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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>D&#233;bat : Le capitalisme est-il menac&#233; ?</title>
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		<dc:date>2005-10-01T13:46:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme managerial</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme actionnarial</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'heure o&#249; plus personne ne conteste l'&#233;conomie de march&#233;, quatre grands sp&#233;cialistes r&#233;unis par L'Express confrontent leurs inqui&#233;tudes et leurs propositions.&lt;br /&gt;
D&#233;bat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gr&#233;au, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'heure o&#249; plus personne ne conteste l'&#233;conomie de march&#233;, quatre grands sp&#233;cialistes r&#233;unis par L'Express confrontent leurs inqui&#233;tudes et leurs propositions.&lt;br /&gt;
D&#233;bat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gr&#233;au, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/capitalisme/dossier.asp?ida=435354&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se souvient-on de cette &#233;poque lointaine o&#249; les ennemis du capitalisme pr&#233;disaient avec confiance sa disparition in&#233;luctable ? Apr&#232;s l'effondrement politique, &#233;conomique et moral du syst&#232;me socialiste, plus personne &#224; gauche ne s'engage d&#233;sormais &#224; sortir de l'&#233;conomie de march&#233;, Attac ne proposant que de la &#171; contr&#244;ler &#187;. Aujourd'hui, ce sont para-doxalement les d&#233;fenseurs du capitalisme et ses meilleurs connaisseurs qui se r&#233;v&#232;lent les plus critiques sur son &#233;volution au point de s'inqui&#233;ter tr&#232;s s&#233;rieusement pour son avenir. L'on se souvient du message de panique _ &#171; le capitalisme perd la t&#234;te &#187; _ lanc&#233; il y a quel-ques ann&#233;es par Joseph Stiglitz, ancien conseiller de Bill Clinton et de la Banque mondiale ainsi que de la d&#233;nonciation de la &#171; chienlit laisser-fairiste &#187; du prix Nobel d'&#233;conomie Maurice Allais. En quelques mois, quatre sp&#233;cialistes fran&#231;ais alimentent cette inqui&#233;tude dans des ouvrages aux titres tr&#232;s explicites : Jean-Luc Gr&#233;au, ancien expert du Medef (L'Avenir du capitalisme, Gallimard), Patrick Artus, directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et pro-fesseur &#224; Polytechnique (Le Capitalisme est en train de s'auto-d&#233;truire, La D&#233;couverte), Jean Peyrelevade, ancien patron du Cr&#233;dit Lyonnais (Le Capitalisme total, Seuil) et Elie Cohen (Le Nouvel age du capitalisme, Fayard). &lt;br /&gt; L'Express a r&#233;uni ces quatre grands experts pour constater leur accord sur le diagnostic _ le capitalisme file vraiment un mauvais coton _ et leurs divergences, gu&#232;re rassurantes, sur les solutions possibles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le capitalisme va donc si mal, au point de s'auto-d&#233;truire ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; Patrick Artus &lt;/b&gt; : Si l'on est d'accord pour dire que l'efficacit&#233; d'un syst&#232;me &#233;conomique c'est sa capacit&#233; d'allouer les res-sources rares aux bons endroits aux bons mo-ments, l'&#233;volution actuelle du capitalisme est, de ce point de vue, inqui&#233;tante. La conjonction d'une exigence de rentabilit&#233; &#233;lev&#233;e de l'&#233;pargne et de la gestion de celle-ci par des professionnels en concurrence am&#232;ne &#224; privi-l&#233;gier les projets de court terme au d&#233;triment des projets de d&#233;veloppement et de recherche. Si l'&#233;pargnant veut 20 % de rentabilit&#233; du ca-pital, on va finir par arr&#234;ter les projets n&#233;ces-saires &#224; la croissance de long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade &lt;/b&gt; : Je suis d'accord sur les sympt&#244;mes &#224; condition d'ajouter qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une &#233;volution majeure dans la structure du capitalisme mondial. D'abord, dans la lutte entre le capital et le salariat, le capital a gagn&#233; et impose ses normes &#224; des salari&#233;s faibles, mal d&#233;fendus par des syndicats sans r&#233;el pouvoir. S'ajoute &#224; cela une dissociation dans la sph&#232;re m&#234;me du capital. Longtemps, le capitaliste &#233;tait &#224; la fois entrepreneur et propri&#233;taire : c'est le d&#233;sir d'entreprendre qui &#233;tait &#224; l'origine de l'accumulation et de l'exploitation d&#233;crites par Marx. Aujourd'hui les propri&#233;taires-actionnaires sont anim&#233;s par un d&#233;sir d'enrichissement qui n'a plus rien &#224; voir avec le d&#233;sir d'entreprendre. Le capitaliste d'aujourd'hui est anonyme, ces messieurs Tout le monde, ce sont les 300 millions d'actionnaires qu'il y a sur la plan&#232;te. Depuis 1947, la part des dividendes dans le revenu national, aussi bien au Etats-Unis qu'en France a quadrupl&#233;. Cela fait donc cinquante ans que la r&#233;mun&#233;ration des actions augmente &#224; peu pr&#232;s deux fois plus vite que le taux de croissance des &#233;conomies. Enfin, l'instrument m&#234;me de l'investissement &#224; long terme _ l'action _ est devenu le support tr&#232;s liquide des sp&#233;culations &#224; tr&#232;s court terme de la sph&#232;re financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Un foss&#233; s'est creus&#233; entre les dirigeants d'entreprise et les actionnaires. Alors que les salari&#233;s voient encore dans l'entreprise leur &#171; outil de produc-tion &#187;, les actionnaires la consid&#232;rent comme leur &#171; outil de rendement &#187;. D'o&#249; le ph&#233;no-m&#232;ne nouveau des rachats d'actions, justifi&#233; &#224; la fois par la crainte des OPA et par le souci d'augmenter la valeur des actions. En 2004 ces rachats sur le march&#233; de New-York ont atteint 269 milliards de dollars, soit plus de 2 % du PIB am&#233;ricain. Il s'agit l&#224; d'un sub-ventionnement contre-nature des fonds de pla-cement par les entreprises. Ainsi, les compa-gnies p&#233;troli&#232;res ont r&#233;alis&#233; des rachats d'actions pour des montants &#233;quivalant &#224; l'ensemble de leurs d&#233;penses d'exploration. Une partie de l'actuelle p&#233;nurie d'hydrocarbures provient du fait que ces entreprises, press&#233;es par leurs actionnaires, n'ont pas fait l'usage le plus efficace de leurs moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Comment un syst&#232;me capitaliste qui fait une crise majeure tous les 18 mois non seulement rebondit &#224; chaque fois mais permet une croissance mondiale en acc&#233;l&#233;ration constante : telle est la question que j'ai voulu traiter. La r&#233;silience du syst&#232;me et la volatilit&#233; des march&#233;s me semblent &#234;tre les facteurs cl&#233;s dont il faut rendre compte. Trois &#233;l&#233;ments permettent d'expliquer le nouveau cours. La qualit&#233; des politiques macro&#233;conomiques qui &#233;vitent l'approfondissement des crises. Le d&#233;veloppement d'une industrie financi&#232;re puissante qui agit comme courroie de transmission des politiques et comme machine &#224; redistribuer les risques. Et enfin la financia-risation des strat&#233;gies industrielles qui pousse &#224; l'am&#233;lioration constante des performances. La finance de march&#233; agit donc &#224; la fois comme r&#233;ducteur du risque en rapprochant offreurs et preneurs de risque et comme am-plificateur &#224; travers la sp&#233;culation. Le r&#233;sultat toutefois c'est que depuis 10 ans les crises asiatiques, LTCM, de la nouvelle &#233;conomie d'Enron etc... ont &#233;t&#233; absorb&#233;es sans dommage pour l'&#233;conomie m&#234;me si les d&#233;s&#233;quilibres persistent et s'aggravent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Ce chef d'entreprise que vous pr&#233;sentez comme la grande victime de l'actionnaire anonyme avide de rentabilit&#233;, a fini par accepter sa d&#233;faite moyennant partage des di-videndes...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Ce n'est pas une d&#233;faite mais un changement de position. Avant, le manager &#233;tait un salari&#233; tr&#232;s bien pay&#233; (jusqu'&#224; 40 fois le salaire le plus bas) charg&#233; de la p&#233;rennit&#233; de l'entreprise et de la gestion de l'&#233;quilibre entre le capital et le travail. Aujourd'hui, avec un rapport d&#233;sormais de 1 &#224; 400 il n'est plus pay&#233; du tout comme un salari&#233;. A ainsi &#233;t&#233; fabriqu&#233;e une nouvelle cat&#233;gorie sociale, r&#233;mun&#233;r&#233;e, avec des stock-options, c'est-&#224;-dire encore mieux que les actionnaires puisqu'ils sont exon&#233;r&#233;s du risque de moins-value ! Ils ne sont plus que les servants z&#233;l&#233;s du vrai nouveau chef qu'est l'actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Mais c'est parce que trop d'entreprises am&#233;ricaines, dans les an-n&#233;es 70, devenaient sous-performantes qu'elles furent d&#233;pec&#233;es par les raiders ! Beaucoup de chefs d'entreprises se sont simplement dit qu'ils pouvaient faire eux-m&#234;mes le travail de restructuration, de recentrage, de focalisation sur les activit&#233;s les plus performantes. Telle est la source de l'alignement de l'int&#233;r&#234;t des dirigeants sur celui des actionnaires au travers des stocks-options. Le probl&#232;me est qu'ils se sont mis &#224; n'&#233;couter que leur propre int&#233;r&#234;t en cr&#233;ant un gonflement artificiel de la valeur de leurs actions. Aujourd'hui d'autres techniques d'alignement des int&#233;r&#234;ts sont recherch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Voil&#224; une vision ir&#233;nique des choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen &lt;/b&gt; : Non, c'est un constat historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Oui, parce que si vous faites remarquer aux interm&#233;diaires fi-nanciers am&#233;ricains qu'ils font des choses ab-solument stupides en ne consid&#233;rant que la valeur instantan&#233;e des actifs au d&#233;triment du long terme, ils ne comprennent m&#234;me pas ce que vous leur dites ! La finance am&#233;ricaine rejette totalement ce genre de message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Rappelons que c'est le d&#233;veloppement des outils de retraite rendu n&#233;cessaire par le vieillissement de la population des pays d&#233;velopp&#233;s qui a permis l'&#233;mergence de cette formidable industrie financi&#232;re. Telle est bien l&#224; l'origine des fameux fonds de pension et de la prolif&#233;ration des m&#233;tiers de la finance ! Et l'absence de tels fonds en France a abouti &#224; ce que les deux tiers des actions issues des privatisations massives de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es soient c&#233;d&#233;es &#224; des fonds de pension &#233;trangers ! Dr&#244;le de schizophr&#233;nie que celle de nos gouvernements de gauche et de droite qui ont d&#233;mantel&#233; les institutions d'un capitalisme autochtone pour favoriser un capitalisme de march&#233; financier aux mains d'investisseurs anglo-saxons ! Et ce sont les m&#234;mes qui parlent de patriotisme &#233;conomique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Le paradoxe in-croyable est que l'objectif initial de canaliser l'&#233;pargne vers des placements &#224; rentabilit&#233; maximale pour assurer les retraites futures aboutit souvent &#224; des investissements &#224; renta-bilit&#233; &#224; peu pr&#232;s nulle. L'argent des futurs re-trait&#233;s va de fait dans les actifs les moins effi-caces pour pr&#233;parer l'avenir, l'immobilier et les d&#233;ficits publics et de moins en moins dans le financement des entreprises. M&#234;me les fonds d'investissement (privaty equity), dont 90 % de l'argent allaient vers la cr&#233;ation d'entreprise avec des dur&#233;es de d&#233;tention pouvant aller jusqu'&#224; des dizaines d'ann&#233;es ont tourn&#233; casaque : l'ann&#233;e derni&#232;re, 85 % de leurs fonds sont all&#233;s vers des LBO, autrement dit des rachats avec des dur&#233;es de d&#233;tention extr&#234;mement courtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Oui, c'est la contradiction m&#234;me du march&#233; financier ac-tuel : on finance des retraites avec des action-naires qui d&#233;tiennent leurs actions pendant une dur&#233;e moyenne de sept mois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le grand public a &#233;t&#233; frapp&#233; par les scandales r&#233;cents tels que les affaires Enron ou WorldCom mettant en sc&#232;ne des patrons fraudeurs et truqueurs de bilan. N'est-ce pas un d&#233;menti de l'utilitarisme lib&#233;ral qui pose que l'int&#233;r&#234;t cynique des acteurs &#233;conomiques fait le bien de tous ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Comme tout syst&#232;me le capitalisme a ses escrocs. La r&#233;gulation est l&#224; pour assurer que le lien entre le capital qui commande et le chef d'entreprise qui ob&#233;it soit un lien pur, dans lequel il ne puisse pas y avoir de tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Je pr&#233;f&#232;re parler de tentation plut&#244;t que d'escroquerie. Lorsque vous &#234;tes dirigeant et que vous poss&#233;dez de gros paquets d'actions de votre entreprise, vous ne pouvez qu'&#234;tre tent&#233; d'embellir ses comptes. Nous retrouvons l&#224; la pression financi&#232;re qui peut encourager la dissimulation. Le souci du l&#233;gislateur est justement de rendre transparente la relation du capital et de l'entreprise parce que l'entreprise a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;e de l'autorit&#233; morale au profit du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Dans les affaires Enron, Worldcom ... y a eu un savant glissement de l'innovation financi&#232;re &#224; la d&#233;linquance financi&#232;re en passant par la cr&#233;ativit&#233; comptable. Il y a m&#234;me eu d&#233;faillance du r&#233;gulateur des march&#233;s mais prodige des contre pouvoirs, au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es tout Wall Street a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; chez un petit attorney de New York et a du rendre des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Parce qu'ils &#233;taient malhonn&#234;tes, qu'ils ne respectaient pas les r&#232;gles d'un enrichissement honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Donc, ce n'est pas, comme vous le dites parce que les gestionnaires de fonds imposent finalement leur morale ! Face &#224; un syst&#232;me qui accumule les d&#233;faillances, on a &#233;t&#233; capable, au c&#339;ur de l'&#233;t&#233; 2002 de produire une loi, d'arr&#234;ter des patrons d&#233;linquants et de poursuivre des analystes et des banquiers dissimulateurs. Il y a donc bien une s&#233;rie de contre-pouvoirs qui fonctionnent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Mais cette r&#233;gulation n'est faite que pour que le syst&#232;me fonctionne parfaitement, &#224; l'int&#233;rieur de son propre syst&#232;me de valeurs. Or tous les hom-mes politiques, en particulier en France, croient, lorsque l'on parle de r&#233;gulation des march&#233;s financiers, qu'il s'agit de se doter d'instruments faisant pr&#233;valoir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral au sens large sur celui des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; Alors que la plupart des hommes politiques n'ont plus qu'un mot &#224; la bouche _ &#171; l'adaptation &#187; _ vous estimez tous au contraire qu'il faut r&#233;agir vite et changer quelques r&#232;gles suicidaires.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Toutes les nouvelles r&#232;gles comptables conduisent de fa&#231;on aberrante &#224; ne juger les comptes que sur le court terme. Je crois au contraire que l'on pourrait avoir un autre cadre r&#233;glementaire et comptable qui change le pas de temps. On peut comprendre que les Sicav aient besoin d'&#234;tre &#233;valu&#233;es au jour le jour, mais cela n'est pas indispensable pour une soci&#233;t&#233; industrielle. Pourquoi publier les r&#233;sultats trimestriels d'une firme pharmaceutique ? Certaines entreprises d'ailleurs s'y refusent comme Porsche et que je sache elles ne s'en portent pas plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : C'est une premi&#232;re piste. On pourrait &#233;galement favoriser par des dispositions r&#233;glementaires et &#233;ventuellement fiscales, un allongement de la dur&#233;e de d&#233;tention des actions pour l'harmoniser avec l'horizon de d&#233;veloppement des entreprises. Mais pour cela, il faudrait que les hommes politiques soient conscients des enjeux et pr&#234;ts &#224; se confronter avec l'industrie financi&#232;re dont la capacit&#233; de lobbying est consid&#233;rable. Il faut ensuite supprimer les stock-options et les distributions d'actions gratuites pour d&#233;connecter la r&#233;mun&#233;ration des patrons et des cadres sup&#233;rieurs de tout &#233;l&#233;ment boursier. Quitte &#224; les int&#233;resser au r&#233;sultat de l'entreprise car il s'agit alors d'une r&#233;f&#233;rence au r&#233;el et pas d'une repr&#233;sentation sp&#233;culative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Cela suffira-t-il &#224; changer l'esprit dans lequel fonctionne le syst&#232;me ? Je n'en suis pas s&#251;r, car je pense que les m&#339;urs &#233;conomiques et financi&#232;res du monde anglo-saxon ont gagn&#233; la partie. Je sugg&#232;re d'aller plus loin en cr&#233;ant, au niveau europ&#233;en, des fonds de placements d&#233;di&#233;s &#224; la d&#233;tention durable du capital des entreprises par un m&#233;canisme contractuel entre ces fonds et les entreprises. Je suis frapp&#233; par le fait que dans le monde de l'entreprise le contrat est partout : avec les fournisseurs, les clients, les banquiers, les salari&#233;s mais il n'existe pas avec les grands actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Il est vrai que l'on importe avec retard et souvent approximativement les principaux outils forg&#233;s aux Etats-Unis, cela favorise de fait l'&#233;mergence d'un capitalisme de la convergence et c'est d&#233;sormais &#224; l'int&#233;rieur de celui-ci qu'il faut penser parce que les mod&#232;les nationaux sont morts. Il pourrait, certes, y avoir une adaptation europ&#233;enne de ce capitalisme mais on n'a malheureusement pas saisi l'occasion des crises majeures r&#233;centes pour le faire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Parce que l'intelligence europ&#233;enne est au point mort et parce qu'elle refuse d'imaginer quelque chose d'autre que ce qui vient de Londres et de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade &lt;/b&gt; : Je vous rejoins dans le pessimisme mais je suis plus radical dans l'explication : une fois de plus c'est la puissance dominante qui impose son mod&#232;le. Et il ne faut pas oublier que la moiti&#233; des 300 millions d'actionnaires du monde sont am&#233;ricains, soit 5 % de la population mon-diale. Le capital mondial est d&#233;tenu &#224; 50 % par les Am&#233;ricains et la sph&#232;re financi&#232;re n'a jamais rien fait d'autre qu'imiter le mod&#232;le am&#233;ricain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Le probl&#232;me est qu'il n'est pas &#233;vident que ce mod&#232;le fonc-tionne encore dans l'int&#233;r&#234;t des Etats-Unis... Pour r&#233;sumer, la question est de savoir s'il nous reste une marge de libert&#233; en Europe pour adopter sur certains points une logique diff&#233;rente de celle du monde anglo-saxon, ou s'il faut attendre que cela vienne du monde anglo-saxon lui-m&#234;me quand celui-ci r&#233;alisera qu'il vaut mieux changer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Eric Conan et Sabine Delanglade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/capitalisme/dossier.asp?ida=435354&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpress.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La nouvelle &#233;conomie capitaliste</title>
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		<dc:date>2005-03-01T14:23:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme actionnarial</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme rh&#233;nan</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le krach de l'Internet et d'Enron (2000-2002) n'a eu qu'un pr&#233;c&#233;dent par son impact sur les march&#233;s financiers, la crise de 29, et pourtant il n'a pas les effets d&#233;vastateurs en termes d'activit&#233; et d'emploi de cette m&#234;me crise de 29. Alors que certains observateurs croyaient pouvoir annoncer une contagion &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle et des faillites spectaculaires d'institutions financi&#232;res majeures, il en a rien &#233;t&#233; la croissance est rest&#233;e soutenue et les banques universelles ont affich&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le krach de l'Internet et d'Enron (2000-2002) n'a eu qu'un pr&#233;c&#233;dent par son impact sur les march&#233;s financiers, la crise de 29, et pourtant il n'a pas les effets d&#233;vastateurs en termes d'activit&#233; et d'emploi de cette m&#234;me crise de 29. Alors que certains observateurs croyaient pouvoir annoncer une contagion &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle et des faillites spectaculaires d'institutions financi&#232;res majeures, il en a rien &#233;t&#233; la croissance est rest&#233;e soutenue et les banques universelles ont affich&#233; des r&#233;sultats &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois candidats th&#233;oriques s'offrent pour expliquer cette r&#233;silence d'un syst&#232;me qui subit depuis 1996 des chocs &#224; r&#233;p&#233;tition sans plier : la qualit&#233; des politiques macro&#233;conomiques men&#233;es, la mondialisation et la nouvelle r&#233;volution industrielle. La th&#232;se que nous voudrions avancer ici est qu'il y a bien eu av&#232;nement d'une nouvelle &#233;conomie au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es et m&#234;me d'un nouveau capitalisme dont la caract&#233;ristique commune r&#233;side dans le r&#244;le central de la finance de march&#233;. La gestion macro&#233;conomique par Alan Greenspan a certes &#233;t&#233; remarquable mais c'est la capacit&#233; &#224; piloter le cycle par la politique mon&#233;taire qui l'est davantage. Or au c&#339;ur de cette action, il y a le dialogue avec les march&#233;s financiers comme l'a bien montr&#233; Anton Brender. L'intervention de la banque centrale am&#233;ricaine a contribu&#233; &#224; amortir les effets de la crise. Les m&#233;nages ont emprunt&#233;, engendrant une flamb&#233;e immobili&#232;re ; gr&#226;ce aux outils de mon&#233;tisation des actifs immobiliers, la consommation a permis la reprise de l'activit&#233;, et le retour des investissements : les effets de la crise ont &#233;t&#233; limit&#233;s. Dans la mesure o&#249; le risque n'&#233;tait pas port&#233; par les banques, mais qu'il &#233;tait dilu&#233;, pulv&#233;ris&#233; en fines particules sur l'ensemble de la population, les effets des krachs financiers sur l'&#233;conomie dans son ensemble ont &#233;t&#233; mineurs. La finance de march&#233; a jou&#233; un r&#244;le tout aussi d&#233;cisif dans la rapidit&#233; du red&#233;ploiement des grands groupes industriels et financiers. Depuis 20 ans, on assiste au recul inexorable du &#171; stakeholer capitaism&#034; au profit d'un &#034;shareholder capitalism &#187; de plus en plus d&#233;complex&#233;. Or la logique de cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire a contribu&#233; &#224; financiariser la strat&#233;gie des firmes. Comment comprendre les tendances lourdes actuelles au recentrage (refocussing), &#224; l'externalisation (outsourcing) et &#224; la d&#233;localisation (offshoring) sans int&#233;grer la dimension financi&#232;re. Certes la mondialisation et la r&#233;volution des technologies de l'information cr&#233;ent des opportunit&#233;s pour la croissance et le red&#233;ploiement des grands groupes. Mais &#224; la base de ces strat&#233;gies il y a la pression grandissante que subissent les entreprises c&#244;t&#233;es pour tirer le meilleur profit du capital mobilis&#233;. C'est parce que les op&#233;rateurs des march&#233;s financiers pr&#233;f&#232;rent faire eux m&#234;mes les choix d'allocation d'actifs qu'ils refusent &#224; l'entreprise de se comporter en conglom&#233;rat et l'incitent &#224; se recentrer sur son c&#339;ur de m&#233;tier et &#224; se mondialiser. C'est parce que l'entreprise applique cette logique &#224; son portefeuille d'activit&#233;s qu'elle en vient progressivement &#224; l'appliquer aussi &#224; sa cha&#238;ne de valeur et qu'elle finit pas d&#233;cider ce qu'elle entend ma&#238;triser dans ses diff&#233;rents process et ce qu'elle peut externaliser, am&#233;liorant ainsi le rendement du capital employ&#233;. Enfin la derni&#232;re &#233;tape pour une entreprise confort&#233;e dans son c&#339;ur de m&#233;tier consiste &#224; s'interroger sur la meilleure localisation sur la surface de la plan&#232;te de chaque segment d'activit&#233;. Aucun de ses d&#233;veloppements n'aurait &#233;t&#233; possible si la mondialisation n'avait unifi&#233; les march&#233;s et si les technologies de l'information n'avaient permis de g&#233;rer cette entreprise &#233;clat&#233;e et recombin&#233;e autour d'un r&#233;seau g&#233;rant simultan&#233;ment des flux de donn&#233;es de biens et des flux financiers. La finance de march&#233; n'a pas seulement p&#233;n&#233;tr&#233; l'entreprise, red&#233;fini les modes de consommation, fourni un relais d&#233;cisif pour la r&#233;gulation macro&#233;conomique, elle est aussi devenue centrale dans la gestion des retraites, dans les finances locales, dans la dynamique des march&#233;s immobiliers. A titre d'exemple, un instrument financier permet aux m&#233;nages am&#233;ricains de s'endetter sur l'appr&#233;ciation de leurs actifs immobiliers, ainsi ils peuvent continuer &#224; consommer m&#234;me en situation de stagnation &#233;conomique et de faible &#233;pargne gr&#226;ce &#224; cette mon&#233;tisation partielle de leurs actifs immobiliers. Ce ph&#233;nom&#232;ne de mon&#233;tisation des actifs permet de comprendre la dynamique m&#234;me de la consommation aux Etats-Unis. La finance est devenue la poutre ma&#238;tresse de cette &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#224; la diff&#233;rence du Japon ou de l'Allemagne, la crise financi&#232;re n'a pas atteint les banques, n'a pas produit de &#171; credit crunch &#187;, c'est bien s&#251;r &#224; cause du d&#233;veloppement financier am&#233;ricain et de la dissociation progressive des logiques d'octroi et de gestion de cr&#233;dit d'un c&#244;t&#233;, d'&#233;valuation et de gestion du risque de l'autre. La naissance d'une industrie du risque capable d'inventer des produits pour des preneurs et des vendeurs de risques, capable aussi de les manufacturer en tranches de toxicit&#233; diff&#233;rente et capables surtout de les diss&#233;miner largement pour &#233;viter que des crises ponctuelles ne se transforment en crises syst&#233;miques, a &#233;t&#233; une des grandes innovations de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance de march&#233; que chacun se plait &#224; d&#233;crier, souvent &#224; juste titre, est donc au c&#339;ur des transformations les plus d&#233;cisives du capitalisme contemporain. A partir de l&#224; deux questions majeures se posent. La premi&#232;re a trait &#224; l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne d&#233;crit, s'agit-il d'un d&#233;veloppement am&#233;ricain sp&#233;cifique ou d'un ph&#233;nom&#232;ne plus fondamental. La deuxi&#232;me a trait &#224; la r&#233;gulation d'un tel syst&#232;me. Les crises Enron / Worldcom ont montr&#233; les d&#233;faillances majeures d'un syst&#232;me de fraude qui a r&#233;v&#233;l&#233; la faiblesse des &#171; gardiens &#187;. Qui gardera les gardiens dans le n&#233;o-capitalisme financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(b)La dynamique de financiarisation &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se limite &#224; la seule dynamique du capital, deux &#233;volutions majeures sont intervenues au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es : la r&#233;volution des droits de propri&#233;t&#233; et la d&#233;sinterm&#233;diation du financement des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour des droits de propri&#233;t&#233; a pris une forme visible avec la conversion des entreprises au discours et &#224; la pratique de la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire. Souvenons nous il y a simplement une vingtaine d'ann&#233;es on parlait encore de pouvoir de la technostructure, d'entreprises qui conciliaient int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, des actionnaires et des consommateurs, le capitalisme des &#171; parties prenantes &#187; dominait partout ; on parlait m&#234;me d'entreprises citoyennes. Le credo a radicalement chang&#233; dans les ann&#233;es 90 : l'entreprise a &#233;t&#233; somm&#233;e de ne poursuivre qu'une ambition : maximiser la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire et ses dirigeants ne devaient plus ob&#233;ir qu'&#224; un ma&#238;tre : l'actionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me grande transformation du capitalisme est la d&#233;sinterm&#233;diation du financement de l'&#233;conomie, ou, autrement dit, la financiarisation de l'&#233;conomie. L'ouvrage de Michel Albert, Capitalisme contre capitalisme, opposait le capitalisme interm&#233;di&#233; rh&#233;nan, caract&#233;ris&#233; par le contrat social institutionnalis&#233; et le financement par les hausbank au mod&#232;le am&#233;ricain du capitalisme financier, marqu&#233; par le contrat d'entreprise et la finance de march&#233;. Les capitalismes fran&#231;ais et allemand ont longtemps &#233;t&#233; des capitalismes interm&#233;di&#233;s. En Allemagne, les banques, l'Etat, les partenaires sociaux &#233;taient tous partis prenantes du contrat social. Le capital &#233;tait limit&#233; par le compromis social ; les d&#233;tenteurs ultimes du capital n'&#233;taient pas ceux qui exer&#231;aient le pouvoir du capital. Les banques pr&#234;taient aux entreprises, elles collectaient les droits de vote des actionnaires, elles si&#233;geaient dans les conseils et garantissaient ainsi les strat&#233;gies industrielles de long terme. Dans le mod&#232;le fran&#231;ais traditionnel, l'Etat jouait un r&#244;le majeur dans la r&#233;gulation &#233;conomique, dans l'&#233;laboration du contrat social, et dans l'articulation capital/pouvoir. A l'inverse, le mod&#232;le am&#233;ricain &#233;tait celui du capitalisme de march&#233; financier. Dans ce mod&#232;le, les entreprises se financent directement sur le march&#233;, en faisant appel &#224; l'&#233;pargne des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande &#233;volution des 20 derni&#232;res ann&#233;es r&#233;side dans le recul du capitalisme interm&#233;di&#233;. En France, ce recul se manifeste par le retrait de l'Etat avec les privatisations. En Allemagne, il s'exprime par le retrait des grandes banques allemandes et de leur r&#244;le de t&#234;te de r&#233;seaux des entreprises. De plus en plus d'entreprises, mais aussi de m&#233;nages ont recours au march&#233; financier. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, dans la conception ant&#233;rieure de l'entreprise, l'entreprise &#233;tait une instance d'arbitrage qui conciliait des int&#233;r&#234;ts divergents : les int&#233;r&#234;ts du consommateur &#224; travers la baisse de prix, les int&#233;r&#234;ts des actionnaires &#224; travers les dividendes, et les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s &#224; travers la redistribution de la richesse cr&#233;&#233;e. A cet &#233;gard, le management de l'entreprise - d&#233;crit notamment par Galbraith - reposait sur le mod&#232;le du stakeholders, mod&#232;le de conciliation d'int&#233;r&#234;ts divergents. Aujourd'hui, la logique dominante est celle du shareholders avec comme objectif la maximisation de la valeur pour l'actionnaire. Le d&#233;fi pour ce nouveau capitalisme est par cons&#233;quent de faire co&#239;ncider, d'aligner les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s sur les int&#233;r&#234;ts des actionnaires. Les stock-options, la distribution gratuite d'actions sont les principales r&#233;ponses mises en place par le nouveau management salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution s'accompagne du d&#233;veloppement d'une puissante industrie financi&#232;re, charg&#233;e d'analyser, de placer, d'assurer, de noter, de g&#233;rer le capital et son &#233;volution. Ces r&#244;les &#233;taient autrefois occup&#233;s par l'Etat, ou les grandes banques, acteurs centraux de l'octroi de cr&#233;dit. Dor&#233;navant, l'analyse du risque est op&#233;r&#233;e par cette nouvelle industrie : la r&#233;f&#233;rence n'est plus le cr&#233;dit, mais le capital action, l'equity. L'action, la fraction de capital, par d&#233;finition n'est pas interm&#233;di&#233;e. L'&#233;pargnant souscrit au capital d'une entreprise via une Sicav, un fonds de pension, qui n'a qu'un mandat de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re conclusion s'impose &#224; ce stade : sous les effets combin&#233;s de la mondialisation et de la financiarisation, les vari&#233;t&#233;s nationales de capitalisme sont en train de converger &#224; l'&#233;tage du capital tout en divergeant &#224; l'&#233;tage de la r&#233;gulation et du social. Cette &#233;volution nourrit en retour un d&#233;bat sur l'&#233;ventuelle contagion du nouvel ordre capitaliste sur l'ensemble des dimensions des r&#233;gimes &#233;conomiques et sociaux nationaux. Fritz Scharpf, le th&#233;oricien de la social-d&#233;mocratie allemande pense que la contagion n'est qu'affaire e temps. Robert Boyer, &#224; l'inverse, continue &#224; plaider pour le maintien de la diversit&#233; des vari&#233;t&#233;s capitalistes nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette convergence &#224; l'&#233;tage capitaliste de r&#233;gimes &#233;conomiques qui restent diversifi&#233;s est port&#233;e par une double dynamique d'innovation financi&#232;re et de r&#233;gulation. L'explosion actuelle de la titrisation, de la finance structur&#233;e, des produits d&#233;riv&#233;s sont autant d'expressions de cette dynamique d'innovation financi&#232;re. La croissance parall&#232;le des r&#233;gulations financi&#232;res, l'affirmation de l'autorit&#233; de la SEC, et par dessus tout la naissance d'une industrie du risque avec ses agences de notation, ses analystes, ses gestionnaires de fonds pouvaient laisser penser qu'un contr&#244;le &#224; la mesure des risques pris s'exer&#231;ait. Or les affaires Enron/Worldcom ne nous ont pas seulement confirm&#233; que la fraude massive pouvait prosp&#233;rer malgr&#233; les probl&#232;mes de r&#233;putation, la sanction du march&#233;, les contr&#244;les des r&#233;gulateurs, elles nous ont surtout r&#233;v&#233;l&#233; que la r&#233;gulation &#233;tait toujours en retard d'une innovation et que les int&#233;r&#234;ts constitu&#233;s de l'industrie financi&#232;re usaient de toutes les techniques disponibles dans une d&#233;mocratie repr&#233;sentative pour retarder l'ajustement de la r&#233;gulation aux nouvelles technologies financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les affaires Enron/Worldcom ont aussi produit un double effet de grande port&#233;e. D'une part l'id&#233;ologie de l'autor&#233;gulation par les professionnels et de l'automaticit&#233; de la sanction des march&#233;s a recul&#233;. Ce que Stiglitz nomme l'int&#233;grisme de march&#233; a connu sa d&#233;b&#226;cle avec l'&#233;clatement de la bulle et les scandales qui ont suivi. Ce sont les lobbystes des march&#233;s qui au Congr&#232;s ont &#233;t&#233; contraints de passer la Loi Sarbanes Oxley qui multiplie et raffine les contr&#244;les tout en aggravant les sanctions l&#233;gales. D'autre part la faillite provisoire de la SEC au lendemain du krach a imm&#233;diatement suscit&#233; le bourgeonnement d'autres instances de r&#233;gulation au niveau des etats. L'action d'un Eliot Spitzer a New York en fournit la preuve. La r&#233;gulation sans les contre pouvoirs d'une d&#233;mocratie repr&#233;sentative n'est rien. Le nouvel &#226;ge de la r&#233;gulation du capitalisme de march&#233;s financiers l'illustre avec &#233;clat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Capitalistes d&#233;voy&#233;s ou crise du capitalisme</title>
		<link>http://www.elie-cohen.eu/Capitalistes-devoyes-ou-crise-du-capitalisme.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;A ceux qui croient qu'il suffit de multiplier les &#171; administrateurs ind&#233;pendants &#187; pour r&#233;nover la corporate governance, mieux organiser la rotation des auditeurs dans le cadre du double commissariat aux comptes pour retrouver la confiance dans les chiffres ou encore laisser faire les &#171; hedge funds &#187; au nom des march&#233;s efficients, la lecture de l'ouvrage de Bebear-Mani&#232;re s'impose. Pour Bebear la crise de confiance actuelle est une crise de syst&#232;me C'est donc toute la cha&#238;ne des professions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A ceux qui croient qu'il suffit de multiplier les &#171; administrateurs ind&#233;pendants &#187; pour r&#233;nover la corporate governance, mieux organiser la rotation des auditeurs dans le cadre du double commissariat aux comptes pour retrouver la confiance dans les chiffres ou encore laisser faire les &#171; hedge funds &#187; au nom des march&#233;s efficients, la lecture de l'ouvrage de Bebear-Mani&#232;re s'impose. Pour Bebear la crise de confiance actuelle est une crise de syst&#232;me C'est donc toute la cha&#238;ne des professions de la finance qui est soumise &#224; la question. La m&#233;thode Bebear est simple et l'organisation du livre en d&#233;coule. Il d&#233;crit les diff&#233;rents m&#233;tiers de la finance de march&#233;, il explique &#224; chaque fois les techniques mobilis&#233;es, &#233;voque les d&#233;rives, en rend compte avant de sugg&#233;rer des pistes de r&#233;forme. Il est ainsi conduit &#224; mettre en cause les analystes qui combattent l'incompl&#233;tude de leur information par la fuite dans la mod&#233;lisation, les agences de notation qui &#233;chaud&#233;es par leurs ratages pass&#233;s sont tent&#233;es de d&#233;grader pr&#233;ventivement sur la base d'informations biais&#233;es, les banquiers d'affaires pr&#234;ts &#224; encourager les aventures strat&#233;giques les plus folles pour alimenter leurs &#233;quipes et m&#234;me les PDG qui ont d&#233;voy&#233; les stocks options. Mais la d&#233;nonciation n'est pas le souci premier de Bebear, sa motivation est plus profonde : sauver le syst&#232;me en renvoyant &#224; chaque acteur individuellement rationnel l'image de l'effet d&#233;vastateur de leurs strat&#233;gies combin&#233;es. Trois exemples permettent d'expliciter la d&#233;marche. Les agences de notation r&#233;pondent &#224; un besoin &#233;vident d'information de l'investisseur dans un contexte de d&#233;sinterm&#233;diation bancaire, mais les notes servent souvent de clauses de conditionnalit&#233; pour les cr&#233;dits accord&#233;s, une note abaiss&#233;e d&#233;clenche alors une obligation de remboursement anticip&#233; suscitant de ce seul fait une crise de tr&#233;sorerie. Les produits d&#233;riv&#233;s ont une utilit&#233; av&#233;r&#233;e en mati&#232;re de couverture du risque mais, entre les mains des hedge funds, ils sont devenus un facteur majeur de fragilisation des entreprises. Le m&#233;canisme est simple : le hedge fund rep&#232;re un titre en difficult&#233;, gr&#226;ce a la ma&#238;trise des d&#233;riv&#233;s, gr&#226;ce a l'effet de levier, gr&#226;ce a la pratique du pr&#234;t de titres, le Hedge Fund va vendre massivement le titre, il provoque une cascade de ventes, il peut alors racheter au plus bas ces titres, les vendre et empocher un profit artificiel . La volatilit&#233; nourrit la volatilit&#233; et pousse &#224; multiplier le recours aux d&#233;riv&#233;s pour se couvrir. Dernier exemple, le r&#233;gulateur soucieux de prot&#233;ger l'assur&#233; &#233;dicte des r&#232;gles de solvabilit&#233;, celles-ci contraignent les assureurs &#224; comptabiliser leurs actifs risqu&#233;s (actions) pour une fraction de leur valeur (haircut) ; quand les actions baissent pour des raisons de court terme et alors que les engagements sont de long terme, les assurances sont oblig&#233;es de vendre ces actions acc&#233;l&#233;rant ainsi leur chute. Mais &#224; quoi attribuer ces d&#233;rives et quelles cons&#233;quences en tirer ?.Il y a pour l'essentiel 2 lectures de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture Bebear privil&#233;gie la th&#232;se du d&#233;r&#232;glement, de la d&#233;rive d'un syst&#232;me qu'il convient de corriger en faisant appel d'abord &#224; l'esprit de responsabilit&#233; &#224; l'&#233;thique professionnelle et personnelle des acteurs de march&#233; et accessoirement &#224; quelques r&#233;formes bien cibl&#233;es (d&#233;signation des auditeurs par un coll&#232;ge de censeurs, encadrement de l'action des hedge funds, r&#233;glementation r&#233;active ...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse la lecture d'&#233;conomistes de l'Ecole de la r&#233;gulation comme Aglietta ou Orlean privil&#233;gie la th&#232;se des march&#233;s inefficients et de la crise syst&#233;mique. Ils nous incitent d&#232;s lors &#224; r&#233;consid&#233;rer la d&#233;r&#233;glementation/innovation financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re attitude peut p&#234;cher par timidit&#233;, la crise que d&#233;crit Bebear para&#238;t r&#233;sister aux th&#233;rapies classiques. La deuxi&#232;me conduit &#224; remettre en cause la globalisation financi&#232;re et les b&#233;n&#233;fices du d&#233;veloppement d'une industrie de gestion du risque. Traiter le risque syst&#233;mique produit par la finance de march&#233; en s'appuyant sur des professions qu'il faut en m&#234;me temps r&#233;former : tel est le d&#233;fi &#224; relever pour restaurer la confiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mue du fontainier en media mogul</title>
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&lt;p&gt;Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance strat&#233;gique peuvent d&#233;router : quel rapport y a t il entre l'investissement dans les services publics polonais, la mont&#233;e en puissance dans SFR, l'achat de Houghton Mifflin et l'acquisition de USA Networks ? En fait deux cl&#233;s permettent de comprendre la strat&#233;gie d'un homme qui en quelques ann&#233;es a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d'un si&#232;cle et demi : &lt;br class='autobr' /&gt;
1-Comme banquier d'affaires, J.M. Messier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Fusions-Acquisitions-+.html" rel="tag"&gt;Fusions-Acquisitions&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance strat&#233;gique peuvent d&#233;router : quel rapport y a t il entre l'investissement dans les services publics polonais, la mont&#233;e en puissance dans SFR, l'achat de Houghton Mifflin et l'acquisition de USA Networks ? En fait deux cl&#233;s permettent de comprendre la strat&#233;gie d'un homme qui en quelques ann&#233;es a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d'un si&#232;cle et demi : &lt;br /&gt;
1-Comme banquier d'affaires, J.M. Messier sait d'instinct qu'il ne faut pas rater les affaires qui se pr&#233;sentent, il se sait suffisamment de talent pour habiller en termes industriels une opportunit&#233; financi&#232;re ; &lt;br /&gt;
2- Comme entrepreneur il est subjugu&#233; par l'univers des media. D&#232;s lors sa strat&#233;gie devient plus lisible. &lt;br /&gt;
Dans un premier temps h&#233;ritant d'un groupe m&#234;l&#233; &#171; aux affaires &#187;, riche de mille participations h&#233;t&#233;roclites et encombr&#233; d'un immobilier min&#233; par les pertes et les dettes, J.M. Messier d&#233;cide de faire le m&#233;nage. Il conforte le p&#244;le Telecom, s'empare de Canal et Havas, se d&#233;gage de l'immobilier et il s'ach&#232;te une vertu dans les services publics locaux. En adoptant une nouvelle identit&#233; : Vivendi, il rompt symboliquement avec les miasmes affairistes de l'ex-CGE, il affirme une vocation mondiale et proclame la transformation du conglom&#233;rat en groupe industriel multibranches pr&#233;sent dans les Telecom, les media et l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La formation de la bulle sp&#233;culative sur l'internet aux Etats Unis et sur l'UMTS en Europe r&#233;v&#232;le ses faiblesses -sous dimensionnement dans les Telecom, les media et l'internet, et ses atouts, -il est le partenaire de Mannesmann , de Vodafone de Bertelsman et d'AOL -, il va donc se muer en champion de l'internet (Viventures) , de la convergence (TMT) et du multimedia mobile (Wap et Vizzavi). La strat&#233;gie industrielle se r&#233;v&#232;le vite &#234;tre une impasse mais au passage le titre a bondi et Messier a acquis une cr&#233;dibilit&#233; suffisante pour s&#233;duire les Bronfman et acqu&#233;rir Seagram.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me phase peut commencer Vivendi est &#224; pr&#233;sent un groupe &#224; trois t&#234;tes - Media, Environnement, Telecom - qui ont vocation &#224; s'autonomiser .&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acquisition de Seagram si elle permet d'embl&#233;e &#224; Vivendi de contr&#244;ler le premier &#233;diteur de musique et une major hollywoodienne pose un double probleme : que faire d'USA Networks une participation minoritaire g&#233;r&#233;e par Barry Diller et comment acc&#233;der aux canaux de distribution am&#233;ricains. En prenant le contr&#244;le d'USA Networks et une participation dans la distribution par satellite (Echostar) et en confiant la gestion de son p&#244;le media am&#233;ricain &#224; Diller, Messier administre la preuve qu'une s&#233;rie d'acquisitions financi&#232;res sans dessein apparent peuvent ult&#233;rieurement se transformer en pole media cons&#233;quent . Au total J.M. Messier aura b&#226;ti un groupe media am&#233;ricain avec les ressources de la Gle des Eaux, une question subsiste : Vivendi Environnement restera-t-il autonome, bas&#233; en France ou sera t il c&#233;d&#233; &#224; un groupe allemand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives Economiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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