relatif des politiques impuls&#233;es au niveau communautaire pour faire de l'Europe &#171; l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive au XXI&#232;me si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce chapitre consacr&#233; &#224; la politique industrielle en France, nous essaierons dans un premier temps de rendre compte de la r&#232;gle du jeu qui s'est progressivement impos&#233;e entre Bruxelles et Paris &#224; partir de 1983. Dans un deuxi&#232;me temps, nous essaierons de voir quelles cons&#233;quences institutionnelles pour la gestion du secteur public l'Etat fran&#231;ais a tir&#233; de ce nouveau partage, la privatisation &#233;tant alors un vecteur majeur de politique industrielle. Dans un troisi&#232;me temps, nous essaierons d'identifier les nouveaux r&#233;pertoires de l'action publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1/ Politiques industrielles en France : le partage Paris-Bruxelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective historique, trois situations de politique industrielle nationale doivent &#234;tre distingu&#233;s : les conditions de l'intervention de l'Etat sont diff&#233;rents selon que l'Etat se trouve face &#224; des acteurs industriels puissants dont il entend d&#233;finir les structures et pr&#233;d&#233;terminer les orientations (Etat-auxilliaire) ; face &#224; des canards boiteux politiquement et socialement d&#233;stabilisateurs (Etat-brancardier) ; ou confront&#233; &#224; l'absence de tout acteur industriel dans un secteur d&#233;cisif pour l'ind&#233;pendance nationale, c'est alors le domaine d'&#233;lection des grands projets (Etat-colbertiste). Dans les deux premiers cas, les dispositifs d'intervention sont &#224; peu pr&#233;s comparables : plans sectoriels, subventions ou bonifications &#224; la modernisation, &#224; l'investissement, &#224; l'exportation, &#224; la concentration etc... en pratique les effets de ces outils sont radicalement diff&#233;rents. En effet il est rare qu'une politique d'Etat brancardier r&#233;ussisse sauf &#224; consid&#233;rer que le crit&#232;re de succ&#232;s est l'acceptation par les salari&#233;s du d&#233;clin programm&#233; au terme d'une s&#233;rie de plans de restructuration. Il est &#233;galement rare qu'une politique d'Etat auxiliaire r&#233;ussisse sauf &#224; consid&#233;rer que l'objectif r&#233;el n'est pas tant de peser sur la strat&#233;gie de sp&#233;cialisation que d'apporter des ressources publiques pour conforter des strat&#233;gies priv&#233;es. Nous n'allons pas revenir ici sur le bilan des politiques industrielles fran&#231;aises de 1945 &#224; 1984 si ce n'est pour rappeler d'une part que les seules politiques industrielles dont on peut dire qu'elles ont pes&#233; sur la sp&#233;cialisation sont en nombre limit&#233; -les politiques inspir&#233;es du colbertisme high tech- et d'autre part pour rappeler les raisons de la renonciation par l'Etat fran&#231;ais aux politiques industrielles structurantes de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colbertisme high-tech est la forme historique qu'a prise l'intervention de l'Etat-nation arm&#233; du monopole de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans sa relation aux industries dites de pointe de l'apr&#232;s guerre &#224; 1983. Les grands projets nucl&#233;aire, spatial, p&#233;trolier, ferroviaire, telecom, a&#233;ronautique civile et militaire illustrent cette modalit&#233; particuli&#232;re d'int&#233;gration des politiques industrielle, technologiques, de la concurrence, et de la commande publique. Le grand projet est d'abord bas&#233; sur un pari technologique. Il est port&#233; par une Agence (CEA, CNES, C.N.E.T...). Sa r&#233;alisation passe par un transfert de r&#233;sultats et une coop&#233;ration organique avec l'industrie. Celle-ci n'est pleinement fructueuse que parce que l'Etat pratique le protectionnisme offensif, pr&#233;-finance le d&#233;veloppement industriel, transf&#232;re les r&#233;sultats de la recherche publique, assure les d&#233;bouch&#233;s par la commande publique, permet l'amortissement des investissements par les longues s&#233;ries, facilite le d&#233;veloppement en mettant les moyens de l'Etat r&#233;galien au service du champion national public ou priv&#233;. La r&#233;ussite du grand projet intervient lorsque l'Etat lance un programme d'&#233;quipement bas&#233; sur les technologies d&#233;velopp&#233;es et que le march&#233; international adopte les biens et services qui en sont issus. Innovation technique, commande publique protectionnisme offensif, d&#233;veloppement d'un nouvel acteur industriel et ing&#233;nierie socio-politique sont les p&#244;les du grand projet. France Telecom et Alcatel, EdF et Framatome, la SNCF et Alstom, la DGA et Lagardere ou Dassault sont les t&#233;moins de ces grands projets aboutis qui ont permis &#224; la France de s'&#233;quiper et &#224; ses industriels de se d&#233;velopper et de partir &#224; l'assaut du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix majeurs de l'int&#233;gration europ&#233;enne et des politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive op&#233;r&#233;s en 1983 ont rendu plus difficiles voire impossibles les politiques discr&#233;tionnaires de soutien des champions nationaux, d'aide aux canards boiteux ou de protection du capital autochtone. Comme les champions nationaux amor&#231;aient &#224; la m&#234;me &#233;poque leur strat&#233;gie de mondialisation et que les secteurs technologiques, longtemps prot&#233;g&#233;s, ont commenc&#233; &#224; conna&#238;tre les grands vents de la d&#233;r&#233;glementation et de la lib&#233;ralisation, c'est tout le mod&#232;le industriel de l'apr&#232;s guerre qui &#233;t&#233; remis en cause .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'adoption de politiques de rigueur en France et l'arriv&#233;e &#224; Bruxelles de J.Delors, la donne en mati&#232;re de politique industrielle va radicalement changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte pos&#233; pr&#233;sente toutes les apparences d'un compromis &#233;quilibr&#233; entre industrialistes et champions du march&#233;. L'Acte unique europ&#233;en satisfait les partisans de la lib&#233;ralisation puisqu'il comporte un programme cons&#233;quent de suppression des barri&#232;res physiques, techniques et fiscales visant &#224; rendre possible l'&#233;mergence d'un grand march&#233; int&#233;rieur. Il comble les aspirations des partisans du renforcement des institutions communautaires par l'extension de la r&#232;gle de la majorit&#233;. Il affirme solennellement la vocation politique de l'Europe en multipliant les politiques communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directive apr&#232;s directive l'objectif 1993 inscrit dans l'Acte Unique a &#233;t&#233; mis en oeuvre, les obstacles non-tarifaires aux &#233;changes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s, les march&#233;s publics ont &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233;s et les services aussi. Force est de constater pourtant qu'en mati&#232;re de coop&#233;ration technologique ou industrielle, l'Europe n'a pas avanc&#233; du m&#234;me pas. Un d&#233;s&#233;quilibre net a fini par s'installer entre politiques de march&#233; et politiques de promotion de la base industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la signature du Trait&#233; de Maastricht on croit un moment, notamment en France, que le colbertisme high tech peut &#234;tre export&#233; puisqu'un chapitre est consacr&#233; &#224; la politique industrielle et que les Europ&#233;ens avec le projet Eureka 95 de TV HD paraissent se rapprocher d'une vision fran&#231;aise de la politique industrielle. L'illusion ne durera m&#234;me pas le temps de l'adoption du trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait avec l'acte unique et dans la perspective de l'Euro, l'Europe s'est convertie aux politiques horizontales de comp&#233;titivit&#233;. Les programmes initi&#233;s &#224; l'&#232;re Davignon qui devaient contribuer &#224; structurer l'offre europ&#233;enne dans les nouvelles technologies ont vu leurs ambitions r&#233;duites &#224; la coop&#233;ration en mati&#232;re de recherche et &#224; la formation d'une communaut&#233; scientifique europ&#233;enne avant d'&#234;tre captur&#233;s par les tenants de la redistribution au profit des pays les moins d&#233;velopp&#233;s et des entreprises les moins dot&#233;es (P.M.E.). La Communaut&#233; a renonc&#233; &#224; son ambition industrielle, prisonni&#232;re qu'elle &#233;tait des r&#232;gles de concurrence, du troc mutuel d'avantages et de consid&#233;rations de coh&#233;sion et d'am&#233;nagement du territoire. Dans les rares domaines o&#249; l'Europe industrielle a r&#233;alis&#233; des avanc&#233;es, la Communaut&#233; a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s absente absente : Airbus, GSM.... Dans les programmes coop&#233;ratifs comme Eur&#234;ka, l'intergouvernemental a mieux r&#233;ussi dans un premier temps m&#234;me si ce dispositif original de labellisation et de soutien de projets &#224; vocation industrielle a ensuite &#233;t&#233; victime des politiques de ma&#238;trise budg&#233;taire. Cet exemple montre qu'une politique reconnue n&#233;cessaire par toutes les parties, dont l'approche (bottom up) a &#233;t&#233; salu&#233;e par l'ensemble des acteurs, qui compte &#224; son actif des r&#233;ussites incontestables (Jessi dans les composants &#233;lectroniques) est aujourd'hui abandonn&#233;e de fait car l'Allemagne s'en d&#233;sint&#233;resse, car l'accent mis sur les P.M.E. est r&#233;thorique, car l'&#233;largissement programm&#233; en fait une politique moins centrale. Si les deux moteurs de l'int&#233;gration positive par les politiques structurantes de R&amp;D puis par la volont&#233; de promouvoir une e-Europe et de l'int&#233;gration n&#233;gative par les politiques de d&#233;r&#233;glementation - lib&#233;ralisation - privatisation sont activ&#233;s d&#232;s 1982-85, force est de constater que les politiques de concurrence se sont progressivement autonomis&#233;es, elles se sont m&#234;me affirm&#233;es comme les politiques dominantes. A cela plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire un march&#233; int&#233;gr&#233;, abolir les fronti&#232;res, traquer les obstacles de toutes natures &#224; l'ouverture constitue bien la mission fondamentale assign&#233;e &#224; la Commission par le Trait&#233; de Rome. De ce point de vue, on peut dire que la politique de la Concurrence a un statut quasi-constitutionnel. Par ailleurs en poursuivant les ententes, les abus de positions dominantes, en lib&#233;ralisant les secteurs prot&#233;g&#233;s, la Commission d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts du consommateur tout en adaptant &#224; l'espace communautaire le mouvement mondial de lib&#233;ralisation des &#233;conomies. Enfin le projet politique europ&#233;en a toujours &#233;t&#233; servi par l'int&#233;gration &#233;conomique et d&#232;s lors la construction europ&#233;enne est le vecteur de la r&#233;forme des &#233;conomies domestiques. Le probl&#232;me que pose cette technique d'int&#233;gration est ailleurs : en privil&#233;giant l'int&#233;gration n&#233;gative par la norme et la r&#232;gle on se prive des souplesses n&#233;cessaires et ne on perd en facult&#233; d'adaptation. Lorsqu'on compare les politiques de la concentration et de la concurrence il est clair que l'Europe est plus rigoureuse que les Etats Unis ce qui vient renforcer encore davantage les logiques de march&#233; au d&#233;triment des politiques volontaristes. En 1989 sous pr&#233;sidence fran&#231;aise une disposition a &#233;t&#233; prise en mati&#232;re de contr&#244;le des concentrations qui avec le temps a abouti &#224; faire de la Commission l'acteur majeur des concentrations europ&#233;ennes. En effet, le refus des op&#233;rations First Choice-Air Tours, Legrand-Schneider, Volvo-Scania, GE-Honeywell apr&#232;s l'acte fondateur qu'avait repr&#233;sent&#233; l'affaire de Haviland illustre la doctrine qui s'est progressivement form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Le contr&#244;le europ&#233;en de concentration repose sur le crit&#232;re de cr&#233;ation ou de renforcement d'une position dominante sans tenir compte des gains d'efficacit&#233; qu'une fusion peut g&#233;n&#233;rer et qui peuvent se r&#233;percute sur le consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/La Commission, dans sa d&#233;finition du march&#233; pertinent a tendance &#224; choisir le march&#233; national comme march&#233; de r&#233;f&#233;rence et &#224; d&#233;finir l'activit&#233; &#233;conomique concern&#233;e en termes restrictifs. C'est ainsi qu'elle refuse l'alliance Scania Volvo en mettant en avant des parts de march&#233; excessives sur les march&#233;s nordiques et non sur le march&#233; domestique europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3/ La commission utilise les politiques de concentration comme arme concurrentielle. Elle estime &#171; a priori &#187; les effets potentiellement anti-concurrentiels d'une concentration &#224; la diff&#233;rence des Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4/ La Commission refuse toute consid&#233;ration de politique industrielle et reste insensible &#224; l'id&#233;e d'un int&#233;r&#234;t public europ&#233;en au nom de la d&#233;fense du consommateur. Le fait par exemple que l'&#233;chec de la fusion Schneider-Legrand prive l'Europe d'un leader dans la moyenne et basse tension et livre les deux firmes &#224; des acqu&#233;reurs extra europ&#233;ens n'est pas pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2/ L'affaissement de l'appareil d'intervention industrielle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat national ayant renonc&#233; aux armes de la commande publique, du protectionnisme offensif, et des transferts unilat&#233;raux de moyens scientifiques et financiers au nom de l'int&#233;gration europ&#233;enne et de la lib&#233;ralisation commerciale ; L'Union Europ&#233;enne ayant fait le pari des politiques horizontales de comp&#233;titivit&#233; et ayant tout mis&#233; sur les politiques de concurrence ; il ne faut pas s'&#233;tonner que la politique industrielle soit devenue r&#233;siduelle. L'Etat national dispose aujourd'hui de deux registres d'action, les politiques d'attractivit&#233; (cf 3) et les politiques de privatisation. En effet dans un contexte de lib&#233;ralisation et de d&#233;r&#233;glementation, l'Etat peut profiter de la privatisation pour h&#226;ter des regroupements industriels, favoriser la constitution de p&#244;les europ&#233;ens, voire adosser des canards boiteux sur des entreprises plus saines &#233;vitant ainsi des d&#233;faillances programm&#233;es . La privatisation a d'abord ob&#233;i &#224; des motivations politico-financi&#232;res avant d'&#234;tre mise au service d'objectifs industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation consiste pour l'essentiel en un transfert d'actifs publics au profit d'un secteur priv&#233; qu'on contribue ainsi &#224; fa&#231;onner. Les privatisations de 1986, qui vont &#234;tre interrompues en octobre 1987 &#224; la suite du krach boursier, pr&#233;sentaient cinq caract&#233;ristiques majeures. Elles &#233;taient inspir&#233;es par une id&#233;ologie lib&#233;rale incarn&#233;e alors aussi bien par Alain Madelin que par Jacques Chirac dont la r&#233;f&#233;rence commune &#233;tait la R&#233;volution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher d'une part, les &#233;crits du pape du Mont P&#233;lerin, Friedrich Hayek, d'autre part. Cette inspiration d&#233;termine l'ampleur du programme de privatisations : 66 grandes entreprises appartenant &#224; 27 groupes pour une valeur totale de 275 milliards de francs. Elles &#233;taient le fruit d'une double n&#233;cessit&#233; tenant &#224; l'&#233;tat des finances publiques et des finances priv&#233;es. Les d&#233;ficits budg&#233;taires d'un c&#244;t&#233; et les besoins de financement d'entreprises nationales en voie de mondialisation de l'autre justifiaient des privatisations partielles ou totales. R&#233;alis&#233;es par les fonctionnaires du Tr&#233;sor qui connaissaient les fragilit&#233;s du capitalisme fran&#231;ais, elles ont int&#233;gr&#233; la contrainte nationale par la constitution de noyaux durs ou groupes d'actionnaires stables. Initi&#233;es par des gaullistes, elles devaient faire la part &#224; la &#8220;participation&#8221;, la modalit&#233; trouv&#233;e fut l'actionnariat populaire et salari&#233;. Dirig&#233;es par Edouard Balladur elles ont fait une large place &#224; la t&#234;te des groupes privatis&#233;s &#224; une &#233;lite &#233;troite issue des grands corps et form&#233;e d'amis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat d'orientations a priori aussi contradictoires a &#233;t&#233; l'invention d'une privatisation administr&#233;e et politiquement orient&#233;e dont la modalit&#233; pratique a &#233;t&#233; la mise en oeuvre d'une &#8220; fili&#232;re invers&#233;e du capitalisme fran&#231;ais &#8221;. Le Gouvernement Balladur n'a gu&#232;re song&#233; &#224; mettre aux ench&#232;res les entreprises publiques, ni &#224; les c&#233;der de gr&#233; &#224; gr&#233;, ni &#224; les mettre progressivement sur le march&#233; par paquets. Il a invent&#233; une privatisation par quotas avec noyau dur et actionnariat populaire. La privatisation par quotas consiste &#224; administrer la mise sur le march&#233; de l'entreprise puisqu'il s'agit d'en organiser par avance l'actionnariat. Une fraction des titres va au noyau dur, les dirigeants de l'entreprise et le Tr&#233;sor choisissent ainsi leurs actionnaires de contr&#244;le. En &#233;change d'un tel privil&#232;ge, les actionnaires de contr&#244;le s'engagent &#224; conserver leurs titres un court laps de temps et paient une l&#233;g&#232;re prime. Une seconde fraction du capital est c&#233;d&#233;e dans des conditions avantageuses aux salari&#233;s de l'entreprise afin de les associer &#224; la bonne marche de celle-ci et plus prosa&#239;quement d' immobiliser une fraction du capital dans des mains amies. Une troisi&#232;me fraction, la plus importante, va au grand public dans le cadre d'une offre publique de vente fortement m&#233;diatis&#233;e. De la r&#233;ussite du placement d&#233;pend le succ&#232;s r&#233;el de toute l'op&#233;ration, il faut en effet, pour que le dispositif fonctionne, que le grand public soit pr&#234;t &#224; apporter son &#233;pargne sans avoir son mot &#224; dire sur la d&#233;signation des instances dirigeantes et sur la strat&#233;gie de la firme. Les 4&#232;me et 5&#232;me quotas sont r&#233;serv&#233;s aux investisseurs institutionnels fran&#231;ais et &#233;trangers. Ainsi le pouvoir politique nomme un dirigeant qui choisit avec le Tr&#233;sor son noyau dur, compose &#224; sa convenance son Conseil d'administration et ce faisant choisit les actionnaires qui comptent et ceux qui ne comptent pas. Le capitalisme est a priori bas&#233; sur un principe rigoureusement inverse : c'est l'actionnaire qui choisit les organes sociaux de l'entreprise qui &#224; leur tour d&#233;signent les dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une privatisation qui substitue &#224; l'Etat actionnaire des noyaux durs compos&#233;s d'oligarques issus des grands corps d'Etat qui s'autoprot&#232;gent par des participations crois&#233;es ne constitue pas une rupture avec l'ordre ancien au sens par exemple de la r&#233;forme thatch&#233;rienne. Les privatisations de 86 ayant port&#233; sur des entreprises prosp&#232;res du secteur concurrentiel (Saint Gobain, Paribas ou la CGE). La difficult&#233; &#224; partir de 1993 est triple, il s'agit &#224; la fois de privatiser des entreprises fragiles et surveill&#233;es par Bruxelles (Bull, Thomson multimedia, CL) ayant une forte valeur symbolique (Renault) ou une vocation strat&#233;gique affirm&#233;e (Aerospatiale, Thomson Csf) . En 1993 il n'est pas encore question de privatiser ou d'ouvrir le capital d'entreprises du secteur public ayant des missions de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1997, c'est une autre conception des privatisations qu'on veut imposer. La contrainte budg&#233;taire est toujours pr&#233;sente, l'id&#233;ologie lib&#233;rale n'est plus au rendez vous on ne pr&#233;tend pas en particulier que la gestion priv&#233;e est par essence plus efficace mais la nouveaut&#233; r&#233;side dans la volont&#233; des faire des privatisations un vecteur de politiques industrielles. A marche forc&#233;e, au cours des 2 premi&#232;res ann&#233;es de son mandat, le Gouvernement Jospin entend marquer le paysage industriel en se servant de l'outil des privatisations. L&#224; o&#249; le Gouvernement Jupp&#233; tergiversait, reculait et parfois m&#234;me pr&#234;tait &#224; la critique pour sa faiblesse coupable &#224; l'&#233;gard de certains int&#233;r&#234;ts, DSK agit avec calme, professionnalisme et d&#233;noue affaire apr&#232;s affaire tous les dossiers impossibles de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente : CIC, Thomson, A&#233;rospatiale, Cr&#233;dit Lyonnais, GAN etc... On pourrait s'arr&#234;ter l&#224; et selon ses opinions vanter ou railler les talents de privatiseurs des socialistes. Pourtant lorsqu'on &#233;tudie les choix faits on r&#233;prime difficilement le sentiment que l'excellence technique de DSK et du Tr&#233;sor masquaient l'absence de strat&#233;gie et l'obsession du d&#233;minage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels sont donc les ressorts de cette r&#233;ussite paradoxale ? Au d&#233;but des ann&#233;es 90 le PS se convertit au principe de la privatisation des entreprises du secteur concurrentiel. Mais &#233;cart&#233;s du pouvoir et soumis aux pressions des salari&#233;s du secteur public qui craignent une &#233;volution semblable pour les entreprises de service public, les socialistes abordent les l&#233;gislatives de 1997 avec une reformulation du &#171; ni....ni.... &#187; La privatisation est d&#233;clar&#233;e de droite, le projet des socialistes est d&#232;s lors d'accompagner, par des ouvertures de capital, les alliances industrielles et les coop&#233;rations europ&#233;ennes. Ayant donc renonc&#233; &#224; d&#233;fendre les privatisations pour ce qu'elles sont , la marque d'un retrait de l'Etat de la sph&#232;re productive marchande et la reconnaissance de la sup&#233;riorit&#233; des r&#233;gulations de march&#233; dans ce domaine, les socialistes vont accepter que toute privatisation devienne enjeu de n&#233;gociation politique avec la gauche plurielle et syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'ouverture de capital de France Telecom n&#233;cessaire du fait de la lib&#233;ralisation et de la d&#233;r&#233;glementation, va &#234;tre justifi&#233;e par les n&#233;cessit&#233;s de l'alliance avec Deutsche Telekom alors que chacun savait que cette alliance &#233;tait moribonde, que de surcro&#238;t un &#233;change de participations de 2% n'&#233;tait pas engageant et qu'il &#233;tait absurde de demander &#224; l'entreprise FT de justifier apr&#232;s coup par des partenariats r&#233;els une construction politique. Il en sera de m&#234;me avec Thomson. Comme le gouvernement socialiste avait besoin de temps pour convaincre ses alli&#233;s de la n&#233;cessite de la privatisation, il laissera passer une opportunit&#233; strat&#233;gique majeure d'alliance paritaire sous management fran&#231;ais de l'ensemble GEC-Thomson et finira par gaspiller tous nos atouts dans l'industrie de d&#233;fense puisque Thomson est rest&#233; orphelin et qu'A&#233;rospatiale a &#233;t&#233; offert &#224; Lagardere. On pourrait multiplier les exemples dans la banque, le transport a&#233;rien chaque fois le m&#234;me m&#233;canisme est &#224; l'oeuvre : la question n'est jamais pos&#233;e en termes strat&#233;giques et industriels, la question est plut&#244;t : comment concilier r&#233;sidus d'id&#233;ologie et n&#233;cessit&#233;s de l'&#233;volution et une fois le compromis s&#233;mantique trouv&#233;, comment forger un compromis politique au sein de la gauche plurielle. Enfin, une fois le chemin balis&#233; et les contraintes de paix sociale fix&#233;es, le Tr&#233;sor agit avec son habilet&#233; coutumi&#232;re et habille sans &#233;tats d'&#226;me n'importe quel montage. Le seul cas o&#249; un dessein industriel est &#224; l'&#339;uvre -EADS- reste probl&#233;matique. Le transfert &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s mal assur&#233;s (fragilit&#233; du contr&#244;le de la famille Lagardere) d'un actif public majeur (Aerospatiale) pour favoriser une alliance franco-allemande (Dasa) et permettre la constitution d'un p&#244;le de regroupement europ&#233;en (Eads) repose sur un double pari : que la parit&#233;, injustifiable industriellement, accord&#233;e aux Allemands produira des effets vertueux sur les programmes coop&#233;ratifs d'armement et que le leadership actionnarial accord&#233; &#224; Lagardere l'obligera dans le long terme et bridera sa volont&#233; de red&#233;ploiement vers les media.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les privatisations ont une vertu, elles permettent la sortie de l'orbite de l'Etat et des appareils administratifs d'entreprises rendues &#224; une logique actionariale priv&#233;e. Ces entreprises peuvent conna&#238;tre des difficult&#233;s et l'Etat ne peut alors rester inerte comme on l'a vu r&#233;cemment avec le cas Alstom mais pour l'essentiel la responsabilt&#233; est transf&#233;r&#233;e aux actionnaires actifs ou passifs et &#224; l'oligarchie priv&#233;e qui contr&#244;le les conseils d'administration. La quasi- faillite de France Telecom &#224; l'&#233;t&#233; 2002 et les &#171; d&#233;rives &#187; financi&#232;res d'EdF vont conduire le nouveau Gouvernement et l'Assembl&#233;e Nationale &#224; s'interroger sur le r&#244;le de l'Etat actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rapport accablant pour la gestion publique &#171; Entreprises publiques et Etat actionnaire &#187; Ph.Douste-Blazy et M.Diefenbaker livrent les cl&#233;s de ce qu'il faut bien appeler un affaissement de l'appareil d'Etat. Que disent-ils en substance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat n'a pas de strat&#233;gie. Les d&#233;put&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;tonn&#233;s de constater que l'Etat actionnaire ne fixait nulle feuille de route aux dirigeants nomm&#233;s. L'Etat actionnaire n'est lui m&#234;me qu'une architecture d'appareils d'Etat menant des strat&#233;gies propres et faiblement coordonn&#233;s par la direction du Tr&#233;sor. Nul n'a pens&#233; par exemple les effets combin&#233;s du principe de sp&#233;cialisation d'EdF et de la lib&#233;ralisation programm&#233;e du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; et encore moins l'impact de ces &#233;volutions sur la structure financi&#232;re du groupe. Nul n'a &#233;valu&#233; la strat&#233;gie de FT qui consistait d'abord &#224; &#234;tre l'op&#233;rateur alternatif en Europe -ce qui justifiait l'acquisition de NTL- puis d'&#234;tre le rival de Vodafone en ayant l'empreinte mobile en Europe la plus &#233;tendue -ce qui aurait du conduire &#224; c&#233;der NTL d&#232;s lors qu'Orange &#233;tait acquis-. Un blanc seing a en fait &#233;t&#233; donn&#233; &#224; Michel Bon pour d&#233;velopper sa strat&#233;gie de constitution d'un op&#233;rateur europ&#233;en int&#233;gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ne dispose pas d'une capacit&#233; d'expertise propre. Le propos peut surprendre ceux qui ont vu &#224; l'&#339;uvre la Direction du Tr&#233;sor ou d'anciennes directions de l'Industrie dans des temps qui ne sont pas si lointains. Mais de l'aveu m&#234;me du Directeur du Tr&#233;sor la modicit&#233; des moyens mis &#224; sa disposition et la difficile mobilisation, sauf pour des missions d'urgence, des &#233;quipes des minist&#232;res techniques aboutissent &#224; une perte de comp&#233;tence propre du Tr&#233;sor. Il est &#224; noter que le repr&#233;sentant du Tr&#233;sor cumulait la charge du suivi de FT avec celle d'Edf et d'Areva. Les &#233;conomistes connaissent les probl&#232;mes d'asym&#233;trie d'information et de contrats d'agences, mais d&#233;couvrir que pour surveiller le travail de quelques milliers de cadres et d'ing&#233;nieurs &#224; haut potentiel, l'Etat avait d&#233;l&#233;gu&#233; un tiers d'homme laisse r&#234;veur. Dans le cas de FT on voit m&#234;me une direction du Tr&#233;sor courant apr&#232;s l'information distill&#233;e ou refus&#233;e par l'op&#233;rateur au nom de l'&#233;galit&#233; de traitement des actionnaires publics et priv&#233;s. Dans l'affaire Mobilcom enfin, FT a sciemment dissimul&#233; des informations &#224; la Direction du Tr&#233;sor. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat, pour pallier ses d&#233;ficiences propres, recourt &#224; des expertises ext&#233;rieures. Lorsque de grandes op&#233;rations financi&#232;res impliquant des entreprises publiques sont en cause l'Etat sait se faire assister par les grandes banques anglo-saxonnes. Ainsi une mobilisation intense de banquiers d'affaires europ&#233;ens et am&#233;ricains parfaitement interchangeables et v&#233;hiculant les m&#234;mes messages sur l'avenir radieux du multimedia mobile a tenu lieu de contre-expertise publique sur la strat&#233;gie de l'op&#233;rateur public.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un accord donn&#233; par un Ministre &#224; un PDG d'entreprise publique l&#232;ve les objections des services. Ainsi le pouvoir discr&#233;tionnaire d'un Ministre n&#233;cessairement sous-inform&#233; et incomp&#233;tent techniquement prime sur l'avis de services dont on a vu par ailleurs la modicit&#233; des moyens et la faible expertise propre. On peut presque dire que des bavardages avec des ministres valent validation de la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil d'Administration d'une entreprise publique est un th&#233;&#226;tre d'ombres o&#249; un Pr&#233;sident confort&#233; par le Ministre, enr&#244;le des repr&#233;sentants de l'Etat muets, distille l'information &#224; sa guise &#224; ses amis et prend pr&#233;texte de la pr&#233;sence des syndicats pour vider les conseils de toute port&#233;e strat&#233;gique ou de contr&#244;le des risques et des engagements. Appliqu&#233; au cas Ft cela donne : un Conseil d'administration v&#233;ritable arm&#233;e mexicaine o&#249; rien ne se dit et rien ne s'&#233;change ob&#233;issant &#224; un rituel de l'impuissance o&#249; les syndicalistes soul&#232;vent des probl&#232;mes d'&#233;tablissement, o&#249; les administrateurs publics sont mutiques et o&#249; les amis du Pr&#233;sident se plaignent des contraintes fix&#233;s par l'Etat le tout sous le regard d'une arm&#233;e de censeurs de contr&#244;leurs d'Etat et de commissaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux enseignements majeurs peuvent &#234;tre tir&#233;s de l'exp&#233;rience de gestion des entreprises publiques au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es. La premi&#232;re est que le retrait de l'Etat de la sc&#232;ne industrielle, voulu et mis en &#339;uvre avec constance depuis le grand tournant de 84, a si bien r&#233;ussi que les entreprises du secteur public maintenu sont orphelines, elles n'ont plus d'orientation, de tutelle ni de contr&#244;le. Certes des organes survivent &#224; leur gloire pass&#233;e, des rituels sont maintenus, des r&#232;gles formelles sont observ&#233;es, mais aucun contre-pouvoir ne s'exerce sur les directions des entreprises nationales d&#232;s lors qu'elles offrent les apparences de la prosp&#233;rit&#233; et que leurs dirigeants ont &#233;t&#233; politiquement adoub&#233;s. La deuxi&#232;me est que l'ouverture partielle du capital dont on pouvait esp&#233;rer qu'il contribuerait &#224; r&#233;unir le meilleur des deux mondes, celui du public, avec la prise en charge du long terme et une insensibilit&#233; aux modes et aux diktats des march&#233;s financiers, celui du priv&#233; avec l'incitation &#224; la rigueur de gestion et l'interdiction des pr&#233;dations financi&#232;res par un Etat appauvri, a en fait r&#233;alis&#233; le pire des deux mondes. La pr&#233;sence du capital priv&#233;, a en fait permis de museler l'Etat et ses tutelles. La pr&#233;sence du capital public majoritaire a d&#233;sarm&#233; le contr&#244;le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- Les nouveaux registres d'action publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle en France emprunte aujourd'hui trois canaux : d'une part, la France entend investir dans les technologies de l'information et lib&#233;raliser ses services publics en r&#233;seau pour contribuer &#224; faire de l'Europe l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive du XXI&#232;me si&#232;cle, d'autre part elle entend r&#233;former la gouvernance de son secteur public pour en tirer le meilleur parti. Enfin l'Etat fran&#231;ais qui continue &#224; avoir une fibre industrialiste entend prot&#233;ger des foudres bruxelloises les entreprises en difficult&#233; comme Bull ou Alstom. Consid&#233;rons d'abord la r&#233;forme de l'Etat actionnaire avec la cr&#233;ation de l'Agence des participations d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1/ L'Etat actionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort des cas consid&#233;r&#233;s et des diagnostics pos&#233;s par la Commission Barbier de la Serre, le Haut Conseil du secteur Public, la direction du Tr&#233;sor et la Commission Douste que l'Etat doit fondamentalement repenser son r&#244;le d'actionnaire. Une proposition a rapidement &#233;merg&#233; : confier &#224; une Agence des participations d'Etat la gestion du r&#244;le d'Etat actionnaire. Cinq conditions devaient &#234;tre r&#233;unies pour que cette initiative ne reproduise pas les mod&#232;les faillis du pass&#233;. 1- Faire de l'APE un &#171; public trust &#187; ou une autorit&#233; administrative ind&#233;pendante &#224; qui auraient &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s l'ensemble des pr&#233;rogatives de l'actionnaire, l'Etat conservant le pouvoir d'ali&#233;ner ou d'&#233;largir le patrimoine public. 2- Constituer au sein de l'APE ou en dehors une capacit&#233; d'expertise strat&#233;gique et &#233;conomique dans les domaines dans lesquels l'Etat entend continuer &#224; intervenir, l'APE exer&#231;ant en propre toutes comp&#233;tences financi&#232;res li&#233;es &#224; la gestion du portefeuille de participations publiques. 3- Retirer au Ministre le pouvoir de nomination du PDG pour le confier &#224; une commission de s&#233;lection et ultimement au Conseil D'administration. 4- Instituer des CA diversifi&#233;s fonctionnant selon les standards les plus exigeants de &#171; corporate governance &#187;. 5- Supprimer toutes les instances de contr&#244;le redondantes sauf celles qui ont fait leurs preuves (le contr&#244;le d'Etat dans le cas de FT). Aucune de ces conditions n'est satisfaite dans la r&#233;forme actuelle. Autant dire que les m&#234;mes causes produiront les m&#234;mes effets avec cet effet aggravant qu'on aura rendu plus complexes les relations des entreprises publiques avec les deux t&#234;tes du Tr&#233;sor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'APE ne r&#232;gle aucun des probl&#232;mes fondamentaux soulev&#233;s par la quasi-faillite de France Telecom et notamment pas la mauvaise structure d'incitations qui r&#233;sulte de la cohabitation de capitaux publics et priv&#233;s au sein d'une entreprise restant majoritairement publique que devient le projet d'ouverture du capital d'EdF. On sait en effet quelle a &#233;t&#233; la s&#233;quence d'&#233;v&#232;nements qui a conduit hier &#224; l'ouverture du capital de FT et qui motive aujourd'hui la m&#234;me op&#233;ration pour EdF. 1-La lib&#233;ralisation du secteur de l'&#233;lectricit&#233; se traduit m&#233;caniquement pour le monopole national par une perte de part de march&#233;. 2- Le principe de sp&#233;cialisation qui a emp&#234;ch&#233; le monopole &#233;lectrique de se diversifier dans l'eau ou le t&#233;l&#233;phone ne permet pas &#224; EdF de compenser sa perte de substance sur le march&#233; &#233;lectrique par un red&#233;ploiement sur d'autres march&#233;s domestiques. 3- EdF est donc conduit &#224; chercher en Europe les bases de son d&#233;veloppement futur faute de quoi il serait condamn&#233; &#224; une in&#233;luctable attrition de son activit&#233; et de ses effectifs sur le march&#233; domestique. 4- EdF n'acceptant pas un d&#233;membrement du groupe et notamment une cession de RTE est contraint &#224; financer l'ensemble du syst&#232;me &#233;lectrique dont b&#233;n&#233;ficient ses concurrents. 5- L'Etat ne pouvant financer la croissance europ&#233;enne d'EdF, l'entreprise est oblig&#233;e de trouver sur le march&#233; les capitaux dont elle a besoin. L'ouverture du capital est donc in&#233;vitable. Or l'exp&#233;rience de FT sugg&#232;re que la pire des situations est l'ouverture partielle du capital. L'Etat devra donc se r&#233;soudre soit &#224; financer EdF en gardant &#224; l'entreprise son statut public soit &#224; la privatiser v&#233;ritablement c'est &#224; dire en mettant plus de 50% du capital sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.2/ L'affaire Alstom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun pays europ&#233;en n'&#233;chappe &#224; l'injonction d'intervention lorsqu'une grande entreprise est en difficult&#233;, Holzman en Allemagne, Fiat en Italie, Iberia en Espagne et Alstom en France illustrent cette situation. Ces situations sont pr&#233;vues et r&#233;gul&#233;es dans le cadre europ&#233;en, la tension entre autorit&#233;s nationales et locales est pourtant toujours forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ete 2003 Alstom conna&#238;t des difficult&#233;s financi&#232;res qui mettent en p&#233;ril son exploitation. Ses banquiers se tournent vers l'Etat pour qu'il participe et garantissse un plan de sauvetage qui sans cela ne recevrait pas l'agr&#233;ment des banquiers. Pour p&#233;renniser l'activit&#233; d'un groupe aux cycles longs, les banquiers demandent et obtiennent de l'Etat qu'il entre dans le capital d'Alstom. Notifi&#233; au titre de la proc&#233;dure d'urgence (aide au sauvetage), le plan est refus&#233; par Mario Monti qui y voit plut&#244;t un plan de restructuration non soumis pour approbation pr&#233;alable &#224; la Commission. L'affaire Alstom &#233;clate parce que la Commission au nom du respect de la proc&#233;dure prend le risque de mettre en p&#233;ril une entreprise de 118000 salari&#233;s victime non de l'obsolescence de ces produits ou de pertes r&#233;currentes mais de l'effet combin&#233; d'une pr&#233;dation d'actionnaires, d'un retournement conjoncturel et d'une mauvaise gestion d'acquisitions. Pour la Commission, une mauvaise gestion doit &#234;tre sanctionn&#233;e, le plan de restructuration permettant de troquer des aides contre de cessions d'activit&#233; et des r&#233;ductions de p&#233;rim&#232;tre. Outre que cette d&#233;marche va se r&#233;v&#233;ler inop&#233;rante, elle va illustrer dramatiquement l'inadaptation des outils d'intervention .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alstom est d'abord la victime collat&#233;rale de la strat&#233;gie men&#233;e par Serge Tchuruk. D&#233;termin&#233; &#224; devenir un &#171; pure player &#187; des t&#233;l&#233;coms et devant financer des acquisitions co&#251;teuses, ce dernier met en bourse Alstom, non sans l'avoir au pr&#233;alable d&#233;capitalis&#233;e et lui avoir vendu Cegelec - pour un prix double de celui qu'Alstom obtiendra en la rec&#233;dant. Ainsi, un groupe de biens d'&#233;quipement est mis sur le march&#233; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; ass&#233;ch&#233; de ses fonds propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste de l'histoire est connu : retrait des deux actionnaires GEC et Alcatel, acquisition aventureuse d'ABB-Power, non int&#233;gration de cette filiale, pertes en cascade dans l'activit&#233; maritime et ferroviaire, insolvabilit&#233; croissante et crise finale. S'il est &#233;tabli qu'Alstom a &#233;t&#233; victime d'actionnaires de contr&#244;le pr&#233;dateurs, on ne comprend pas comment une telle op&#233;ration a pu &#233;chapper aux organes de contr&#244;le et aux conseils d'administration. L'explication est simple : ce sont les dirigeants d'Alcatel qui ont forg&#233; cette strat&#233;gie, ce sont eux qui ont form&#233; le conseil d'Alstom et nomm&#233; son dirigeant, ce sont les partenaires financiers d'Alcatel qui se retrouvaient au conseil d'Alstom. Aucun contre-pouvoir n'a pu &#233;merger, aucun syst&#232;me de contr&#244;le des risques n'a &#233;t&#233; mis en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Alstom est venue sur le devant de la sc&#232;ne parce que Bruxelles a refus&#233;, puis accept&#233; sous b&#233;n&#233;fice d'inventaire, le plan de recapitalisation. Alstom a finalement conclu un accord de refinancement de 3,2 Milliards d'euros (dont 800 millions apport&#233;s par l'Etat fran&#231;ais). L'affaire reste ouverte parce que les concessions que la Commission s'appr&#234;tait &#224; demander pour prix de l'aide publique sont inapplicables ou nocives. Obliger Alstom &#224; c&#233;der son activit&#233; TGV ou grosses turbines reviendrait &#224; transformer Siemens en monopole dans le premier cas et GE en leader d'un oligopole &#233;troit. Obliger Alstom &#224; c&#233;der son activit&#233; navale c'est s'exposer &#224; d&#233;couvrir qu'il n'y a pas d'acheteurs. Dans les deux cas c'est affaiblir une entreprise victime d'actionnaires pr&#233;dateurs et qui constitue l'un des rares atouts europ&#233;ens dans le secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette affaire, au del&#224; des p&#233;rip&#233;ties, pose donc une question importante. A partir du moment o&#249; les Etats ont abandonn&#233; tous les outils de la politique industrielle, o&#249; l'Europe ne juge les sujets industriels que sur le crit&#232;re de la concurrence, peut-on accepter qu'une entreprise comme Alstom ou Alcatel fasse faillite, non pas parce qu'elle n'est pas comp&#233;titive ou manque de savoir-faire, mais parce qu'elle a &#233;t&#233; victime d'une s&#233;rie de d&#233;cisions malheureuses (la d&#233;capitalisation d'Alstom, l'acquisition d'ABB-Power) ou d'une crise ext&#233;rieure (la faiblesse du march&#233; des &#233;quipements pour la production d'&#233;nergie, les attentats du 11 septembre et la crise du march&#233; des bateaux de croisi&#232;re) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans vouloir renouer avec l'&#233;tatisme d'antan, on peut comprendre qu'Alstom ait fait appel &#224; l'Etat, pour pallier une faiblesse de l'UE. Le retour anachronique de l'Etat dans le capital d'Alstom ne fait que souligner le manque d'outils europ&#233;ens d'intervention en pareil cas, l'absence de dispositifs de sauvetage des entreprises au niveau communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3.3/ Politiques d'environnement comp&#233;titif : le processus de Lisbonne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lisbonne, l'Union europ&#233;enne a fait le constat du double &#233;chec de l'int&#233;gration n&#233;gative par d&#233;mant&#232;lement des outils de politique industrielle nationale et de l'int&#233;gration positive par g&#233;n&#233;ralisation des politiques d'environnement comp&#233;titif (march&#233; unique, politiques de concurrence, politiques commerciales) elle a fait le choix d'une politique de sp&#233;cialisation dans les activit&#233;s intensives en connaissances. Mais l'Europe a d&#233;croch&#233; en termes de sp&#233;cialisation industrielle, en termes de R.D. industrielle, en termes d'innovation et de renouvellement du tissu industriel et les objectifs volontaristes visant &#224; faire de l'Europe l'&#233;conomie de la connaissance la plus performante du XXI &#232;me si&#232;cle paraissent hors d'atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport CAE fournit d'incontestables illustrations de ce d&#233;crochage. Qu'il s'agisse du recul europ&#233;en dans les technologies de l'information ou les Sciences du vivant, qu'il s'agisse de l'&#233;rosion de positions traditionnellement fortes dans les industries pharmaceutiques &#233;lectroniques ou de t&#233;l&#233;communications apr&#232;s le regain de comp&#233;titivit&#233; am&#233;ricain des ann&#233;es 90, qu'il s'agisse enfin du d&#233;clin relatif de l'industrie financi&#232;re et de l'industrie europ&#233;enne de services aux entreprises. La bonne r&#233;sistance dans les industries traditionnelles et notamment la capacit&#233; de l'industrie automobile &#224; atteindre les meilleurs standards mondiaux en mati&#232;re de qualit&#233; et de co&#251;ts ne doit pas conduire &#224; des conclusions erron&#233;es. La qualit&#233; au moindre co&#251;t est devenue aujourd'hui la norme. Le danger, r&#233;side aujourd'hui dans l'&#233;rosion continue des positions en Sciences de la vie, dans les NTIC, dans le secteur des mat&#233;riaux et dans le repli europ&#233;en sur les industries matures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fruit d'un sous investissement chronique l'enseignement sup&#233;rieur europ&#233;en et plus particuli&#232;rement fran&#231;ais peine &#224; rivaliser avec l'Am&#233;ricain, l'organisation du syst&#232;me enseignement recherche vient m&#234;me aggraver le probl&#232;me dans un pays comme la France. R&#233;sultat la productivit&#233; fran&#231;aise a cess&#233; de converger avec l'am&#233;ricaine. Apr&#232;s s'&#234;tre nettement rapproch&#233; du niveau am&#233;ricain au cours des trente glorieuses, le niveau de productivit&#233; fran&#231;ais a cess&#233; de converger &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1980 et il a m&#234;me commenc&#233; &#224; d&#233;crocher depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990. Cette d&#233;gradation renvoie &#224; une d&#233;gradation des indicateurs relatifs &#224; l'innovation. La part de la France dans les d&#233;p&#244;ts de brevets, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, a r&#233;guli&#232;rement d&#233;clin&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. L'impact de nos publications scientifiques est lui aussi d&#233;clinant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;conomie d&#233;velopp&#233;e ouverte et mondialis&#233;e, l'industrie manufacturi&#232;re a vocation &#224; continuer &#224; se contracter. La d&#233;sindustrialisation est donc programm&#233;e. Elle ne poserait gu&#232;re de probl&#232;mes si au m&#234;me moment, la sp&#233;cialisation d'un pays comme la France &#233;tait renforc&#233;e vers l'amont scientifique technique et &#233;ducatif et vers l'aval c'est &#224; dire les services qualifi&#233;s aux entreprises et les services &#224; la personne. La politique industrielle fran&#231;aise doit comporter n&#233;cessairement 3 volets. Le premier devrait &#234;tre europ&#233;en. C'est &#224; cette &#233;chelle en effet que doivent &#234;tre fix&#233;es les r&#232;gles communes d'organisation du march&#233; (concurrence, commerce ext&#233;rieur, aides publiques), les infrastructures structurantes (les grands r&#233;seaux europ&#233;ens mais aussi les interconnexions aux fronti&#232;res pour &#233;tablir des march&#233;s r&#233;ellement int&#233;gr&#233;s) et les incitations pour promouvoir une &#233;conomie de la connaissance (budgets R&amp;D et enseignement sup&#233;rieur cons&#233;quents, fonds incitatifs visant &#224; promouvoir l'excellence). C'est &#224; cette &#233;chelle &#233;galement que doivent &#234;tre d&#233;fendus les atouts (a&#233;ronautique et espace) et financ&#233;s les recherches de base (il manque toujours une Darpa europ&#233;enne). Le second devrait &#234;tre national. La responsabilit&#233; des autorit&#233;s nationales est double : renforcer l'attractivit&#233; r&#233;glementaire et fiscale du territoire, d&#233;velopper les infrastructures corporelles et incorporelles, scientifiques et &#233;ducatives. On le sait les facteurs institutionnels jouent un r&#244;le majeur dans le d&#233;veloppement d'&#233;cosyst&#232;mes innovants : la r&#233;forme de l'enseignement sup&#233;rieur, son articulation sur le syst&#232;me de recherche et son insertion dans le cadre europ&#233;en sont des conditions sine qua non de l'av&#232;nement de cette &#233;conomie de la connaissance tant c&#233;l&#233;br&#233;e. La mise en place de fonds incitatifs &#224; la recherche et &#224; l'innovation, la promotion de sous syst&#232;mes industriels dans des secteurs comme la sant&#233;, la ville, les transports et enfin la mobilisation de fonds nouveaux g&#233;r&#233;s par des agences de moyens constituent les conditions du red&#233;ploiement des sp&#233;cialisations. Le troisi&#232;me volet a trait aux politiques territoriales. C'est un paradoxe souvent not&#233; que nos &#233;conomies sont plus immat&#233;rielles et plus territorialis&#233;es. Il n'y a pas de grand d&#233;veloppement scientifico-technique sans cr&#233;ation d'espaces o&#249; s'installent, se combinent et se frottent dans un environnement favorable des chercheurs des professeurs des entrepreneurs des financiers et des cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.societal.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Soci&#233;tal&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dans la section III sur les politiques de l'Union, un nouvel article III-175 traite d'industrie. Sa r&#233;daction ne souffre pas d'ambiguit&#233; , l'industrie rel&#232;ve d'une comp&#233;tence europ&#233;enne d'appui, de coordination des politiques nationales au m&#234;me titre que la sant&#233; publique ou l &#8216;&#233;ducation. Le nouvel article exclut toute harmonisation y compris &#171; l'introduction par l'union de quelque mesure que ce soit ... comportant des dispositions fiscales ou relatives aux droits et int&#233;r&#234;ts des travailleurs. &#187;&lt;br /&gt; cf Le Grandes man&#339;uvres industrielles (avec M.Bauer) 1985, L'Etat brancardier 1989, Le colbertisme high tech 1992.&lt;br /&gt; cf pour un expos&#233; exhaustif de nos th&#232;ses, E.Cohen Le colbertisme high tech Paris Hachette Pluriel 1992&lt;br /&gt; Le d&#233;s&#233;quilibre est triple : les politiques de march&#233; existent alors que les politiques de l'Industrie sont absentes ou balbutiantes, les r&#232;gles de d&#233;cision ne sont pas les m&#234;mes selon les secteurs d'intervention et enfin l'application des d&#233;cisions prises est in&#233;gale selon les secteurs. Ce constat est &#224; interroger en soi. &lt;br /&gt; Aux Etats Unis, au contraire on fait cette balance entre gains d'efficacit&#233; et r&#233;duction de la concurrence. &lt;br /&gt; Dans leur contribution &#224; l'ouvrage collectif &#233;dit&#233; par Vincent Wright, Les privatisations en Europe Programmes et Probl&#232;mes Le M&#233;jan Actes Sud 1993. Herv&#233; Dumez et Alain Jeunema&#238;tre signalent que Jacques Chirac recevra &#224; la Mairie de Paris Hayek et rappellent qu'au milieu des ann&#233;es 1980 la droite se prit d'amour pour l'ultra-lib&#233;ralisme : publication de l'oeuvre int&#233;grale d'Hayek, articles et dossiers dans le Figaro et le Figaro-Magazine, &#233;closion du mouvement libertarien autour de Lepage et Aftalion etc.&lt;br /&gt; E.Balladur Je crois en l'homme plus qu'en l'&#201;tat Flammarion 1987&lt;br /&gt; Assembl&#233;e nationale XII&#233; Legislature Rapport N&#176; 1004 Juillet 2003&lt;br /&gt; Le capital d'Alstom est contr&#244;l&#233; &#224; 75% par des investisseurs institutionnels (pr&#232;s des deux-tiers sont &#233;trangers). Le conseil d'administration actuel (apr&#232;s le retrait des deux soci&#233;t&#233;s m&#232;res) est d&#232;s lors compos&#233; de banquiers et d'administrateurs ind&#233;pendants.&lt;br class='autobr' /&gt; Si l'on consid&#232;re les efforts faits en mati&#232;re d'investissements dans les NTIC l'&#233;cart Etats Unis Europe unie &#233;tait de l'ordre de 13 milliards de dollars dans les ann&#233;es 80, il passe en moyenne &#224; 100 milliards de dollars entre 90 et 94 et atteint 160 milliards de dollars entre 95/99, la France est au 16 &#232;me rang dans le monde pour le ratio &lt;br /&gt;
investissements NTIC/PIB. (Rapport Muldur)&lt;br /&gt; La moindre croissance europ&#233;enne et notamment fran&#231;aise pendant les ann&#233;es 90 explique le ralentissement de l'investissement corporel et incorporel. Le rattrapage actuellement en cours pourrait suffir dans une perspective macro-&#233;conomique. Une telle approche m&#233;conna&#238;trait l'&#233;volution longue retrac&#233;e dans ce rapport dans la sp&#233;cialisation europ&#233;enne.&lt;br /&gt; Dans le Rapport Turquet les donn&#233;es sur le d&#233;s&#233;quilibre USA/EUROPE sont impressionnantes, le ratio est de 5,9 pour les chiffres d'affaires, 4,3 pour les d&#233;penses de R&amp;D, 1,9 pour la perte nette, 1,2 pour le nombre d'entreprises, 3,6 pour le personnel.&lt;br /&gt; Une lecture rapide des indices de sp&#233;cialisation de l'Europe livre un r&#233;sultat beaucoup plus optimiste : l'Europe serait sp&#233;cialis&#233;e dans le haut de gamme du high-tech, un tel r&#233;sultat ne s'obtient que parce que l'Europe compense ses r&#233;els handicaps par rapport aux Etats Unis et au Japon par des exc&#233;dents par rapport au reste du monde . Cette repr&#233;sentation commun&#233;ment partag&#233;e est doublement trompeuse car d'une part en termes de sp&#233;cialisation relative par rapport aux Etats Unis et au Japon, l'Europe fait moins bien et parce qu'aussi les exportations europ&#233;ennes de produits de haute technologie vers le reste du monde sont le fait d'entreprises am&#233;ricaines ou japonaises install&#233;es en Europe. (cf Rapport Fontani&#233;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Que reste-t-il de la politique industrielle ?</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question peut para&#238;tre incongrue en th&#233;orie et en pratique, la France n-a t elle pas renonc&#233; sur l'autel de la construction europ&#233;enne aux outils de la politique industrielle que sont la commande publique, la promotion des champions nationaux, les aides cibl&#233;es, les plans sectoriels, le protectionnisme offensif. Le Parti socialiste nagu&#232;re champion des nationalisations, du volontarisme industriel et de la planification ne s'est-il pas converti &#224; la r&#233;gulation, &#224; la lib&#233;ralisation et &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2002-.html" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Economie-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;&#201;conomie europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Colbertisme-high-tech-+.html" rel="tag"&gt;Colbertisme high-tech&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Champions-nationaux-+.html" rel="tag"&gt;Champions nationaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nationalisation-Privatisation-+.html" rel="tag"&gt;Nationalisation Privatisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question peut para&#238;tre incongrue en th&#233;orie et en pratique, la France n-a t elle pas renonc&#233; sur l'autel de la construction europ&#233;enne aux outils de la politique industrielle que sont la commande publique, la promotion des champions nationaux, les aides cibl&#233;es, les plans sectoriels, le protectionnisme offensif. Le Parti socialiste nagu&#232;re champion des nationalisations, du volontarisme industriel et de la planification ne s'est-il pas converti &#224; la r&#233;gulation, &#224; la lib&#233;ralisation et &#224; la privatisation. D'o&#249; vient alors que le d&#233;bat sur le d&#233;clin enflamme les esprits, que la privatisation d'EdF et la r&#233;sistance &#224; Bruxelles soient du dernier chic &#233;lectoral et que Dominique Strauss Kahn red&#233;couvre un socialisme saint simonien de producteurs et vante son bilan industriel ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse tient &#224; quelques traits sp&#233;cifiques du mod&#232;le fran&#231;ais. L'industrie continue &#224; &#234;tre per&#231;ue comme un attribut de souverainet&#233; et la source de la cr&#233;ation de richesses, le service public est la derni&#232;re fronti&#232;re du dirigisme &#224; la fran&#231;aise et d'une soci&#233;t&#233; de statuts. Enfin l'invention s&#233;mantique continue &#224; &#234;tre la cl&#233; pour faire &#233;voluer en pratique le peuple de gauche.&lt;br /&gt;
Au risque donc de d&#233;cevoir nos candidats en bataille force est de rappeler quelques donn&#233;es de base.&lt;br /&gt;
Le d&#233;clin de la France est irr&#233;versible et programm&#233;, c'est m&#234;me une bonne nouvelle pour l'&#233;conomie mondiale. Malgr&#233; une croissance exceptionnelle au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es, l'&#233;conomie am&#233;ricaine a connu un fort d&#233;clin depuis 1945. Dire cela c'est simplement reconna&#238;tre que l'Europe s'est reconstruite que le Japon puis l'Asie de l'Est ont &#233;merg&#233; et que depuis la Chine et l'Inde ont amorc&#233; leur d&#233;collage. Du reste le discours sur le d&#233;clin n'est jamais aussi intense que quand le rattrapage est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre, ce fut le cas de la France en 1952 et des Etats Unis en 1987-1989.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au sein de l'Europe, la France a r&#233;gress&#233; relativement aux petits pays et a converg&#233; vers la moyenne des grands pays. C'est le signe de la r&#233;ussite europ&#233;enne et du prix qu'il a fallu payer pour r&#233;aliser la convergence : la moindre croissance fran&#231;aise de 92-97 &#233;tant compens&#233;e par une meilleure performance relative de 97 &#224; 2000. Que l'Allemagne, l'Italie, la France, et le Royaume uni soient dans un mouchoir de poche et que l'Espagne les rejoigne est le signe d'une homog&#233;n&#233;isation de l'espace europ&#233;en, propice &#224; un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; des &#233;changes. Que l'Irlande, le Luxembourg, fassent mieux ou aussi bien que l'Ile de France ou la Bavi&#232;re n'est pas le signe du d&#233;clin de la France mais d'une comparabilit&#233; plus adapt&#233;e des petits pays avec des r&#233;gions.&lt;br /&gt;
Globalement l'Europe a &#233;t&#233; spectatrice de la r&#233;volution des NTIC, nulle perc&#233;e significative dans ces industries comme en t&#233;moignent du reste les performances en mati&#232;re de productivit&#233;. Si globalement les Etats Unis sont plus attractifs que l'Europe m&#234;me pour les europ&#233;ens cela tient d'abord &#224; cela. On peut certes, dans le d&#233;tail, noter le recul fran&#231;ais dans les biotech, les succ&#232;s de la Finlande dans les mobiles et l'administration electronique, les r&#233;ussites isol&#233;es de la Bavi&#232;re ou de Cambridge en mati&#232;re de high tech mais globalement l'Europe a d&#233;croch&#233;. La Commission europ&#233;enne depuis le sommet de Lisbonne s'est du reste fix&#233;e comme objectif d'&#234;tre le meilleur utilisateur de ces technologies , pas d'en &#234;tre le meilleur concepteur.&lt;br /&gt;
Au sein du couple franco-allemand la course-poursuite est termin&#233;e. .La France n'a jamais rattrap&#233; l'Allemagne en mati&#232;re industrielle et c'est une bonne chose. Aujourd'hui encore l'industrie allemande p&#232;se deux fois plus que l'industrie fran&#231;aise, la France n'a jamais pu &#233;galer la puissance allemande dans la machine outil, la chimie lourde et de sp&#233;cialit&#233;s, les biens d'&#233;quipement mais aujourd'hui ce handicap est per&#231;u comme un avantage, l'Allemagne peinant &#224; reconvertir ses industries et ses hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la sc&#232;ne politique int&#233;rieure on est frapp&#233;s de constater une &#233;tonnante convergence : gauche et droite entendent pour l'essentiel poursuivre les privatisations tout en pr&#233;servant le service public, droite et gauche veulent privil&#233;gier les politiques de l'Offre productive pour stimuler la cr&#233;ation de richesses, gauche et droite comptent au total mettre en &#339;uvre des politiques d'environnement concurrentiel plus que des politiques industrielles. Gauche et droite enfin ont renonc&#233; au patriotisme industriel au profit de la formation d'ensembles europ&#233;ens si l'on en juge par les &#233;volutions de Rhone Poulenc, Usinor, Aerospatiale.&lt;br /&gt;
De ces observations trois questions &#233;mergent auxquelles on aimerait que les candidats puissent r&#233;pondre : 1/Le d&#233;bat sur le d&#233;clin montre que la France a implicitement choisi un mod&#232;le de travail tr&#232;s intensif dont les caract&#233;ristiques sont une tr&#232;s forte productivit&#233; horaire source de stress, un temps de travail en forte baisse -l'effet 35 heures- et un faible taux de participation -effondrement apr&#232;s 55 ans-. Soumis &#224; la question, les Fran&#231;ais feraient ils le m&#234;me choix ou choisiraient ils une competitivit&#233; &#224; l'am&#233;ricaine ? 2/Sur la dur&#233;e, le colbertisme high tech s'est r&#233;v&#233;l&#233; tr&#232;s efficace dans un contexte de rattrapage et beaucoup moins quand il s'est agi de favoriser le passage &#224; une &#233;conomie de la connaissance. Les Fran&#231;ais seraient-ils pr&#234;ts &#224; adopter ce qui ailleurs a favoris&#233; l'irruption des nouvelles technologies &#224; savoir des universit&#233;s concurrentielles et richement dot&#233;es en fonds de recherche, un partenariat public-priv&#233; revendiqu&#233;, un statut incitatif pour le capital risque et une administration r&#233;form&#233;e et amincie, leader dans l'usage des nouvelles technologies. 3/ Grace &#224; la bienheureuse contrainte europ&#233;enne et pour permettre &#224; EdF de respirer en levant des fonds, droite comme gauche s'appr&#234;tent &#224; l'autoriser &#224; ouvrir son capital, sont-elles pr&#234;tes &#224; tirer les le&#231;ons du fiasco France Telecom en mettant en place de v&#233;ritables instances de s&#233;lection des dirigeants, de supervision strat&#233;gique et de gouvernement d'entreprise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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