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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>Chat : Crise des &#034;subprimes&#034; : le point de vue de deux &#233;conomistes</title>
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		<dc:date>2007-08-17T10:55:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Finance mondiale</dc:subject>
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		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Elie Cohen est directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d'analyse &#233;conomique (CAE) aupr&#232;s du premier ministre. Il a publi&#233; de nombreux ouvrages, parmi lesquels Le Nouvel Age du capitalisme : bulles, krachs et rebonds, chez Fayard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Augustin Landier est sp&#233;cialiste de la finance, ma&#238;tre de conf&#233;rence &#224; la New York University, et coauteur du Grand M&#233;chant March&#233;, chez Flammarion. &lt;br class='autobr' /&gt; Lire l'article sur lemonde.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les causes de la crise des &#034;subprimes&#034; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Elie Cohen : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/-Internet-.html" rel="directory"&gt;Internet&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Finance-mondiale-+.html" rel="tag"&gt;Finance mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-BCE-+.html" rel="tag"&gt;BCE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.elie-cohen.eu/+-Crise-economique-+.html" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elie Cohen est directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d'analyse &#233;conomique (CAE) aupr&#232;s du premier ministre. Il a publi&#233; de nombreux ouvrages, parmi lesquels Le Nouvel Age du capitalisme : bulles, krachs et rebonds, chez Fayard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augustin Landier est sp&#233;cialiste de la finance, ma&#238;tre de conf&#233;rence &#224; la New York University, et coauteur du Grand M&#233;chant March&#233;, chez Flammarion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-3234,49-944553,0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire l'article sur lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les causes de la crise des &#034;subprimes&#034; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; : La crise actuelle, n&#233;e de l'effondrement du march&#233; immobilier am&#233;ricain apr&#232;s une hausse continue des prix de l'immobilier pendant plusieurs ann&#233;es, suit les changements successifs de la Banque centrale dans sa politique de fixation des taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les prix baissent, que les taux montent et que les cr&#233;dits sont &#224; taux variables, les populations les plus fragiles ne peuvent plus assumer la charge de leur dette. Elles font d&#233;faut, leur bien est vendu, acc&#233;l&#233;rant encore la baisse des prix immobiliers. Mais la crise des &#034;subprimes&#034; vient en fait d'une politique de mon&#233;tisation des actifs par titrisation des cr&#233;dits immobiliers. Le m&#233;canisme est le suivant : les banques c&#232;dent &#224; des investisseurs sp&#233;cialis&#233;s des paquets de cr&#233;dits. Ces investisseurs &#233;mettent des obligations et ces obligations sont ensuite vendues &#224; diff&#233;rents investisseurs et c'est ainsi qu'un mauvais risque immobilier peut se retrouver dans une sicav de tr&#233;sorerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle a donc d&#233;marr&#233; dans l'immobilier am&#233;ricain, puis elle s'est diffus&#233;e au march&#233; du cr&#233;dit &#034;subprime&#034;, puis elle a contamin&#233; les march&#233;s financiers &#224; risque, avant d'atteindre le march&#233; mon&#233;taire avec la crise de liquidit&#233; qu'on a connue vendredi 10 ao&#251;t. C'est en fait une crise de la finance globale d&#233;r&#233;gul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Augustin Landier&lt;/strong&gt; : La baisse des prix du march&#233; de l'immobilier et le non-remboursement par les particuliers de leurs pr&#234;ts immobiliers ont provoqu&#233; la crise du march&#233; immobilier am&#233;ricain. Cette crise a entra&#238;n&#233; une revalorisation &#224; la baisse d'un certain nombre de produits financiers qui comprenaient des &#034;subprimes&#034;, c'est-&#224;-dire des pr&#234;ts assez risqu&#233;s accord&#233;s &#224; des particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques centrales ont-elles mal jou&#233; leur r&#244;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; : Les banques centrales ont agi avec la promptitude n&#233;cessaire au moment o&#249; le risque d'une crise syst&#233;mique est apparu avec la panne de liquidit&#233;s observ&#233;e sur le march&#233; interbancaire la semaine derni&#232;re. Depuis, les banques centrales ont mis &#224; disposition des march&#233;s les liquidit&#233;s n&#233;cessaires en veillant toutefois &#224; ce que les acteurs financiers qui avaient pris des risques excessifs payent le prix de leur imprudence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'&#233;viter la r&#233;p&#233;tition du sc&#233;nario de 2000, lorsque les banques centrales avaient inond&#233; les march&#233;s de liquidit&#233;s en baissant massivement leurs taux, ce qui avait favoris&#233; rapidement la formation de la bulle immobili&#232;re qui vient d'&#233;clater. Les banques centrales doivent &#224; la fois injecter la liquidit&#233; qui permet d'&#233;viter la crise syst&#233;mique tout en faisant en sorte que les acteurs aventureux paient le prix de leurs d&#233;rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Augustin Landier&lt;/strong&gt; : L'industrie financi&#232;re, qui a exerc&#233; une pression tr&#232;s importante sur les banques centrales pour obtenir une baisse des taux d'int&#233;r&#234;t, leur reproche aujourd'hui d'&#234;tre intervenues trop tard. Mais si les banques centrales intervenaient &#224; la moindre anomalie sur les march&#233;s, leur action serait salutaire &#224; court terme, mais contre-productive &#224; long terme car les acteurs de la finance, tenant pour acquises ces interventions, changeraient leur politique de risque. Les banques en particulier qui ne prendraient plus en compte les sc&#233;narios de crise majeure. Or les institutions financi&#232;res doivent &#234;tre incit&#233;es &#224; maintenir une bonne gestion du risque, c'est ce que les &#233;conomistes appellent le &#034;hasard moral&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'industrie financi&#232;re ne concerne les banques centrales que si l'impact sur l'ensemble de l'&#233;conomie est important. Mais pour l'instant, le risque d'une transmission rapide et importante de la crise des &#034;subprimes&#034; &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle n'est pas av&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-on reprocher aux banques et aux institutions financi&#232;res ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; : Les institutions financi&#232;res qui ont proc&#233;d&#233; massivement &#224; la titrisation de cr&#233;ances immobili&#232;res ou les institutions qui ont mobilis&#233; massivement de la dette dans des op&#233;rations de LBO [leverage buy out - acquisitions &#224; cr&#233;dit, ou effet de levier, qui permet aux fonds et aux dirigeants de s'enrichir rapidement en faisant rembourser par la soci&#233;t&#233; achet&#233;e, via de g&#233;n&#233;reux dividendes, l'essentiel du co&#251;t de son acquisition] ont pris des risques excessifs qu'elles sont en train de payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agences de notation (les Moody's ou les Standard and Poor's) qui ont donn&#233; un &#034;triple A&#034; (avis tr&#232;s favorable) &#224; des produits de titrisation qui &#233;taient en fait risqu&#233;s ont induit en erreur des investisseurs cr&#233;dules. Enfin, les banques commerciales, en finan&#231;ant g&#233;n&#233;reusement ces acteurs &#233;conomiques, en les accompagnant dans des op&#233;rations de titrisation, et pire encore, en mettant certains de ces produits dans des sicav, ont mal mesur&#233; le risque pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Augustin Landier&lt;/strong&gt; : Elles ont sous-estim&#233; la vitesse &#224; laquelle une crise de liquidit&#233;s pouvait s'instaurer sur ces produits, rendant leur revente difficile. Je pense que les erreurs d'anticipation les plus dommageables sont moins du c&#244;t&#233; des banques que des agences de notation qui ont not&#233; des produits financiers risqu&#233;s comme &#233;tant sans risque. Les banques ont exploit&#233; cette faille qui leur a permis de vendre en grande quantit&#233; ces nouveaux produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quoi peut-on s'attendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; : A partir de maintenant, il faut que tous les acteurs engag&#233;s dans ces produits risqu&#233;s annoncent la hauteur de leurs engagements. Tant qu'on ne prendra pas la mesure de l'importance de ces engagements, il y aura des secousses et des r&#233;pliques &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques semaines, le march&#233; se reformera et les affaires reprendront comme auparavant. Il y aura des pertes, des faillites, puis les fonds actuellement ferm&#233;s (par exemple ceux de la BNP ferm&#233;s pour un mois) rouvriront et susciteront &#224; nouveau des app&#233;tits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Augustin Landier&lt;/strong&gt; : Dans les semaines &#224; venir, on va enfin savoir quelles sont les banques et les institutions financi&#232;res qui sont touch&#233;es et &#224; quel point elles le sont. Par nature, l'industrie financi&#232;re est oligopolistique : quelques acteurs majeurs dominent le march&#233;, et ceux qui ont &#233;t&#233; les moins lucides vont &#234;tre affaiblis. Il n'est pas souhaitable d'interf&#233;rer avec ce processus tant que la survie du syst&#232;me financier n'est pas en cause. C'est un moment &#034;darwinien&#034; : les banques qui ont eu des politiques de gestion du risque trop laxistes vont le payer tr&#232;s cher, des institutions prestigieuses vont perdre leur cr&#233;dibilit&#233; (comme par exemple la soci&#233;t&#233; de courtage Bear Stearns), et seront peut-&#234;tre absorb&#233;es par d'autres. C'est de la &#034;cr&#233;ation destructrice&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de voir l'arriv&#233;e d'un nouveau venu dans l'ar&#232;ne : le syst&#232;me bancaire centralis&#233; chinois qui s'est manifest&#233; sur plusieurs dossiers. Il a investi dans Blackstone avant la crise, chez Barclay's, et a &#233;t&#233; ensuite mentionn&#233; pour venir au secours de Bear Stearns. Injecteur de liquidit&#233;s, il sera aussi un investisseur majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les solutions &#224; apporter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; : S'agissant de l'avenir, les bons esprits disent qu'il faut plus de transparence et plus de r&#233;gulation. Mais c'est &#224; peu pr&#232;s ce qu'on dit apr&#232;s chaque crise. L'important est de comprendre ce qui se passe. Nous vivons dans un monde d'innovation financi&#232;re, qui passe par l'invention de nouveaux produits d'une complexit&#233; grandissante. Et les inventeurs de ces produits jouent des diff&#233;rences de r&#233;glementation existant dans diff&#233;rents pays et secteurs de march&#233;. Le r&#233;gulateur court toujours apr&#232;s l'innovation et a toujours un temps de retard. La meilleure preuve, c'est que le r&#244;le des organisations de notation avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233; dans la crise asiatique et dans le scandale Enron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien s&#251;r de la transparence, il faut donc veiller &#224; la bonne information des investisseurs, mais on n'&#233;vitera pas la formation de nouvelles bulles et des corrections brutales de march&#233;. Je suis un partisan de la r&#233;gulation, mais en en connaissant les limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Augustin Landier&lt;/strong&gt; : Ces turbulences ne remettent pas en cause l'id&#233;e de march&#233;. Il s'agit de relayer l'information et de lutter contre l'opacit&#233; qui plane aujourd'hui sur cette crise. Les r&#233;gulateurs doivent avant tout intervenir pour coordonner ? les diff&#233;rents acteurs de l'industrie financi&#232;re, et limiter les effets de contagion. Un certain nombre de secteurs qui n'&#233;taient pas directement reli&#233;s aux &#034;subprimes&#034; ont &#233;t&#233; touch&#233;s par &#034;effet domino&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est souhaitable que la lumi&#232;re se fasse le plus vite possible sur les comptes des diff&#233;rentes banques. L'incertitude concernant l'ampleur des d&#233;g&#226;ts dans chaque banque accentue inutilement la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Anne-Ga&#235;lle Rico et Beno&#238;t Vitkine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr" class="spip_out"&gt;lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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