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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>D&#233;bat : Pourquoi l'Europe est-elle &#224; la tra&#238;ne des Etats-Unis ?</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Debat-Pourquoi-l-Europe-est-elle-a-la-traine-des-Etats-Unis.html</link>
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		<dc:date>2006-03-01T15:02:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Institution europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;largissement</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;bat avec Elie Cohen et Jean-Paul Fitoussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rattrapage entam&#233; par l'Europe sur les Etats-Unis dans les ann&#233;es 1980 a fait long feu et depuis 1995, au contraire, l'&#233;cart se creuse. Aujourd'hui, le PIB par habitant des Am&#233;ricains est de 30% sup&#233;rieur &#224; celui des Allemands, et, si la tendance se poursuit, un Am&#233;ricain pourrait dans vingt ans &#234;tre deux fois plus riche qu'un Fran&#231;ais. Malgr&#233; l'euro et le march&#233; unique, qui devaient doper la croissance, les &#233;changes en Europe restent de 2 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2006-.html" rel="directory"&gt;2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Economie-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;&#201;conomie europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Institution-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Institution europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Marche-unique-Euro-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; unique-Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Elargissement-+.html" rel="tag"&gt;&#201;largissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Fusions-Acquisitions-+.html" rel="tag"&gt;Fusions-Acquisitions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;bat avec Elie Cohen et Jean-Paul Fitoussi.&lt;br /&gt;
Le rattrapage entam&#233; par l'Europe sur les Etats-Unis dans les ann&#233;es 1980 a fait long feu et depuis 1995, au contraire, l'&#233;cart se creuse. Aujourd'hui, le PIB par habitant des Am&#233;ricains est de 30% sup&#233;rieur &#224; celui des Allemands, et, si la tendance se poursuit, un Am&#233;ricain pourrait dans vingt ans &#234;tre deux fois plus riche qu'un Fran&#231;ais. Malgr&#233; l'euro et le march&#233; unique, qui devaient doper la croissance, les &#233;changes en Europe restent de 2 &#224; 3 fois inf&#233;rieurs &#224; ce qu'ils sont &#224; l'int&#233;rieur des Etats-Unis. En r&#233;alit&#233;, constate Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, coauteur du rapport Politique &#233;conomique et croissance en Europe, le Vieux Continent, depuis dix ans, fait du surplace. Comment le sortir de sa torpeur ? Tel est le sujet de son d&#233;bat avec Jean-Paul Fitoussi, pr&#233;sident de l'Observatoire fran&#231;ais des conjonctures &#233;conomiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/croissance/dossier.asp?ida=437184&#034; target= &#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;Express&lt;/i&gt; : L'OCDE vient de pointer &#224; nouveau le retard de niveau de vie de l'Europe. Si la tendance se poursuit un Am&#233;ricain pourrait dans 20 ans &#234;tre deux fois plus riche qu'un Fran&#231;ais. Etes-vous tous les deux d'accord sur ce constat ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Depuis &#224; peu pr&#232;s 20 ans, l'Europe a cess&#233; de rattraper les Etats-Unis en termes de richesse par habitant. Pen-dant un temps, entre 1985 et 1995, on a cru que ce ph&#233;nom&#232;ne allait se stabiliser mais au contraire depuis 1995 l'&#233;cart se creuse et tr&#232;s nettement. Alors que la France &#233;tait &#224; peu pr&#232;s &#224; 80 % du PIB am&#233;ricain au milieu des ann&#233;es 1980, elle est aujourd'hui autour de 72 %. Il y a donc bien eu une perte relative de richesse individuelle des Fran&#231;ais par rapport &#224; celle des Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Comment l'expliquer ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Trois grandes explications sont g&#233;n&#233;ralement avanc&#233;es. La premi&#232;re privil&#233;gie le retard europ&#233;en en mati&#232;re de gains de productivit&#233;. L'Europe, faute d'avoir reform&#233; ses march&#233;s et embrass&#233; la r&#233;volution des technologies de l'information n'aurait pas assez modernis&#233; ses outils de production et de distribution comme l'ont fait les Am&#233;ricains. Selon une deuxi&#232;me explication, tout le mal vient de ce que l'Europe se soit impos&#233;e &#224; elle-m&#234;me une s&#233;rie de disciplines macro-&#233;conomiques qui ont r&#233;duit artificiellement sa capacit&#233; &#224; r&#233;agir et &#224; obtenir la croissance &#224; laquelle elle pouvait pr&#233;tendre. Enfin, d'autres pensent, tel Olivier Blanchard au MIT, qu'il n'y a pas de probl&#232;me de productivit&#233; en Europe mais un choix de civilisation diff&#233;rente : les Europ&#233;ens ont fait le choix du loisir, du moindre travail et donc d'un moindre enrichissement individuel que celui des Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Paul Fitoussi &lt;/b&gt; : Pour moi, l'essentiel vient du fait que l'Europe a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi de conduire des politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive c'est-&#224;-dire des poli-tiques qui depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 s'accommodent d'un ch&#244;mage &#233;lev&#233;, d&#251; &#224; une croissance faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : On a donc cass&#233; la croissance !&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Oui, et il y a un suspect ! Et ce suspect c'est la mauvaise gestion &#233;conomique. Qui a impos&#233; en Europe une &#233;volution que j'appellerai pro-cyclique du taux de change : le taux de change s'appr&#233;cie lorsque &#231;a va mal et il se d&#233;pr&#233;cie lorsque cela va bien. Autrement dit, quand tout va mal, on fait, en plus, en sorte de r&#233;duire la demande ext&#233;rieure. Pour que cela aille encore plus mal ! Le taux de change am&#233;ricain a &#233;t&#233; g&#233;r&#233; de fa&#231;on exactement inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Finalement, notre retard sur les Etats-Unis est d&#251; &#224; une erreur de politique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Oui, et dans la politique &#233;conomique j'englobe la politique industrielle. Je prends un exemple tr&#232;s simple. Probablement face &#224; la grippe aviaire les Europ&#233;ens se sont r&#233;unis sans se mettre d'accord. Le pr&#233;sident Bush, lui, a imm&#233;diatement demand&#233; plus de 7 milliards de dollars de cr&#233;dit au Congr&#232;s pour subventionner les industries de vaccins aux Etats-Unis. C'est cela une politique industrielle : on finance des industries de pointe qui vont ensuite s'emparer d'un march&#233; mondial. Et on se demandera pourquoi les Eu-rop&#233;ens sont en retard en biotechnologies sur les Am&#233;ricains ! C'est pourtant simple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : En pleine affaire Arcelor, peut-on dire que les Etats-Unis prot&#232;gent mieux leurs fleurons industriels que les Europ&#233;ens ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Le probl&#232;me est de savoir si il y a entente entre Europ&#233;ens sur le fait que tel secteur soit strat&#233;gique, et doive &#234;tre prot&#233;g&#233; en tant que tel. Aux Etats-Unis, il existe des possibilit&#233;s de bloquer des OPA lorsqu'il est jug&#233; qu'elles vont &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Il faudrait d&#233;j&#224; s'assurer de l'existence d'une r&#233;ciprocit&#233; : une entreprise dont le capital est totalement prot&#233;g&#233; ne doit pas pouvoir lancer d'OPA hostile pay&#233;e en titres. Il faut par ailleurs trouver des moyens et des dispositifs qui permettent aux entreprises -cibles non pas d'emp&#234;cher les OPA mais de les retarder pour forcer leurs initiateurs &#224; ex-pliciter leurs projets &#233;conomiques, industriels et financiers, et permettent aux actionnaires de d&#233;cider en connaissance de cause. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, o&#249; l'information est biais&#233;e : en effet, tous les cabinets d'analyse financi&#232;re d&#233;pendent d'une des deux f&#233;d&#233;rations de banques qui conseillent l'un des deux protagonistes. Le drame dans l'affaire Arcelor c'est que les connotations x&#233;nophobes des discours de certains responsables sont en train de victimiser M. Mittal ; et cela lui permet de maintenir sur la table une offre qui, &#224; mes yeux, est tr&#232;s insuffisante &#224; la fois &#233;conomi-quement, financi&#232;rement et du point de vue de la gouvernance. Enfin, l'Europe, une fois de plus, est aux abonn&#233;s absents. La commission s'est content&#233;e de dire qu'elle &#233;tudierait le probl&#232;me sur le strict terrain de la concurrence. Alors qu'il y a peut-&#234;tre d'autres enjeux ! On pourrait au moins consid&#233;rer la question dans toutes ses dimensions strat&#233;gique, industrielle, financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : On marche sur la t&#234;te. Le politique national n'a lui-m&#234;me aucun pouvoir, et il est soumis &#224; la r&#233;gulation d'une commission technique qui n'est pas une ins-tance politique. Et il est vrai que dans l'affaire Mittal, il y a un r&#233;el probl&#232;me de r&#233;ciprocit&#233;. Souvenez vous : le probl&#232;me s'&#233;tait pos&#233; en Europe lorsque EDF a achet&#233; une partie d'une entreprise d'&#233;lectricit&#233; italienne. Les Italiens ont dit : ce n'est pas normal, puisque nous nous ne pouvons pas acheter EDF, entreprise publique. Donc ils ont eux-m&#234;mes d&#233;cid&#233; de limiter les droits de vote d'EDF &#224; 2 %. Pour-quoi l'Europe n'aurait-elle pas ce m&#234;me type de r&#233;action ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le probl&#232;me est donc toujours le m&#234;me : il n'y a pas de pouvoir europ&#233;en.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Exactement. Ni souverainet&#233; europ&#233;enne, ni gouvernement europ&#233;en capable d'imposer &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne des politiques coop&#233;ratives pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : L&#224; dessus, je suis totalement d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Les Am&#233;ricains, eux, comme le dit Stiglitz, ont su profit&#233; de l'externalisation et de la baisse des co&#251;ts qu'elle a entra&#238;n&#233;e. Nous n'avons pas su comme eux utiliser la mondialisation &#224; notre profit. Car nous ne pensons qu'en terme de pertes d'emplois sans voir que la mondialisa-tion permet une hausse de la productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Mais ce manque de coh&#233;rence que vous d&#233;noncez en Europe n'est-ce pas l'euro qui devait l'apporter ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Aux Etats-Unis c'est le secr&#233;taire d'Etat au tr&#233;sor qui est responsable de l'inflation et de la croissance. En Europe, nous n'avons rien de tel. Nous avons un trait&#233; qui impose &#224; la banque centrale d'avoir un seul objectif, la stabilit&#233; des prix. On n'a pas construit l'Europe de fa&#231;on coh&#233;rente. Nous avons avanc&#233; tr&#232;s loin le f&#233;d&#233;ralisme sur le terrain &#233;conomique et on a cru pouvoir l'&#233;conomie d'une sur le terrain &#233;conomique mais il manque Europe politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Bref, l'euro est une bonne chose, qui n'a servi &#224; rien...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : On ne peut pas dire &#231;a mais le vrai probl&#232;me est que notre syst&#232;me institutionnel est fond&#233; sur la s&#233;paration des politiques et la sp&#233;cialisation des outils. On a confi&#233; &#224; la Banque centrale le pilotage macro-&#233;conomique de la zone euro, tout en estimant que la croissance ne pouvait passer que par des r&#233;formes structurelles, et en laissant celles-ci &#224; la charge des nations. Ainsi le processus de Lisbonne en a indiqu&#233; les grandes lignes, stimulation de la recherche et du d&#233;ve-loppement, r&#233;formes des march&#233;s de l'emploi, des services, des capitaux etc. Or nous venons de montrer avec Jean Pisani-Ferry et Philippe Aghion que, au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es, alors que l'Europe donnait l'impression d'avancer, avec le march&#233; unique, l'euro, l'&#233;largissement etc, elle a, en fait, fait du sur-place. Les prix ne convergent plus et les &#233;changes intra-communautaires stagnent. De m&#234;me en mati&#232;re d'ouverture des services, des t&#233;l&#233;coms, de l'&#233;nergie, l'Europe malgr&#233; son immense machinerie n'a fait ni plus vite ni mieux que les autres pays de l'OCDE. M&#234;me chose dans le domaine des services financiers o&#249; demeurent des diff&#233;rences formidables dans le co&#251;t des prestations aux particuliers. On est bien contraint de s'interroger sur le syst&#232;me institutionnel mis en place. A force de ne pas expliciter les d&#233;bats, de ne pas prendre de positions tranch&#233;es, au cours de ces dix derni&#232;res ann&#233;es on a vu une mont&#233;e des par-ticularismes nationaux de la part des diff&#233;rents pays recroquevill&#233;s sur leurs sp&#233;cificit&#233;s. Sp&#233;-cificit&#233; du service public en France, des ban-ques locales en Allemagne etc. Et cela ne date pas du r&#233;f&#233;rendum ou de la veille du r&#233;f&#233;ren-dum, mais c'est un ph&#233;nom&#232;ne qui est &#224; l'&#339;uvre depuis au moins le trait&#233; de Maas-tricht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Vous parliez du march&#233; des services. Que pensez-vous de la directive dite Bolkestein ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Normalement, apr&#232;s le march&#233; unique des biens, la logique aurait voulu que l'on fasse le march&#233; unique des services. Mais, le principe essentiel pour l'int&#233;gration, celui du pays d'origine, a &#233;t&#233; tr&#232;s violemment combattu, essentiellement en France, parce qu'il a &#233;t&#233; per&#231;u comme un outil de d&#233;r&#233;glementation sociale alors que c'&#233;tait une arme contre les professions ferm&#233;es. D'o&#249; le recul europ&#233;en. En gros tous les secteurs li&#233;s au service public traditionnel sont exclus, tous ceux li&#233;s &#224; la sant&#233;, &#224; la culture... Au fond, il ne reste que certains services aux entreprises et aux personnes, avec des incertitudes sur les contours des secteurs exclus ce qui va cr&#233;er un appel &#224; la jurisprudence ; ce sont donc les tribunaux qui risquent de d&#233;finir demain le contour exact de la lib&#233;ralisation des services !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Comment faire pour que les r&#233;formes soient acceptables par ceux qui vont y perdre comme par les gouvernements pour lesquels ce n'est pas payant &#224; court terme ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Si on promet un mieux &#234;tre pour l'ensemble de l'&#233;conomie et que ce mieux &#234;tre n'arrive jamais, on perd toute cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Je crois que l'Europe ne retrouvera de cr&#233;dibilit&#233; que si elle offre une perspective cr&#233;dible de croissance. Et cela passe par cinq points. Le premier est qu'il faut continuer &#224; plaider la cause du march&#233; unique, et profiter de ses effets vertueux sur la com-p&#233;titivit&#233; et la sp&#233;cialisation. Deuxi&#232;mement, nous devons sortir d'une pure logique d'int&#233;gration n&#233;gative, et pratiquer l'int&#233;gration positive. Celle-ci passe par des budgets ambitieux, de recherche, d'infrastructures, par l'id&#233;e que l'Europe peut construire un monde &#233;conomique meilleur et pas simplement d&#233;monter des dispositifs pro-tecteurs. Troisi&#232;me point : il faut, en mati&#232;re macro-&#233;conomique, retrouver des politiques contracycliques. On ne peut pas continuer &#224; accepter des dispositifs qui comme l'ancien pacte de stabilit&#233; et de croissance ne fonction-naient pas en haut de cycle et aggravaient la situation en bas de cycle. Il faudrait m&#234;me que les pays qui acceptent de faire des r&#233;formes structurelles co&#251;teuses dans le court terme soient encourag&#233;s financi&#232;rement &#224; le faire que plus de souplesse budg&#233;taire leur soit accord&#233;e afin d'accompagner ces transformations. Il faut donner une prime aux pays qui prennent le risque de faire des r&#233;formes. Enfin, dernier point : il est clair que l'Europe &#224; 25 a beaucoup de mal &#224; fonctionner. Il faudrait donc que l'on se dote d'institutions de la zone euro et que l'on b&#226;tisse une vraie gouvernance &#233;conomique europ&#233;enne au niveau de la zone euro. Il est &#233;vident que l'on ne peut pas tirer l'ensemble des 25 en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : Obtenir l'unanimit&#233; &#224; 25, je n'ose pas le dire tellement c'est politiquement incorrect, mais cela ne peut passer que par la corruption, par l'achat des voix ! Il ne peut y avoir une vraie gouvernance qu'&#224; la majorit&#233; voire &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e. Or ce qui bloque cette &#233;volution c'est que les gouvernements nationaux en Europe ne veulent pas reconna&#238;-tre qu'ils n'ont plus vraiment tous les instru-ments de la souverainet&#233;. D'ailleurs, on s'en aper&#231;oit. Si l'on peut changer aussi souvent de ministre de l'Economie et des Finances c'est bien parce qu'il n'a pratiquement plus aucun pouvoir par rapport &#224; ceux qu'il avait dans les ann&#233;es 1980 ! Cette r&#233;sistance vis &#224; vis de l'&#233;volution vers le f&#233;d&#233;ralisme devient de plus en plus stupide car elle est contreproductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;E. C. &lt;/b&gt; : Vous r&#233;installez la question f&#233;d&#233;raliste alors que l'on avait jusque-l&#224; pr&#233;f&#233;r&#233; une d&#233;marche gradualiste. Mais il est vrai que nous avons atteint les limites de l'exercice et qu'il y a aujourd'hui un imp&#233;ratif f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J.-P. F. &lt;/b&gt; : D'autant qu'&#224; 27 le syst&#232;me va devenir encore moins gouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Sabine Delanglade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/croissance/dossier.asp?ida=437184&#034; target= &#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpress.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SNCM : Pr&#233;cis de d&#233;composition </title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/SNCM-Precis-de-decomposition.html</link>
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		<dc:date>2005-10-01T15:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Transports</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une cession en catimini &#224; un fonds de private equity d'une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relay&#233;e par un acte de mutinerie, un recul de l'Etat bient&#244;t suivi par un assaut h&#233;liport&#233; du Gign, des mutins lib&#233;r&#233;s c&#233;l&#233;brant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de n&#233;gocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s'il fallait une illustration de l'impossible r&#233;forme, de la d&#233;rive du service public, de l'actionnaire public sans qualit&#233;s, on n'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne cession en catimini &#224; un fonds de private equity d'une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relay&#233;e par un acte de mutinerie, un recul de l'Etat bient&#244;t suivi par un assaut h&#233;liport&#233; du Gign, des mutins lib&#233;r&#233;s c&#233;l&#233;brant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de n&#233;gocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s'il fallait une illustration de l'impossible r&#233;forme, de la d&#233;rive du service public, de l'actionnaire public sans qualit&#233;s, on n'en trouverait sans doute pas de meilleure .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant tout dans la tragicom&#233;die de la SNCM &#233;tait pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une entreprise du secteur public exer&#231;ant un monopole de service public et employant des personnels &#224; statut perd son monopole, elle doit affronter des probl&#232;mes de concurrence puis des probl&#232;mes sociaux et enfin des probl&#232;mes d'actionnariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte de la rente du monopole a imm&#233;diatement plusieurs effets : la concurrence abaisse m&#233;caniquement la part de march&#233; de l'ancien monopoleur, le consommateur cesse d'&#234;tre un usager, il devient un client, enfin une pression &#224; la baisse s'exerce sur les prix. Chacune de ces &#233;volutions est parfaitement ma&#238;trisable pour peu que l'entreprise soit dirig&#233;e. Elle peut d&#233;velopper de nouveaux march&#233;s, elle peut am&#233;liorer son service, fid&#233;liser la client&#232;le. Pourtant la fuite en avant technologique est souvent pr&#233;f&#233;r&#233;e d'autant qu'elle permet de diff&#233;rer la solution des probl&#232;mes de qualit&#233;, de service et d'adaptation &#224; un nouvel ordre concurrentiel. L'histoire de la SNCM illustre parfaitement l'&#233;chec de ces politiques de Gribouille : la courbe d'activit&#233; de l'entreprise s'effondre avec l'apparition de Corsica ferries, un concurrent priv&#233;, l'entreprise s'&#233;quipe de navires luxueux et inadapt&#233;s, les clients exc&#233;d&#233;s par la pi&#232;tre qualit&#233; du service fuient la SNCM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;crue de l'activit&#233; a des effets tout aussi pr&#233;visibles : soit l'entreprise parvient &#224; rationaliser son outil de production en d&#233;classant des navires inadapt&#233;s, &#224; baisser ses co&#251;ts, &#224; se s&#233;parer des personnels exc&#233;dentaires, soit elle s'installe dans les sureffectifs, les pertes d'exploitation et les discours incantatoires sur le service public et la continuit&#233; territoriale . L'histoire de la SNCM illustre la perte progressive de sens du r&#233;el, l'installation d'une commandite publique, et la d&#233;gradation continue du climat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une entreprise publique qui devient durablement d&#233;ficitaire (30 M&#8364; de pertes apr&#232;s 70 M&#8364; de subventions pour un CA de 195 M&#8364; en 2004, 100 M&#8364;) de pertes sur les 3 derni&#232;res ann&#233;es) dans un contexte concurrentiel finit par attirer l'attention des gardiens de la concurrence et des aides publiques de Bruxelles. L&#224; aussi deux possibilit&#233;s s'offrent &#224; l'actionnaire et aux dirigeants de l'entreprise en difficult&#233; , soit l'addiction &#224; l'aide publique et la gestion en marches d'escalier du d&#233;clin de l'entreprise, soit l'&#233;laboration d'un compromis de sortie de crise et sa validation par Bruxelles. Est-il besoin de rappeler ici que la politique du pire a toujours &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;e d'autant que l'actionnaire a v&#233;cu dans la terreur des d&#233;bordements nationalistes corses. Le dernier plan de recapitalisation (69 M&#8364;) remonte &#224; 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence r&#233;forme diff&#233;r&#233;e - d&#233;clin de l'activit&#233; - pourrissement - soul&#232;vement des salari&#233;s - confrontation violente - recul de l'Etat r&#233;sume bien la pathologie de la r&#233;forme &#224; la &#171; fran&#231;aise &#187; . Il suffit de rappeler ici les r&#233;formes entreprises ou abandonn&#233;es &#224; Air France, &#224; la SNCF ou &#224; l'AFP pour comprendre que m&#234;me sans l'ingr&#233;dient corse la r&#233;forme peut se muer en jacquerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas le seul enseignement de cette affaire, l'invocation &#171; ad nauseam &#187; du service public et de la continuit&#233; territoriale par la CGT r&#233;v&#232;le sa vraie nature : un anti-service du public et une authentique strat&#233;gie de protection de rentes. Qu'&#224; trois reprises en un an des gr&#232;ves majeures aient de fait rompu le principe de continuit&#233; du service public, que des passagers aient &#233;t&#233; chass&#233;s et violent&#233;s par des agents du service public &#224; l'occasion de la derni&#232;re gr&#232;ve, que des pertes financ&#233;es par l'imp&#244;t au-del&#224; des subventions soient consid&#233;r&#233;es comme un d&#251; en dit long sur la d&#233;liquescence du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il alors &#224; un gouvernement pusillanime pour mettre un terme &#224; une commandite publique sans strat&#233;gie ni management sinon une privatisation &#171; impos&#233;e par Bruxelles &#187; ? Nous en sommes l&#224; : l'Etat doit cesser d'apporter des concours non par souci de bonne gestion, mais parce qu'il est soumis &#224; la bienheureuse contrainte europ&#233;enne. Avec de tels arguments, on comprend que les Fran&#231;ais aient dit &#171; non &#187; &#224; l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France Telecom : L'heure des comptes</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/France-Telecom-L-heure-des-comptes.html</link>
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		<dc:date>2002-02-01T17:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Telecom</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;6 ans apr&#232;s l'accession de Michel Bon &#224; la pr&#233;sidence de France Telecom, 4 ans apr&#232;s la lib&#233;ralisation du secteur des Telecom, 20 mois apr&#232;s l'acquisition d'Orange , pour FT et ses dirigeants l'heure des comptes approche. 6 ans c'est en effet la bonne distance pour juger d'une strat&#233;gie, de sa mise en &#339;uvre et de ses premiers r&#233;sultats. D'autant que FT a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien constant de son actionnaire public et qu'il a donc pu d&#233;ployer sa strat&#233;gie sans avoir &#224; se soumettre aux pressions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;6 ans apr&#232;s l'accession de Michel Bon &#224; la pr&#233;sidence de France Telecom, 4 ans apr&#232;s la lib&#233;ralisation du secteur des Telecom, 20 mois apr&#232;s l'acquisition d'Orange , pour FT et ses dirigeants l'heure des comptes approche. 6 ans c'est en effet la bonne distance pour juger d'une strat&#233;gie, de sa mise en &#339;uvre et de ses premiers r&#233;sultats. D'autant que FT a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien constant de son actionnaire public et qu'il a donc pu d&#233;ployer sa strat&#233;gie sans avoir &#224; se soumettre aux pressions contradictoires des march&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle a donc &#233;t&#233; cette strat&#233;gie et comment l'&#233;valuer avec le recul.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 6 ans, FT a fait trois choix successifs en mati&#232;re de portefeuille d'activit&#233;s et de d&#233;veloppement international. &lt;br /&gt;
Le premier, h&#233;rit&#233; de l'&#232;re Roulet, consistait &#224; profiter de la d&#233;r&#233;glementation et de la lib&#233;ralisation mondiale des Telecom pour avancer sur les mobiles par ses propres moyens et dans le fixe avec l'appui de Deutsche Telekom et de Sprint. Cette strat&#233;gie va voler en &#233;clats suite &#224; l'incapacit&#233; av&#233;r&#233;e de FT et de DT &#224; faire de leur alliance autre chose qu'un pr&#233;texte &#224; usage domestique pour le premier - l'alliance industrielle franco-allemande comme condition de la privatisation partielle et de la r&#233;sistance &#224; BT -, et tactique pour le second -se renforcer dans l'alliance avant de partir &#224; la conqu&#234;te du monde-. Le faire part de d&#233;c&#232;s de l'alliance sera envoy&#233; par DT lorsqu'il d&#233;clarera son int&#233;r&#234;t pour Telecom Italia. Au terme de ce premier moment strat&#233;gique, FT se d&#233;couvre d&#233;muni au niveau europ&#233;en, dot&#233; d'actifs en cours d'appr&#233;ciation dans les services informatiques, les composants &#233;lectroniques, les op&#233;rateurs de Telecom au Mexique, en Belgique et ailleurs mais sans relais de croissance significatif hors de France.&lt;br /&gt;
Une nouvelle strat&#233;gie s'imposait, M.Bon va imprimer sa marque. Croyant aux vertus cr&#233;atives de l'endettement pour une entreprise g&#233;n&#233;rant un cash formidable et fort des 20 milliards d'Euros de plus values potentielles h&#233;rit&#233;es de l'&#232;re Roulet, il va se constituer un tr&#233;sor imaginaire et partir &#224; la chasse aux acquisitions. Au nom de la complementarit&#233; fixe-mobiles FT acqui&#232;re un op&#233;rateur de c&#226;ble en Hollande - Casema - qu'il entend associer &#224; un op&#233;rateur mobile Dutchtone. C'est &#233;galement sur cette base que FT entre sur le march&#233; britannique en payant un ticket d'entr&#233;e &#233;lev&#233; dans l'op&#233;rateur de c&#226;ble NTL et se met sur les rangs pour acqu&#233;rir une licence mobile de 3&#232;me g&#233;n&#233;ration. Au passage FT rate l'op&#233;ration E+ et essaie de se rattraper en entrant dans le capital de Mobilcom, un revendeur de services en t&#233;l&#233;phonie fixe et mobile en Allemagne. &lt;br /&gt;
FT, malgr&#233; ces acquisitions, h&#233;site toutefois &#224; s'engager pleinement dans la course aux valorisations des clients mobiles. Il critique les conditions ruineuses accept&#233;es par Mannesmann pour prendre le contr&#244;le d'Orange.&lt;br /&gt;
Au moment o&#249; Vodafone, qui avait choisi, une strat&#233;gie de pur op&#233;rateur mobile, triomphe avec la prise de contr&#244;le de Mannesmann, FT est dans l'impasse : il a englouti des fortunes dans des acquisitions en Allemagne et en Royaume Uni sans b&#233;n&#233;fice apparent, sa pr&#233;sence en Italie et en Espagne est symbolique. Pour FT, soumis &#224; une forte pression des march&#233;s financiers, l'acquisition d'Orange, que Vodafone doit vendre, est vitale . Avec Orange, on peut raconter au march&#233; une histoire, celle de l'ancien monopole devenu 2&#232;me op&#233;rateur mondial de mobiles, sans Orange Ft se trouve afflig&#233; d'une s&#233;rie d'acquisitions co&#251;teuses et sans synergies. Les dirigeants d'Orange et de Vodafone qui le savent vont tirer un prix astronomique de la cession d'Orange. Dans l'euphorie qui suit l'annonce, nul ne remarque le fantastique pari que repr&#233;sente l'engagement de payer cash &#224; terme100% de l'acquisition. R&#233;ussir ce pari supposait que trois conditions soient r&#233;unies 1- Le maintien &#224; un niveau durablement sup&#233;rieur &#224; 100 euros du cours de FT, 2- Un app&#233;tit soutenu des march&#233;s pour les titres des filiales mobiles, 3- Un succ&#232;s rapide de l'UMTS. 2001 fut une &#171; annus horribilis &#187; Krach des valeurs Telecom, recul des perspectives de d&#233;ploiement de l'UMTS, d&#233;crue r&#233;guli&#232;re de l'ARPU.&lt;br /&gt;
Depuis l'acquisition d'Orange, France Telecom a donc op&#233;r&#233; un nouveau tournant, il n'a plus d'yeux que pour les mobiles, le &#171; new age &#187; et le &#171; fang shui &#187;. Ayant amass&#233; une dette himalayenne pour r&#233;aliser ses objectifs de croissance, FT s'est organis&#233; en trois p&#244;les ayant vocation &#224; conna&#238;tre une autonomie relative : Wanadoo dans l'internet, Orange dans les mobiles et Equant dans les services aux grands comptes internationaux, chapeaut&#233;s par une soci&#233;t&#233; m&#232;re qui porte aussi la t&#233;l&#233;phonie fixe. Le d&#233;sendettement est devenu le ma&#238;tre mot, tout lui est sacrifi&#233; : cession d'un parc immobilier pour moins de 3 mm d'euros, ventes au plus bas de STM, de Sema, de Sprint, de TPS etc ... La question n'est plus de savoir si FT est en difficult&#233;, c'est aujourd'hui av&#233;r&#233;. Le probl&#232;me est de savoir si dans sa forme actuelle FT peut survivre et &#224; plus court terme s'il doit financi&#232;rement solder ses aventures r&#233;centes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par les comptes . Que va afficher FT comme provisions et comme pertes pour l'exercice 2001 ? &lt;br /&gt;
L'op&#233;rateur franco-britannique Orange capitalise 36 milliards d'euros ce qui est moins que le prix pay&#233; par FT pour acheter le seul Orange britannique qui &#224; l'&#233;poque pesait &#224; peu pr&#232;s le tiers de l'ensemble. Fin 2000 sur 30 M de clients, la moiti&#233; venait de France et moins du tiers du Royaume Uni. Que vaut Orange UK aujourd'hui ? Sur la base des derniers cours connus, moins de 15 milliards d'Euros, or cette soci&#233;t&#233; est inscrite dans les comptes de FT pour pr&#232;s de 45 milliards d'Euros. FT va-t-il provisionner de 25, 20 ou m&#234;me 10 milliards d'Euros cette participation ?&lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me grande acquisition r&#233;alis&#233;e fut Mobilcom en Allemagne. Ft y a investi 3,63 milliard d'euros pour 28,5 % du capital. Ft a par ailleurs pr&#234;t&#233; 400 Millions d'Euros pour la construction du r&#233;seau UMTS. FT si l'on en croit le fondateur de l'entreprise s'est engag&#233; &#224; financer &#224; hauteur de 10 milliards d'Euros le d&#233;ploiement du r&#233;seau UMTS. Enfin Ft s'est engag&#233; &#224; racheter au Pr&#233;sident fondateur ses actions &#224; un prix non divulgu&#233;. Quel est le risque de FT ? Compte tenu de la profonde d&#233;sorganisation du march&#233; des mobiles en Allemagne (6 licences UMTS pour pr&#232;s de 50 milliards d'Euros) des difficult&#233;s de la t&#233;l&#233;phonie fixe, il est raisonnable de d&#233;pr&#233;cier d'au moins 3 milliards d'euros la participation actuelle. Si Mobilcom, comme c'est probable, voit ses difficult&#233;s s'aggraver et si l'option de vente consentie &#224; Mr Schmid &#233;tait exerc&#233;e (33% du capital) alors la facture serait encore plus lourde.&lt;br /&gt;
La troisi&#232;me grande acquisition fut assur&#233;ment NTL : FT a des engagements de rachat de titres pour pr&#232;s de un milliard d'euros et sa participation justifierait une provision de pr&#232;s de 3 milliard d'euros . NTL aujourd'hui essaie d'&#233;chapper &#224; la faillite .&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re grande acquisition r&#233;alis&#233;e, Equant, permet &#224; la fois la rationalisation des participations dans le service aux grandes entreprises (fusion avec Global One) mais en m&#234;me temps les conditions de l'acquisition rendent n&#233;cessaire aujourd'hui une provision pour d&#233;pr&#233;ciation de l'ordre de 2,5 milliard d'Euros sans compter une provision pour CVG de 1,7 milliard d'Euros.&lt;br /&gt;
On &#233;pargnera au lecteur la revue d&#233;taill&#233;e des participations une chose est s&#251;re une estimation conservatrice devrait conduire Ft &#224; passer une provision de pr&#232;s de 30 milliards d'euros soit 200 Milliards de francs en 2001. L'argument couramment oppos&#233; pour &#233;viter de d&#233;pr&#233;cier, &#224; savoir le caract&#232;re strat&#233;gique des acquisitions ne tient pas, on sait qu'il y a eu destruction irr&#233;versible de valeur. &lt;br /&gt;
FT fait aussi mal que ses concurrents, objecte-t-on habituellement &#224; de bilan . FT a, comme ses coll&#232;gues, c&#233;d&#233; &#224; l'&#233;xub&#233;rance irrationnelle des march&#233;s, il a nourri la folie sp&#233;culative des licences UMTS en Allemagne et au Royaume Uni. Si toutefois Ft est aujourd'hui parmi les grands op&#233;rateurs le plus affaibli et le plus endett&#233; cela est d&#251; aux conditions d'acquisition d'Orange. Seul Ft a &#233;t&#233; capable d'acheter au plus haut et &#224; 100% en cash un op&#233;rateur de mobiles. &lt;br /&gt;
FT survivra &#224; la faillite de la strat&#233;gie industrielle men&#233;e au cours des 2 derni&#232;res ann&#233;es mais sous quelle forme ? Dans la structure actuelle du groupe, il y a un d&#233;s&#233;quilibre flagrant entre Orange qui b&#233;n&#233;ficie des investissements dont la mont&#233;e en puissance est r&#233;guli&#232;re et dont le bilan n'a pas &#233;t&#233; charg&#233; et FT maison m&#232;re qui porte la dette, et les sureffectifs, g&#233;n&#232;re les r&#233;sultats et fait vivre l'ensemble &#224; partir d'une rente de la t&#233;l&#233;phonie fixe en attrition programm&#233;e. FT est-il condamn&#233; &#224; d&#233;cliner pendant qu'Orange monte en puissance ? Si tel devait &#234;tre le cas, la faillite industrielle se doublerait d'un scandale politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mue du fontainier en media mogul</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/La-mue-du-fontainier-en-media-mogul.html</link>
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		<dc:date>2002-01-01T14:42:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelles technologies</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Fusions-Acquisitions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance strat&#233;gique peuvent d&#233;router : quel rapport y a t il entre l'investissement dans les services publics polonais, la mont&#233;e en puissance dans SFR, l'achat de Houghton Mifflin et l'acquisition de USA Networks ? En fait deux cl&#233;s permettent de comprendre la strat&#233;gie d'un homme qui en quelques ann&#233;es a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d'un si&#232;cle et demi : &lt;br class='autobr' /&gt;
1-Comme banquier d'affaires, J.M. Messier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Nouvelles-technologies-+.html" rel="tag"&gt;Nouvelles technologies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Finance-+.html" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Gouvernement-des-entreprises-+.html" rel="tag"&gt;Gouvernement des entreprises&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Fusions-Acquisitions-+.html" rel="tag"&gt;Fusions-Acquisitions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance strat&#233;gique peuvent d&#233;router : quel rapport y a t il entre l'investissement dans les services publics polonais, la mont&#233;e en puissance dans SFR, l'achat de Houghton Mifflin et l'acquisition de USA Networks ? En fait deux cl&#233;s permettent de comprendre la strat&#233;gie d'un homme qui en quelques ann&#233;es a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d'un si&#232;cle et demi : &lt;br /&gt;
1-Comme banquier d'affaires, J.M. Messier sait d'instinct qu'il ne faut pas rater les affaires qui se pr&#233;sentent, il se sait suffisamment de talent pour habiller en termes industriels une opportunit&#233; financi&#232;re ; &lt;br /&gt;
2- Comme entrepreneur il est subjugu&#233; par l'univers des media. D&#232;s lors sa strat&#233;gie devient plus lisible. &lt;br /&gt;
Dans un premier temps h&#233;ritant d'un groupe m&#234;l&#233; &#171; aux affaires &#187;, riche de mille participations h&#233;t&#233;roclites et encombr&#233; d'un immobilier min&#233; par les pertes et les dettes, J.M. Messier d&#233;cide de faire le m&#233;nage. Il conforte le p&#244;le Telecom, s'empare de Canal et Havas, se d&#233;gage de l'immobilier et il s'ach&#232;te une vertu dans les services publics locaux. En adoptant une nouvelle identit&#233; : Vivendi, il rompt symboliquement avec les miasmes affairistes de l'ex-CGE, il affirme une vocation mondiale et proclame la transformation du conglom&#233;rat en groupe industriel multibranches pr&#233;sent dans les Telecom, les media et l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La formation de la bulle sp&#233;culative sur l'internet aux Etats Unis et sur l'UMTS en Europe r&#233;v&#232;le ses faiblesses -sous dimensionnement dans les Telecom, les media et l'internet, et ses atouts, -il est le partenaire de Mannesmann , de Vodafone de Bertelsman et d'AOL -, il va donc se muer en champion de l'internet (Viventures) , de la convergence (TMT) et du multimedia mobile (Wap et Vizzavi). La strat&#233;gie industrielle se r&#233;v&#232;le vite &#234;tre une impasse mais au passage le titre a bondi et Messier a acquis une cr&#233;dibilit&#233; suffisante pour s&#233;duire les Bronfman et acqu&#233;rir Seagram.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me phase peut commencer Vivendi est &#224; pr&#233;sent un groupe &#224; trois t&#234;tes - Media, Environnement, Telecom - qui ont vocation &#224; s'autonomiser .&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acquisition de Seagram si elle permet d'embl&#233;e &#224; Vivendi de contr&#244;ler le premier &#233;diteur de musique et une major hollywoodienne pose un double probleme : que faire d'USA Networks une participation minoritaire g&#233;r&#233;e par Barry Diller et comment acc&#233;der aux canaux de distribution am&#233;ricains. En prenant le contr&#244;le d'USA Networks et une participation dans la distribution par satellite (Echostar) et en confiant la gestion de son p&#244;le media am&#233;ricain &#224; Diller, Messier administre la preuve qu'une s&#233;rie d'acquisitions financi&#232;res sans dessein apparent peuvent ult&#233;rieurement se transformer en pole media cons&#233;quent . Au total J.M. Messier aura b&#226;ti un groupe media am&#233;ricain avec les ressources de la Gle des Eaux, une question subsiste : Vivendi Environnement restera-t-il autonome, bas&#233; en France ou sera t il c&#233;d&#233; &#224; un groupe allemand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives Economiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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